vendredi 9 décembre 2016

Demande de pardon aux Amérindiens



USA : des vétérans demandent pardon aux Indiens dans un discours poignant
Le 6 décembre 2016 - L'Obs

Les autorités américaines ont rejeté dimanche le tracé de l’oléoduc qui menaçait l’environnement et les sites funéraires sacrés des Indiens des grandes plaines, aux États-Unis. Dès le lendemain, les Amérindiens ont mené une cérémonie de rédemption avec d'anciens combattants américains à Standing Rock. Dans une vidéo publiée mardi, le scénariste Wesley Clark JR., fils de l'ancien général des Forces armées des États-Unis Wesley Clark, a tenu à faire un discours de pardon devant l'activiste et leader spirituel Leonard Crow Dog. "Nous ne vous avons pas respecté, nous avons pollué votre Terre. (...) Nous sommes venus vous dire ô combien nous sommes désolés", a-t-il clamé.


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Etats-Unis : victoire des Sioux face au projet d’oléoduc qui menace leurs terres
Par Sophie Chapelle, le 5 décembre 2016 - Bastamag


Les Sioux de la réserve de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, viennent de remporter une grande victoire le 4 décembre. 

Depuis le 1er avril, ils ont établi un camp de résistance pour bloquer un projet d’oléoduc, le Dakota Access Pipeline d’une longueur de 1800 kilomètres, qui menace des sites culturels ancestraux et leurs sources d’eau. Le 4 décembre, le Corps des ingénieurs de l’armée américaine a annoncé qu’il refusait à la société pétrolière un permis de forage sous la rivière Missouri. La secrétaire adjointe aux travaux civils de l’Armée de terre précise dans un communiqué que le gouvernement va « entreprendre une étude d’impact environnementale complète » et « étudier des tracés alternatifs » [1]. Cette déclaration stoppe officiellement la construction du pipeline, évalué à 3,8 milliards de dollars, et financé en partie par des banques françaises.

Lire à ce sujet : Les grandes banques françaises derrière le projet d’oléoduc combattu par les Sioux

« Cette bataille est gagnée, mais la guerre n’est pas terminée »

Du bon usage du populisme

Populisme, populismes
Par Jacques Sapir, le 9 décembre 2016 - RussEurope

La mode est au “populisme”. On ne cesse d’entendre et de lire ce terme, qui est devenu une forme générique d’injure ou de manière de discréditer qui ne pense pas comme vous. Pourtant populisme, il peut y avoir. Encore faut-il s’entendre sur le sens des mots pour que les mots fassent sens, pour qu’ils désignent précisément soit une chose soit un processus. L’usage de mots coupés de leur signification réelle est le prélude à une confusion grave.

Le sens d’un mot

Pierre-André Taguieff a proposé récemment, dans le Figaro, une définition du populisme : « Ce qu’on appelle « populisme » devrait désigner en toute rigueur l’appel au peuple sans médiation et le rejet des élites dirigeantes accusée de confisquer le démocratie, ce qui définit une orientation hyperdémocratique… »[1]. Pris dans ce sens le populisme peut en réalité désigner deux choses distinctes. Il permet de nommer un mouvement de rejet contre des élites fermées sur elles-mêmes, incapables mais aussi peu désireuses de s’ouvrir à la société, d’organiser cette circulation des élites. Ce populisme, disons le d’emblée est sain ; il est nécessaire. Sans lui la démocratie est par nature confisquée.

Mais, le populisme peut aussi, et cela sans lien qui soit logiquement nécessaire, désigner ce que Taguieff nomme « l’appel au peuple sans médiation ». C’est ce populisme qui pose problème.

On sait où se trouve sa logique : dans les courants anarchistes du XIXème siècle et avant dans le libéralisme « intégral » du XVIIIème siècle. Le livre qui établit ce populisme sous sa forme la plus claire est l’Etat et la Révolution, que Lénine fit publier peu avant la Révolution d’Octobre 1917, dont nous fêterons l’an prochain le centenaire. L’absence de principe de médiation pose un véritable problème. Il oppose le peuple, réalité politique socialement et culturellement construite, à la multitude des « gens ». Le principe de médiation s’impose en particulier si l’on veut éviter toute tentative de construction ethnique ou religieuse de la communauté politique. Ce principe de médiation peut trouver son inspiration dans des sources religieuses. Mais, nul n’est besoin en réalité de faire référence à Dieu ou à une des quelconques religions pratiquées en France pour fonder en logique ce besoin de médiation. C’est un point qui est longuement développé dans le dialogue que j’ai eu avec Bernard Bourdin, dans le livre à paraître, en février prochain, aux éditions du Cerf.

