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jeudi 20 avril 2017

Comment survivre à la «disruption»

MAJ de la page : Bernard Stiegler



La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert
Le travail en campagne (18.04.2017)
Avec :
- Arthur de Grave est membre du collectif OuiShare, think tank –accélérateur d’idées.
Site internet : Oui Share
Co-auteur de : Société collaborative, la fin des hiérarchies, Ed. Rue de l’échiquier, 2016
Commande sur Amazon : Société collaborative : La fin des hiérarchies
- Bernard Stiegler est directeur de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) et président de l'association Ars Industrialis, Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit.
Site internet : Ars Industrialis
A propos de son dernier livre :  Dans la disruption : Comment ne pas devenir fou ?, Ed. Les Liens qui Libèrent, 2017
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Dans la disruption : quand la technologie déstabilise la société (Xerfi Canal, janvier 2017)
 

Comment survivre à la «disruption»
Par Nic Ulmi, le 20 mai 2016 - Le Temps

Le néant de la «data economy» ou la reconstitution de nos sociétés sur un mode contributif: pour Bernard Stiegler, c’est le moment de choisir…

Au fil d’un demi-millier de pages qui commencent par «Inch’Allah» et se terminent par «il faut rêver», Bernard Stiegler ne définit pas la disruption. Le terme, emprunté à la physique nucléaire, et en particulier aux expériences menées dans des chambres closes suggestivement appelées «tokamaks», indique «l’apparition brutale d’instabilités». Dans le jargon de notre âge numérique, le mot désigne la faculté qu’a désormais une innovation de déstabiliser des secteurs entiers de l’économie et de la société. Relevons aussi (ce n’est pas sans rapport) que dans la terminologie de l’Association médicale américaine, un «médecin disruptif» (disruptive physician) est un praticien dont le comportement exécrable mine la santé de son entourage. Nous voilà fixés.

Bernard Stiegler ne définit pas la disruption, car ce n’est pas son objet. Son nouveau livre se place Dans la disruption: le sujet, c’est nous, en plein dedans. Nous, avec nos «processus d’individuation» anéantis par la conversion de notre intériorité en données livrées au calcul automatique. Nous, avec notre «protention» (c’est-à-dire «le désir et l’attente de l’à venir») court-circuitée par les algorithmes. Nous, confrontés à la «désinhibition devenue hégémonique» qu’exemplifie la figure répulsive d’un Dominique Strauss-Kahn. Nous, en quête d’outils pour effectuer une bifurcation dont l’enjeu est illimité: d’un côté le néant, de l’autre, si tout va bien, la «reconstitution d’une véritable société». Tel est le constat du philosophe français, théoricien et praticien de l’innovation, pionnier du numérique et de la réflexion socio-technique – et aussi, dans des vies précédentes, tenancier d’un club de jazz et taulard, comme il le rappelle lui-même, mêlant l’analyse à l’expérience vécue, fidèle en cela aux fondements de la phénoménologie.

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