dimanche 15 avril 2018

Cristiana Eltrayan



Pendant de nombreuses années, Cristiana Eltrayan a travaillé avec les gens, et s’est entraînée pour devenir une thérapeute holistique et une coach de vie. Après avoir poursuivi et réussi une vie professionnelle avec succès dans le management, elle s’est orientée vers l’auto équilibrage et le domaine du développement spirituel, qu’elle a étudié et pratiqué pendant des années avec le yoga, le qi-gong et d’autres pratiques dans le domaine bio qui sont réputées pour nous rendre pur pour le Divin. Son intention est de devenir et de rester un canal de Lumière aussi longtemps que possible dans le corps physique et de partager sa connaissance à ceux ouverts à cela. Son premier contact avec la connaissance de la Nourriture Pranique vient à elle en 2010 et elle a depuis lors franchi les étapes pour autoriser son être à basculer vers la Conscience Pranique, lui permettant d’être nourrie par le Prana, quand le corps le demande. Elle pratique maintenant la guérison de l’âme, – thérapie holistique – qui traite de l’équilibre entre le corps-esprit-âme et la déprogrammation et reprogrammation du champ énergétique, et partage ses expériences dans des livres, des ateliers, des cours et des conférences. Elle est l’auteur de « Darkroom retreat – une expérience mystique de lumière », qui décrit l’aube de son parcours pranique.
Site officiel : Soulhealing / Facebook
Source du texte : Breatharianworld

Mensonges et propagande de guerre occidentale



Syrie : une campagne de dénigrement systématique contre le pouvoir d'Assad ? Interview de Richard Labévière, ancien rédacteur en chef à la TSR et à RFI (RT France, le 12 avril 2018)




Caroline Galactéros, Docteur en Science politique, colonel au sein de la réserve opérationnelle des armées, expose en dehors de la pensée unique le conflit Syrien face à Bourdin (12 avril 2018)




L'invité actu par Caroline Broué
Emmanuel Todd : "La Russie est la seule force au monde qui puisse faire face aux Etats-Unis sur le plan militaire" 14/04/2018

[...] C’est-à-dire qu’il y avait une dynamique qui montait, anti-russe, et puis finalement, apparemment, les Américains, les Britanniques et les Français ont tapé là où les Russes les autorisaient. Donc on est revenu dans le « rien » – au stade actuel de l’information. Donc je suis plutôt rassuré.
[…] Et donc toutes les interventions russes, tout ce que disent les Russes est considéré comme la parole de Satan, du mensonge, etc. Et puis nous, on fait comme si on était normaux. Mais la vérité, c’est que le monde le plus occidental, c’est-à-dire les trois démocraties occidentales originelles : la France, l’Angleterre et les États-Unis – c’est-à-dire les nations qui ont construit la démocratie, en fait – peuvent être considérées dans un état de fébrilité absolument incroyable. C’est un monde en crise.
[...] le niveau intellectuel des diplomates russes et des dirigeants russes est très supérieur à celui des Occidentaux. Vous ne pouvez pas comprendre la situation si vous ne voyez pas cette asymétrie. Une interview de Lavrov ou une discussion de l’ancien ambassadeur Orlov, ce sont des gens qui sont très supérieurs intellectuellement aux gens du Quai d’Orsay.
[...] Je ne comprends pas cette fixation pathologique, et c’est terrible pour un chercheur. Si vous êtes du côté Russe, vous êtes dans un univers de rapport de force rationnel et de maîtrise de soi mais si vous êtes du côté occidental, vous êtes dans un univers de passions incontrôlées qui renvoient à des troubles psychiques que vous ne comprenez pas.
[...] Macron fait semblant d’être président : par exemple, il ne contrôle pas la monnaie. Donc aujourd’hui, être Président en France, c’est simplement passer à la télé, si vous voulez. Et puis réduire les petits “privilèges” des petites gens et ne pas toucher aux gens qui ont de gros privilèges.
Source (et transcription entière) : Les Crises



Françis Blanche et Pierre Dac (La Voyante Madame Arnica ) 1957

- Madame Arnica pouvez-vous me dire le no du compte en banque de Monsieur ? [à partir de 5']
- Oui
- Vous pouvez le dire ?
- Oui
- Vous pouvez le dire ?
- Oui !
- Il peut le dire !
[Remplacez "Madame Arnica" par "Monsieur Macron", Francis Blanche par un journaliste français et "dire le no du compte en banque" par "donner des preuves de l'attaque chimique", puis " le dire" par "les donner"].


