vendredi 17 janvier 2020

Sylviane Agacinski

MAJ de la page : Théorie du genre /  Le pourtoussisme



LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth
Sylviane Agacinski, philosophe des sexes, 11/10/2019


Sylviane Agacinski, L'Homme désincarné. Du corps charnel au corps fabriqué, éd. Gallimard, 2019
Notre corps charnel nous est propre, mais il ne nous appartient pas comme un bien, autrement dit une propriété aliénable, que l’on peut donner ou vendre, comme un vélo ou une maison. La confusion fatale entre les deux est délibérément entretenue par l’idéologie ultralibérale qui veut nous persuader que, puisque notre corps "nous appartient", nous sommes libres de l’aliéner. Admirons le paradoxe.
L’homme moderne veut dominer la nature, changer sa nature, et s’affranchir de la chair, de la mort et de la génération sexuée. Grâce à la puissance scientifique et technique, certains rêvent de changer de corps et de produire leur descendance en laboratoire. L’homme futur sera-t-il sexuellement indifférencié ? Naîtra-t-il sans père ni mère ? Aux dépens de qui ?
À la veille du débat au Parlement, et alors que la «bioéthique» semble perdre tout repère, ce Tract nous alerte sur les dangers d’un ultralibéralisme dont le modèle, en ce domaine, est la Californie.
Quatrième de couverture
Lire aussi : Sylviane Agacinski : La pensée Queer est en rupture avec le féminisme, mars 2019, Human Vox

Sylviane Agacinski est une philosophe française, née le 4 mai 1945 à Nades, dans l'Allier. D'abord proche de Jacques Derrida, elle participe à ses côtés à la création en 1975 du Groupe de recherches sur l'enseignement philosophique (Greph), qui milite pour une réforme de l'enseignement de la philosophie au lycée, puis à la direction du Collège international de philosophie. Elle enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales de 1991 à 2010.
Source (et suite) du texte, bibliographie : wikipedia



RÉPLIQUES par Alain Finkielkraut
Les enjeux de la bioéthique 26/10/2019
avec Sylviane Agacinski, philosophe, a enseigné au lycée Carnot à Paris et à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Frédéric Worms, Professeur de philosophie contemporaine à l’ENS, directeur adjoint du département des Lettres et membre du Comité consultatif national d’éthique, et producteur de l'émission "Matières à penser" sur France Culture



LE TEMPS DU DÉBAT par Emmanuel Laurentin
Loi Bioéthique : peut-on s'entendre sur les termes du débat ? 25/09/2019



LA GRANDE TABLE IDÉES par Olivia Gesbert
Le Corps : un champ de bataille ? 26/06/2019



MATIÈRES À PENSER AVEC RENÉ FRYDMAN par René Frydman
Les ambivalences du don d’organes 24/04/2018



LA GRANDE TABLE (2ÈME PARTIE) par Olivia Gesbert
Sylviane Agacinski et le don de soi 09/03/2018
pour son livre, Le Tiers-Corps, Réflexion sur le don d'organes, éd. du Seuil, 2018



RÉPLIQUES par Alain Finkielkraut
Les enjeux du genre 16/03/2013
avec Sylviane Agacinski, philosophe, a enseigné au lycée Carnot à Paris et à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Eric Fassin, sociologue, Professeur à l’Université Paris-8 Vincennes-Saint Denis (Département de science politique et Département d’études de genre), Chercheur au LEGS (Laboratoire d'études de genre et de sexualité, CNRS / Paris-8 / Paris-Nanterre)

Sylviane Agacinski, Femmes entre sexe et genre, éd. du Seuil, 2012
Vous croyez savoir de qui il s’agit quand on parle des femmes. Erreur : le doute s’est installé depuis que Monique Wittig déclara que « les lesbiennes ne sont pas des femmes ». Avec Judith Butler, la Queer theory regarde la distinction entre homme et femme comme l’expression d’une « binarité artificielle », construite par une « culture hétérosexuelle dominante ». Il n’y a plus de sexes, rien qu’une prolifération de genres (gays, lesbiennes, transsexuels…), flottant au dessus de sexes disparus – à moins qu’ils ne deviennent les produits de techniques biomédicales.
Ce livre montre les impasses d’un tel discours.
Sylviane Agacinski rappelle la dissymétrie des corps sexués, c’est à dire vivants, mais enrôlés dans des institutions, une culture et une histoire. Elle décrit les formes spécifiques de la servitude des femmes, qu’elles soient anciennes (la famille), modernes (le marché biologique des cellules et des organes), ou les deux à la fois (la prostitution).
Pour Sylviane Agacinski, « femme » et « homme » en tant que genres sont des catégories impersonnelles. En tant que personne, « je » ne suis ni un sexe ni un genre. Le sexe est moins un facteur d’identité que d’altérité.
 


