samedi 19 mai 2012

Julius Evola


Julius Evola, né à Rome le 19 mai 1898, est à la fois une grande figure de l’ésotérisme occidental et l’inspirateur de ce qu’on appelle « la droite traditionnelle italienne ». Sa bibliographie se partage entre des ouvrages se rapportant à l’ésotérisme en général et des essais politiques, depuis son Impérialisme païen (1928), fortement anti-chrétien, jusqu’au Fascisme vu de droite (1964), en passant par Orientations (1950) et Les hommes au milieu des ruines (1953). A ce propos, il convient de noter de suite, pour éviter d’avoir à y revenir, que Julius Evola n’a jamais adhéré au fascisme mussolinien non plus qu’au national-socialisme. Un texte parmi d’autres est très explicite : « Le malentendu du « nouveau Paganisme », de 1936 : «C’est presque en tombant dans un piège préparé d’avance que les néo-païens finissent par professer et défendre des doctrines qui se réduisent pour ainsi dire à un paganisme fictif et privé de transcendance, mais lié au sang et immergé dans un mysticisme suspect, suscité polémiquement par la dialectique de leurs adversaires. Et comme si cela ne suffisait pas encore, l’on passe sous silence, d’une manière partisane, tous les aspect supérieurs du christianisme et du catholicisme, tout comme l’on avait jadis passé sous silence les aspects supérieurs du vrai paganisme ». Parmi ses ouvrages que l’on peut dire traditionnels, en ce sens qu’ils se rattachent à la Tradition, au sens guénonien du terme, il faut citer : Le yoga tantrique (1926 et 1949), La tradition hermétique (1931), Le mystère du Graal (1937) et ce qui constitue sans doute son apport le plus original à l’ésotérisme occidental : Métaphysique du sexe, en 1958. Mais c’est au travers de deux ouvrages singuliers que la pensée de Julius prend toute sa pertinence, du fait de son « actualité », non seulement en ce qui concerne le 20ème siècle mais aussi les temps présents : Révolte contre le monde moderne (1934) – qui n’est pas sans rappeler La crise du monde moderne de René Guénon – et surtout Chevaucher le tigre en 1961 qui reste un livre fondamental pour se prémunir contre la « seconde religiosité » ou ce que le même René Guénon désignait comme la « contre-tradition ».
Source (et suite) du texte : montcelon
Autre biographie : wikipedia / 3e millenaire


