jeudi 14 octobre 2010

Unmani Liza Hide

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Britannique née en Afrique du Sud, Unmani Liza Hide a grandi à Londres avec une éducation religieuse juive qui la laissera sceptique. Ce qui ne l'empêchera pas de partir vivre dans un kibboutz en Israel avant d'entamer une sorte de tour du monde qui la mènera dans différents pays asiatiques (Japon, Thailande, Népal) et pour finir 
en Inde où elle rencontrera un discours qui fera écho en elle. 
Site officiel : not knowing


Bibliographie : 

- Je suis la vie même. Le paradoxe absolu du rien en tant que tout. Ed. Charles Antoni l'Originel, 2007.


Je ne sais rien. Je suis complètement perdue. La seule chose que j'ai toujours sue, c'est que je ne sais pas. Toutes les fois où je pensais que je savais, ou que je devais savoir, ou que tout le monde semblait savoir, la chose la plus importante qui soit apparue, la seule constante, c'est que «je ne sais pas». Tout au long de l'histoire de «ma vie», il y a toujours eu un sentiment d'égarement et de non-savoir. Puis il y a eu la prétention du savoir, de la croyance et de l'espoir qui l'ont, semble-t-il, recouvert. Tout cela c'est le jeu de la Vie.
La reconnaissance de la Vie telle qu'elle est, est la reconnaissance de ce qui est déjà et a toujours été : le non-savoir. C'est ce que je suis. L'absolu innocent non-savoir. Dans le non-savoir, il n'y a pas de doute. Dans le non-savoir, il y a une clarté absolue. La reconnaissance directe, simple, de ce qui est. C'est ce que je suis. Je suis la Vie même.
(...).

A cause de mon pied cassé, j’ai passé la plus grande partie du mois suivant, alitée à contempler le plafond. Je me sentais tellement perdue et à bout de force. La souffrance physique et émotionnelle était insupportable. « Ce n’est pas possible ! Je ne peux pas continuer ainsi. Cela ne peut pas être tout ce qui est ! »
Environ un an plus tôt, j’avais entendu parler d’une femme qui abordait le sujet de « l’Eveil ». La première fois que j’avais entendu ce terme « Eveil », je n’avais aucune idée de ce qu’il signifiait et n’étais pas vraiment intéressée de le savoir. Cela semblait être encore une autre expérience spirituelle, un nouvel objectif à atteindre. Je savais déjà que ces objectifs spirituels n’avaient rien à voir avec la complétude de la réalisation. Mais quand j’en ai entendu davantage sur ce que cette femme disait, je devins terrifiée à l’idée d’aller la voir, car je réalisais bien que d’une certaine façon, c’était la fin.
Condamné au lit avec mon pied cassé, je commençais à l’envisager. Tout en étant terrifiée, je savais aussi que je ne pouvais pas continuer de la sorte. Je me sentais assez suicidaire. La vie ne valait pas la peine d’être vécue. Tout ce que je voulais c’était atténuer ma peine, dormir ou mourir. Je suis donc allée la voir.
Alors même qu’elle parlait, je luttais contre tout ce qu’elle disait. J’essayais de tout organiser. J’essayais de comprendre et de relier ce qu’elle disait avec ce que je pensais connaître. Les pensées tournoyaient et travaillaient très dur pour trouver la solution.
C’est à ce moment-là, qu’il y eu soudain une reconnaissance de ce que je suis. Maintenant c’est vu comme ce qu’on appelle « l’Eveil ». Je ne peux pas dire que c’était quelque chose de vraiment spécial car il n’y avait rien, ni personne pour la décrire. Après ce non-événement, les pensées ont essayé de rapporter, d’expliquer que c’était arrivé à cause de ceci ou cela. Mais en fait c’était arrivé, tout simplement ! Ou plus précisément rien n’était arrivé. C’était en fait, la reconnaissance du caractère tout à fait ordinaire du non-savoir, mais avec elle, il y avait une relaxation et un tel soulagement par opposition au désespoir de la recherche. Il était évident que ce qui était montré, était vraiment ce que je suis. Je l’avais toujours su, mais je m’étais tellement habituée à ne pas le voir, car c’est toujours là, en arrière-plan du jeu de la vie. Je m’étais tellement habituée à ce que les gens fassent semblant et parlent de tout ce qui apparaît dans le jeu, que je n’avais jamais compris que le jeu pouvait être utilisé pour exprimer cela même, qui connaît le jeu. Une fois « vu », ce n’était plus que rires. « Regardez, nous ne faisons que faire semblant. Ha ! Ha ! » C’est ce qu’on appelle « l’Eveil ». En fait on aurait pu presque dire qu’il y avait fusion avec ce qui était déjà connu, mais seulement négligé. Il y eut des larmes de gratitude envers la Vie. Enfin, enfin trouvé. Enfin reflété dans l’apparence. Enfin le voile pouvait tomber, il n’y avait que la détente dans le non-savoir.
Extrait de : Je suis la vie même.







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