vendredi 15 mars 2019

Les Chemins du Bouddhisme






LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE  par Adèle Van Reeth
Bouddhisme 11-14 mars 2019
(1/4) Une philosophie du bonheur ?
avec Philippe Cornu, professeur à l’Université catholique de Louvain et à l’INALCO, spécialiste du bouddhisme et de l’histoire des religions, et traducteur
(2/4) Qui était le Bouddha ?
avec Marc Ballanfat, professeur de philosophie en classes préparatoires aux grandes écoles, traducteur depuis le sanskrit et spécialiste des philosophes de l’Inde ancienne
(3/4) La tradition zen : pourquoi méditer ?
avec Eric Rommeluère, bouddhiste, enseignant de la tradition zen et écrivain
(4/4) L'avenir appartient à ceux qui s'éveillent tôt
avec Alexis Lavis, philosophe, professeur à l’Université Renmin de Pékin


 Immense statue de Bouddha à Hong Kong

"Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption"



Juan Branco, L'illusion de la démocratie en France ? (Thinkerview, 13 mars 2019)
"Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption"
Auteur de : Crépuscule, Ed. Au diable vauvert, 2019 - PDF, mis à disposition par l'auteur
et Contre Macron, pour une critique idéelle, Ed. Divergence, 2019 - PDF mis à disposition par l'auteur (extrait)


Crépuscule

Le pays entre en des convulsions diverses où la haine et la violence ont pris pied. Cette enquête sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste, écrite en octobre 2018, vient donner raison à ces haines et violences que l’on s’est tant plus à déconsidérer.
Impubliable institutionnellement, elle l’est du fait des liens de corruption, de népotisme et d’endogamie que l’on s’apprête à exposer.
Tous les faits, pourtant, ont été enquêtés et vérifiés au détail près. Ils exposent un scandale démocratique majeur : la captation du pouvoir par une petite minorité, qui s’est ensuite assurée d’en redistribuer l’usufruit auprès des siens, en un détournement qui ex-plique l’explosion de violence à laquelle nous avons assisté.
Qui l’explique car le scandale dont il est sujet n’a pas été dit ni révélé, nourrissant à force de compromissions successives une violence qui ne pouvait qu’éclater. En un pays où 90% de la presse est entre les mains de quelques milliardaires, l’exposition de la vérité est affaire complexe, et la capacité à dire et se saisir du réel ne cesse, pour les dirigeants et les « élites » tout autant que pour le « peuple », de se dégrader.

Un Français sur deux – sondage yougov du 4 décembre 2018 – souhaite la démission de Macron. Il faut mesurer la force de ce chiffre : il ne s’agit pas de dire que le Président de la République déplairait à un Français sur deux. Mais qu’un Français sur deux, dont une immense majorité croit et adhère au système politique existant, à peine un an après une élection présidentielle, considère que son résultat devrait être invalidé par le départ de celui qui théoriquement devait les diriger pendant cinq ans.
Il n’est pas difficile d’en déduire qu’une très ample majorité l’approuverait, si cette chute ou destitution intervenait.
Comment l’expliquer, alors que formellement, cet être semble avoir respecté l’ensemble des conditions qui font qu’une élection puisse apparaître démocratique ?
Tout simplement, en montrant que cet être n’a respecté que formellement notre système démocratique, et l’a au contraire effondré. Et que l’illégitimité ressentie par une majorité de nos concitoyens correspond à une réalité.
Cela, nos journalistes et commentateurs, partis politiques, se refuseront toujours à le dire et à le croire, à l’enquêter. Cela est naturel, car, nous allons le montrer, ils ont été complices et principaux vecteurs du viol démocratique qui est intervenu, jeu d’apparences où l’on a présenté un être au peuple pour en masquer la réalité.

Les mots sont durs. Et pourtant, vous allez le découvrir : ils sont justifiés. Celui que nous nous apprêtons à abattre symboliquement a pris le pouvoir, littéralement, aux dépens des principes démocratiques et républicains auxquels nous adhérons, et par lesquels nous demandons son départ ou sa destitution.
Il n’y a nulle sédition dans l’appel au départ d’Emmanuel Macron, car c’est lui, et les intérêts qui l’ont formé, qui pour prendre le pouvoir se sont comportés en séditieux. Mesurons l’importance de ces mots, qui nous départissent d’un quelconque désaccord politique : c’est le sens même de notre confrontation à cet être, l’idée même que nous appartiendrions à un même ensemble, qui s’en trouve affectée.
Nous sommes en situation d’exceptionnalité.
Source (et suite) du texte : Crépuscule


Contre Macron :
Pour une critique idéelle

Les hommes de pouvoir sont des marchepieds pour la pensée.
Seul l’apparat permet de masquer ce que de pauvreté cette utilité recouvre.
À nous, face aux tentations de l’adulation, de ne jamais l’oublier.