LE JOURNAL DE LA PHILOSOPHIE par François Noudelmann
Entre sexe et genre 10/05/2012

Sylviane Agacinski, Femmes entre sexe et genre, éd. du Seuil, 2012
Vous croyez savoir de qui il s’agit quand on parle des femmes. Erreur : le doute s’est installé depuis que Monique Wittig déclara que « les lesbiennes ne sont pas des femmes ». Avec Judith Butler, la Queer theory regarde la distinction entre homme et femme comme l’expression d’une « binarité artificielle », construite par une « culture hétérosexuelle dominante ». Il n’y a plus de sexes, rien qu’une prolifération de genres (gays, lesbiennes, transsexuels…), flottant au dessus de sexes disparus – à moins qu’ils ne deviennent les produits de techniques biomédicales.
Ce livre montre les impasses d’un tel discours.
Sylviane Agacinski rappelle la dissymétrie des corps sexués, c’est à dire vivants, mais enrôlés dans des institutions, une culture et une histoire. Elle décrit les formes spécifiques de la servitude des femmes, qu’elles soient anciennes (la famille), modernes (le marché biologique des cellules et des organes), ou les deux à la fois (la prostitution).
Pour Sylviane Agacinski, « femme » et « homme » en tant que genres sont des catégories impersonnelles. En tant que personne, « je » ne suis ni un sexe ni un genre. Le sexe est moins un facteur d’identité que d’altérité.
Quatrième de couverture



HORS-CHAMPS par Laure Adler
Sylviane Agacinski 20/01/2011




Claudio Arrau Beethoven "Appassionata"
   

Le paradoxe de l'égalité des genres

MAJ de la page : Théorie du genre



Harald Eia, Lavage de cerveau, Le paradoxe de l'égalité des genres (2010)


Harald Eia, né le 9 février 1966, est un acteur et scénariste norvégien.
En 2010, il réalise une série documentaire nommée « Lavage de cerveaux » (Hjernevask) qui remet en question l'idée selon laquelle les comportements humains sont culturellement déterminés. (en anglais : cultural determinism ou Standard social science model). Il ouvre alors un débat nécessaire sur la part du naturel et du culturel dans les comportements humains. Les défenseurs du « tout culturel » qui furent interviewés pour cette série documentaire critiquèrent vivement ce programme avant et après sa diffusion, cela créa un très large débat dans la société norvégienne, spécialement sur la question du genre. Dans le premier documentaire de la série qui porte sur la question de l'égalité entre les hommes et les femmes et sur la question du genre, Harald Eia part du paradoxe suivant : alors que les femmes norvégiennes sont très nombreuses à travailler, et que la Norvège est un pays classé parmi les pays les plus égalitaires au monde selon les rapports internationaux traitant de l'égalité hommes-femmes et du genre, pourquoi apparaît-il que dans la vraie vie les femmes ne s'engagent pas de façon égalitaire dans les mêmes métiers que les hommes... À partir de ce simple constat, Harald Eia part interviewé de nombreux scientifiques et chercheurs... Harald réalise 7 documentaires sur 7 sujets qui participent au débat nature/culture : le paradoxe de l'égalité des genres, l'impact des parents dans l'éducation des enfants, gay/hétéro, la violence, le sexe, la race, nature/culture.
Pour la série documentaire Lavage de cerveaux, il sera récompensé en 2010 par la Fondation Fritt Ord pour avoir permis en Norvège une parole libre sur l'univers de la recherche. La Fondation Fritt Ord milite pour la liberté d'expression.

