jeudi 25 août 2016

Hollywood Confidential, Les égouts du paradis


HOLLYWOOD CONFIDENTIAL (France, 2016)

Les égouts du paradis

Comment, des années 1920 à nos jours, l'usine à rêves, par ses excès privés et ses audaces filmiques, a suscité la censure et rusé avec elle. Avec les témoignages du cinéaste Peter Bogdanovich et de l'historien du cinéma Peter Biskind, et des extraits de "Scarface" de Hawks, "La mort aux trousses" et "Psychose" d'Hitchcock, "Orange mécanique" de Kubrick ou "Taxi driver" de Scorsese.

Vers le temps fort
Dès les années 1920, l'industrie naissante du cinéma forge ses propres règles. Dans ce petit monde à part, les excès privés font écho aux audaces affichées à l'écran et horrifient les puissantes ligues de vertu. Une décennie plus tard, leur mobilisation contre ce qu'elles considèrent comme une nouvelle Sodome est si forte qu'elle met en danger les profits des studios. Ceux-ci adoptent alors le code de censure Hays qui, de 1934 au milieu des années 1960, obligera les scénaristes et les réalisateurs à rivaliser de sophistication pour évoquer sans les montrer directement la violence, l'addiction ou le sexe. Un moralisme qui commence à vaciller dès les années 1950, sous les influences conjuguées de la télévision, du cinéma européen et de la liberté d'expression croissante. Avec l'avènement du Nouvel Hollywood, en 1967 et après, acteurs et réalisateurs attaquent frontalement le code Hays. Une parenthèse de liberté échevelée que les lois du marché se chargeront de refermer. Voici venue l'ère des blockbusters, où le grand spectacle se doit d'être aussi consensuel que possible...

Le miroir de l'Amérique
À travers les témoignages du cinéaste Peter Bogdanovich et de l'historien du cinéma Peter Biskind, et en s'appuyant sur des films emblématiques comme Scarface de Hawks, La mort aux trousses et Psychose d'Hitchcock, L'homme au bras d'or d'Otto Preminger, Orange mécanique de Kubrick ou Taxi driver de Scorsese, ainsi que sur les trajectoires individuelles de figures comme Judy Garland, dont la toxicomanie fut cyniquement instrumentalisée par les studios, ce film déroule un siècle de scandales cinématographiques. Un miroir qui reflète aussi, en creux, l'évolution de la société américaine.
Source : Arte




Corey Feldman, La pédophilie à Hollywood (août 2011)
 

Elijah Wood dénonce les réseaux pédophiles organisés à Hollywood
Par Alice Develey, le 24 mai 2016 - Le Figaro

La star du Seigneur des Anneaux a décidé de rompre l'omerta. Dans un entretien accordé cette semaine au Sunday Times, l'artiste qui a débuté sa carrière à l'âge de 8 ans, a accusé l'industrie du cinéma de protéger les pédophiles.

Il ne se taira plus. À l'instar de Corey Feldman et Amy Berg qui ont déjà accusé Hollywood de servir sur un plateau les enfants aux pédophiles, Elijah Wood a choisi de briser le silence. L'acteur, révélé dans Flipper le Dauphin en 1996, a dénoncé, dans les colonnes du Sunday Times cette semaine, l'omerta de l'industrie du cinéma américaine sur ses mineurs acteurs abusés sexuellement.
«Il y a clairement quelque chose de grave qui se tramait à Hollywood. C'était très bien organisé», raconte Elijah Wood, faisant référence à ses débuts devant la caméra dans les années 90. L'acteur qui a fait ses premiers pas à l'âge de seulement 8 ans dans Retour vers le futur 2, s'estime aujourd'hui comme un miraculé. «Il y a beaucoup de vipères dans ce milieu, des gens qui ne pensent qu'à eux et seulement à eux», continue le comédien de 35ans, qui a notamment fait ici référence au scandale de pédophilie qui a éclaboussé l'animateur Jimmy Savile en Angleterre il y a deux ans.
Un cri d'alarme

