mercredi 11 juillet 2018

"N'est-ce pas singulier que je sois constamment transportée de joie, sans raison ?"



Rosa La Vie, Rosa Luxembourg, lettres de prison, lecture de Anouk Grinberg  (Paris, 27 septembre 2009)
Voir aussi la présentation du spectacle par la comédienne : Youtube



Rosa Luxembourg (Ina)

N'est-ce pas singulier que je sois constamment transportée de joie, sans raison ? De temps à autre, au loin, le roulement étouffé d'un train ou bien tout près le palant de la sentinelle. Je suis étendue, là, seule, livrée à l'obscurité, à l'ennui, à l'hiver, et malgré tout une joie étrange, inconcevable, fait battre mon coeur, comme si je marchais dans une prairie en fleurs, sous un soleil éclatant. Alors je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas, je crois que c'est la vie qui est l'unique secret. 


Rosa Luxemburg, souvent retranscrit en français Rosa Luxembourg, en polonais Róża Luksemburg, née le 5 mars 1871 à Zamość dans l'Empire russe (actuelle Pologne) et morte assassinée le 15 janvier 1919 à Berlin en Allemagne, est une militante socialiste et théoricienne marxiste.
Née sujette polonaise de l'Empire russe, elle s'exile en Suisse pour suivre des études, puis prend la nationalité allemande afin de poursuivre en Allemagne son militantisme socialiste. Figure de l'aile gauche de l'Internationale ouvrière, révolutionnaire et partisane de l'internationalisme, elle s'oppose à la Première Guerre mondiale, ce qui lui vaut d'être exclue du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Elle cofonde la Ligue spartakiste, puis le Parti communiste d'Allemagne. Deux semaines après la fondation de ce dernier, elle meurt assassinée à Berlin le 15 janvier 1919 pendant la révolution allemande, lors de la répression de la révolte spartakiste.
Ses idées ont inspiré des tendances de la gauche communiste et donné naissance, a posteriori, au courant intellectuel connu sous le nom de luxemburgisme. L'héritage de Rosa Luxemburg a cependant été revendiqué, de manière contradictoire, par des mouvances politiques très diverses.
Source (et suite) du texte : wikipedia

Le capitalisme est la première forme économique douée d'une force de propa­gande ; il tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes écono­mi­ques, n'en supportant aucune autre à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu et de son soi nourricier. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale de la production. Il offre l'exemple d'une contradiction historique vivante ; son mouvement d'accumulation est à la fois l'expression, la solution progressive et l'intensification de cette contradiction. A un certain degré de développement, cette contradiction ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale, un système harmonieux en lui-même, fondé non sur l'accumulation mais sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse et donc sur l'épanouissement de toutes les forces productives de la terre.
Source (et texte entier) : L'accumulation du capital
Autres textes : marxists



Rosa Luxembourg, film de Margarethe von Trotta (1986) VOSTFR
 
 

Ingérence françaises au Yemen : honte et manipulation !

Au Yémen, un enfant meurt toutes les dix minutes, victime de "la pire crise humanitaire du monde"

Théâtre d’un conflit qui oppose les rebelles Houthis et une coalition menée par l’Arabie saoudite depuis plus de trois ans, le Yémen est victime de "la pire crise humanitaire du monde" selon l’ONU

Aujourd’hui, le Yémen c’est 27 millions d’habitants, dont huit millions au bord de la famine, deux millions de déplacés et un million affecté par une épidémie de choléra, difficilement contrôlable à cause de la guerre. Depuis plus de trois ans, le pays est enlisé dans un conflit meurtrier entre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran chiite, et une coalition menée par l’Arabie saoudite. En plus d’avoir provoqué plus de 10 000 morts et 53 000 blessés, la guerre a entraîné une grave crise humanitaire et sanitaire. La situation est critique : un enfant meurt toutes les dix minutes. En 2017, l’ONU a déclaré que le pays connaissait "la pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale" et évoque régulièrement des risques de famine à grande échelle.
Source (et suite) du texte : FranceTVInfo, janvier 2018