Frappes Syrie] Les “preuves” présentées par Le Drian : le vide comme nouveau fondement juridique à l’agression
Par Olivier Berruyer, le 15 avril 2018  - Les Crises

I. Des frappes illégales
Samedi 14 avril, la France a donc de nouveau choisi de piétiner le Droit international, déshonorant son statut de Membre Permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, et en affichant son mépris pour ce droit, gardien de la Paix et de la Sécurité entre les nations.
Source (et suite) du texte : Les Crises




Xavier Moreau revient sur les frappes occidentales en Syrie.(RT France, le 14 avril 2018)
«Emmanuel Macron vient de s'offrir sa première humiliation internationale»,




Syrie : Asselineau appelle à la destitution de Macron par l'article 68 de la constitution (Extraits, UPR, le 14 avril 2018)
Communiqué de presse de l'UPR 
   

Sur la Zad, « les gens arrivent de partout » pour défendre et reconstruire


Qui sont donc ces « illégaux » que le gouvernement veut à tout prix expulser de la « Zad » ?
Par Nolwenn Weiler, le 10 avril 2018

2500 gendarmes, appuyés par des blindés, ont été déployés le 9 avril à l’aube pour expulser une centaine d’habitants « illégaux » de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes. Des discussions devaient pourtant s’ouvrir pour légaliser des lieux de vies et des projets d’expérimentation agricoles. À peine trois mois après l’abandon officiel du projet d’aéroport, le gouvernement a donc décidé de passer en force.

Qui est visé par les expulsions en cours sur la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes ? Le flou règne. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, affirme que l’opération policière de grande envergure lancée à l’aube du 9 avril vise les « occupants illégaux », avant de préciser au micro d’Europe 1 qu’« une quarantaine d’édifices [étaient] concernés par l’opération, et une centaine de personnes ». 2500 gendarmes pour 100 personnes à expulser...
Source (et suite) du texte : Bastamag
Site internet : Zone A Défendre


Sur la Zad, « les gens arrivent de partout » pour défendre et reconstruire
Par Nolwenn Weiler, le 13 avril 2018

« Une cabane détruite, deux reconstruites », promettent les habitants de la Zad et leurs soutiens. Une première journée de reconstruction est prévue dès ce 15 avril. Après quatre jours d’intervention quasi militaire, une trentaine de lieux – fermes, salles collectives, logements – ont été rasés sur ordre de la préfète de Loire atlantique et du gouvernement. Les démolitions sont, pour l’instant, stoppées. Mais le processus de négociation a lui aussi été dévasté par l’opération : « Nous n’avons plus du tout confiance. C’est terminé, c’est clair », entend-on. Reportage.

Pour accéder à la Zad, le mieux est de passer par les champs. Ce 12 avril, quatrième jour de l’opération d’expulsion et de démolition menées par les forces de l’ordre – 2500 gendarmes –, les voies d’accès à la zone sont solidement gardées. Un checkpoint tenu par des gendarmes mobiles, lourdement armés et arnachés, et appuyés par un blindé, bloquent le carrefour des Ardillères, situé côté nord. A 200 mètres du barrage policier, Camille, un talkie-walkie vissé à l’oreille, monte la garde. Le retraité au regard bleu, qui a posé ses valises dans un lieu de vie collectif de la Zad l’été dernier, surveille les allers et venues de policiers et d’engins de chantiers amenés pour la démolition. Avant Camille, c’est Marc et Justine, arrivés tard dans la nuit depuis le Finistère, qui assuraient le tour de garde [1]. « Nous avons pris notre quart vers 7h ce matin, après avoir dormi un peu. Nous étions avec un jeune qui a creusé des fossés de 3h à 7h du matin, juste après être arrivé. Les gens arrivent de partout en fait. »

« Une personne a reçu une grenade de désencerclement dans sa capuche »
Des salariés ont pris des jours de congé. D’autres viennent chaque soir après le travail. Des dortoirs sont aménagés dans les bâtiments en dur, on se serre dans les cabanes ou les yourtes, et les nouveaux arrivants sont invités à venir avec leur tente. « Aujourd’hui, c’est étrangement calme », reprend Camille. Au carrefour de la Saulce, situé au milieu de la zone, une petite dizaine de personnes joue aux cartes derrière une barricade, profitant du printemps qui déchire enfin la grisaille, laissant passer ses rayons ensoleillés. Mais quand une alerte est lancée, chacun enfile ses lunettes et son masque. Certains se couvrent le visage, d’autres saisissent des morceaux de portes ou de taules en guise de boucliers recyclés. Des dizaines de personnes se pressent vers le lieu attaqué, parfois armées de cailloux et de cocktails Molotov. Les derniers arrivés demandent s’il y a eu des blessés. « Pas encore », répondent plusieurs voix entre deux quintes de toux dues aux fumées des gaz lacrymogènes.

