dimanche 19 août 2018

Ludwig Wittgenstein par Alfred Ayer

MAJ de la page : Ludwig Wittgenstein



LES NUITS DE FRANCE CULTURE  par Philippe Garbit
Ludwig Wittgenstein par Alfred Ayer, philosophe (ayant connu L.W.) 19/08/2018
Rediffusion de : Les chemins de la connaissance par Jean Daive, Ludwig Wittgenstein, 1/09/1987

Ludwig Wittgenstein. philosopher (1889-1951). 

Ludwig Wittgenstein est né le 26 avril 1889 à Vienne, il est mort à Cambridge le 29 avril 1951. Dans l'avant-propos du Tractatus logico-philosophicus, le seul livre à avoir été publié de son vivant, il écrivait :

« On pourrait résumer en quelque sorte tout le sens du livre en ces termes : Tout ce qui proprement peut être dit peut être dit clairement, et sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence ». (Tractatus, 7, p. 112 - trad. Granger)

Formule restée célèbre, sans doute autant pour sa portée poétique que philosophique. En 1987, Jean Daive retraçait pour les « chemins de la connaissance » le parcours et la personnalité du philosophe, en donnant la parole à un homme qui l'avait non seulement bien lu, mais également bien connu : le philosophe anglais Alfred Ayer. Une personnalité que Bertrand Russell résumait en quatre adjectifs : passionné, profond, intense, et dominateur. « Ludwig Wittgenstein », par Jean Daive, une émission diffusée pour la première fois le 21 septembre 1987.
Source : France culture
Tractatus Logico-Philosophicus (trad. Granger, 1993) : PDF

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« Il y a assurément de l'indicible. Il se montre, c'est le Mystique » (Tractatus, 6.522, p. 112 - trad. Granger).

André Comte-SponvilleC'est chose tendre que la vie : Entretiens avec François L'Yvonnet (2015)
Extrait.
Le mystique, pour Wittgenstein, c'est ce qui est extérieur au langage, ce qu'on ne peut dire, ce qu'il faudrait donc taire, selon la dernière proposition du Tractatus, et dont j'ai pourtant essayé de dire quelque chose. C'est ce que j'appelle le silence, plutôt que l'indicible ou l'ineffable. Non ce qu'on ne peut dire, mais ce que le langage ne saurait tout à fait contenir ni remplacer. "L'idée de cercle n'est pas ronde, disait Spinoza, l'idée de chien n'aboie pas." Le concept de silence, pareillement n'est pas silencieux. L'erreur n'est pas d'en parler, ce que les mystiques font souvent, mais de confondre le discours avec son objet. Que le concept de chien n'aboie pas, cela n'invalide aucune aboiement. Que le concept de silence ne soit pas silencieux, cela ne réfute aucun silence.
Source (et suite partielle) du texte : Google books

Remarque :
Est-ce bien au concept que Wittgenstein pense en reconnaissant à la fois de l'indicible (6.552), et les limites du langage pour le dire (7) ?
En tant que concept le cercle n'est pas rond mais bien le contenu du concept. Le cercle désigné par ce terme est rond par définition ou sa définition comprend le rond (*). L'indicible de Wittgenstein est bien indicible car il est l'indicible (et non son concept). La tautologie ne dit rien et est nécessairement vraie.

L'indicible n'est pas inaccessible pour autant, au contraire, "Il se montre, c'est le Mystique" (5.552).
Pour l'auteur du Tractatus, "Tout ce qui proprement peut être dit peut être dit clairement" (5.552), dans ce cas les mots forment une description adéquate de leur objet (si le discours est vrai). Et le langage pour ce faire est un langage idéal, calqué sur celui de la logique ou des mathématiques.
L'indicible quant à lui se montre. Mais de quelle manière se montre-t-il ?