* * *

Ingérence françaises au Yemen : honte et manipulation ! 
Par Richard Labévière, le 24 juin 2018 - Proche et Moyen Orient

Chacun de souvient de l’une des photos les plus célèbres de la guerre du Vietnam : ce 8 juin 1972 – dans le village de Trang-Bang – une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui combat les forces communistes du Nord aux côtés des Etats-Unis. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible et larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des Viêt-Congs, mais leurs propres soldats et de nombreux civils.

Kim Phuc – neuf ans – figure parmi les victimes de cette erreur tragique. Alertés par le passage préalable d’un avion de reconnaissance, « Phuc » (c’est son prénom qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires. Le déluge de napalm – pouvant atteindre les 1 200 degrés Celsius – inflige à la fillette de terribles brûlures. Ses vêtements soufflés, Phuc s’extirpe des flammes, laisse derrière elle ses parents et se retrouve à fuir sur la route 1 de Trang Bang.

À quelques centaines de mètres, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de reporters, il voit des civils surgir de la fumée. Parmi eux, il photographie la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon. Lorsque la fillette parvient à sa hauteur, Nick Ut tire de son sac un quatrième et dernier appareil encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de la petite fille qui répète sans cesse les mêmes mots : « trop chaud ! Trop chaud ! »

« On les massacrait avant de les soigner… », paradoxe des guerres occidentales modernes que Francis Ford Coppola fait dire au capitaine Willard, son héros d’Apocalypse Now, palme d’or au Festival de Cannes en 1979.

Toute proportion gardée, c’est un peu ce que la France éternelle fait au Yémen et s’apprête à faire à la fin du mois à Paris. L’initiative a été annoncée le 10 avril lors d’une visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane : l’organisation – à Paris – d’un « sommet humanitaire » rassemblant les donateurs susceptibles de se mobiliser au service… du Yémen, les deux co-organisateurs (la France et l’Arabie saoudite), chacun dans sa catégorie étant des co-bélligérants directement impliqués dans cette guerre particulièrement meurtrière, occultée par la propagande quotidienne déversée sur la guerre civilo-globale de Syrie : Bachar al-Assad est un boucher sanguinaire, Mohammed ben Salmane et son homologue émirien étant de joyeux humanistes réformateurs. Défense de sourire !

On croyait être définitivement sorti des inepties néo-coloniales de Bernard Kouchner. Erreur, profonde erreur ! Comme en Syrie, les pays occidentaux aident et arment les jihadistes engagés au Yémen (recrutés par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis/EAU), sous prétexte d’aide humanitaire et de lutte contre « l’impérialisme iranien ». Nouvelle défense de sourire !

Bref, le 27 juin prochain à Paris, autant dire que cette conférence « humanitaire » risque de tourner au ridicule, comme un congrès de sapeurs-pompiers avec pyromanes comme invités d’honneur, comme un sommet de diabétiques enfermés dans une pâtisserie…

GUERRE CLANDESTINE

Et pourtant, les bombardements de la coalition saoudienne s’apparentent à des crimes de guerre selon les propres critères des Nations unies. Cela dit, Riyad est parvenu – jusqu’à maintenant – à empêcher l’ONU d’enquêter sur les quelques 15 000 civils tués depuis janvier 2017, tout bilan officiel restant impossible à établir. L’ONU et plusieurs ONGs évoquent des épidémies de famine, de choléra, ainsi que des milliers de blessés et déplacés. Une « catastrophe entièrement causée par l’homme », souligne le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCR) de l’ONU. À cela s’ajoutent la destruction partielle de la vieille ville de Sanaa, patrimoine mondial de l’humanité et l’expansion de la Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) : « AQPA est plus puissant que jamais. Alors que la destruction de l’organisation « État islamique » fait les gros titres (…), la Qaïda reste un modèle de réussite ». L’organisation a notamment « su exploiter une économie de guerre florissante », écrit la chercheuse d’International Crisis Group April Longley Alley. L’Arabie saoudite a inondé le Yémen de fusils d’assaut Steyr-AUG, une partie d’entre eux a atterri entre les mains d’AQPA !