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LA GRANDE TABLE IDÉES par Olivia Gesbert
Affronter les limites plutôt que de les effacer ? 24/09/2018
avec Jean-François Braunstein, philosophe et historien des sciences, professeur de philosophie contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Jean-François Braunstein, La philosophie devenue folle : le genre, l'animal, la mort, éd. Grasset, 2018
Trois débats nous obsèdent : autour du genre, des droits de l’animal, de l’euthanasie. Et trois  disciplines politiquement correctes traitent désormais de ces questions dans le monde universitaire  : gender studies, animal studies, bioéthique.
Cependant, lorsqu’on lit les textes des fondateurs de ces disciplines, John Money, Judith Butler, Peter Singer, Donna Haraway et quelques autres, on s’aperçoit que, derrière les bons sentiments affichés, se font jour des conséquences absurdes sinon abjectes.
Si le genre n’est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins  ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l’infini  ? S’il n’y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avec son chien ? S’il est des vies dignes d’être vécues et d’autres qui ne le sont pas, pourquoi ne pas liquider les «  infirmes  », y compris les enfants «  défectueux  »  ? Pourquoi ne pas nationaliser les organes des quasi-morts au profit d’humains plus prometteurs  ?
Jean-François Braunstein a mené un travail considérable et novateur  : il a lu les milliers de pages de ces penseurs célébrés dans le monde occidental  ; il revient sur leurs idées, leurs contradictions, leur parcours personnel  ; il analyse, souligne, contredit, déconstruit. L’erreur consiste à vouloir «  effacer les limites  »  : entre les sexes, entre les animaux et les humains, entre les vivants et les morts. Il convient, au contraire, d’affronter ces limites qui nous constituent. Oui, parfois la philosophie devient folle, quand elle oublie l’homme.
Quatrième de couverture

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Drieu Godfridi, philosophe et juriste, la théorie du genre (2013)

Drieu Godfridi, La loi du genre, Ed. Belles-lettres, 2015
En l'espace de quelques années, la théorie du genre a saturé l’espace public. Prenant prétexte d’une convention du Conseil de l’Europe, l’auteur revient sur les origines de cette fameuse théorie. Il démontre comment elle s’articule autour de deux lignées fort différentes, d’une part le « genre homosexualiste » brillamment présenté par Judith Butler, de l’autre, le « genre féministe » plus directement actif dans nos systèmes politiques. Au final, l’auteur montre que le « genre » n’est pas une science, mais une tentative idéologique et révolutionnaire de recréer l’homme et la femme par la contrainte de l’État, en niant leur altérité.
Quatrième de couverture

 
Lire aussi : Lire aussi : Michel Onfray : « La théorie du genre prépare le transhumain, objectif final du capitalisme », 16 mai 2019, Famille chrétienne
La théorie du genre est le produit d’une société dont l’objectif est de mener une guerre totale à la nature afin de faire de telle sorte que tout, absolument tout, devienne artefact, produit, objet, chose, artifice, ustensile, autrement dit : valeur marchande. 
Pour son livre, La théorie de la dictature, éd. Robert Laffont, 2019
 

Quelle « violence légitime » ?



Tatiana Ventose, Les agents du chaos (12 janv. 2020)



Tir de LBD à bout portant, le 9 janv. 2020 (Le Monde, 10 janv. 2020)
Lire aussi : Policier filmé en train de tirer au LBD à bout portant: une enquête ouverte pour "violences volontaires", 10 janv. 2020, BFMTV
Adrien, victime d'un tir LBD : Ce qui me manque ? un bout de crâne, 7 nov. 2029 DUF


Mort de Cédric Chouviat, "On m'a dit qu'il était tombé tout seul" (L'Obs., 10 janv. 2020)



Sofia Chouviat, Mort de Cédric Chouviat : le mensonge de la police (Le Média, 17 janv. 2020)
Voir aussi : Mort d'un livreur à Paris : le "plaquage au sol", technique controversée qui "n'existe pas" pour la police, par Anaïs Grand, 10 janv. 2020, Marianne
Les violences policières font-elles peur aux manifestants ?, 11 janv. HuffPost

Lire aussi : « On nous appelait les prisonniers politiques » : des gilets jaunes incarcérés racontent, par Pierre Bonneau, 16 janvier 2020, Bastamag Plus de 2200 peines de prison prononcées, dont 1000 fermes et 1200 avec sursis. 