Contrairement à ce qu'affirme André Compte-Sponville, les mystiques n'ont jamais parlé de l'ineffable, comment auraient-il eu cette sottise (de croire à cette possibilité), ou cette prétention (de s'y hisser), mais ils peuvent parler à partir de l'ineffable, leurs mots ne relèvent alors plus de la science mais de la poésie. La métaphore remplace la description. Dans le langage du Tractatus : ils ne disent rien, ils se montrent (comme Mystique).
Selon cette interprétation, que je fait mienne, le Mystique peut revêtir n'importe quelle forme, un être humain, un poème ou tout autre expression artistique (voir naturelle). (**)

(*) "Un cercle est une figure plane, comprise par une seule ligne qu'on nomme circonférence telle que toutes les droites qui y sont menées à partir d'un des points placés dans cette figure sont égales entre elles". Euclide, Les Eléments. Définition 15.
(**) Peut-être que le Tractatus lui-même, ou certaine(s) proposition(s), montre cela (par exemple, celle mise en exergue). Comment peut-on seulement dire "Il y a assurément de l'indicible" ? Ce qui est indicible absolument échappe à toute pensée, y compris l'affirmation de son existence (de quelque manière qu'on la concoive) ou de son identité.
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Maria Callas, dernier acte

MAJ de la page : Maria Callas



MÉTRONOMIQUE  par Amaury Chardeau
Maria Callas, 1977 : dernier acte (R) 12/08/2018

Elle aura bouleversé l'art lyrique du XXe siècle. Retour sur l'existence tragique et romanesque de "la diva", disparue prématurément le 16 septembre 1977, à l'âge de 53 ans.

Polaroid autoportrait 1966 en croisière sur le Christina 

Hommage à une cantatrice d’exception, adulée ou détestée en son temps mais qui, par sa voix d'exception, son charisme, et ses qualités de jeu scénique, aura bouleversé l'art lyrique du XXe siècle.

La cantatrice Maria Callas au studio 102 de la Maison de la Radio
pour l'émission télévisée "Les grands interprètes" le 5 mai 1965

Née en 1923 à New York de parents grecs, Maria Callas suit l'enseignement d'Elvira de Hidalgo au Conservatoire d’Athènes. Après un début de carrière difficile aux Etats-Unis, elle perce finalement en Italie. En 1955, elle triomphe sur la scène de la Scala de Milan dans une Traviata restée mythique, mise en scène par Luchino Visconti. 10 ans plus tard, elle fera sa dernière apparition au Royal Opera House de Londres dans Tosca, avant de se retirer durablement de scène pour se consacrer à sa vie privée.
Dans cette histoire, qui débute en septembre 1977 alors qu'elle envisage son retour dans l'arène, on croisera un camembert et des radis, des quolibets tombés d’un poulailler, les cours de la Bourse et surtout, une voix hors-norme.