« La France a octroyé pour un peu plus de 16 milliards d’euros de licences pour la seule Arabie saoudite en 2015 et livré à ce pays pour 900 millions d’euros d’équipements militaires la même année (…) À aucun moment, le gouvernement n’a indiqué ces deux dernières années qu’il avait refusé, révoqué ou suspendu des autorisations d’exportation », commente pour sa part Amnesty International.

Qui greffe quoi ?

MAJ de la page : Transhumanisme



Matière à penser avec René Frydman
La greffe de tête : un jour possible ? 07/07/2018
Avec Philippe Saint-Germain, auteur de La greffe de tête - Entre science et fiction, Ed. Liber, 2017

En 2015, le neurochirurgien italien Sergio Canavero a provoqué une onde de choc en promettant une première greffe de tête humaine avant la fin 2017. Mais ce n'était que la plus récente étape d'une vaste entreprise médicale et médiatique amorcée deux ans plus tôt par la publication d'un article controversé exposant le projet. Scientifiques, journalistes, bioéthiciens, théologiens, blogueurs, ont tenté d'en prendre la mesure. C'est dans ce labyrinthe que s'aventure cet essai. Tout en décrivant le projet d'une greffe de tête humaine, il en rappelle la préhistoire - littéraire et scientifique - et en approfondit les enjeux éthiques et philosophiques. Monstruosité ou exploit, il se déploie ainsi entre la science et la fiction, suivant en cela le docteur Canavero lui-même qui, à certains égards, ressemble au savant fou d'un étrange feuilleton. « Je ne me donnerai pas pour tâche de déterminer sa faisabilité ou son bien-fondé d'un point de vue éthique, et encore moins scientifique ; ces questions seront toujours abordées en tant qu'elles font partie de la vaste mosaïque des narrations entourant le projet d'une greffe de tête. » Une part non négligeable de l'intérêt que suscite ce projet tient à ce qu'il n'existe encore qu'en puissance, aussi bien pour les observateurs que pour ses concepteurs, qui peuvent dès lors librement promettre et prédire ce qui, un jour, pourrait être réalisé. Ce possible stimule l'imagination en dilatant l'espace disponible à la spéculation. Parler d'un projet qui n'est pas encore réalisé permet de le devancer, plutôt que de simplement le décrire après coup.
Quatrième de couverture


Bientôt une greffe de tête ? 
Le 3 janvier 2018 - Le Matin

Controversé, l’Italien Sergio Canavero affirme qu'une telle opération est possible. Un premier test aurait même eu lieu sur des cadavres. Interview.
Selon le neurologue turinois Sergio Canavero, le transfert de la tête ne durerait que «quelques secondes».

lundi 9 juillet 2018

De l'Etant au Monde

MAJ de : Jean Bollack / Parménide



Jean Bollack, de l'Etant au Monde
"Du jour au Lendemain" diffusée sur France Culture le 10 janvier 2007.
Auteur de, Parménide : De l'Etant au Monde, Ed. Verdier Poche, 2006