I L’APPARENT
Emmanuel Macron est l’un de ces êtres à l’apparence de pure transitivité.
Composé à des fins d’inexistence, il l’est non pas de façon déficiente mais parfaitement programmée. À ceux qui pourraient y trouver raison à fascination, indiquons sans attendre qu’il n’y a là, dans cet effacement absolu d’un soi singulier, point de leurre – une posture travaillée qui permettrait de protéger une réelle intériorité – mais plutôt un leurre visant à cacher le véritable leurre – et qu’ainsi cette absence de soi, soigneusement mise en scène pour apparaître comme le résultat d’une volonté, est en faits réelle et non masque, et qu’il n’y a, dès lors, plutôt que de fascination, que mépris à porter à cet égard.
Source (et suite) du texte : Contre Macron (extrait)





Juan Branco, sur Macron : "il n'a plus la légitimité suffisante" (Sud Radio, le 10 mars 2019)



Juan Branco, "Fin du grand débat, début du grand débarras" (Paris, 14 mars 2019)



Frédéric Lordon,  "Fin du grand débat, début du grand débarras" (Paris, 14 mars 2019)
 

Gilets jaunes : Appel du 16 mars



Ne restez pas chez vous le 16 mars (Aude Lancelin, Le Média, 15 mars 2019)



Appel du 16 mars (12 mars 2019)

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Gilets jaunes : soumettre la monnaie au contrôle citoyens, débat entre Etienne Chouard et Jacques Sapir (Sputniknews, 8 mars 2019)

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La police fait-elle un usage excessif de la force ? (RT, Interdit d'interdire, 13 mars 2019)
Frédéric Taddeï reçoit Jérôme Rodrigues, Gilet jaune, Sebastian Roché, sociologue, Bruno Pomart, ancien policier du Raid, et Xavier Raufer, criminologue.

Financial Times: Macron est sur une pente glissante vers le «despotisme démocratique» 
Par Philippe Wojazer - 12 mars 2019  - Sputniknews
En répondant à chaque trouble social par des lois et des restrictions, les autorités françaises exacerbent les tensions au sein du pays, écrit dans une analyse le Financial Times, évoquant la route d’Emmanuel Macron vers le «despotisme démocratique».
Source (et suite) du texte : Sputniknews



«Nazis», «peste brune»... quand LREM tente de discréditer les Gilets jaunes (RT, 13 mars 2019)



«Salir, discréditer, diaboliser» : bienvenue en «macronie», selon Laurent Dauré (RT, 13 mars 2019)

Lire aussi : La République en marche a-t-elle propagé des «fake news» sur les Gilets jaunes ? RT, 12 mars 201912 fake news macronistes sur les Gilets jaunes (1de partie), par Laurent Dauré, Les Crises, 13 mars 201912 fake news macronistes sur les Gilets jaunes (2de partie), par Laurent Dauré, Les Crises, 13 mars 2019 / Ultras chez les Gilets jaunes, «ingérence russe» : Macron a-t-il contredit le renseignement ?, RT, le 9 mars 2019



L'ONU sous influence de la France insoumise, Fake News en roue libre sur LCI (mars 2019)

Lire aussi : Gilets jaunes : «Qui susurre à l'oreille de l'ONU?», s'interrogent des commentateurs de LCI, RT, 8 mars 2019
Faible participation, déconnexion : le premier bilan peu reluisant du grand débat national, RT, 13 mars 2019

jeudi 7 mars 2019

"Le Grand Contrapuntiste de l'Univers"