Débris de grenades lacrymogènes et assourdissantes ramassées aux alentours de Fosses noires,
 le 11 avril / Photo : Nolwenn Weiler

Source (et suite) du texte : Bastamag

Lire aussi sur Reporterre : Les mensonges sanglants de M. Macron, par Hervé Kempf, le 16 avril 2018 / Hervé Kempf [MAJ]
 

mercredi 11 avril 2018

Gregory Mutombo



Grégory Mutombo au 3ème festival pour l'école de la vie (octobre 2017)



Du fracas des combats à la paix intérieure - Interview de Gregory Mutombo (octobre 2017)


Des chemins…

Gregory Mutombo porte depuis l’enfance une spiritualité qui, parce qu’elle préfigure son besoin impérieux d’unité et d’absolu, le singularise. Animé par la volonté de voir derrière les voiles, il se plonge très tôt dans une quête de la Connaissance. Celle-ci passe, au tout début de son adolescence, par une exploration vibrante de ce que l’on nommait alors la parapsychologie.
A partir de 1993, à l’âge de 19 ans, il suit différents enseignements à Paris, Nice et Londres sur les corps et soins énergétiques, les états modifiés de conscience, la cosmogonie, l’écriture inspirée, les vortex de la Terre, la paneurythmie et la chromologie. Etant musicien, il s’initie parallèlement à la  musicothérapie et à diverses techniques psychomusicales.
En 1995, il part pour un périple pédestre dans les montagnes bulgares, autour des sept lacs de Rila, région imprégnée des vibrations de Omraam Mikhaël Aivanhov et de Peter Deunov, dont il avait déjà approché l’essence via la paneurythmie. Il se retrouve face à lui-même dans cette nature essentielle qui lui parle sans discontinuer, de jour comme de nuit. Quelques semaines plus tard, en réponse à une sorte d’injonction intérieure qui s’est imposée à lui au cours d’une longue méditation nocturne, il s’engage dans l’armée, concevant rapidement que ce chemin, par son intensité, sa diversité, sa densité et ses exigences sera riche en initiations.
C’est alors le début d’un parcours, d’un voyage de dix-huit années dans le monde. Dans un certain monde. Il part tout d’abord près de neuf mois en Afrique, sa première affectation, entre Sénégal et Mauritanie, avant de retrouver la France pour occuper un poste à responsabilité. On lui confie une quarantaine de personnes alors qu’il n’a que 22 ans. Ensuite, pour se rapprocher des populations civiles, il choisit de changer d’uniforme et entre en 1998 dans la gendarmerie mobile, celle que, paradoxalement, personne ne voit. Il est rapidement envoyé dans les Comores puis en Amazonie, pour des périodes de plusieurs mois. En parallèle de ses missions, il écrit deux romans initiatiques : La stratégie de l’orphelin (1999) puis La corde d’argent (2000), publiés à compte d’auteur.
Source (et suite) du texte, Site officiel : Gregory Mutombo

Bibliographie :
Le feu de l'esprit : L'ultime effort est de n'en faire aucun, Ed. Guy Trédaniel, 2018
La Symphonie des âmes : Des fracas des combats à la paix intérieure, Ed. Guy Trédaniel, 2016


La Joie

La joie ne réside pas dans l’atteinte d’un objectif, l’obtention d’un bien, l’occupation d’un lieu ou la proximité plus ou moins grande avec telle ou telle personne. La joie ne s’acquiert ni ne se développe en fonction d’éléments extérieurs, ou alors elle est confondue avec de la satisfaction, du plaisir ou du contentement, qui sont « ces bonnes choses » auxquelles l’on prédit toujours une fin inéluctable.
Croire que la joie est tributaire de circonstances observables est le moyen le plus sûr de ressentir frustration, manque ou tristesse dès la disparition ou la diminution de ces circonstances. Afficher un sourire ou éclater de rire n’est pas nécessairement expression de la joie. En effet, bien des mesquineries, des dénis de soi ou des hypocrisies se dissimulent derrière des sourires de façade. Et bien des moqueries, des rejets, des railleries engendrent de faciles rires en cascade, comme si la souffrance ou l’ignorance d’autrui pouvaient être réjouissantes.
A l’inverse, des larmes, aussi abondantes puissent-elles paraître, ne sont pas forcément signe d’amertume, mais bien souvent un baume extraordinaire qui, littéralement, coule de Source.
La joie est un sourire silencieux qui marche sans but avec une infinie légèreté et une profondeur insondable, juste mû par la certitude inébranlable d’être pleinement responsable de tout ce qui advient dans l’existence.
C’est un état libéré de toute forme de victimisation, de toute notion de culpabilité, de tout élan sauveur. C’est un abandon de toute idée d’échec ou de réussite, au profit d’une gratitude qui accueille, comme une bénédiction, chaque respiration, chaque apnée, chaque pulsation et chaque soubresaut.
C’est un joyau qui jamais ne se trouve lorsqu’on le cherche mais se révèle à celles et ceux reconnaissant que la Vie, dans sa plénitude, est écrin.
C’est une conscience pleinement déployée dans l’instant présent, oubliant hier et ignorant demain, une conscience qui se sait à la fois don et réception, cause et conséquence, créatrice et création.
C’est une absolue absence d’attente qui est ouverture à la toute puissance de ce qui naît, ici et maintenant, en réponse amoureuse et parfaite à la vibration du cœur et à la fréquence de l’âme.
Source du texte : Gregory Nutombo

«Pourquoi la France ne doit pas s'associer aux frappes en Syrie»

La ruée vers la guerre en Syrie
Par Craig Murray, le 9 avril 2018 - Creg Murray / Les Crises (trad.)