Programmation musicale :
Archive : Maria Callas accueillie lors de l’émission télévisée "L'invité du dimanche", 20/04/1969)
Giuseppe Verdi : La Traviata - prélude (enregistré en 1955 à la Scala de Milan sous la direction de Carlo Maria Giulini) - fond sonore -
Archive : Maria Callas vue par son ancienne professeure Elvira de Hidalgo (extrait de l’émission télévisée "L'invité du dimanche", 20/04/1969)
Charles Gounod : Roméo et Juliette - Je veux vivre dans ce rêve (Acte I)  (enregistré en 1961 par l'Orchestre national de la Radiodiffusion française sous la direction de Georges Prêtre / album The incomparable Callas )
Gaspare Spontini : La Vestale - introduction (Maria Callas in Hamburg 1959) - fond sonore -
Umberto Giordano: Andrea Chénier - La mama morta, air de Madeleine (Acte III) (The studio recitals / CD2 Lyric and coloratura Arias)
Archive : Lucchino Visconti à propos des réactions hostiles d’une partie du public envers la Callas lors de la représentation de la Traviata donnée en 1955 à la Scala ("L'invité du dimanche", 20/04/1969 )
Giuseppe Verdi : La Traviata - Addio, del passato (Violetta, acte 3, enregistré en 1955 à la Scala de Milan sous la direction de Carlo Maria Giulini)
Vincenzo Bellini :  Norma - ouverture (enregistrement de la représentation à l'Opéra de Rome le 2/01/1958, suivi de l'annonce de l'interruption de la représentation)
Archive (en anglais) : Maria Callas au sujet du scandale de Rome en 1958, fustige la décision du théâtre de ne pas lui avoir choisi de doublure (entretien avec John Ardoin, CD "Callas in her own words")
Vincenzo Bellini : Norma - Casta diva (Acte I) (enregistré en 1954 à la Scala de Milan, dir. Tulio Serrafin / intégrale Callas Remastered CD 8 )
Archive INA : l'enthousiasme du Marquis de Cuevas à l'issue du récital de la Callas à l'Opéra de Paris le 19/12/1958 (extrait du CD Maria Callas, la grande nuit de l'Opéra, éditions INA 2009)
Gioacchino Rossini : Le Barbier de Séville - Ouverture (enregistrement de 1957/ intégrale Callas Remastered CD 21) - fond sonore -
Archive : la foule des reporters américains accueillant la Callas en 1959 et l’interrogeant sur sa liaison avec Onassis ("Callas in her own words" par John Ardoin)
Gaetano Donizetti : Lucia di Lammermoor - Regnava nel silenzio (Acte I, scène 2) Air et cabalette de Lucia (enregistrement de 1960, par l'Orchestre Philharmonia de Londres sous la direction de Tullio Serafin / album The incomparable Callas )
Archive INA : les émotions sur scène et le goût de la solitude (Trois jours avec... Maria Callas, 2ème entretien avec M. Banzet-Lawton enregistré le 5 février 1960/ CD Les grandes heures INA/Radio France)
Giacomo Puccini : Tosca - Vissi d'arte  (Acte II) (enregistré en 1965 sous la direction de Georges Prêtre / album The incomparable Callas)
Archive : “ Il y a 2 personnes en moi, Maria que j’aimerais simplement être, et la Callas, dont je dois être à la hauteur..." (interrogée par David Frost en novembre 1970, extrait du film de Tom Volf "Maria by Callas : in her own words", 2017)
Gaetano Donizetti : Lucia di Lammermoor - Prélude (enregistrement de 1953 - intégrale Callas Remastered / CD 3)  - fond sonore -
Giacomo Puccini : Madame Butterfly - Un bel dì vedremo (Acte II) Air de Butterfly (enregistré à la Scala en 1955, sous la direction de Herbert von Karajan / intégrale Callas Remastered / CD 15)
Source (et suite) du texte : France culture
 

L'impérialisme aujourd'hui

MAJ de la page : Bruno Guigue



L’Impérialisme aujourd’hui - Conférence de Bruno Guigue (Montpellier, juillet 2018)

Comme si une bonne fée s'employait, magnanime, à faire coïncider sa morale et ses intérêts, le prétendu monde libre revêt ses ambitions matérielles des oripeaux de la justice et du droit. C'est ainsi qu'il pratique le bombardement de pays étrangers à des fins "démocratiques", mais de préférence dans les contrées riches en hydrocarbures ou en ressources minières. Conjuguant la foi du charbonnier et la rapacité du capitaliste, il agit comme s'il pouvait convertir sa puissance économique en privilège moral. Le reste du monde n'est pas dupe, mais finalement peu importe. "Le monde libre" a toujours raison car il est du côté du Bien, et il ne risque pas la contradiction aussi longtemps qu'il est le plus fort - c'est du moins ce qu'il croit. La barbarie congénitale qu'il attribue aux autres est l'envers de son monopole autoproclamé de la civilisation. Auréolé du sacro-saint "droit d'ingérence", ce mariage réussi du sac de sable façon GI's et du sac de riz façon Kouchner, l'Occident vassalisé par Washington s'imagine sans doute qu'il sauve le monde en le soumettant à l'impitoyable razzia exigée par les vautours de la finance et les multinationales de l'armement.
Quatrième de couverture
Bruno Guigue : Chroniques de l'impérialisme et de ceux qui lui résistent (2013-2017), Ed. Delga, 2017


Image de l'impérialisme
  

samedi 18 août 2018

Le K2 est-il un cas ?

MAJ de la page : Montagne



LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE  par Etienne Klein
Le K2 est-il un cas ? 18 août 2018
avec François Damilano, alpiniste, écrivain, cinéaste, réalisateur du film « K2, une journée particulière » (Nomade Prdouctions, 52min, 2016).
Daniel Parrochia, philosophe, mathématicien, professeur émérite à la faculté de philosophie de l'université de Lyon 3auteur de Le Cas du K2, Mathématique et alpinisme, Ed. Le corridor bleu, 2013.



