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mardi 4 avril 2017

Complotiste, moi ?

Complotiste, moi ?
Par Michel Collon, le 22 février 2016 - Investig'action

 
Dès qu’on critique les dirigeants des Etats-Unis, de l’UE ou d’Israël, certains agitent un épouvantail : « Vous êtes complotiste ! ». Sous-entendu : vous voyez le mal partout, mais ces dirigeants sont des démocrates, certes ils peuvent commettre des erreurs, mais ils agissent avec de bonnes intentions

Voilà, en gros, nous serions forcés de choisir entre :
- La théorie du complot : tout est manigancé dans l’ombre, on nous cache tout, les maîtres du monde sont (au choix) : les juifs, les banquiers, les francs-maçons, les Illuminati, etc.
- La théorie de la naïveté : nos dirigeants occidentaux travaillent pour le bien commun. Ils nous disent ce qu’ils font et ils font ce qu’ils disent.
Ni l’une, ni l’autre, merci ! Nous revendiquons une troisième façon d’expliquer le fonctionnement de la société, et elle n’a rien à voir avec ces deux fantasmes. Pour clarifier tout ça nous devrons répondre à quatre questions :

1. Les complots, ça existe ou pas ?
2. Le complotisme permet-il de comprendre le monde ?
3. Pourquoi certains parlent-ils tant de « théorie du complot » ?
4. Les médias font-ils le jeu du complotisme ?

1-. Les complots, ça existe ou pas ?

Partons de la définition. Une synthèse des dictionnaires peut se résumer ainsi: « projet secret élaboré par plusieurs personnes contre une autre ou contre une institution ». Sur base de ces divers éléments, vérifions ensemble :

- Quand la CIA et le MI 6 britannique organisent en 1953 un plan secret avec des troubles et une campagne de diffamation pour renverser le premier ministre Mossadegh en Iran, et le remplacer par le Chah d’Iran, soumis aux USA[1], est-ce un complot ? Oui, il n’y a pas d’autre mot.
- Quand Henry Kissinger et la CIA organisent en 1973 un plan secret pour renverser le président progressiste Allende[2] et le remplacer par la dictature militaire néo-libérale du général Pinochet, est-ce un complot ? Oui.
- Quand Brzezinski, conseiller du président Carter, organise secrètement l’envoi en 1979 de Ben Laden et autres terroristes en Afghanistan pour renverser le gouvernement de gauche (il le reconnaîtra vingt ans plus tard[3]), est-ce un complot ? Oui.
- Quand, en 2003, le ministre de la Guerre US Donald Rumsfeld prévient ses proches, mais pas l’opinion, que les Etats-Unis « vont prendre sept pays Afghanistan, Irak, Somalie, Soudan, Libye, Syrie pour finir par l’Iran »[4], plan qui sera effectivement mis en oeuvre, est-ce un complot ? Oui.
Quand Bush et Blair fabriquent en 2003 de faux rapports[5] affirmant que l’Irak possède des armes de destruction massive et cela pour justifier leur guerre du pétrole, est-ce un complot ? Oui.

Nous ne discuterons pas ici la question de savoir si chaque guerre est vendue avec de tels médiamensonges (cachant à l’opinion les véritables objectifs). Nous voulons juste souligner que les complots font bel et bien partie de la politique internationale, particulièrement en ce qui concerne les guerres et les coups d’Etat.

Les complots sont-ils toujours de droite ? Non. Si on se base sur la définition du dictionnaire, quand Castro et Che Guevara organisent à partir de 1955 – en secret évidemment – une insurrection pour renverser la dictature militaire pro-US qui opprime Cuba, est-ce un complot ? Oui. Progressiste cette fois : en faveur du peuple. Au contraire des complots tramés par des élites pour leurs intérêts égoïstes. Bref, il existe des complots de droite et des complots de gauche.

2. Le complotisme permet-il de comprendre le monde ?

jeudi 14 avril 2016

Complotisme et anti-complotisme. Double peine.



François-Bernard Huyghe, Directeur de recherche à l'Iris, La désinformation : un enjeu stratégique (Iris, 2016)

François-Bernard Huyghe (né en 1951) est un spécialiste français de l'information et de la stratégie.
Source (et suite) du texte, bibliographie : wikipedia
Site officiel : Huyghe

Info, intox ? Complot, rumeur ? La désinformation serait partout, et la vérité nulle-part. Ces questions obsèdent nos sociétés où il semble qu’en ligne tous puissent s’exprimer et que rien ne doive rester caché. Pourtant, la désinformation a une histoire. Elle s’exprime pendant la guerre froide et accompagne la mondialisation, avant que le web et les réseaux sociaux ne lui ouvrent de nouveaux horizons. En explorant les mécanismes de ce qui nous abuse et que nous refusons parfois de croire, des systèmes de pouvoir apparaissent et de nouvelles formes d’idéologies se manifestent. Quand la vérité des faits devient l’objet central de nos luttes, la désinformation n’est plus qu’une question morale : elle est un enjeu stratégique.
Quatrième de couverture. Désinformation : les armes du faux, Ed. Armand Colin, 2016
Commande sur Amazon : La désinformation : les armes du faux

Voir aussi la page : Conspirationniste : la paille et la poutre


* * *

Complotisme et anti-complotisme. Double peine
Par François-Bernard Huyghe, le 24 mars 2016 - Huyghe / vu sur Les Crises

