samedi 15 décembre 2012

Edouard Boubat


Édouard Boubat , né le 13 septembre 1923 dans le quartier de Montmartre à Paris et mort le 30 juin 1999 à Montrouge dans les Hauts-de-Seine, était un photographe français et un chroniqueur photo-reporter de l'après-guerre qui fut, avec Willy Ronis et Robert Doisneau, l'un des principaux représentants de la photographie humaniste française.
Édouard Boubat étudie à l'École Estienne, à l'atelier de photogravure, de 1938 à 1942.
Il est initié à la photographie, en 1946 après la guerre, et obtient en 1947 le prix Kodak. Puis il débute comme reporter pour le mensuel Réalités.
En 1971, il obtient la médaille David Octavius Hill.
En 1984, il obtient le Grand Prix national de la photographie à Paris et en 1988, le Prix de la Fondation Hasselblad.
Boubat encouragea la création de la première galerie photographique à Paris (Galerie Agathe Gaillard) et fut représenté par elle.
Photoreporter juste après la Seconde Guerre mondiale, il est marqué par les atrocités et décide de consacrer son œuvre à la célébration de la vie.
Ce métier lui donne assez de liberté et il multiplie les voyages. Il a fait également des portraits devenus célèbres de nombreuses personnalités comme : Jacques Prévert qui dira de lui « Boubat, un correspondant de paix », Gaston Bachelard, Emil Cioran, Robert Doisneau, Jean Genet, Marguerite Yourcenar et beaucoup d'autres.
Il s’intéresse particulièrement à montrer les moments vides de la vie et en exalter tout le bonheur. Il présente « un quotidien dépouillé mais plein de grâce, de poésie et d'une plénitude intemporelle. »
Source du texte : Edouard Boubat

Site officiel : Edouard Boubat (par son fils Bernard)


Bibliographie :
- Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas, avec des textes de Christian Bobin, Ed. Gallimard, 1996
Autres voir : wikipedia



La petite fille aux feuilles mortes, 1947

Lella, Bretagne, 1947.

Inde, 1974

Pêcheur de Chine, 1982

Je suis vivant.

Je suis vivant à l'heure où j'écris cette première phrase et vous êtes vivant à l'heure où vous la lisez. D'autres heures suivront, jusqu'à celle où je ne pourrai plus écrire cette phrase et ou vous ne saurez plus la lire. Oui, d'autres heures viendront, nécessairement. Ne nous en soucions pas. Pour l'instant, avec nos yeux éphémères  avec nos âmes passagères, saluons-nous, moi en écrivant, vous en me lisant. Boubat passe son temps ainsi, à saluer de jeunes lumières un peu partout sur la terre. Saluer cette vie qui, d'heure en heure, s'apprête à nous quitter, est marque de courtoisie. L'amitié de ce salut fait la terre douce au pas, légère au songe. (...)


Retour de Bretagne,
mon petit-fils Rémi écoutant la mer, août 1995.

La confiance est la matière première de celui qui regarde : c'est en elle que grandit la lumière. la confiance est la capacité enfantine d'aller vers ce que l'on ne connait pas comme si on le reconnaissait. "Tu viens d’apparaître devant moi et je sais qu'aucun mal ne peut me venir de toi puisque je t'aime, et c'est comme si je t'aimais depuis toujours.". La confiance est cette racine minuscule par laquelle le vivant entre en résonance avec toute la vie - avec les autres hommes, les autres femmes, comme avec l'air qui baigne la terre ou le silence qui creuse un ciel. Sans confiance, plus de lien et plus de jour. Sans elle, rien. (...)



Ce jour de février, quand je suis entré chez vous, votre atelier était traversé par une lumière si blanche que j'ai eu envie de la toucher du bout des doigts. Pour  un peu, j'aurais cherché la pancarte : attention lumière fraiche. (...)


Paris, 1948

Paris, 1948

A propos de cours de récréation : vos images montrent souvent comment les enfants sont ensemble, entre eux, loin des familles. On voit alors qu'ils n'ont jamais appartenu qu'à eux-mêmes, un peuple fou et paisible, une tribu immigrée dans le centre de nos villes. Nous, adultes, venons de là. Nous avons commencé dans cette vie par être des étrangers et ce n'est que bien plus tard que nous avons appris à parler d'un "chez nous". Au début, "chez nous", ce n'était pas la France, ni l’Amérique  ni le Japon, c'était la terre simplement, quelques mètre carrés de bitume ou de sable. Jamais le monde n'aura été aussi grand.
Christian Bobin
Extrait de : Bobin-Boubat, Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas
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Donne-moi quelque chose qui ne meure pas



Enfant devant une vitrine, Hiver, 1948

Je pense que les photographies que nous aimons ont été faites quand le photographe a su s'effacer. S'il y avait un mode d'emploi, ce serait certainement celui-là. C'est quand des gens comme Lartigue, Doisneau, Cartier-Bresson ont su mieux s'effacer, que leurs photos sont devenues des Lartigue, des Doisneau, des Cartier-Bresson. Mais pour cela il faut du courage, parce que tout, à notre époque, nous incite au contraire, tout ce que nous voyons, tout ce que les médias nous font croire. Aujourd'hui les photographes partent avec des idées, et leurs photos deviennent l'expression d'une idée. À mon avis une photo doit être en dehors de l'idée, dépasser l'idée. (...)
D'autre part, quand je dis que je m'efface, je veux dire que je m'efface pour laisser apparaître plus que Boubat. Voilà ce qu'il faut comprendre. Parce qu'on ne va pas réduire Boubat à Boubat, c'est ce que les gens ne comprennent pas. Il y a encore un mot très beau de Borges : "C'est un bien piètre écrivain que celui qui met dans ses romans seulement ce qu'il veut mettre." Dans chaque photo il y a dix mille fois plus que ce qu'on veut mettre. L'atmosphère. S'effacer est un acte d'humilité, mais c'est aussi un acte très intéressant, je vais dire presque malin. Voilà. Si je ne m'efface pas, je ne vais montrer que ce pauvre Boubat, ce pauvre Horvat. On ne va quand même pas se réduire à un Boubat ou à un Horvat ou à un Eugene Smith ou à un n'importe qui ! (...)
Extrait d'une interview avec Frank Horvat
Source : Photo club Montreuil



Autre vidéo avec Edouard Boubat : valerie broquisse
"C'est la lumière qui fait tout, je ne suis qu'un serviteur de la lumière"



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