François Damilano, K2, une journée particulière (2016)

Du K2 aux K3
Un jour de l'hiver dernier, j'ai reçu une lettre d'un inconnu, qui commençait ainsi : "Je ne suis ni alpiniste ni mathématicien, mais je vous écris parce que je connais une montagne qui porte un nom mathématique, et qui a servi de modèle pour dénommer certaines surfaces qui vous sont probablement familières. Peut-être le cas de cette montagne vous intéressera-t-il ? "
Effectivement, en mathématiques, certaines surfaces complexes, dîtes " compactes simplement connexes " et dont le fibre canonique est trivial (je n'insiste pas, imaginez plutôt un ensemble d'entonnoirs réunis par leurs sommets, comme dans la figure 1.1), ont été appelées " surfaces K3 ". Elles doivent leur nom à André Weil, le frère de Simone, la philosophe mystique, qui était un mathématicien sérieux et un alpiniste amateur. Weil les avait ainsi baptisées, disait-il, " à cause de Kummer, Kähler, Kodaira, et de la belle montagne K2 au Cachemire ".
Daniel Parrochia, Le Cas du K2, Mathématique et alpinisme - Extrait

Lire aussi : René Daumal, Le Mont Analogue: Roman d'aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques, Ed. Gallimard, poche 1981




Andrzej Bargiel, 1e descente à ski du K2 (15 juillet 2018)

Le K2 (aussi connu sous les noms de Qogir Feng, Chogori, Ketu/Kechu et historiquement mont Godwin-Austen) est un sommet du massif du Karakoram (ou Karakorum) situé sur la frontière sino-pakistanaise dans la région autonome du Gilgit-Baltistan (district de Skardu). C'est le deuxième plus haut sommet du monde (après l'Everest) avec une altitude officielle de 8 611 m. Il est surnommé « montagne Sauvage » en raison de la difficulté de son ascension, ou « montagne sans pitié ».
Source (et suite) du texte : wikipedia


Coucher de soleil sur le K2

L’été meurtrier d’Emmanuel Macron

MAJ de la page : Macrongate



Régis Castelnau, avocat :  «Une grosse vingtaine d'infractions pénales» dans l'affaire Benalla (RT, 29 juillet 2018)

Lire aussi sur le blog de Régis de Castelnau, Vu du Droit : Macron, une erreur de casting (27 juillet 2018) / Macrongate le petit roi et son mépris du droit (23 juillet 2018) / Affaire Benalla, le code pénal pour quoi faire ? (19 juillet 2018)
Mais aussi : Benalla et l’arc d’extrême droite par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, 23 juillet 2018) / «Les CRS n’ont pas besoin d’avoir de citoyens qui viennent les protéger» (RT, 28 juillet 2018) / Jardin des Plantes : cette nouvelle vidéo qui peut mettre à mal la défense d'Alexandre Benalla (RT 30 juillet 2018) / Affaire Benalla : les coulisses d’une perquisition ubuesque (Le Parisien, 1 août 2018) / Benalla: «passeport diplomatique mystère, obtenu 3 semaines après sa sanction virtuelle» ? (RT, 3 août 2018)
(A l'image de son employeur et président, Benalla semble n'avoir aucune parole).

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Olivier Berruyer : «Le complotisme autorisé, c'est le complotisme anti-russe» (RT, 11 août 2018)

Après le Brexit, l’élection de Trump, la Catalogne, les fausses informations lors de l’élection de Macron, les armes chimiques en Syrie, la cyberattaque des JO de Pyeongchang, la Vague de Froid de l’hiver dernier, etc, voici aujourd’hui l’ombre russe dans… l’affaire Benalla.
Cette narrative est venue de l’association “EU DisinfoLab”, par la voix du cofondateur Nicolas Vanderbiest et de son président Alexandre Alaphilippe.
Nous allons donc présenter cette association, puis ses récents travaux et enfin analyser les réactions de la presse.
Source (et suite) du texte :  Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?, Les Crises, le 8 août 2018

Lire aussi  : EU Disinfo Lab (dossier sur le site Les Crises) / L’affaire Benalla, « c’est la faute aux russes » ou la dernière excuses des dominants, par Jacques Sapir (Les Crises, 5 août 2018) / De quoi Macron est-il le nom ? Jacques Sapir (Les Crises, 2 août 2018) 