Penser avec le langage

L'Etant se contruit avec les mots, et d'abord avec le mot "est". Il n'y a pas de langue sacrée propre à ce "est"; il y a seulement ce qui, dans la langue, permet d'isoler et de dire un élément central et distinctif. Il y a cet idiome de Parménide qui confond l'existence et la copule, et crée avec un verbe à la troisième personne du présent de l'indicatif une forme nominale (substantif ou adjectif) (...)
C'est à cette étape de la "recherche" que Parménide a pu réduire le langage à un contenu minimal aussi éloigné que possible de tout contenu particulier. La distance prise à l'égard de toute nomination particulière se trouve dans le choix de ce point de départ. "Est", dans sa simplicité, pose le problème de l'énonciation en soi, en dehors de tout objet, évacuant toute signification autre que celle que ce référent implique, et qu'il permet de construire, dans ce domaine restreint et distinct. Quel que soit l'objet que l'on désigne, avant de désigner, on affirme qu'il est. C'est l'élément toujours implicite qui évite de dire le faux. Le référent n'a pas de concurrent. La différence ontologique a pu être reconnue dans cette distinction sémantique absolue. (pp.20-1)


Fragment 2 : 

Bon ! Je vais te dire - toi, ne lâche pas le récit que tu auras entendu - 
quels sont les voies de recherche qui seuls se laissent penser. 
L'un que "est" et qu'il n'y a pas moyen qu'il ne soit pas. 
C'est la route de Persuasion, car Vérité suit : 
l'autre que "est" n'est pas, et qu'il y a utilité qu'il ne soit pas. 
De ce chemin-là qui détourne, je t'explique qu'on n'en sait rien du tout. 
Car tu ne peux pas connaitre ceci, s'il n'est pas - car on n'y arrive pas -,
ni non plus tu ne peux l'expliquer. 
(p. 107)
Jean Bollack, Parménide : De l'Etant au Monde, Ed. Verdier Poche, 2006


Parménide

Remarque : 
L'anomalie grammaticale (voulue) "est" peut aussi s'interpréter comme une manière pour le poète philosophe de montrer le caractère indicible de ce qui, en se déployant, deviendra objet de discours.
Lire aussi : "est"

"Nous vivons déjà dans le monde post-occidental"

MAJ de la page : Affaire Skripal / Attaque chimique



Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la chaîne britannique Channel 4  (Moscou, 29 juin 2018).

Vous savez, je pense que nous vivons déjà dans le monde post-occidental, mais que sa formation n’est pas terminée et sera encore longue. En fait, nous vivons une époque historique. Il est clair qu’après environ cinq siècles de domination de ce qu’on appelle l’Occident collectif, il n’est pas si simple de s’adapter aux nouvelles réalités.  (...)

Puis a commencé l’aventure militaire des Etats-Unis en Irak, une aventure illégale basée sur un mensonge délibéré, comme tout le monde le sait aujourd’hui – même l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a reconnu que l’opération était une erreur. Cependant cela ne change pas le fond des choses : de la même manière qu’Al-Qaïda est apparu en Afghanistan à cause de l’activité des Etats-Unis, Daech a été la conséquence de l’intervention en Irak.
Et dernièrement, la Libye a été envahie, en transgression flagrante de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, tout comme la Syrie (a été attaquée), et un autre « monstre » est apparu : le Front al-Nosra. Peu importe le changement de nom de cette organisation, son essence terroriste reste inchangée. Toutes les actions de l’Occident «civilisé » au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont en faveur des terroristes. (...)

Je n’ai jamais parlé d’Edward Snowden avec la nouvelle administration américaine. Le Président russe Vladimir Poutine a exprimé la position de la Russie à ce sujet il y a quelques années déjà : la décision de revenir ou non aux Etats-Unis revient uniquement à Edward Snowden. (...)

J’aime beaucoup Lewis Carroll mais je pense que la logique de la Reine qui dit « D’abord la sentence, ensuite le verdict » est inadmissible.
A l’heure actuelle, pour tout ce qui concerne la présidentielle américaine, le Brexit, l’ « affaire Skripal » et le crash tragique du Boeing malaisien, le postulat de base est que « L’enquête se poursuit mais vous (la Russie) êtes déjà coupables ». On ne peut pas faire ça. (...)