Saez, Manu dans l'cul (2019)
Paroles : La boite aux chansons

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Quelle « violence légitime » ?
par Frédéric Lordon, 14 janvier 2020 - Le Monde diplomatique


Ils auront matraqué des personnes âgées, frappé des handicapés en chaise roulante, tiré au LBD sur des ados, agenouillé des classes entières, lancé des grenades à l’intérieur des appartements, tué une vieille dame — et puis bien sûr visé les yeux, lancé les GLI-F4 en cloche, arraché des mains. Ils auront tout fait — la police de Macron. Maintenant la haine de la population est sortie, et elle ne rentrera pas de sitôt dans le tube. Sa légitimité est constituée, entière, incontestable. La population hait la police et personne ne pourra lui dire qu’elle n’a pas raison.

Les violents dans les institutions de la violence

Lire aussi Raphaël Kempf, « Le retour des lois scélérates », Le Monde diplomatique, janvier 2020.
Qu’on trouve surreprésentés des individus violents à l’embauche des institutions de la violence, il ne devrait y avoir là rien pour étonner. Toute la question est celle de savoir ce que les institutions de la violence font de leurs violents. La combinaison de la nullité burlesque de Castaner et de la complète étrangeté de Macron au monde réel, associées à la situation du régime ne tenant plus que par la force armée, ont conduit à tout lâcher là où il était impérieux de tout tenir. C’est que la prérogative exorbitante d’exercer la violence ne peut aller sans la contrepartie d’une responsabilité et d’une surveillance exorbitantes. Si le macronisme restera dans l’histoire comme la bascule dans l’État policier, c’est parce qu’à la prérogative exorbitante, il aura au contraire ajouté les autorisations exorbitantes : faites ce que vous voulez.

Il faut se représenter la décharge biochimique qu’entraîne dans des têtes violentes cette parole à peine murmurée : faites ce que vous voulez. C’est la décharge de la pulsion à laquelle d’un coup il est donné libre cours. On ne reprend pas facilement le bouillonnement sadique après l’avoir libéré. Chez les sujets dont nous parlons, l’expérience de la licence absolue, comme un Salò à ciel ouvert, licence de brutaliser, d’insulter, d’humilier, d’exercer par la violence un pouvoir unilatéral sans borne, puisque l’impunité est devenue une garantie implicite, cette expérience est de celle dont on ne revient pas facilement. La police est partie, et maintenant il va falloir la rattraper. Le régime avait l’usage mais aussi la garde d’individus potentiellement dangereux, dont il exploitait à ses fins les pulsions ; dans la panique pour sa propre survie, il a tout lâché ; il a maintenant abandonné la société politique à un corps étranger, irrésistiblement pris dans un devenir-milice, qui ne vit plus que d’une vie totalement autocentrée, et totalement préoccupée de ses assouvissements. « Maintenant sous Macron, on a tous les droits ». La police n’a pas besoin de circulaires pour mesurer l’ampleur de ses autorisations.

On dit que la répétition des week-ends jaunes « épuise » les policiers, « les prive de leur vie de famille ». Pour certains au moins c’est une énorme blague. Un article du Canard Enchaîné début 2019 avait mieux restitué la disposition d’esprit policière à l’approche des actes « gilets jaunes » : « C’est la fête du slip ». Chez les baqueux, on pousse des cris de jungle à chaque impact de LBD. Partout ça jouit à en hurler de bonheur. On pense à ce CRS interviewé dans La Série Documentaire de France Culture consacrée à la police : « Je suis chanceux, chanceux, vous ne pouvez pas savoir à quel point je remercie, tous les jours en allant au travail, je dis merci, merci, merci ». La jouissance a saisi les corps : on se souvient du bonheur physique d’un des CRS gazeurs de jeunes écolos sur le pont Sully cet été, impérial, poivreuse en main, parfaite décontraction, totale certitude d’un pouvoir sans limite. C’est le même corps exultant de violence qui jouit à littéralement détruire une femme syndicaliste dans la manifestation du 9 janvier.