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L’été meurtrier d’Emmanuel Macron
Par jacques Sapir, le 15 août 2018 - Facebook

L’été 2018 aura été meurtrier pour la réputation d’Emmanuel Macron. La combinaison de deux affaires, par ailleurs liées, l’affaire Benalla et l’affaire DisinfoLab, expose de manière crue non seulement les méthodes de la Présidence de la République et du parti qui est sont principal soutien, La République En Marche (LREM), mais surtout l’atmosphère et l’idéologie qui règnent dans les milieux proches du pouvoir. Au-delà des conséquences judiciaires que ces deux affaires sont susceptibles d’avoir, au-delà des conséquences politiques qu’elles auront très vraisemblablement, se pose désormais la question institutionnelle : est-il possible de laisser « ces gens là » continuer à gouverner ? Et, si aucune méthode ne peut donc les en empêcher, quel en sera le prix pour l’ensemble des français ?

Le « Benalla-Gate »

Reprenons depuis le début. L’affaire Benalla ne se réduit pas aux agissements de ce triste personnage. Il y a eu des à l’évidence des manquements graves d’un point de vue judiciaires, dont mon ami Régis de Castelnau à donné la liste non exhaustive[1]. Cette affaire met gravement en cause le directeur de cabinet de l’Elysée, qui gérait les hommes, mais aussi le Secrétaire général, M. Kohler, par ailleurs mis en cause dans deux procédures disjointes par l’association Anticor pour de multiples conflits d’intérêts et une possible affaire de corruption[2]. Dans toute République autre que Bananière, ces deux hommes auraient dû démissionner. Il est patent qu’il n’en a rien été. Benalla, certes mis en examen, a pu partir pour le Maroc ou, au dernières nouvelles, il coule des jours heureux…[3]

Mais, ce que l’on a appris, est qu’il y avait une véritable cellule autour d’Alexandre Benalla, pour s’occuper de manière privée, et en conflit quasi permanent avec les instances chargées légalement de la faire, de la sécurité du Président. La présence de Benalla et de ses acolytes de l’Elysée au sein des forces polices lors de la manifestation du 1er mai est maintenant bien établie[4]. Il faut alors mettre cela en parallèle avec la décision, assez inouïe, d’Emmanuel Macron de prendre le contrôle de la lutte antiterroriste. En créant cette semaine le Centre national de contre-terrorisme (CNCT), Emmanuel Macron en a transformé le coordinateur du renseignement, Pierre de Bousquet de Florian, en un véritable patron d'une équipe de 19 agents, chargée d'un pilotage stratégique[5]. On touche ici à la dimension institutionnelle du problème. Emmanuel Macron cherche à constituer l’appareil de la Présidence en un centre de décision autonome, supérieur au gouvernement de la République. Cela ne répond ni à la lettre ni à l’esprit de la Constitution, qui organise en réalité un système ou le Président est un garant mais pas un acteur direct. D’ailleurs, l’irresponsabilité du Président en découle. Par ailleurs, le comportement même d’Emmanuel Macron qui est allé se justifier le 24 juillet au soir devant les députés LREM[6], constitue une seconde entorse au moins aussi grave à sa fonction. Nous avons donc, là, un véritable problème de respect de la Constitution posé par la Président de la République[7].

DisinfoLab ou l’équivalent de « l’affaire des fiches » ?