Populisme et médiation

L’action de chaque individu, dans cette cadre que Taguieff nomme « hyperdémocratique » serait la même que l’action collective. Le conflit entre intérêt individuel et intérêt collectif, ce conflit qui exige des médiations, aurait disparu. La nécessité de trouver une solution, ne serait-ce que provisoire, au conflit n’existerait plus. Il n’y aurait donc plus, par hypothèse et par construction, ni institution ni formes de médiation. Dans cet univers on peut effectivement se défaire du concept de souveraineté. Mais on comprend immédiatement que cet univers est illusoire : c’est un fantasme idéologique. Cet univers fait aussi référence à l’état de nature. Mais, ce dernier, on peut aussi le comprendre comme une construction logique, et un artifice rhétorique et non pas une réalité historique. L’affirmation de la traduction socialement harmonieuse des désirs privés n’est en réalité rien d’autre, et en particulier chez Adam Smith qui lui donnât ses lettres de noblesse, qu’un postulat métaphysique qui n’ose pas dire son nom. Adam Smith reprend, en en modifiant le sens, les thèses des jansénistes dont il tire, par un long cheminement des sources que décrypte admirablement Jean-Claude Perrot[2], cette idée de main invisible.

L’état de nature n’a jamais existé. Nous sommes des produits de la société. La question de la médiation des intérêts divergents au sein d’une société, d’un État, d’une nation est la clé qui permet de comprendre la nécessité des institutions. De ce point de vue, il y a un besoin de médiation quand bien même nous ne mobiliserions pas l’ensemble chrétien.

Du bon usage du populisme

Il n’en reste pas moins que si cette forme de populisme apparaît nocive, il est une autre forme, la première, qui apparaît entièrement justifiée.

Dette odieuse, dette illégitime et Manifeste d'Oviedo

MAJ de la page : Dette illégitime / dette

La dette odieuse selon Alexandre Sack et selon le CADTM
18 novembre par Eric Toussaint, le 18 novembre 2016 - CADTM


Alexandre Nahum Sack (Moscou 1890 – New York 1955), juriste russe ayant enseigné à Saint-Pétersbourg puis à Paris, est considéré comme un des pères de la doctrine de la dette odieuse. Cette doctrine, qui est basée sur une série de jurisprudences, a fait couler beaucoup d’encre. Selon Alexandre Sack, qu’est-ce qu’une dette odieuse ?

Voici la partie la plus citée du livre de Sack : « Si un pouvoir despotique contracte une dette non pas selon les besoins et les intérêts de l’État, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat, cette dette est odieuse pour la population de l’État entier. Cette dette n’est pas obligatoire pour la nation : c’est une dette de régime, dette personnelle du pouvoir qui l’a contractée ; par conséquent, elle tombe avec la chute de ce pouvoir. » (p. 157) |1|. « La raison pour laquelle ces dettes ‘odieuses’ ne peuvent être considérées comme grevant le territoire de l’État, est que ces dettes ne répondent pas à l’une des conditions qui déterminent la régularité des dettes d’État, à savoir celle-ci : les dettes d’État doivent être contractées et les fonds qui en proviennent utilisés pour les besoins et dans les intérêts de l’État (supra, § 6). Les dettes ‘odieuses’, contractées et utilisées à des fins qui, au su des créanciers, sont contraires aux intérêts de la nation, n’engagent pas cette dernière — au cas où elle arrive à se débarrasser du gouvernement qui les avait contractées — (…) Les créanciers ont commis un acte hostile à l’égard du peuple ; ils ne peuvent donc pas compter que la nation affranchie d’un pouvoir despotique assume les dettes « odieuses », qui sont des dettes personnelles de ce pouvoir. » (p. 158).

Beaucoup de commentateurs de ce passage en ont déduit que, selon Sack, pour qu’une dette puisse être caractérisée comme odieuse, elle devait avoir été contractée par un régime despotique. Ce n’est pas la position de Sack. En effet, le juriste considère qu’il y a plusieurs situations dans lesquelles une dette peut être caractérisée d’odieuse. La citation précédente concerne un seul cas de figure, mais il y en a d’autres.