Mais l’on sait à quel niveau l’on est descendu quand c’est le moins pire qui est presque le pire : ainsi de ce croche-patte d’un CRS à une femme à peine arrêtée, sans doute objectivement moins violent qu’un œil crevé, et pourtant tréfonds d’ignominie qui dit tout de la position psychique présente de la police. Et de sa déchéance morale plus encore : ces gens sont sans honneur, sans dignité, sans face. Ils sont hors-tout, et c’est à eux qu’on a donné les armes. Cet été, aux Rencontres d’Eymoutiers, un « gilet jaune », la tranquillité de la classe moyenne en personne, racontait comment, pour protéger sa femme de la violence policière, il s’était interposé, donc retrouvé en garde-à-vue, et entendu dire : « Elle est belle ta fille, il ne faudrait pas qu’il lui arrive quelque chose ». La police française est dans la fange.

dimanche 12 janvier 2020

L'usage du vide

MAJ de la page : Tchouang Tseu / Vide



LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE par Etienne Klein
Que veut dire "faire le vide" ? 28/12/2019
avec Romain Graziani, philosophe
pour son dernier livre : L'usage du vide, Essai sur l'intelligence de l'action, de l'Europe à la Chine, Ed. Gallimard, 2019

Faire le vide c'est faire le plein (...) se ressourcer

Il semble que les états les plus désirables, à l’image du sommeil, ne puissent survenir qu’à condition de n’être pas recherchés, le simple fait de les convoiter pouvant suffire à les mettre en déroute. Or ce paradoxe de l’action volontaire, mal élucidé et jamais résolu dans la philosophie occidentale, est au centre de la pensée taoïste. L’auteur explore dans cette double lumière, à partir de diverses sphères d’expérience, de la pratique d’un sport à la création artistique, de la recherche du sommeil à la remémoration d’un nom oublié, ou encore de la séduction amoureuse à l’invention mathématique, les mécanismes de ces états qui se dérobent à toute tentative de les faire advenir de façon délibérée. Une telle approche, qui requiert une observation patiente des dynamiques du corps et des différents registres de conscience, permet de comprendre pour quelles raisons, et au terme de quelles expériences, les penseurs taoïstes de l’antiquité chinoise ont formulé les concepts si déroutants de non-agir ou de vide. Elle permet par la même occasion de démonter les erreurs et les leurres sur le pouvoir et la volonté qui sont à la base des représentations occidentales de l’action efficace.
Mobilisant, sans les opposer, les ressources de la pensée chinoise et de la pensée européenne, l’ouvrage apporte ainsi une contribution originale à l’intelligence de l’action.
Quatrième de couverture

* * *



Etienne Klein, De quoi le vide est-il plein ? (2019)



La Méthode scientifique par Nicolas Martin
Etienne Klein, l'appel du vide (3 oct. 2019)



Etienne Klein, Ce qui est sans être tout à fait : essai sur le vide, Ed. Actes Sud, 2019

Le vide, dit-on ordinairement, est ce qui reste après qu’on a tout enlevé. Mais si l’on retirait absolument tout, il ne resterait plus rien… du tout. Pas même le vide. Alors peut-on réellement faire le vide ? Au demeurant, le vide existe-t-il vraiment ? A-t-il même jamais existé ?
Le vide, c’est à la fois tout un monde et toute une histoire. Une histoire pleine d’idées, de concepts, de délires aussi. À l’image du temps et de la matière, le vide a hanté les philosophes et les physiciens, qui parlent rarement de la même chose. Chez les premiers, il a dès l’Antiquité donné lieu à d’intenses débats au sujet du néant, du non-être, du rien. Chez les seconds, le vide est devenu un objet d’expérimentations, et son existence, du moins celle d’un certain vide, a été prouvée au milieu du XVIIe siècle et a contribué à la naissance de la physique dite ”moderne“. Depuis, chaque nouvelle théorie propose ”son“ vide.
Étienne Klein mène l’enquête, traverse l’histoire des idées, interroge les mots. Et il apparaît que la vie du vide est contre toute attente une vie dense. De plus en plus dense à mesure que la physique progresse. Au XXIe siècle,toutes sortes de vides cohabitent houleusement, de la substance subtile au vide quantique, arrière-monde renfermant la source secrète de la matière, en passant par les ressorts intimes de la dynamique de l’Univers…La question du vide serait-elle en passe de devenir le plus grand défi de la physique contemporaine ?
Quatrième de couverture

Lire aussi : Le « néant » est le résultat d’une destruction, d’une conflagration universelle ; c’est ce qui le rend différent du « vide », qui est peut-être la matrice d’où l’Univers est sorti, 2019, Philomag


  