Encore une fois, si les gens commencent à construire leur politique nationale à l’égard d’un autre État en s’appuyant sur quelque chose de « possible » ou « très probable », c’est honteux. 
Et je considère que ce qui se fait aux Etats-Unis dans le contexte du prétendu « Russiagate », comme l’a dit à plusieurs reprises Vladimir Poutine, est une manifestation d’un profond problème interne parce que les perdants (Démocrates) n’ont pas le courage de reconnaître leur défaite aux élections.
Source et transcription complète : Arrêt sur info

Confirmation que les frappes illégale des Américains, Français et Britaniques en Syrie se sont appuyées sur des preuves mensongères, il n'y a pas eu d'attaque chimique : Syrie, Pas de gaz innervant utilisé à Douma en avril, le 6 juillet 2018, Tribune de Genève / Syrie, Pas de sarin à Douma, le 6 juillet 2018, Moon of Alabama
Lire aussi sur le site Les Crises : Dossier Affaire Skripal / Dossier Guerre en Syrie

* * *



La Russie vue du ciel (Allemagne, 2018)

Cet époustouflant voyage aérien souligne l’extraordinaire diversité des paysages et des écosystèmes du géant russe. Au programme, entre autres : le survol du Caucase, des montagnes de l’Altaï et du delta de la Volga ; des vues aériennes de Moscou et Saint-Pétersbourg ; la découverte de la vie sauvage dans la péninsule volcanique du Kamtchatka ainsi que dans les steppes de Kalmoukie.

Avec une superficie trente fois supérieure à celle de la France, la Russie est de loin le plus grand pays du monde : onze fuseaux horaires et 10 000 kilomètres séparent ainsi l’enclave de Kaliningrad du détroit de Béring. Pendant neuf mois, l’équipe des séries documentaires L’Allemagne vue d’en haut et Oiseaux migrateurs, plusieurs fois récompensées, a filmé depuis des hélicoptères et à l’aide de caméras aériennes ultraperformantes les paysages et la faune de cet immense territoire. Au programme, entre autres : le survol du Caucase, des montagnes de l’Altaï et du delta de la Volga ; des vues aériennes de Moscou et Saint-Pétersbourg ; la découverte de la vie sauvage dans la péninsule volcanique du Kamtchatka ainsi que dans les steppes de Kalmoukie.
Source : Arte

Violences sexuelles sur mineurs : comment lutter ?

MAJ de la page : Loi sur les violences sexuelles



Le viol reste un crime, Belloubet et Schiappa font machine arrière face au tollé général (5 juillet 2018)

Lire aussi : Loi sur les violences sexuelles : le gouvernement retire la notion d’"atteinte sexuelle avec pénétration", le 5 juillet 2018, FranceTVInfo

L'absurdité de ce nouveau délit (atteinte sexuelle avec pénétration) est heureusement retiré.
Cela dit la loi Schiappa continue de ne rien résoudre : aucun seuil de non consentement irréfragable malgré les promesses et c'est toujours à la petite victime de prouver son non-consentement (comme si un enfant de 6 ans* pouvait consentir à un acte sexuel), de plus la violence psychique subie par l'enfant n'est pas reconnue (on ne parle ni de dissociation, ni de sidération pour expliquer son manque de réaction ou sa passivité).
Une loi critiquées par les associations et professionnels en charge de la protection de l'enfance mais aussi contraire au bon sens, ou à la volonté des français, comme en témoigne un sondage d'opinion (voir ci-dessous).
(*) Il existe une jurisprudence protégeant les enfants de 5 ans et en dessous (mais rien entre 6 ans et la majorité de 15 ans).

* * *

Violences sexuelles sur mineurs : comment lutter ?
Par Etienne Mercier, le 3 juillet 2018 - Sondage IPSOS

Alors que la loi concernant les violences sexuelles sur mineurs est en cours de vote, l’association Mémoire Traumatique* et victimologie a voulu connaître la position des Français sur la question de l’instauration d’un seuil d’âge de consentement des mineurs, mesure abandonnée par le gouvernement et qui n’a pas été retenue par l’Assemblée Nationale, et sur la question des délais de prescription des crimes sexuels sur mineurs.