Bibliographie :
- Chevaucher le tigre, Éditions La Colombe, 1964.
- Métaphysique du sexe, Payot, 1968.
- Ecrits sur la Franc-maçonnerie, Éditions Pardès, 1987.
- Eléments pour une éducation raciale, Éditions Pardès, 1984.
- Essais politiques, Éditions Pardès, 1988.
- Explorations, Éditions Pardès, 1989.
- Hiérarchie et démocratie (avec René Guénon), Les Éditions de l'Homme libre, 1999.
- Impérialisme païen, Éditions Pardès, 2004.
- La Doctrine aryenne du combat et de la victoire, Éditions Pardès, 1987.
- La Doctrine de l’éveil, Éditions Archè, 1976.
- L’Arc et la massue, Éditions Trédaniel, 1983.
- La Tradition hermétique, Éditions Traditionnelles, 1983.
- Le Chemin du cinabre, Éditions Archè, 1983.
- Le Fascisme vu de droite, Éditions Pardès, 1981.
- Le Mystère du Graal, Éditions Traditionnelles, 1974.
- Le Mythe du sang, Les Éditions de L’Homme libre, 1999.
- Le Petit livre noir, Rémi Perrin, 1999.
- Les Hommes au milieu des ruines, 1965, Éditions Pardès, 2005.
- Le Taoisme, Éditions Pardès, 1989.
- L’Europe ou le déclin de l’Occident, Rémi Perrin, 2000.
- Le Yoga tantrique, Fayard, 1971.
- Masques et visages du spiritualisme contemporain, Éditions Pardès, 1972.
- Méditations du haut des cimes, Éditions Pardès, 1986, seconde édition Éditions du Lore, 2006.
- Métaphysique de la guerre, Éditions Arché, 1980.
- Orient et Occident, Éditions Archè, 1982.
- Phénoménologie de la subversion, Les Editions de L’Homme libre, 2004.
- Révolte contre le monde moderne, L’Âge d’Homme, 1991, 2009.
- Symboles et mythes de la tradition occidentale, Éditions Archè, 1980.
- Synthèse de doctrine de la race, Les Éditions de L’Homme Libre, 2002.
- Tous les articles de Ur et Krur (1927-1928-1929), Introduction à la magie (1955), Éditions Archè, 1986.
- Trois aspects du judaïsme, Éditions de l'Homme Libre, 2006
- Virilité spirituelle, Éditions Ars magna, 2006.
Études :
Philippe Baillet, Julius Evola ou la sexualité dans tous ses « états », Hérode, 1995.
Andrea Bedetti, Dadaïsme et tradition, Evola, le philosophe au pinceau, Éditions Ars magna, 2004.
Antoine Dectot de Christen, Evola : Guides des citations, Éditions Pardès, 2008.
David Bisson, La Pensée politique de Julius Evola (1898-1974), Mémoire de maîtrise, Rennes 1, 1996.
Christian Bouchet, Les Liaisons dangereuses de Julius Evola, Éditions Ars magna, 2003.
Christophe Boutin, Politique et tradition, Julius Evola dans le siècle, Kimé, 1992.
Jean-Luc Coronel, Julius Evola, penseur politique, doctrine et influence, Mémoire, IEP Aix, 1989.
Alexandre Douguine, Julius Evola et la Russie, Éditions Ars magna, 2005.
Arnaud Guyot-Jeannin, Enquête sur la tradition aujourd’hui, Guy Trédaniel, 1996.
Arnaud Guyot-Jeannin, Evola et la Tradition, Éditions Ars magna, 2000.
Arnaud Guyot-Jeannin, Julius Evola, « Dossier H », Éditions L'Âge d'Homme, 1997. Google Livres
H. T. Hansen, Julius Evola et la « révolution conservatrice » allemande, Deux Etendards, 2002.
Collectif, Evola – Envers et contre tous !, collection Orientation dirigée par Thierry Jolif, Avatar Éditions, 2010.
Jean-Paul Lippi, Evola, collection "Qui suis-je?", Éditions Pardès, 1999.
Jean-Paul Lippi, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique,Éditions L'Âge d'Homme, 1998.
Giovanni Monastra, « Julius Evola, des théories de la race à la recherche d'une anthropologie aristocratique », Nouvelle École n° 47, 1995.
Claudio Mutti, Julius Evola et l’islam, Éditions Ars magna, 2004
Claudio Mutti, La Grande influence de René Guénon en Roumanie, suivi de Julius Evola en Europe de l’Est, Akribeia, 2002.
Paolo Taufer, Les Jeunes et les ruines de Julius Evola, Éditions du Sel, 2005.
En ligne :
Jean Biès, Julius Evola un samourai de la pensée : 3e millenaire
Alain de Benoit, Julius Evola, réactionnaire radical et métaphysicien engagé : alain de benoit


Avant d'aller plus loin, il faut nous arrêter un moment sur la correspondance dans la nature humaine des principes envisagés jusqu'ici. Selon l'énoncé : "Tout ce qu'a le macrocosme, l'homme aussi le possède", Soufre, Mercure et Sel sont dans l'univers - le "triple monde" - et sont dans l'homme, et les "trois mondes" se manifestent dans l'homme comme Ame, Esprit et Corps. Dès à présent, il faut cependant prévenir que les termes "Ame" et "Esprit" n'ont pas ici le même sens que de nos jours. Ici, l'"Ame" - et non l'"Esprit" - compte  comme l'élément vraiment surnaturel de la personalité, l'"Esprit", au contraire, est compris comme l'ensemble des énergies psycho-vitales qui constituent quelque chose d'intermédiaire entre le corporel et l'immatériel, et sont la "vie", le principe animateur de l'organisme. Ceci posé, selon l'hermétisme, l'homme porte dans l'Ame la présence de la force solaire et de l'Or, dans l'Esprit il porte celle de la force lunaire et mercurielle, dans le Corps enfin s'exprime la force du Sel, (...)
On peut aisément retrouver ces correspondances dans les textes, il suffit d'avoir en vue les équivalences symboliques déjà signalées, et quelques autres qu'on peut deviner, en faisant attention là où, à cause d'un point de vue différent, les mêmes symboles prennent une signification qui parfois peut être même le contraire de leur signification la plus fréquente. (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les symboles et la doctrine, Ame, Esprit et Corps, p. 56