A la recherche du bien commun






ENTENDEZ-VOUS L'ÉCO ? par Tiphaine de Rocquigny
A la recherche du bien commun
(1/4) Les communs contre la propriété privée ? 10/09/2018
avec Benjamin Coriat, Économiste, professeur émérite de sciences économiques à l’Université Paris XIII et membre du CA du collectif des Économistes Atterrés
Mikhaïl Xifaras, professeur des Universités à l'Ecole de droit de Sciences Po
(2/4) La nature, un commun singulier ?
avec Marie Toussaint, juriste, membre de l'ONG "Endecocide", présidente et co fondatrice de l'association "Notre affaire à tous"
Stéphanie Leyronas, chargée de recherche à l’AFD
(3/4) Le numérique, eldorado des communs ?
avec Judith Rochfeld, Professeure de droit privé à l’Ecole de droit de La Sorbonne (Paris 1 Panthéon Sorbonne).
Sébastien Broca, sociologue, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8
(4/4) Le travail en commun
avec Noémie De Grenier, Co-directrice de Coopaname, coopérative d'activités et d'emploi
Pierre Dardot, philosophe, ancien militant trotskiste.

Pour un seuil d’âge du non-consentement

MAJ de la page : Seuil de consentement / Matzneff / Pédocriminalité



Sylvie Meyer, Enfance volée, Chronique d'un déni (LCP, 2019)
avec Guillaume Gouffier-Cha, membre du groupe sur les droits de l´enfant et protection de la jeunesse, Sophie Auconie, membre de la délégation de l´Assemblée nationale aux droits des femmes et à l´égalité des chances entre les hommes et les femmes, Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie, Patrick Loiseleur, membre de l´Association Internationale des Victimes de l´Inceste




Matzneff, moi, et les autres (B programme, 6 janv. 2020)
avec Christian Lehmann, médecin et écrivain
Lire aussi : Michel Foucault et les débats sur la pédophilie dans les années 1970, 3 janv. 2020, Esthétique et philosophie de l'art

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Affaire Matzneff
Pour mieux lutter contre la pédocriminalité et son impunité : il est impératif d’instaurer un seuil d’âge du non-consentement et de créer un crime et un délit spécifiques
Par Muriel Salmona - Pour un seuil de non-consentement (PDF)
Site Internet : Mémoire Traumatique et victimologie

Pour un seuil d'âge du non-consentement.

En ce début d’année 2020, 16 mois après le vote le 3 aout 2018 de la loi Schiappa sur les violences sexuelles et sexistes, le scandale autour de l’écrivain Gabriel Matzneff, en éclairant de façon cru le déni, la loi du silence, la complaisance et l’impunité inconcevable dont cet écrivain qui revendiquait des actes sexuels avec des enfants de moins de 15 ans a pu bénéficier pendant des décennies, fait resurgir dans les médias et sur les réseaux sociaux la question de la nécessité d’instaurer pour les mineurs un seuil d’âge du non-consentement à des actes sexuels avec des adulte.

Pour nous, afin de mieux protéger les enfants des pédocriminels, il est impératif et urgent d’instaurer un seuil d’âge du non-consentement de 15 ans, et de 18 ans en cas d’inceste par adulte ayant autorité ou sur un mineur en situation de handicap, et de définir pour les mineurs de 15 ans un crime de viol et un délit d’agression sexuelle spécifique et autonome ne nécessitant pas de qualifier la violence, la menace, la contrainte ou la surprise.

Il n’est plus possible de faire l’économie de ce seuil d’âge du non-consentement et de lois spécifiques concernant la pédocriminalité qui reconnaissent le statut particulier de l’enfant, sa vulnérabilité et la protection qu’il est impératif de lui apporter, pour édicter un interdit clair, incontournable et une reconnaissance de la gravité de ces actes. Nous attendons donc du gouvernement et des parlementaires qu’ils votent enfin une loi qui instaure un seuil d’âge du non-consentement, ainsi qu’un crime de viol et un délit d’agression sexuelle spécifiques et autonomes pour les mineurs de 15 ans.

Pour rappel, au niveau du droit international et européen les viols et les agressions sexuelles, que ce soit en temps de conflits ou de paix, sont considérés comme des crimes de premier ordre en terme de gravité, comme des traitements cruels, dégradants et des tortures, voire de plus en plus comme une forme de torture, que les États ont la responsabilité et l’obligation de prévenir et de punir, quel qu’en soit l’auteur.

