mardi 17 janvier 2017

Suyin Lamour

Un poisson dans son bocal

Assise au pied d'un arbre sur un tapis de mousse, dans un bois, par un après-midi ensoleillé de fin février, je célèbre l'anniversaire de mon entrée sur la voie spirituelle, treize ans auparavant. Au cours de ma vingt-huitième année, ma vraie nature m'a été révélée par une expérience directe, et je considère ce jour comme celui de ma véritable naissance.

C'est une journée que j'aime passer seule, dans une vibration de gratitude et de joie.
Mais ce matin, je me suis réveillée contrariée par un événement vécu la veille, et je suis très dépitée d'être contrariée le jour de mon anniversaire. J'accuse les événements d'encore plus de maux.
Je me lamente que ma joie dépende encore des circonstances extérieures. Des années que je travaille à façonner le cristal de la joie imprenable, de l'amour de soi, et je me sens découragée, comme un poisson qui tourne en rond dans son bocal.

Assise sous les branchages, à l'abri du vent, j'essaie de me relier à la végétation, aux éléments, à l'atmosphère de fin d'hiver que j'aime tant quand la nature commence subtilement, tranquillement mais sûrement, à se préparer au printemps.

Mais je plonge malgré moi dans mes pensées. Le mental est très agité, et il revient sans cesse en boucle sur «il faut que j'arrête de penser». Je suis embrumée par ces pensées qui accaparent mon attention et m'empêchent de me connecter à mon ressenti, et cela m'énerve. Particulièrement aujourd'hui.
Mais qui veut arrêter de penser ? Comment la pensée peut-elle se dire cela à elle-même ? Cette question ne cesse de venir me chercher, et m'épuise. Il y a quelque chose qui ne va pas, et je me sens impuissante.
J'en ai assez de tourner en rond avec moi-même, de courir sans cesse après le prochain instant, la prochaine aventure, la prochaine découverte. Chercher quelque chose, attendre, espérer, projeter, vivre en croyant que ce sera forcément mieux plus tard... J'en ai assez de tout ce cirque.

Je repense à l'expérience vécue il y a treize ans.
C'était un soir, au bord de la mer, dans un jardin. Je découvrais depuis environ un an des auteurs qui parlaient de la conscience éveillée. J'ignorais de quoi il s'agissait, mais cela m'était familier, comme une chose que je connaîtrais très bien mais que j'aurais oubliée. J'avais passé l'après-midi à lire un livre du philosophe indien Krishnamurti. Il s'intitulait La vie libérée et retranscrivait les premières causeries qu'il donna juste après son éveil. Ce texte était frais et puissant, imprégné de la saveur de la révélation. De fortes montées d'énergie avaient accompagné cette lecture qui, bien que restant impénétrable, activait en moi quelque chose de profond et d'existentiel.
Le soir, la tête dans les étoiles naissantes, encore tout imprégnée de la saveur spirituelle de ce livre, je m'étais exercée à faire le vide. L'atmosphère était particulièrement douce, presque enivrante. Je sentais les prémices du printemps par de subtiles odeurs de pollen et la légèreté frétillante de l'air.
Une vibration délicieuse a commencé à parcourir mon corps, de plus en plus forte, jusqu'à ce que je me retrouve dans l'état de l'observateur. Neutre, détachée de mes représentations, je ne pouvais plus me définir comme une personne, ni comme un être humain, juste comme une conscience. Une conscience en voyage.
Extrait de : La Joie d'Etre, Ed. L'Originel, 20
Commande sur Amazon : La joie d'être
A paraître : La Grande paix du coeur, Ed. L'Originel, février 2017
Site officiel : Suyin Lamour
Chaîne Youtube : Suyin Lamour




Eveil et processus d'éveil, témoignage (septembre 2016)



La véritable nature du soi séparé (septembre 2016)


L'unique réalité

Si nous voulons connaître la vérité, savoir qui nous sommes vraiment, il nous faut trouver ce qui est au-delà de toute représentation, de tout concept, et dont on ne peut absolument pas douter.

Quelle est la seule chose dont nous soyons certains, qui est au-delà des descriptions que l'on nous a faites à propos de nous-mêmes et du monde, qui n'est pas un état ni une expérience, qui est inaltérable, que l'on ne peut pas perdre, que l'on ne peut ni nous donner ni nous prendre, et qui est commune à tous?

C'est le fait d'être.

Le fait d'être est la seule réalité, la seule vérité sur laquelle nous puissions asseoir notre sécurité intérieure.

Tous les phénomènes vont et viennent, toutes les expériences ont un début et une fin (y compris les expériences d'éveil). Rien de tout cela ne peut nous apporter la satisfaction véritable car nous ne pouvons nous appuyer sur aucun état, aucune vision, aucune expérience dès l'instant que ceux-ci ne sont pas permanents.

La seule chose sur laquelle nous pouvons fonder notre sécurité et notre foi est ce qui est permanent et universel : être.

Non pas être quelqu'un avec une identité, ni être éveillé, mais juste être.

En restant avec cela, avec le fait d'être, en oubliant tout le reste et en laissant notre attention se reposer uniquement en cela, nous faisons le constat que le fait d'être est conscience. Le fait d'être se connait lui-même et se reconnait.

Etre, c'est être conscience.

Voilà l'unique réalité.
Source : Suyin Lamour
 

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