Chappatte (2015)
Feux d’artifice et drapeaux de toutes les couleurs flottent dans la nuit à Propilaia, l’esplanade de l’université d’Athènes, raconte Euronews. Il y a là environ 8000 personnes. Elles composent une foule hétéroclite, une foule en liesse qui affiche le sourire et l’espoir: «On vient d’assister aux élections les plus importantes de l’histoire contemporaine de la Grèce. Et nous les jeunes, on a ouvert la voie. La Grèce va changer, l’Europe va changer. Un avenir prospère démarre demain pour la Grèce et pour nous», s’enthousiasme une jeune fille.
Source : Euronews (26.01.2015)
lundi 19 janvier 2015, par Frédéric Lordon
Ce dimanche 25 janvier ont lieu en Grèce des élections législatives qui pourraient s’avérer historiques : Syriza, la coalition de gauche d’Alexis Tsipras, est en tête des sondages. Mais pour Frédéric Lordon, l’étau allemand et les inconséquences de la formation grecque condamnent celle-ci à des acrobaties douloureuses…
Il y a maintenant longtemps que l’Europe s’est enfermée elle-même dans la nasse constitutionnelle des traités libéraux, d’où elle n’a plus laissé que deux voies de sortie, et deux seulement : 1) l’effondrement financier de la construction sous le poids de ses contradictions internes, ou bien 2) un accident politique qui renverse la table. La première issue ayant été – temporairement – enrayée par l’annonce du programme OMT de la Banque centrale européenne (BCE) [1], il ne reste que la seconde, raison qui conduit le grand parti institutionnel-européiste à regarder la démocratie, non comme un état normal de la vie politique, mais comme une source permanente de menaces, dont l’étouffement justifie tous les moyens.