Le complotisme, qu'il est si à la mode de dénoncer - nous l'avons nous-même fait ces dernières années - implique un premier paradoxe. Le complotiste est celui qui prend les désirs de son adversaire pour la réalité. Tout va mal. Pourquoi ? Parce que des hommes puissants dirigent tout dans l'ombre et trompent les naïfs. Comment le savez-vous ? Parce que je suis plus malin, que j'ai décrypté des indices (leur conspiration n'est donc pas parfaitement efficace) : je distingue les réalités, stratégies, manœuvres, manipulations, etc. ; la plupart ne le savent pas, mais j'ai compris et, faute de pouvoir améliorer ledit monde, je sais au moins pourquoi il va mal. Cqfd.
Le complotiste est donc à la fois malheureux (les méchants gagnent et personne ou presque ne s'en aperçoit) et satisfait - car lui, il sait. Du coup, il mélange une grande intelligence (il faut beaucoup d'esprit critique pour distinguer les contradictions de la "version officielle" et découvrir des intérêts dissimulés qui expliqueraient tout) et une grande naïveté. La naïveté ne consiste pas à croire que les autorités ou les médias puissent nous tromper (ou se tromper), ni à imaginer que des actions officielles ou des nobles déclarations dissimulent des desseins inavouables. Cela arrive. L'erreur ne consiste même pas à croire qu'il y a des complots, car il y en a vraiment, si l'on entend par là que des groupes ou des États essaient de parvenir à leur but en coordonnant des influences et sans le proclamer sur la place publique . Le conspirationniste est naïf en supposant :
a ) que tant de faits apparemment contradictoires résultent d'une seule volonté (sans rendre justice à la pluralité des acteurs, au hasard, aux ratages, aux conflits et contradictions),
b ) que cette volonté est consciente et que des gens qui ont des intérêts, une formation et des moyens d'action communs ont besoin de se réunir pour penser leurs plans et faire à peu près la même chose
c ) qu'il est si facile de monter des mises en scène gigantesques ou des milliers de complices sans se prendre les pieds dans le tapis ou sans se faire prendre.
Les "vrais" complots au sens défini plus haut ne sont hélas ni si puissants, ni si explicites, ni si habilement dissimulés. Hélas, car s'il y avait un coupable unique, nous pourrions espérer nous en débarrasser.

En dépit de son succès qui se mesure en nombre de "croyants" (il y a des millions de fans de ces théories, surtout en ligne), le complotisme se condamne à l'impuissance. Il est incapable de comprendre le poids des déterminismes, des idéologies, des imaginaires, des effets de comportement de groupe, et de la culture au sens le plus large (tout ce qui guide nos choix "dans la tête") dans l'action humaine. Du coup, tout en prétendant critiquer le "système", il pense en réalité "des gens" (et de méchantes gens) et pas du tout ce qu'est vraiment un système.
Donc tout à fait d'accord pour moquer les obsédés des extra-terrestres, des Illuminatis, des sociétés secrètes, des services d'espionnage omnipotents et autres variantes des maîtres du monde. Le monde ne dissimule pas un arrière-monde si organisé et si grotesque.

Mais le complotisme produit un autre effet pervers plus subtil. Il contamine son adversaire. En tant que catégorie explique-tout et baîllone-tout, l'accusation de complotisme, présenté comme le nouveau péril mais qu'il est si facile (et gratifiant) de dénoncer, se prête aussi à des usages douteux .

mardi 2 juin 2015

Exemples de théories conspirationnistes confirmées par les faits

Tous paranos ? Non, voici dix théories conspirationnistes confirmées par les faits
Par Jake Anderson, le 20 mai 2015 – LewRockwell

Le troisième conflit mondial sera une guerre de guérilla qui se jouera sur le terrain de l’information, sans aucune distinction entre des militaires et des civils – Marshall McLuhan.

Depuis quelques années, une simple allusion à la théorie du complot est de plus en plus ridiculisée, même par les officines des grands médias parmi les plus libérales. Mais ne les laissez pas vous tromper : il ne s’agit pas toujours de gentilles fadaises, sans preuves ni fondements.

En fait, parfois, il arrive qu’elle soit carrément vraie.

En voici dix fois la preuve…

1. L’incident du golfe du Tonkin, qui provoqua l’entrée en guerre des USA contre le Viet-Nam, n’a jamais eu lieu

Selon la théorie complotiste : l’incident du golfe du Tonkin, un tournant dans l’implication des USA au Vietnam, ne s’est en réalité jamais produit.

De fait, l’incident en question – auquel on se réfère aussi en parlant de l’incident du vaisseau USS Maddox, impliqua ce croiseur lors d’un supposé engagement naval avec trois bateaux torpedo nord-vietnamiens, patrouillant dans les eaux nationales. Le Maddox tira plus de 300 obus. Le président Lyndon B. Johnson rédigea la résolution du golfe du Tonkin, qui devint la justification légale de l’entrée en guerre des USA au Vietnam.

Le problème est que ça ne s’est pas passé ainsi. En 2005, une étude interne de l’Agence nationale de sécurité fut déclassifiée et révéla qu’il n’y avait aucun vaisseau nord-vietnamien présent lors des incidents du Tonkin. D’où la question : sur quoi tira le Maddox ?

En 1965, le président Johnson devait commenter : «Pour ce que j’en sais, notre marine avait tiré sur des baleines.» Il convient de souligner également ceci : l’historien officiel de l’ANS, Robert J. Hanyok, rapporta par écrit que l’agence avait délibérément modifié les rapports des services de renseignements, en 1964.

Il conclut même : «Le parallèle à faire entre les fautes commises par les services de renseignements au golfe du Tonkin et les manipulations de ceux-ci concernant la guerre en Irak, rend plus que jamais nécessaire le ré-examen des événements d’août 1964.» (voir ici et )

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