lundi 16 juillet 2018

Dans la trajectoire de Marx et de Debord

MAJ de la page : Francis Cousin / Guy Debord



Francis Cousin, Dans la trajectoire de Marx et de Debord, Contre toutes les falsifications du spectacle marchand (juin 2018)



Entretien avec Francis Cousin (juin 2018)

Auteur de : L'être contre l'avoir : Pour une critique radicale et définitive du faux omniprésent..., Ed. Le Retour aux Source, 2012 / Commentaires sur l'extrême radicalité des temps derniers : critique de la dictature démocratique du spectacle de la marchandise terminale..., Ed. Le Retour aux Source, 2016 / Véridique rapport sur les dernières nécessités de préservation et d'extension de la domination américaine sur le monde - Nouvelle édition : Avant-propos et épilogue de Francis Cousin, Ed. Le Retour aux Source, 2018




La reprise du travail aux usines Wonder ou Wonder mai 68 - évoquée par Francis Cousin dans sa conférence.
Dialogues entre syndicalistes CGT et grevistes :
- Alors tes camarades, tout le monde (sic), a décidé de rentrer... 
- Non, moi je rentrerais pas, non je rentrerais pas dedans, non ! Je mettrai plus les pieds dans cette taule, hein... 




Francis Cousin, L'amour vrai et l'amour faux (compilation)
Autres vidéos : Retour aux Sources
Site internet officiel : Cabinet de Philo-Analyse

L'obsolescence de l'homme

Gunther Anders, extrait de : L'obsolescence de l'homme, 1956 / Tome 2, Ed. l'Encyclopédie des Nuisances.

Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.
 


En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.

Voir aussi : La question nucléaire, à l'origine d'une nouvelle pensée : le catastrophisme, par Frédérick Lemarchand, 2017 - Canal-U

«Autrement». En 1930, Günther, poète, essayiste, mais aussi peintre et musicien, brigue un poste d’esthétique de la musique à l’université de Francfort. Las, les places sont déjà réservées aux nazis. Brecht lui dégote un job de «garçon à tout faire» au Börsen-Courier de Berlin, mais il fait tellement tout que sa signature remplit les colonnes du journal. Le directeur s’en émeut : «Eh bien, vous n’avez qu’à m’appeler autrement», répond Stern qui, désormais, signera aussi Anders, c’est-à-dire «autrement» en allemand.
Source (et suite) du texte : Libération

Günther Anders (né Günther Siegmund Stern) est un penseur, journaliste et essayiste allemand puis autrichien, né en 1902 à Breslau et mort à Vienne en 1992. Ancien élève de Husserl et Heidegger et premier époux de Hannah Arendt, il est connu pour être un critique de la technologie important et un auteur pionnier du mouvement antinucléaire. Le principal sujet de ses écrits est la destruction de l'humanité.
Source (et suite) du texte : wikipedia
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L'UE pourra conclure ses accords commerciaux sans Parlements nationaux

Déni de démocratie, suite.


L'UE pourra conclure ses accords commerciaux sans Parlements nationaux
Le 22 mai 2018 - Le Figaro

Les ministres du Commerce de l'UE ont validé mardi une nouvelle approche dans la conclusion des futurs accords commerciaux de l'Union qui permettra de se passer, selon les cas, de leur ratification par les Parlements nationaux afin d'accélérer les discussions.

Cette approche permettra à l'Union européenne d'éviter que les traités qu'elle négocie puissent être stoppés par un seul Parlement national ou régional, comme ce fut le cas dans le passé pour l'accord avec le Canada, le CETA. Opposé à certains dispositions du CETA, le seul Parlement de la région belge francophone de Wallonie avait bloqué, fin 2016, sa signature pendant plusieurs jours, engendrant une mini-crise diplomatique avec Ottawa.

A l'avenir, la Commission proposera donc de scinder les accords commerciaux en deux: d'un côté les dispositions purement commerciales qui ne nécessiteront que l'approbation du Parlement européen pour entrer en vigueur; de l'autre, un accord d'investissement qui devra être ratifié par tous les Parlements.

Il appartiendra cependant aux Etats membres de décider, "au cas par cas, de la scission des accords commerciaux" en fonction de leur contenu, souligne le Conseil de l'UE dans son communiqué.