A l’affaire Benalla est venue s’ajouter l’affaire DisinfoLab. Au départ, il y a la volonté de certains, téléguidés par l’Elysée ou non, de créer un contrefeu à l’affaire Benalla, en prétendant que l’émotion autour de cette dernière aurait été « gonflée » artificiellement par la « sphère russophile » ou de la « russosphère » sur Twitter[8]. Tout cela est parti de la présentation sur le blog ReputatioLab, tenu par M. Nicolas Vanderbiest, d’une première étude[9]. La méthode de cette étude, en particulier pour définir la soi-disant « sphère russophile » est extrêmement discutable[10]. On peut parler d’une reductio ad Putinem utilisé par certains pour tenter d’étouffer l’affaire Benalla. Mais, au fil de la polémique, la vérité s’est faite jour. L’activité de cette « russosphère » n’est absolument pas la cause de l’émotion provoquée par l’affaire Benalla, ainsi que le démontre, lui très scientifiquement, Damien Liccia[11]. Une enquête ultérieure, menée par Olivier Berruyer, et validé – il convient de le noter – par Checknews[12], démontre que M. Vanderbliest et ses associés, réunis autour d’une drôle de galaxie qui mélange allègrement les genres de l’ONG pseudo-universitaire à l’agence de communication[13], se sont livrés par ailleurs à un fichage politique illégal[14]. On n’est pas loin de « l’affaire des fiches », ce scandale qui marqua le début du XXème siècle et qui fit tomber le ministère Combes[15]. Or, Monsieur Nicolas Vanderbliest fut l’homme qui a rédigé une bonne part de la très contestée « loi anti-Fake news » qui fut rejeté par le Sénat en juillet[16]. La boucle ici se referme. Nous avons donc un militant proche d’Emmanuel Macron faisant un travail (bâclé) pour tenter d’accuser une soi-disant « russosphère » et mettre implicitement sur le dos de Poutine le scandale provoqué par l’affaire Benalla. Ce même militant a clairement enfreint la loi et s’est livré à u fichage politique. La CNIL s’en est émue et s’en est saisie. Signalons que, diffamé par un communiqué de DisinfoLab, Olivier Berruyer a, lui-aussi, porté plainte.

L’enfant est-il selon Freud un « pervers polymorphe » ?

MAJ de la page : Ariane BilheranDroits sexuels et Education à la sexualité



Ariane Bilheran, l'Education sexuelle pour les nuls (2018)

« Il est intéressant de constater que l’enfant, par suite d’une séduction [autrement dit d'un abus sexuel], peut devenir un pervers polymorphe et être amené à toutes sortes de transgressions. » Freud, Trois essai sur la théorie sexuel, 1905
Autrement dit l'enfant peut développer des troubles comportementaux après avoir subi des violences sexuelles, Freud ne dit rien de plus. Il ne parle pas d'enfant pervers polymorphe de naissance (pas plus que de sexualité infantile de type adulte), ce ne sont que des interprétations erronées mise en avant par les lobbies pédophiles.
Développement ci-dessous par Ariane Bilheran dans sa lettre à Judith Reismann.

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LETTRE DE ARIANE BILHERAN (PHD) AU PR. JUDITH REISMAN, LE 18 JUILLET 2018
Le 25 juillet 2018 - Ariane Bilheran

Cette lettre est une réponse à la Pr. Judith Reisman qui me questionnait relativement aux enseignements très répandus aux USA sur « le développement psychosexuel » de l’enfant, soi-disant fondé sur Freud, et justifiant une sexualisation précoce de l’enfant.
Elle s’étonnait de ce que je puisse donc faire parfois référence à Freud, lequel est souvent vulgarisé comme le théoricien des enfants « sexualisés », en particulier dans les textes appuyant « l’éducation sexuelle » des enfants.
Qu’en est-il exactement dans ce monde où le mensonge et les interprétations tout aussi délirantes que légères prédominent ?
Voici donc ma réponse, et ces arguments me paraissent d’autant plus importants que, si précisément Freud était en réalité opposé à « l’éducation sexuelle » et à la sexualisation de l’enfant… alors la seule « caution scientifique » restante des programmes de l’OMS concernant « l’éducation sexuelle » est la sinistre figure de Kinsey.
Or, Judith Reisman a déjà réalisé le magistral travail de dénonciation de cette imposture scientifique et de cette incroyable fraude, travail à ce jour malheureusement trop méconnu encore en France.
Ainsi donc, il n’existe plus aucune caution scientifique à « l’éducation sexuelle » des enfants et à la conception des enfants comme des êtres « sexualisés dès la naissance ».

NB : Merci à Philippe Vergnes, mon camarade infatigable dans la dénonciation des pathologies du pouvoir, et des manipulations de masse, auquel je reprends ci-dessous les exemples tirés du « Guide du formateur des supports pédagogiques de l’éducation à la sexualité dans un document ministériel », ainsi qu’une partie des analyses que nous avons menées conjointement.