Marco Pallis (1895-1989) est un alpiniste, musicien, compositeur, écrivain, traducteur gréco-britannique. Il séjourne au Tibet où il découvre et étudie le bouddhisme tibétain. Ami de Frithjof Schuon, il est aussi en relation avec l'historien de l'art Ananda Coomaraswamy. De par ses affinités avec l'école traditionaliste, il traduit en anglais l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues de René Guénon, auquel il rend visite au Caire en 19471. Il traduit aussi des textes grecs anciens. Écrivain, ses ouvrages traitent de la religion et de la culture du Tibet.
(...)
Sa passion pour la montagne a amené Pallis à son troisième amour : le Tibet et sa civilisation. En 1923, Pallis visita le Tibet pour la première fois, pour s'y livrer à l'escalade. Il retourna en Himalaya pour des expéditions plus prolongées, et séjourna dans des monastères du Sikkim et du Ladakh en 1933 puis en 19367, année où il rencontre Lachen Gomchen Rinpoché. Son livre très connu Cimes et Lamas décrit ces derniers voyages et la transformation qu'il a vécue. De par sa qualité d'étranger bienveillant, simple observateur, il a pu pénétrer au plus profond du cœur de la vie tibétaine. Il a remplacé ses vêtements occidentaux par la robe tibétaine, et a approfondi son étude de la langue, de la culture et du bouddhisme. Séjournant souvent dans les monastères, il a reçu son éducation religieuse directement des lamas. La Deuxième Guerre mondiale a interrompu ses voyages jusqu'en 1947, quand lui et son ami Richard Nicholson ont pu retourner au Tibet une dernière fois avant l'invasion chinoise. Déjà bouddhiste pratiquant depuis 1936, alors qu'il se trouvait à Shigatse, au Tibet, Pallis a été initié dans un des ordres ; il était âgé de 52 ans. Quand il est parti du Tibet, on peut dire que Marco Pallis, désormais nommé Thubden Tendzin, avait complété son voyage intérieur vers sa patrie spirituelle. Il a continué à être un pratiquant fidèle du bouddhisme tibétain, et un défenseur infatigable du Tibet, jusqu'à sa mort quelque 43 ans plus tard
Source (et suite) du texte : wikipedia

Bibliographie :
- La Vie Active. Ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas, Éd. Paul Derain
- Cimes et Lamas, Éditions Albin Michel, 1955, Éd. Kailash, 1997
- Lumières bouddhiques, Éd. Fayard, 1983
- La Voie et la Montagne. Quête spirituelle et bouddhisme tibétain, Éd. l'Harmattan, 2010
Préfaces
- Chögyam Trungpa, Né au Tibet, Seuil, 1991 (1re éd. 1968, Buchet/Chastel)
- Thomas Merton  Zen, Tao et Nirvana, Lib. Arthème Fayard (1re éd. 1970)
- Abdul Radhu, Caravane tibétaine, Paris, Peuples du Monde, coll. « Domaine tibétain », 1991




Bach, 1e contrepoint de l'Art de la fugue, Célimène Daudet (2015)


Métaphysique de la Polyphonie musicale
Extrait de : Lumières Bouddhiques,  pp. 209-220.

La possibilité de produire de la musique comportant plusieurs parties mélodiques se déroulant concurremment en relation réciproque étroite mais sans cesse changeante fut une découverte du génie artistique européen et, pourrait-on ajouter, du génie chrétien occidental dont cette forme de musique reflète l'esprit de façon caractéristique. La modulation harmonique, qui est l'autre face de la polyphonie, a, depuis des siècles, mis à la disposition des compositeurs un moyen de grande puissance émotive qui, appliqué aux usages liturgiques, leur a permis de répondre de la façon la plus efficace aux états d'âme de la dévotion chrétienne tels que les suggèrent les textes scripturaires et autres ; la joie ou la tristesse repentante, la jubilation ou la résignation, l'espérance pieuse ou les profondes intuitions du recueillement mystique, tout cela a trouvé les moyens de remuer les coeurs des fidèles dans l'ambiance tonale créée par le style polyphonique. On peut ici parler sans exagération d'une théologie sonore grâce à laquelle les vérités de la religion chrétienne peuvent être directement communiquées à l'intelligence de ceux qui savent comment écouter, qu'il s'agisse de simples croyants ou de gens plus instruits. C'est une dimension de la connaissance ne dépendant que faiblement de la présence ou de l'absence de savoir acquis.

Tout ceci est adapté aux tendances théologiques et dévotionnelles occidentales ; la fonction d'une polyphonie sacrée fut, au temps de son apogée, de compléter la monodie grégorienne tout en tirant de celle-ci une grande partie de son matériel thématique. De cette façon fut maintenue comme elle le devait la primauté du plain-chant en tant que forme traditionnelle de la musique vocale de l'Eglise et telle demeura durant de longs siècles la relation normale entre les deux formes musicales. La situation était encore la même lorsque les pères du concile de Trente se donnèrent pour tâche de réviser les dispositions existantes du culte catholique ; elle n'avait toujours pas changé du moins en principe, même si la pratique y correspondait beaucoup moins, lorsque le pape Pie X promulgua au début de ce siècle son décret sur la musique d'Eglise.