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Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, saoul lors du dernier sommet de l'Otan à Bruxelles (12 juillet 2018)

[Exemple de Fake news officielle :]
Titubant au sommet de l'Otan, Jean-Claude Juncker souffre d'une sciatique
Le 12 juillet 2018 - FranceTVInfo 

Des images tournées mercredi 11 juillet à l'occasion d'un sommet de l'Otan à Bruxelles montrent le chef de la Commission européenne en difficulté.
"Une performance honteuse." Un député eurosceptique allemand a publié, jeudi 12 juillet, une vidéo montrant le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la veille, "apparemment ivre", aidé dans ses déplacements par des chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles (Belgique) à l'occasion d'un sommet de l'Otan. Un message partagé et commenté par des milliers d'internautes, trompés par le contenu mensonger du message.
Selon la RTBF, Jean-Claude Juncker a réagi à ces images en disant souffrir d'une "sciatique qui affecte parfois ses mouvements". Le Premier ministre portugais, Antonio Costa, et son homologue néerlandais, Mark Rutte, ont évoqué "un problème de dos".
"Je ne suis pas saoul"
Fin juin, s'exprimant devant le Sénat irlandais, le patron de la Commission européenne avait déjà évoqué ses difficultés de déplacement, comme le montrent des images sur le site du Daily Express (en anglais). "Je ne suis pas saoul, j'ai une sciatique, avait-il dit, en souriant. Je préférerais être saoul !"

Remarque :
En l'occurence (pour les chaines publiques, FranceTV et RTBF) une fake news n'est pas une fausse information mais une information contredisant l'information officielle. Le penchant pour l'alcool (euphémisme) de Jean-Claude Juncker est de notoriété publique et ce n'est pas la première fois qu'on le voit saoul dans l'exercice de ses fonctions - une sciatique ne fait pas tituber, ni sourire celui qui en souffre ou ceux qui en sont témoin.

Lire aussi : « Jean-Claude Juncker saoul. C’est l’Europe qui titube. » L’édito de Charles Sannat, le 16 juillet 2018
   

mercredi 11 juillet 2018

"N'est-ce pas singulier que je sois constamment transportée de joie, sans raison ?"



Rosa La Vie, Rosa Luxembourg, lettres de prison, lecture de Anouk Grinberg  (Paris, 27 septembre 2009)
Voir aussi la présentation du spectacle par la comédienne : Youtube



Rosa Luxembourg (Ina)

N'est-ce pas singulier que je sois constamment transportée de joie, sans raison ? De temps à autre, au loin, le roulement étouffé d'un train ou bien tout près le palant de la sentinelle. Je suis étendue, là, seule, livrée à l'obscurité, à l'ennui, à l'hiver, et malgré tout une joie étrange, inconcevable, fait battre mon coeur, comme si je marchais dans une prairie en fleurs, sous un soleil éclatant. Alors je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas, je crois que c'est la vie qui est l'unique secret. 


Rosa Luxemburg, souvent retranscrit en français Rosa Luxembourg, en polonais Róża Luksemburg, née le 5 mars 1871 à Zamość dans l'Empire russe (actuelle Pologne) et morte assassinée le 15 janvier 1919 à Berlin en Allemagne, est une militante socialiste et théoricienne marxiste.
Née sujette polonaise de l'Empire russe, elle s'exile en Suisse pour suivre des études, puis prend la nationalité allemande afin de poursuivre en Allemagne son militantisme socialiste. Figure de l'aile gauche de l'Internationale ouvrière, révolutionnaire et partisane de l'internationalisme, elle s'oppose à la Première Guerre mondiale, ce qui lui vaut d'être exclue du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Elle cofonde la Ligue spartakiste, puis le Parti communiste d'Allemagne. Deux semaines après la fondation de ce dernier, elle meurt assassinée à Berlin le 15 janvier 1919 pendant la révolution allemande, lors de la répression de la révolte spartakiste.
Ses idées ont inspiré des tendances de la gauche communiste et donné naissance, a posteriori, au courant intellectuel connu sous le nom de luxemburgisme. L'héritage de Rosa Luxemburg a cependant été revendiqué, de manière contradictoire, par des mouvances politiques très diverses.
Source (et suite) du texte : wikipedia