Chère Judith,

Laissez-moi vous dire tout d’abord que je comprends parfaitement votre effroi, si Freud est ainsi enseigné aux USA, avec ce « développement psychosexuel » tel que vous me l’avez envoyé, et qui est du Kinsey adapté à une pseudo-psychologie de bazar.
En France aussi, le détournement de Freud a commencé environ dans les années 1960, avec la « révolution sexuelle ».
Certains psychanalystes lui ont fait dire ce qu’il n’avait pas dit, et même le contraire de ce qu’il avait dit.
Or, comme strictement personne ne va vérifier les sources… il est très facile de fabriquer l’imposture, de même que les Nazis ont fabriqué l’imposture sur l’œuvre de Nietzsche au sujet du « surhomme », sorte d’être aryen supra-viril, qui n’a rien à voir avec le surhumain prôné par Nietzsche (qui y englobait la femme…), lequel décrit l’humain qui est parvenu à dompter ses passions. Vous voyez jusqu’où va le contresens.

Il en est à peu près pareil de Freud, pour plusieurs raisons :
1° Un manque de retour aux textes, et l’œuvre de Freud est une œuvre en mouvement (cf. par exemple l’évolution entre la 1èreet la 2èmetopiques), comme celle de Nietzsche d’ailleurs, il faut donc en appréhender le détail, l’ensemble et la chronologie pour en saisir la complexité de la pensée.
2° De graves erreurs de traduction, voire des traductions intentionnellement tournées dans des termes ambigus (et, finalement, si l’on avait l’esprit tordu, l’on dirait que les pédophiles eux-mêmes se sont rapidement saisis de la question de la sexualité chez Freud, pour infiltrer et infléchir les traductions), il faut donc revenir aux sources en allemand.
3° Des ambiguïtés présentes chez Freud lui-même, mais qui ne sont pas celles que l’on croit (néanmoins elles sont suffisamment graves pour être relevées).

Laissez-moi commencer par une citation de Freud lui-même :

« C’est pendant la période de latence, totale ou partielle, que se constituent les forces psychiques qui, plus tard, feront obstacle aux pulsions sexuelles et, telles des digues, limiteront et resserreront leur cours (le dégoût, la pudeur, les aspirations morales et esthétiques). Devant l’enfant né dans une société civilisée, on a le sentiment que ces digues sont l’œuvre de l’éducation, et certes l’éducation y contribue. En réalité, cette évolution conditionnée par l’organisme et fixée par l’hérédité peut parfois se produire sans aucune intervention de l’éducation (point très important ; l’humain développe donc naturellement la pudeur, le dégoût etc. s’il n’est pas perturbé par de la séduction perverse, ceci Freud en parle ailleurs). Celle-ci devra, pour rester dans ses limites, se borner à reconnaître les traces de ce qui est organiquement préformé, à l’approfondir et à l’épurer.
Les éducateurs, pour autant qu’ils accordent quelque attention à la sexualité infantile, se comportent tout comme s’ils partageaient nos vues sur la formation, aux dépens de la sexualité, des forces morales défensives, et comme s’ils savaient par ailleurs que l’activité sexuelle rend l’enfant inéducable. »
(Extrait de Trois essais sur la théorie de la sexualité).

En préambule, il nous faut donc affirmer sans aucune ambiguïté que Freud, l’un des grands concepteurs de la vie psychique de l’enfant, ainsi que Piaget, éminent psychologue spécialiste du développement mental de l’enfant, sont totalement d’accord pour dire qu’inciter l’enfant à la sexualité le rend inéducable.

Rappelons qu’éduquer signifie refouler les pulsions selon Freud, donc, surtout, il s’agit de ne pas parler de la sexualité chez l’enfant et de contribuer à refouler les pulsions par l’éducation !!!!
Or, durant cette période de latence (environ 6/7-12 ans) où se construisent la morale, la vertu, mais aussi la pensée opérative (mathématiques, logique, latin…, 7 ans : « âge de raison ») dans l’esprit de l’enfant, le lobby pédophile enseigne les « relations sexuelles avec pénétration » ! (Cf. la matrice des « Standards pour l’éducation sexuelle en Europe », version en espagnol, à 6 ans, enseignement des « relaciones sexuales con penetracion ».

C’est EXACTEMENT L’INVERSE DE CE QUE PRECONISAIT FREUD.

Nous sommes bien au royaume des pervers, qui séduisent l’enfant de façon traumatique.

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