La division quaternaire se déduit immédiatement de la division ternaire déjà exposée, quand, dans le terme moyen Esprit, lieu des énergies subtiles vivifiantes, on distingue deux aspects. Le premier se rapporte à un groupe de forces subissant l'ascendant du principe "Corps", liées au corps comme à leur "aimant", et se nourrissant du Corps comme la flamme se nourrit de la bûche grâce à laquelle elle se développe et qu'elle consume peu à peu. Le second aspect concerne un groupe restant de forces qui, au contraire, sont qualifiées dans le sens du principe "Ame" lequel, dans une certaine mesure, leur transmet sa qualité solaire.
Alchimiquement, l'Esprit est le Mercure ordinaire. Le signe de cette substance symbolique se dédouble (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les symboles et la doctrine, Les "Quatre dans l'homme", p. 58

Il s'agit d'émanciper la forme subtile de vie (Mercure), unissant l'Ame et le Corps, de Saturne, qui est le corps physique qui, dans l'état d'identification avec la forme, attire à lui et fixe le Mercure (...)
Hermétiquement, séparer veut dire extraire le Mercure du Corps, l'action de l'organisme animal sur la force vitale étant suspendue, les autres principes deviennent aussi libres virtuellement. C'est pourquoi on enseigne que le Mercure est la seule clef "capable d'ouvrir le Palais du Roi, qui est fermé", ou, comme l'exprime aussi Philalète, "capable de rompre les barrières de l'Or". Grâce à la séparation, le Mercure revient donc à l'état libre, à l'état de possibilité vitale indeterminée (voilà la "conversion dans la Matière") et ainsi le Soufre intérieur trouve ouvertes devant lui les voies de toute action transcendante et de toute transformation. (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les opérations hermétiques, La séparation, p. 116.

L'action du corps physique sur mercure étant suspendue, son action sur les autres principes, psychiques et mentaux, de l'homme qui on leur base en mercure, est suspendue en même temps. Alors se produit ce moment de crise que nous avons mentionné à propos du symbolisme de la graine qui "doit mourir dans la Terre, pour fructifier ensuite". (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les opérations hermétiques, La mort, l'oeuvre au noir, p. 120.

Passer par cette expérience, signifie surmonter l'état de sommeil, non seulement au sens symbolique, mais aussi au sens réel. L'état nocturne du sommeil peut être un aspect de l'ombre qui doit être subtilisée dans la matière, jusqu'à ce que survienne la Lumière intérieur, le "Soleil luisant au milieu de la nuit" dont parle Apulée. En fait, la "séparation" à laquelle tendent les Philosophes s'accomplit chaque nuit d'une façon naturelle, comme nous l'avons déjà indiqué, il s'agit de faire en sorte qu'on puisse l'accompagner activement, comme si nous en accomplissions nous-mêmes l'acte, au lieu de succomber dans les états d'une conscience réduite ou dans l'inconscience. Nous pouvons alors comprendre ces paroles du Corpus Hermeticum : "Le sommeil du corps devint la lucidité de l'Ame : mes yeux fermés voyaient la vérité" (I, 30) - et encore : "Puisses-tu sortir de toi-même sans dormir, comme ceux qui, en rêvant, dorment sans dormir" (XII, 4). (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les opérations hermétiques, La veille éternelle, p. 169
Ouvrage épuisé.






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