Le capitalisme est la première forme économique douée d'une force de propa­gande ; il tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes écono­mi­ques, n'en supportant aucune autre à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu et de son soi nourricier. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale de la production. Il offre l'exemple d'une contradiction historique vivante ; son mouvement d'accumulation est à la fois l'expression, la solution progressive et l'intensification de cette contradiction. A un certain degré de développement, cette contradiction ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale, un système harmonieux en lui-même, fondé non sur l'accumulation mais sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse et donc sur l'épanouissement de toutes les forces productives de la terre.
Source (et texte entier) : L'accumulation du capital
Autres textes : marxists



Rosa Luxembourg, film de Margarethe von Trotta (1986) VOSTFR
 
 

Ingérence françaises au Yemen : honte et manipulation !

Au Yémen, un enfant meurt toutes les dix minutes, victime de "la pire crise humanitaire du monde"

Théâtre d’un conflit qui oppose les rebelles Houthis et une coalition menée par l’Arabie saoudite depuis plus de trois ans, le Yémen est victime de "la pire crise humanitaire du monde" selon l’ONU

Aujourd’hui, le Yémen c’est 27 millions d’habitants, dont huit millions au bord de la famine, deux millions de déplacés et un million affecté par une épidémie de choléra, difficilement contrôlable à cause de la guerre. Depuis plus de trois ans, le pays est enlisé dans un conflit meurtrier entre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran chiite, et une coalition menée par l’Arabie saoudite. En plus d’avoir provoqué plus de 10 000 morts et 53 000 blessés, la guerre a entraîné une grave crise humanitaire et sanitaire. La situation est critique : un enfant meurt toutes les dix minutes. En 2017, l’ONU a déclaré que le pays connaissait "la pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale" et évoque régulièrement des risques de famine à grande échelle.
Source (et suite) du texte : FranceTVInfo, janvier 2018



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Ingérence françaises au Yemen : honte et manipulation ! 
Par Richard Labévière, le 24 juin 2018 - Proche et Moyen Orient

Chacun de souvient de l’une des photos les plus célèbres de la guerre du Vietnam : ce 8 juin 1972 – dans le village de Trang-Bang – une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui combat les forces communistes du Nord aux côtés des Etats-Unis. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible et larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des Viêt-Congs, mais leurs propres soldats et de nombreux civils.

Kim Phuc – neuf ans – figure parmi les victimes de cette erreur tragique. Alertés par le passage préalable d’un avion de reconnaissance, « Phuc » (c’est son prénom qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires. Le déluge de napalm – pouvant atteindre les 1 200 degrés Celsius – inflige à la fillette de terribles brûlures. Ses vêtements soufflés, Phuc s’extirpe des flammes, laisse derrière elle ses parents et se retrouve à fuir sur la route 1 de Trang Bang.

À quelques centaines de mètres, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de reporters, il voit des civils surgir de la fumée. Parmi eux, il photographie la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon. Lorsque la fillette parvient à sa hauteur, Nick Ut tire de son sac un quatrième et dernier appareil encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de la petite fille qui répète sans cesse les mêmes mots : « trop chaud ! Trop chaud ! »

« On les massacrait avant de les soigner… », paradoxe des guerres occidentales modernes que Francis Ford Coppola fait dire au capitaine Willard, son héros d’Apocalypse Now, palme d’or au Festival de Cannes en 1979.

Toute proportion gardée, c’est un peu ce que la France éternelle fait au Yémen et s’apprête à faire à la fin du mois à Paris. L’initiative a été annoncée le 10 avril lors d’une visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane : l’organisation – à Paris – d’un « sommet humanitaire » rassemblant les donateurs susceptibles de se mobiliser au service… du Yémen, les deux co-organisateurs (la France et l’Arabie saoudite), chacun dans sa catégorie étant des co-bélligérants directement impliqués dans cette guerre particulièrement meurtrière, occultée par la propagande quotidienne déversée sur la guerre civilo-globale de Syrie : Bachar al-Assad est un boucher sanguinaire, Mohammed ben Salmane et son homologue émirien étant de joyeux humanistes réformateurs. Défense de sourire !

On croyait être définitivement sorti des inepties néo-coloniales de Bernard Kouchner. Erreur, profonde erreur ! Comme en Syrie, les pays occidentaux aident et arment les jihadistes engagés au Yémen (recrutés par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis/EAU), sous prétexte d’aide humanitaire et de lutte contre « l’impérialisme iranien ». Nouvelle défense de sourire !

