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mardi 27 février 2018

Bombes nucléaires "humanitaires"

Le risque de conflagration nucléaire
Stéphane Bussard, le 4 février 2018 - Le Temps


La nouvelle doctrine de l’administration Trump en matière nucléaire est préoccupante. Elle banalise l’usage de l’arme atomique. Elle risque de tuer le régime de contrôle des armements et de relancer la course à l’atome dans un monde beaucoup plus instable que durant la Guerre froide

Pendant 70 ans, la peur du cataclysme nucléaire a engendré ce qu’on a appelé l’équilibre de la terreur. Les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki, la crise des missiles à Cuba et des Pershing américains en Europe avaient sensibilisé non seulement les populations, mais aussi les Etats au danger de l’arme atomique.
S’appuyant sur d’anciens théoriciens et faucons de la Guerre froide pour établir sa nouvelle «posture» nucléaire, l’administration américaine rompt avec le tabou de l’arme atomique. Elle juge envisageable d’utiliser des armes nucléaires moins puissantes pour riposter à des cyberattaques. Une manière de banaliser l’usage de l’arme la plus destructrice qu’ait connue l’humanité. Elle veut faire croire à l’absurde notion de bombes nucléaires «humanitaires», et à l’idée qu’un Etat attaqué par de telles armes à faible puissance ne riposterait pas avec des moyens similaires.
Source (et suite) du texte : Le Temps

Lire aussi :  Les Etats-Unis prêts à riposter avec l'arme nucléaire... même en cas d'attaque conventionnelle, le 3 février 2018 - RT / Bombes nucléaires “miniatures”: jusqu’où ira la folie nucléaire américainele 26 février 2018 - Investig'action


Si Vis Bellum, Para Bellum [Si vous voulez la guerre, préparez la guerre]
Philippe Grasset, le 21 février - De defensa

Les chiffres du prochain budget du Pentagone pour l’année fiscale 2019 atteignent des records absolus, avec un budget global de $686 milliards, soit 15% d’augmentation sur le budget précédent de l’année fiscale 2018. Ce chiffre ne représente sans doute pas le plus gros budget du Pentagone de toute l’histoire fructueuse des dépenses militaires US si l’on ajuste le coût du dollar à l’inflation, non plus qu’il ne produise des quantités considérables de forces par apport à de nombreuses autres périodes ; mais psychologiquement et par rapport au climat d’une tension extrême de la communication (Russiagate-“hystérie antirussiste”), ce chiffre constitue un événement extrêmement significatif.

(On observera comme l’on ne doit jamais manquer de noter, comme on doit toujours le faire pour ce domaine, la fausseté du chiffre de $686 milliards si l’on veut un décompte, sinon exact du moins réaliste des véritables dépenses militaires. En fait, ce décompte exact est quasiment impossible, notamment en raison du cauchemar comptable que représente le Pentagone qui met en échec toutes les tentatives d’audit. Qui plus est existe le phénomène de “croissance vide” signifiant que l’apport d’argent renforce plus les tendances au gaspillage et à la corruption que celle d’une véritable production et d’une expansion fructueuse. Quoi qu’il en soit, si l’on ajoute les autres agences et ministères travaillant pour la puissance des forces armées, – du nucléaires du département de l’énergie aux instituts de recherche et d’influences, aux agences de renseignement, – on arrive à un chiffre réel autour de $1 200-$1 250 milliards par an.)

Pourtant, il faut insister sur l’un des caractères remarquables de ce budget FY2019 qui est l’effort fait dans le domaine de la constitution des réserves “de guerre”, c’est-à-dire des réserves de munitions, de logistique, etc., tous ces attributs qui permettent d’envisager un conflit sinon de très longue haleine, du moins capables de soutenir un engagement de guerre du plus haut niveau pendant plusieurs semaines, pour donner le temps à la production de passer en mode “production de guerre”. En effet, il s’agit bien de “préparation à la guerre”, la véritable guerre conventionnelle et non plus la guerre hybride, la “Guerre de 4ème Génération”, la guerre asymétrique, – c’est-à-dire toutes les sortes de guerre qui sont conduite surtout depuis le 11 septembre 2001, surtout dans le cadre de ce qui est nommé “Guerre contre la Terreur”, — et toutes ces guerres où les militaires US ont subi des raclées mémorables...



Dans ce sens et pour illustrer ce propos, on citera quelques phrases de RT, qui interrogeait l’expert US Charles Shoebridge le 20 février 2018 (voir vidéo seule). (On trouve un texte plus détaillé et plus technique dans ce sens, mais moins directement significatif, sur Defense One du 20 février 2018 également. Il importe de le lire avec l’orientation simple et nette donnée dans le court texte ci-dessous.) Le texte de RT se concentre sur un seul exemple d’augmentation d’équipement, celui de l’obus de 155mm qui est le gros calibre standard pour les équipements terrestres et navals ; le nombre d’obus prévu pour l’équipement dans l’année fiscale 2019 est de 147 297, soit une augmentation de 800% de la dotation habituelle (bien entendu, l’obus de calibre 155mm n’est qu’un exemple parmi divers et nombreux cas de ce type, puisqu’il s’agit de créer une capacité générale de soutenir une situation de guerre conventionnelle pendant un temps donné) :

« Conformément aux promesses de Donald Trump, l’armée américaine va bénéficier d'une dotation budgétaire record pour 2019, avec une augmentation de 54 milliards de dollars par rapport à l'année précédente. Avec 686 milliards de dollars, le budget 2019 représente, à quelques milliards près, l’équivalent du PIB de la Suisse ou de l'Arabie saoudite. Autres ordres de grandeur : la Russie consacrait, selon les chiffres du Forum économique mondial, l'équivalent de 66 milliards de dollars à ses armées en 2015, la France 55 milliards. 

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