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lundi 25 avril 2016

Après le naufrage Swissair, la noyade Swisswater ?

Après le naufrage Swissair, la noyade Swisswater ?
Par Slobodan Despot, le 24 avril 2016 - Antipresse 21 / Arrêt sur info

Barrage hydroélectrique d’Alpiq au Tessin

Je vis dans un pays de conte de fées, le Valais. L’air y est pur, la montagne majestueuse et l’eau claire y ruisselle de partout. Depuis un siècle, ce canton — comme d’autres régions alpines — a bâti un admirable système de production hydroélectrique. Il est puissant, sûr, non polluant et parfaitement intégré au paysage. Ces tranquilles lacs de montagne que nous longeons lors de nos balades semblent être là depuis la création du monde : ce sont des réservoirs artificiels. Ces conduites qui dévalent les coteaux acheminent l’еau vers la plaine où elle sera convertie en mégawatts dans des usines silencieuses et discrètes, souvent enterrées.

Pour en arriver là, les communautés de ce pays ont investi pendant des décennies dans des travaux pharaoniques. Le barrage de la Grande-Dixence est le plus haut barrage-poids du monde. Son édification a été un exploit légendaire, chanté par Chappaz et Godard. Il est au cœur d’un réseau complexe de vases communicants reliés par des dizaines de kilomètres de galeries. A des siècles d’ici, on admirera encore la sagesse, la ténacité et l’intelligence des hommes qui ont su aménager une telle industrie au cœur des Alpes sans les dénaturer.

Or voici qu’on nous apprend que ce patrimoine serait en passe de devenir un boulet. Que notre énergie hydraulique n’est plus compétitive, qu’elle coûte trop cher. Que les sociétés de distribution font des déficits.

Je ne crois pas être le seul à avoir été abasourdi par cette révélation. Si l’hydraulique des Alpes suisses n’est plus rentable, quelle autre production d’énergie pourrait l’être ? Les grands barrages ont été construits une ou deux générations avant nous et dureront bien plus longtemps que des centrales thermiques ou nucléaires. La matière première ne risque pas de manquer, même si le réchauffement climatique fait reculer les glaciers. Le jour où il ne pleuvra plus sur les Alpes, cela signifiera que le cœur de l’Europe sera devenu inhabitable. L’effectif humain nécessaire à cette production est relativement peu nombreux. L’empreinte écologique ? Nulle. La demande ? Elle ne risque pas de baisser.
Comment diable peut-on perdre de l’argent avec un outil pareil ? me suis-je donc demandé, comme beaucoup de citoyens de ces contrées.

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