«Il y a quelque chose de vraiment mauvais qui réside dans les tréfonds de Hollywood», avance encore Elijah Wood en précisant que ce genre de crime «doit encore arriver» derrière les murs, à la vue de tous les regards sans que personne ne fasse rien. «Ce qui m'irrite le plus là-dedans, c'est que les victimes ne peuvent pas autant s'exprimer que les gens qui ont le pouvoir.»
Une injustice intolérable pour le comédien qui ne peut s'empêcher, encore aujourd'hui, de penser à tous ces innocents qui ont fait ( et feront?) les frais de prédateurs sexuels. «Dieu que cela a dû être absolument dévastateur.»
Aujourd'hui tiré d'affaire grâce à l'éducation que lui a apportée sa mère, Elijah Wood souhaite par le biais de ses déclarations et de son expérience alerter les futures générations d'acteurs. Le danger n'est, selon lui, jamais loin. «Je ne suis jamais allé aux soirées qui favorisaient ce genre de chose (...) Si vous n'avez pas de base solide sur laquelle vous accrocher, par exemple la famille, alors ce sera très compliqué d'affronter le milieu.»
Mardi 24 mai, Elijah Wood est revenu sur son entretien donné au magazine Sunday Times. Face à la polémique suscitée par ses propos, l'acteur a précisé sa pensée, cette fois-ci sur Twitter.

* * *

Après Elijah Wood, le héros des Goonies dénonce la pédophilie à Hollywood
Par Alice Develey , Mathias Pisana, le 26 mai 2016 - Le Figaro

Dans les pas de la star du Seigneur des Anneaux, Corey Feldman, lui-même victime d'abus sexuels enfant, a accusé cette semaine l'industrie du cinéma américain de protéger les pédophiles.
«Ils se refilaient leurs victimes entre eux.» Près de trente ans après ses premiers pas au grand écran, Corey Feldman, n'a rien oublié. Les scènes d'abus sexuels, les procédés d'intimidation... Hollywood était presque une cour de récréation pour les prédateurs selon l'acteur. «C'est un endroit où les adultes peuvent plus que n'importe quel autre endroit du monde avoir des liens directs et inappropriés avec les enfants», a expliqué le comédien au Hollywood Reporter cette semaine.
Deux jours après les accablantes déclarations de Elijah Wood, qui révélaient notamment les «réseaux organisés» agissant dans l'ombre de l'industrie du cinéma, ces nouvelles paroles résonnent comme un véritable tir de mortier.
L'acteur de 44 ans, connu du grand public pour ses rôles dans Vendredi 13 et Les Goonies, n'y est pas allé par quatre chemins. Selon lui, Hollywood est un nid à pédophiles. Et cela ne date pas d'hier...
«Ils se connaissent tous entre eux»

Enfant star dans les années 80, Corey Feldman a lui-même été abusé sexuellement. S'il lui a fallu des années de thérapie pour panser la plaie, d'autres ont eu moins de chance. C'est le cas de son grand ami Corey Haim, mort à l'âge de 38 ans après être tombé dans la drogue. «Il a été plus sévèrement touché que moi, raconte l'acteur. Moi, je n'ai subi que quelques attouchements (...) Corey, lui, a vraiment été violé.»
Pire encore, les prédateurs dont ils ont fait les frais seraient depuis toujours protégés dans le sérail d'Hollywood. «Je pense que le violeur de Corey Haim n'était pas un cas isolé et c'est peut-être pour cette raison qu'il n'a jamais été mis en cause depuis toutes ces années». Et d'ajouter: «Ces types-là sont capables de menaces et d'intimidation pour faire taire les gens. Une chose est sûre, ils se connaissent tous. Demandez à n'importe quel enfant du groupe dont je faisais partie à l'époque: Ils nous échangeaient entre eux.»
Pourtant loin de pouvoir révéler le nom de ses agresseurs, Corey Feldman se dit encore aujourd'hui contraint de garder le silence. Et ce, même s'il sait en toute âme et conscience que des prédateurs courent toujours à Hollywood. «Je ne peux pas citer de noms (...) J'adorerais être le premier à le faire, mais je ne peux pas.» En cause, la peur d'être accusé de diffamation et de poursuites judiciaires.

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