Etant donné que l'Eglise médiévale avait initialement accepté la polyphonie, sa prédominance définitive ne pouvait manquer de s'ensuivre ; toutes les branches de la musique, qu'elles soient classifiées comme sacrées ou profanes, vocales ou instrumentales, s'y conformèrent, conduisant bientôt à une situation où la musique non harmonisée a été ressentie comme une anomalie par la moyenne des auditeurs européens. Quels que soient les jugements de valeur que l'on puisse poter sur les résultats finals de cette grande innovation, il y a toujours lieu de se demander quelles sont les raisons d'une évolution de cette envergure si manifestement opposée à ce qui est d'usage courant dans le reste de l'humanité ; si les peuples d'Europe occidentale d'il y a quelque mille ans furent amenés à adopter une manière si originale de faire la musique, qu'est-ce qui les y a poussés ? Pareille rupture d'avec les normes généralement acceptées qui, partout ailleurs, sont restées liées à la monodie avec ou sans variations d'un genre plus ou moins élaboré, et les résultats spectaculaires qui ont découlé de cette rupture ne peuvent pas être expliqués comme s'il s'agissait d'un accident historique ; ils doivent être issus de quelques profondes perceptions métaphysiques dont la polyphonie est devenue le mode d'expression naturel. Le présent chapitre se propose d'attirer l'attention sur ces perceptions.

La sombre voie du néolibéralisme vers le fascisme



Funerary violin, Monique Canniere, Divine Hand Ensemble (2010) 

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Mr. Fish / Truthdig

La sombre voie du néolibéralisme vers le fascisme
Par Chris Hedges, 6 nov. 2018 - Truthdig / Les Crises (trad.)

Le néolibéralisme en tant que théorie économique a toujours été une absurdité. Il avait autant de validité que les idéologies dominantes du passé telles que le droit divin des rois et la croyance du fascisme dans l’Übermensch. Aucune de ses promesses n’a été possible, même de loin. Concentrer la richesse entre les mains d’une élite oligarchique mondiale – huit familles détiennent aujourd’hui jusqu’à 50 % de la richesse de la population mondiale – tout en démolissant les contrôles et réglementations gouvernementaux crée toujours des inégalités de revenus massives et un pouvoir monopolistique, alimente l’extrémisme politique et détruit la démocratie. Il n’est pas nécessaire de parcourir les 577 pages de « Le capital au XXIe siècle » de Thomas Piketty pour s’en rendre compte. Mais la rationalité économique n’a jamais été le but. Il s’agissait de restaurer le pouvoir de classe.

En tant qu’idéologie dominante, le néolibéralisme a été un brillant succès. À partir des années 1970, ses détracteurs keynésiens ont été écartés du milieu universitaire, des institutions publiques et des organisations financières comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale et exclus des médias. Des courtisans complaisants et des poseurs intellectuels tels que Milton Friedman ont été formés dans des endroits tels que l’Université de Chicago et ont reçu des plates-formes importantes et un financement d’entreprise généreux. Ils ont diffusé le mantra officiel des théories économiques marginales et discréditées popularisées par Friedrich Hayek et l’écrivain de troisième ordre Ayn Rand. Une fois que nous nous serions agenouillés devant les diktats du marché et que nous aurions levé les réglementations gouvernementales, réduit les impôts pour les riches, permis la circulation transfrontalière de l’argent, détruit les syndicats et signé des accords commerciaux qui créeraient des emplois dans les ateliers clandestins en Chine, le monde serait plus heureux, plus libre et plus riche. C’était une arnaque. Mais ça a marché.

« Il est important de reconnaître les origines de classe de ce projet, qui a vu le jour dans les années 1970, lorsque la classe capitaliste était en grande difficulté, que les travailleurs étaient bien organisés et commençaient à répliquer », a déclaré David Harvey, l’auteur de « A Brief History of Neoliberalism », lors d’une discussion à New York. « Comme toute classe dirigeante, ils avaient besoin d’idées dominantes. Ainsi, les idées dominantes étaient que la liberté du marché, la privatisation, l’esprit d’entreprise, la liberté individuelle et tout le reste devraient être les idées dominantes d’un nouvel ordre social, et c’est l’ordre qui a été mis en œuvre dans les années 1980 et 1990 ».