Le CADTM et moi-même avons fait l’erreur de penser que Sack considérait que le caractère despotique du régime constituait une condition sine qua non. Nous étions en désaccord avec la doctrine de Sack sur ce point et avons écrit à maintes reprises que la nature despotique du régime ne pouvait pas constituer une condition obligatoire, c’est une condition facultative et aggravante. En réalité, sur ce point, il y avait un malentendu lié à certaines formulations utilisées par Sack et surtout dû à l’interprétation la plus répandue de sa doctrine. De leur côté, des auteurs comme Sarah Ludington, G. Mitu Gulati, Alfred L. Brophy ont mis le doigt sur cette erreur d’interprétation, même si eux-mêmes semblent penser que Sack incluait à tort la nature despotique du régime comme une condition nécessaire |2|. Eux-mêmes sont convaincus qu’il ne faut pas inclure la nature du régime comme une condition nécessaire. Ils affirment de plus, comme nous l’avons mentionné, que dans le jugement de Taft sur l’affaire Tinoco, l’ex-président des États-Unis s’est bien gardé de mettre en avant le caractère despotique de son régime |3|. Dans son article « The Doctrine of Odious Debts in International Law », la juriste Sabine Michalowski résume correctement les critères définis par Sack. Elle n’inclut pas parmi ceux-ci le caractère despotique du régime |4|.

mercredi 7 décembre 2016

De la pharmacologie, à la fois remède et poison

MAJ de la page : Bernard Stiegler / Transhumanisme



La Fabrique de l'humain par Philippe Petit (France culture, 27 janvier 2011)
Bernard Stiegler, Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue : de la pharmacologie, Ed. Flammarion, 2010

Qu'on l'admette ou qu'on le dénie, chacun sent bien qu'à présent l'avenir de la vie terrestre se trouve mis en jeu dans une urgence inouïe. Et chacun sait que, depuis la séquence historique qui s'est engagée en 2007 et qui paraît avoir déclenché ce qu'on appellerait en physique nucléaire une réaction en chaîne, chaque pas compte et semble se surcharger systémiquement de conséquences très difficilement réversibles - sinon absolument irréversibles. Cette crise est sans précédent d'abord en cela. Si krisis signifie bien et d'abord décision, elle est critique comme jamais : elle révèle que le destin humain - qui est un destin inéluctablement technique et technologique - est pharmacologique au sens où, en grec, le pharmakon est à la fois le remède et le poison. Le pharmakon est à la fois ce qui permet de prendre soin et ce dont il faut prendre soin - au sens où il faut y faire attention: c'est une puissance curative dans la mesure et la démesure où c'est une puissance destructrice. Tel est aussi le feu dans la mythologie grecque. Devenu technologie industrielle, le pharmakon est de nos jours hégémoniquement contrôlé par l'économie, c'est-à-dire par le marketing, et c'est une calamité. Cet état de fait, qui a installé une économie de l'incurie génératrice d'une bêtise systémique, signifie que la question du soin - que l'on appelle aussi le care - est une affaire d'économie politique, et non seulement d'éthique.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue : De la pharmacologie

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Bernard Stiegler, A quoi sert l'art ? (29 août 2011)
  

Tous les parfums du monde

Tous les parfums du monde



La fève Tonka du Vénézuela

Souvent remplacée par un ingrédient de synthèse dans la fabrication des parfums, la coumarine, extrait naturel de la fève tonka, connaît un regain d’intérêt. Au Venezuela, des parfumeurs et des ONG redonnent vie à la cueillette traditionnelle de cette amande, afin de protéger cette ressource et de procurer des revenus équitables aux populations.

Souvent remplacée par un ingrédient de synthèse dans la fabrication des parfums, la coumarine, extrait naturel de la fève tonka, connaît un regain d’intérêt. Au Venezuela, des parfumeurs et des ONG redonnent vie à la cueillette traditionnelle de cette amande, afin de protéger cette ressource et de procurer des revenus équitables aux populations.
Source : Arte

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Le santal de Nouvelle-Calédonie

Les espèces de santal les plus recherchées par les parfumeurs pour leur senteur unique sont menacées. En Nouvelle-Calédonie, un ingénieur agronome a entamé la "résurrection" d’une espèce épuisée au XIXe siècle, au grand bonheur des créateurs de parfums.

Les espèces de santal les plus recherchées par les parfumeurs pour leur senteur unique sont menacées. En Nouvelle-Calédonie, un ingénieur agronome a entamé la "résurrection" d’une espèce épuisée au XIXe siècle, au grand bonheur des créateurs de parfums.
Source : Arte

Le mystère de la gémélité



Une histoire particulière, un récit documentaire
Jumeaux : un seul être vous manque
Histoires de jumeaux en apesanteur, sur terre, en prison, libres, complices, séparés, endeuillés…

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