TÉLÉCHARGEMENT


Exception française, pas de seuil d'âge en France

Les enfants sont les principales victimes de viol

Les viols sur mineurs restent largement impunis

Seuil d'âge du consentement des mineurs

Une majorité des Français ignorait qu’il n’y avait pas d’âge légal du consentement
- 68% des Français ne savaient pas que la loi française ne prévoyait pas de seuil d’âge, 42% l’ont appris à cette occasion, 26% ne le savaient toujours pas au moment du questionnaire.

Une très grande majorité des Français est favorable à l’instauration d’un âge minimum dessous duquel un enfant ne peut pas être considéré comme consentant à un acte de pénétration sexuelle par un adulte qui est automatiquement un viol :
- 81% des Français se sont déclarés favorables à ce que la loi prévoie désormais un seuil d’âge minimum en dessous duquel un acte de pénétration sexuelle par une personne majeure sur une personne mineure soit automatiquement considéré comme un viol (sans rechercher si la personne mineure était consentante ou non), une majorité d’entre eux s’est même déclarée tout à fait favorable.

Une majorité des Français est favorable à ce que le seuil d’âge minimum soit fixé entre 15 ans et 18 ans :
- 56% sont favorables à ce que soit fixé entre 15 et 18 ans le seuil d’âge minimum en dessous duquel un acte de pénétration sexuelle par une personne majeure sur une personne mineure soit automatiquement considérée comme un viol.
- et si on considère un seuil d’âge compris entre 13 et 18 ans, 76% y sont alors sont favorables.

En cas d’inceste, de handicap de la victime, de relation d’autorité sur la victime, la quasi-totalité des Français est favorable à ce que les actes de pénétrations sexuelles par un adulte sur un mineur de moins de 18 ans soient automatiquement considérés comme des viols :
- 92% y sont favorables en cas d’inceste ;
- 91% y sont favorables en cas de handicap du mineur ;
- 90% y sont favorables lorsque l’adulte a autorité sur la victime.

Délai de prescription des crimes sexuels sur mineur
La très grande majorité des Français est favorable à ce que les viols et les tentatives de viols sur mineurs soient imprescriptibles :
- 70% sont favorables à l’imprescriptibilité ;
- 12% sont favorables à un délai de prescription de 30 ans après la majorité, comme le prévoit le projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes ;
- 18% sont favorables à à un délai de prescription de 20 ans après la majorité, comme le prévoit la loi actuellement.

Pour le Dr Muriel Salmona, présidente et fondatrice de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie : « Les résultats de cette enquête montrent que la population française est tout à fait consciente de la nécessité de protéger plus efficacement les mineurs des violences sexuelles, et à plus forte raison les enfants les plus vulnérables qui en sont  le plus victimes (les plus jeunes, ceux qui sont handicapés et ceux qui sont victimes d’inceste) ».

Les enfants, principales victimes de viols
Âge du consentement : l'avis des Français
Imprescribilité du viol : l'avis des Français

[1] Créée en 2009, dans l’optique de lutter contre toutes les violences et d’améliorer leur prévention, l’association Mémoire Traumatique et Victimologie a pour but d’améliorer l’identification, la protection et la prise en charge des victimes de violences via l’information du public et la formation des professionnels impliqués, et de promouvoir la connaissance et la compréhension des conséquences des violences.

Téléchargement
RAPPORT COMPLET 
INFOGRAPHIE IMPUNITÉ
INFOGRAPHIE IMPRESCRIBILITÉ 
INFOGRAPHIE PROTECTION DES ENFANTS
INFOGRAPHIE SEUIL D'ÂGE DU CONSENTEMENT EN EUROPE 
INFOGRAPHIE SEUIL D'ÂGE DU CONSENTEMENT POUR LES FRANÇAIS
TOUT TÉLÉCHARGER .ZIP | 5MB
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...