« En tant que projet politique, c’était très judicieux », dit-il. « Il a obtenu beaucoup de consentement populaire parce qu’il parlait de liberté individuelle et de liberté, de liberté de choix. Quand ils parlaient de liberté, c’était la liberté du marché. Le projet néolibéral a dit à la génération 68 : ‘OK, vous voulez la liberté et l’autonomie ? C’était le but du mouvement étudiant. Nous allons vous le donner, mais ce sera la liberté du marché. L’autre chose que vous cherchez, c’est la justice sociale, n’y pensez plus. Donc, nous vous donnerons la liberté individuelle, mais vous oubliez la justice sociale. Ne vous organisez pas’. La tentative consistait à démanteler ces institutions, qui étaient les institutions collectives de la classe ouvrière, en particulier les syndicats et, petit à petit, les partis politiques qui défendaient une sorte de préoccupation pour le bien-être du peuple. »

« Ce qu’il y a de bien avec la liberté du marché, c’est qu’elle semble égalitaire, mais il n’y a rien de plus inégal que l’égalité de traitement des inégalités », a poursuivi M. Harvey. « Elle promet l’égalité de traitement, mais si vous êtes extrêmement riche, cela signifie que vous pouvez devenir plus riche. Si vous êtes très pauvre, vous avez plus de chances de vous appauvrir. Ce que Marx a brillamment montré dans le premier volume du “Capital”, c’est que la liberté du marché produit des niveaux de plus en plus élevés d’inégalité sociale. »

La France sous les critiques du Haut Commissariat des Droits de l'Homme de l'ONU



Michèle Bachelet, Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU (6 mars 2019)

En France , les "Gilets jaunes" ont protesté contre ce qu’ils considèrent comme une exclusion des droits économiques et une participation à la vie publique. Nous encourageons le Gouvernement à poursuivre le dialogue - y compris le suivi des discussions nationales en cours - et à engager une enquête approfondie sur tous les cas signalés de recours excessif à la force.
Source : Nations Unies, Haut commissariat des Droits de l'Homme (La Haute-Commissaire, Michelle Bachelet, appelle les États à prendre des mesures solides contre les inégalités), 6 mars 2019


Gilets jaunes : l'ONU réclame à Paris une enquête sur l'«usage excessif de la force»
6 mars 2019 - RT

Le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a réclamé à la France une «enquête approfondie» sur les usages excessifs de la force qui auraient eu lieu pendant les manifestations des Gilets jaunes depuis la mi-novembre.
Ce 6 mars, le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU demande à Paris d'effectuer une «enquête approfondie» sur les accidents survenus au cours du maintien de l'ordre des manifestations des Gilets jaunes depuis le début du mouvement, en novembre 2018.
Dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, Michelle Bachelet a déclaré : «Nous encourageons le gouvernement [français] à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force.»

Michelle Bachelet a également estimé que les Gilets jaunes manifestent contre «ce qu'ils considèrent comme [leur] exclusion des droits économiques et de [leur] participation aux affaires publiques.» Et de rappeler que «les inégalités touchent tous les pays» et que «même dans des Etats prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux.» Elle a aussi comparé la situation en France avec celle des répressions violentes au Soudan, en Haïti et au Zimbabwe.
Selon le Haut-commissaire, ces manifestants «réclament un dialogue respectueux et de vraies réformes. Et pourtant, dans plusieurs cas, ils sont accueillis par un usage violent et excessif de la force, par des détentions arbitraires, des tortures et même selon certaines informations des exécutions extra-judiciaires.»
Dénonçant le nombre d'interpellations, de gardes à vue, des fouilles et de blessés, des experts de l'ONU avaient déjà publié en février 2019 un rapport dans lequel ils se disaient inquiets «de constater qu'après des semaines de manifestations, les restrictions et tactiques de gestion des rassemblements et du recours à la force ne se s'étaient pas améliorées». Ils critiquaient en outre l'«usage disproportionné» dans les manifestations d’armes dites «"non-létales" telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense».



Danièle Obono, FI, "La France aussi doit rendre des comptes à l'ONU" (6 mars 2019)

Lire aussi : Acte 16 des Gilets jaunes : le moment du tir de LBD qui a blessé au visage un homme à Paris (video), RT, 3 mars 2019 / Gilets jaunes: un manifestant atteint aux testicules par un tir de LBD, Sputniknews, 5 mars 2019 /



Un policier se réjouit de tirer dans le dos au LBD sur un Gilet Jaune qui a les bras levés





Toute écriture sur le monde social est normative. Elle renferme sa part d’affect et, parfois, d’aspiration à un changement. De même, prendre une photographie et choisir de la diffuser est une démarche éminemment politique, même si certain·es ont la naïveté — ou font semblant — de l’ignorer.

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