Bref, le 27 juin prochain à Paris, autant dire que cette conférence « humanitaire » risque de tourner au ridicule, comme un congrès de sapeurs-pompiers avec pyromanes comme invités d’honneur, comme un sommet de diabétiques enfermés dans une pâtisserie…

GUERRE CLANDESTINE

Et pourtant, les bombardements de la coalition saoudienne s’apparentent à des crimes de guerre selon les propres critères des Nations unies. Cela dit, Riyad est parvenu – jusqu’à maintenant – à empêcher l’ONU d’enquêter sur les quelques 15 000 civils tués depuis janvier 2017, tout bilan officiel restant impossible à établir. L’ONU et plusieurs ONGs évoquent des épidémies de famine, de choléra, ainsi que des milliers de blessés et déplacés. Une « catastrophe entièrement causée par l’homme », souligne le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCR) de l’ONU. À cela s’ajoutent la destruction partielle de la vieille ville de Sanaa, patrimoine mondial de l’humanité et l’expansion de la Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) : « AQPA est plus puissant que jamais. Alors que la destruction de l’organisation « État islamique » fait les gros titres (…), la Qaïda reste un modèle de réussite ». L’organisation a notamment « su exploiter une économie de guerre florissante », écrit la chercheuse d’International Crisis Group April Longley Alley. L’Arabie saoudite a inondé le Yémen de fusils d’assaut Steyr-AUG, une partie d’entre eux a atterri entre les mains d’AQPA !

« La France a octroyé pour un peu plus de 16 milliards d’euros de licences pour la seule Arabie saoudite en 2015 et livré à ce pays pour 900 millions d’euros d’équipements militaires la même année (…) À aucun moment, le gouvernement n’a indiqué ces deux dernières années qu’il avait refusé, révoqué ou suspendu des autorisations d’exportation », commente pour sa part Amnesty International.

Qui greffe quoi ?

MAJ de la page : Transhumanisme



Matière à penser avec René Frydman
La greffe de tête : un jour possible ? 07/07/2018
Avec Philippe Saint-Germain, auteur de La greffe de tête - Entre science et fiction, Ed. Liber, 2017

En 2015, le neurochirurgien italien Sergio Canavero a provoqué une onde de choc en promettant une première greffe de tête humaine avant la fin 2017. Mais ce n'était que la plus récente étape d'une vaste entreprise médicale et médiatique amorcée deux ans plus tôt par la publication d'un article controversé exposant le projet. Scientifiques, journalistes, bioéthiciens, théologiens, blogueurs, ont tenté d'en prendre la mesure. C'est dans ce labyrinthe que s'aventure cet essai. Tout en décrivant le projet d'une greffe de tête humaine, il en rappelle la préhistoire - littéraire et scientifique - et en approfondit les enjeux éthiques et philosophiques. Monstruosité ou exploit, il se déploie ainsi entre la science et la fiction, suivant en cela le docteur Canavero lui-même qui, à certains égards, ressemble au savant fou d'un étrange feuilleton. « Je ne me donnerai pas pour tâche de déterminer sa faisabilité ou son bien-fondé d'un point de vue éthique, et encore moins scientifique ; ces questions seront toujours abordées en tant qu'elles font partie de la vaste mosaïque des narrations entourant le projet d'une greffe de tête. » Une part non négligeable de l'intérêt que suscite ce projet tient à ce qu'il n'existe encore qu'en puissance, aussi bien pour les observateurs que pour ses concepteurs, qui peuvent dès lors librement promettre et prédire ce qui, un jour, pourrait être réalisé. Ce possible stimule l'imagination en dilatant l'espace disponible à la spéculation. Parler d'un projet qui n'est pas encore réalisé permet de le devancer, plutôt que de simplement le décrire après coup.
Quatrième de couverture


Bientôt une greffe de tête ? 
Le 3 janvier 2018 - Le Matin

Controversé, l’Italien Sergio Canavero affirme qu'une telle opération est possible. Un premier test aurait même eu lieu sur des cadavres. Interview.
Selon le neurologue turinois Sergio Canavero, le transfert de la tête ne durerait que «quelques secondes».

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