mercredi 27 juillet 2011

Kanha

Kanha (Inde, VIIe-IXe) est le co-fondateur avec Sahara, de l'école bengali Sahajiya (véhicule du Spontané). 

Les 
Madyamika, percevant la réalité comme une vacuité, dégagèrent la grandeur de cet aspect; les Vijnanavadin mirent en relief son aspect de conscience; les courants tantriques et Sahajiya font ressortir une nouvelle dimension et insistent sur l'efficience et la Béatitude, "merveilleuse saveur de la Réalité", telle qu'elle est effectivement vécue dans la conscience mystique du vide. En elle la pensée et le souffle s'immobilisent, en elle l’égoïsme se brise, en elle seule s'efface toute trace d’attachement, en elle s'engloutissent toutes les expériences : vide et compassion, sapience et habileté salvifique, devenir et extinction. Sans elle pas de salut mais une perpétuelle transmigration.
   Un autre caractère spécifique de la Réalité est le Spontané (sahaja), l'énergie fulgurant de façon gratuite, inconditionnée. Bien que ce spontané réside à l'intérieur du coeur, l'homme aveuglé par l'ignorance ne le perçoit pas. La conscience est comme assoupie, il faut donc qu'elle s'éveille, ce qui est possible puisque la conscience d'éveil (bodhicitta) est présente en chaque homme. (...)
Extrait de : Les Dohakosa de Sahara et de Kanha, dans Liliane Silburn, Aux Sources du Bouddhisme, Ed. Fayard.
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Bibliographie :
- Dohakosa (trad. Liliane Silburn) dans : Liliane Silburn, Aux Sources du Bouddhisme, Ed. Fayard.
- Les chants mystiques de Kânha et de Saraha, trad. Shahidhullha, Ed. Adrien Maisonneuve, 1988.






(...)
10.
Sans houle, toujours égale, l'essence du Spontané est libre de toute impureté.
Du mérite et du démérite rien ne demeure : ouvertement, Kanha le proclame.
11.
Prenant conscience de l'extériorisation, pénètre entre vide et non-vide.
Dans l'intervalle entre vide et non-vide, enfant, ne vois-tu donc rien ?
12.
Le Spontané est absolument unique. Kanha le reconnait en toute évidence.
Le benêt récite, écoute de nombreux traités et des écritures, et il ne sait rien !
13.
(Le souffle) ne descend ni ne monte; s'abstenant de ces deux (mouvements), il se tient immobile.
Kanha déclare : en aucune manière la pensée ne se déploie. Le souffle-maîtresse de maison reste à demeure.
(...)
20.
Immobile, indifférencié, invariable, sans aurore ni crépuscule, de bonne moelle,
telle est, dit-on, l’extinction ou la pensée ne déploie aucune activité mentale.
(...)
28.
Rien n'est à faire, point de formule ni de tantra, pour qui joue amoureusement avec sa propre maîtresse de maison.
Tant que la maîtresse de maison ne pénètre pas dans sa propre demeure, peut-on prendre plaisir aux cinq couleurs ?
29.
Est-ce dans ces récitations, ces oblations et ces activités du mandala que réside la Réalité ou tu demeures de jour en jour ?
O jeune fille, sans ton amour ininterrompu,
comment l'éveil serait-il atteint par ce corps ?
30.
Qui reconnait intérieurement l'instant du Spontané n'a que faire des Veda et des Purana,
car il a pulvérisé la démarche bivalente et sans fin du monde sensible.
31.
Celui qui saisissant sa propre maîtresse de maison rend immobile le joyau de la pensée,
Oh ! le voilà le maître de la foudre. Je viens de proférer l'ultime vérité.
32.
Tout comme le sel se dissout dans l'eau, ainsi le coeur qui s’empare de la maîtresse de maison.
A cet instant précis, il découvre la saveur égale s'il s'identifie à elle encore et encore et pour toujours.
Extrait de Dohakosa (trad. Liliane Silburn) dans : Liliane Silburn, Aux Sources du Bouddhisme, Ed. Fayard.
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Chant de Kanha.
Le domaine de la pensée n'est que tromperie,
Ainsi écritures, livres sacrés et rosaires.
Comment parler du Spontané, dis, quand n'y accède
Ni corps ni parole ni conscience ?
Vainement le guru instruit (son) disciple.
Comment exprimer ce qui est au-delà du chemin de la parole ?
Tout ce qu'on dit n'est que débâcle.
Muet est le guru, sourd, le disciple.
Kanha déclare : comment (décrire) le joyau du Vainqueur ?
Ce serait comme si un muet prêchait à un sourd !
Extrait de Dohakosa (trad. Liliane Silburn) dans : Liliane Silburn, Aux Sources du Bouddhisme, Ed. Fayard.
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