La possibilité que donne notre loi actuelle (la loi Schiappa du 3 août 2018 n’ayant pas instauré de seuil d’âge du non-consentement pour les mineurs) de qualifier des actes sexuels commis contre des enfants non comme des violences sexuelles mais comme des atteintes sexuelles commises sans violence, contrainte, menace ou surprise, contrevient à la reconnaissance de la gravité et de l’extrême violence de ces actes, niant qu’il puisse s’agir de traitements cruels, dégradants et inhumains, et induit que l’enfant puisse être consentant à ces actes, ce qui porte une atteinte majeure à la dignité des enfants en les réduisant à des objets sexuels et en niant leur spécificité.

Avant 15 ans non seulement tout consentement libre et éclairé est impossible en raison de l’immaturité de l’enfant, de sa vulnérabilité et de sa situation de dépendance, mais un enfant ne peut pas consentir à des actes sexuels avec un adulte qui vont le détruire en portant gravement atteinte à sa dignité, à ses droits, à son intégrité mentale et physique, à son développement et donc à son intérêt supérieur.

Il est cruel et absurde que la loi sur les viols et les agressions sexuelles utilise la même définition pour les majeurs et pour les mineurs quel que soit leur âge, en étant centrée sur les moyens utilisés par l’agresseur pour imposer ses actes de nature sexuelle à la victime par la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. On peut concevoir qu’une telle définition soit adaptée à une personne suffisamment mature, ayant le discernement nécessaire et la capacité d’avoir un consentement libre et éclairé pour des actes sexuel dans un contexte approprié pour qualifier une agression sexuelle ou un viol lorsqu’il y a pénétration sexuelle. En revanche pour un jeune enfant cette définition qui repose sur la recherche du défaut de consentement de la victime et des moyens que l’agresseur a dû mettre en œuvre pour imposer ses actes, est inappropriée. L’enfant, en dessous d’un certain âge (seuil d’âge du consentement), pour son intérêt supérieur et la préservation de son intégrité mentale et physique, n’a pas à être sexualisé par les adultes ni à être un partenaire sexuel, son consentement n’a pas à être recherché, il est par définition invalide.

Ce déni de la spécificité des crimes sexuels sur les enfants avec l’absence d’un seuil d’âge du consentement fait que pour les enfants, le viol ou les agressions sexuelles sur mineurs ne sauraient se déduire du seul âge de la victime aussi jeune soit-elle (comme l’a confirmé en 2015 le Conseil constitutionnel, l’âge n’est qu’une circonstance aggravante) ni d’une situation d’inceste ou de handicap, et aboutit à nier la spécificité des crimes sexuels sur les enfants et la violence intrinsèque, la torture, la cruauté et le caractère inhumain et dégradant en soi que représentent une pénétration sexuelle ou d’autres actes sexuels commis sur des enfants.

L’absence de seuil d’âge rend la loi complice du système agresseur pédocriminel qui se défausse sur l’enfant en le sexualisant et en lui renvoyant qu’il pourrait avoir voulu être un objet sexuel et un esclave sexuel, qu’il pourrait souhaiter être dégradé, en lui attribuant une responsabilité dans les interactions sexuelles avec l’adulte, voire même en le culpabilisant et en le considérant comme ayant provoqué et manipulé l’adulte dans une inversion totale de la réalité comme dans le mythe des « Lolitas ».

Et de façon particulièrement cruelle les traumas de l’enfant, son état de choc et les mécanismes de survie que son cerveau va être obligé de mettre en place vont être interprétés comme autant de preuves du pseudo consentement de l’enfant, de sa perversion sexuelle, et de l’absence de conséquences négatives « qui montre bien que ce n’est pas si grave » : sidération qui le paralyse l’enfant et dissociation traumatique qui l’anesthésie émotionnellement et physiquement de telle sorte qu’il semble supporter la situation et ne pas en être affecté alors qu’il est extrêmement traumatisé, et qui le rend incapable de s’opposer et de réagir, totalement sous emprise, et le transforme en automate, mémoire traumatique avec des comportements des propos sexuels inappropriés qui sont des réminiscences envahissantes des violences subies, l’enfant est alors envahi par des images, des phrases, des scènes qu’il peut rejouer malgré lui dans un état dissocié, conduites dissociantes avec des mises en danger qu’il est facile ensuite de lui reprocher.
Source (et suite) du texte : Pour un seuil de non-consentement (PDF)

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