Père Daniël : Lettre Ouverte au Ministre Belge des Affaires Etrangères
Par P. Daniel Maes, le 1 mars 2016 - Bid 24 ur / Arrêt sur info (trad.)
LETTRE OUVERTE
A son Excellence Monsieur Didier Reynders Ministre Belge des Affaires Etrangères,
Excellence,
Permettez-moi, comme compatriote belge en Syrie, de me diriger vers vous pour vous informer sur ma situation et celle du peuple syrien, afin de vous demander la protection nécessaire dans la mesure que vous la pouvez donner.
En 2010 moi, Daniel Maes, père Prémontré de l’abbaye flamande Postel-Mol je suis arrivé en Syrie, au service de la communauté religieuse de Mar Yakub à Qâra, Qalamoun, Syrie. Malgré les préjugés et les méfiances, le contact avec le peuple et le pays m’a donné vraiment un choc culturel. C’est vrai, les libertés, personnelles politiques n’étaient pas si nombreuses ni désirées (ce qui a entretemps profondément changé, e.a. à travers l’acceptation de plusieurs partis politiques). De l’autre côté, c’était une société harmonieuse ou les différentes religions et groupes ethniques vivaient entre eux en paix pendant des siècles. L’hospitalité orientale était une qualité bien vécue et on vivait une sécurité que nous n’avons jamais connue dans notre pays. Le phénomène de vol et de vandalisme était quasi inexistant. Le pays n’avait pas de dettes et il n’y était pas de sans-logis. Au contraire, des centaines de milliers des réfugiés d’autres pays étaient accueillis ici et entretenus comme les propres habitants. La vie journalière était bon marché. Les écoles, les universités, les hôpitaux étaient gratuits, même pour nous, les étrangers résidants dans une communauté syrienne.
Entre temps une terrible guerre a éclaté.
Avec nos propres yeux nous avons vu comment cette révolte a commencé dans notre village et comment des étrangers (pas des Syriens) ont organisé des manifestations contre le gouvernement. Eux mêmes faisaient des photos et vidéos, qui étaient diffusées par la TV station Al Jazeera à Qatar, avec le message mensonger que tout le peuple était en révolte contre une dictature. Ils invitaient les jeunes du village à les rejoindre.
Des meurtres et des attentats se multipliaient, une fois dans un milieu sunnite et après dans un milieu chrétien pour faire croire qu’il s’agissait d’une revanche, qui avaient pour but de provoquer une guerre civile interne.
Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
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