Craig Murray, diplomate britannique, ancien ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Ouzbékistan, historien et activiste en faveur de la défense des Droits de l’Homme. 

Je n’ai jamais exclu la possibilité que la Russie soit responsable de l’attaque de Salisbury, entre autres possibilités. Mais j’écarte la possibilité qu’Assad lâche des armes chimiques sur la Ghouta. Dans cette guerre extraordinaire, où les djihadistes coupeurs de têtes financés par l’Arabie saoudite bénéficient du soutien aérien israélien et des “conseillers” militaires américains et britanniques, chaque fois que l’armée syrienne est sur le point de prendre le contrôle total d’une enclave djihadiste majeure, au dernier moment où la victoire est à leur portée, l’armée syrienne attaquerait des enfants avec des armes chimiques, sans aucune raison militaire. Nous avons été nourris de ce récit encore et encore et encore et encore et encore.

Nous sommes alors confrontés à une offensive de propagande de la part des politiciens néo-conservateurs, des think tanks et des “associations de bienfaisance” qui réclament une grande pluie de bombes et de missiles occidentaux, et nous sommes accusés d’insensibilité à l’égard des enfants qui souffrent si nous nous faisons des objections. Ceci malgré la certitude que les interventions militaires occidentales en Afghanistan, en Irak et en Libye ont eu des conséquences qui restent à ce jour tout à fait désastreuses.

Je crains que l’orchestration massive de la russophobie au cours des deux dernières années vise à préparer l’opinion publique à un conflit militaire plus large centré sur le Moyen-Orient, mais susceptible de s’étendre, et que nous approchons de ce but. La déconnexion de la classe politique et des médias par rapport à la population générale est telle que les leviers de bonne volonté pour empêcher cela sont, comme dans le cas de l’Irak, extrêmement peu nombreux, car les politiciens tremblent face au chauvinisme des médias. C’est une période extrêmement dangereuse.

* * *



Jean-Luc Mélenchon, Dans les guerres la première victime c'est la vérité (RT, 10 avril 2018)

Lire aussi sur : Intervention en Syrie : «Tout missile américain tiré sur la Syrie sera abattu», prévient Moscou, RT, le 11 avril 2018 / «Si une frappe se produit, ce ne sera pas seulement un acte d'agression, ce sera un crime de guerre de la part de la coalition occidentale. C'est une provocation car il n'y a eu aucune enquête», Sputniknews, le 11 avril 2018 / La nouvelle campagne de Russie, les USA, l'UE et l'OTAN veulent la guerre, par Manlio Dinucci, le 27 mars 2018


«Pourquoi la France ne doit pas s'associer aux frappes en Syrie»
Par  Caroline Galactéros, le 10 avril 2018 - Le Figaro

Alors que la France s'apprête vraisemblablement à frapper la Syrie, en représailles aux attaques chimiques supposées, Caroline Galactéros plaide pour un sursaut d'indépendance nationale. Selon elle, la France ne doit pas s'aventurer dans une nouvelle coalition.

Docteur en science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros est présidente du think tank Geopragma. Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a notamment publié Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).

La messe semble dite et une atmosphère de veillée d'armes plane sur Paris, tandis que le jeune prince d'Arabie Saoudite quitte la capitale et que notre président est en étroit dialogue avec son homologue américain. La France pourrait, en coordination avec Washington, frapper de manière imminente les forces du régime syrien en représailles d'une nouvelle attaque chimique imputée de manière «très probable» mais en amont de toute enquête, aux forces de l'abominable tyran Assad soutenu par les non moins affreux régimes russe et iranien.

Il faudrait agir vite, se montrer ferme, intraitable, juste! Il s'agirait là d'un «devoir moral»! On a bien entendu et lu. Le discours moralisateur sur la sauvegarde des civils innocents, pourtant inaudible après sept ans de guerre et de déstabilisation de la Syrie, est toujours le même. C'est là le comble du cynisme en relations internationales, que nous pratiquons pourtant sans états d'âme depuis des décennies. Pendant ce temps, la guerre silencieuse du Yémen continue. Ces civils-là n'existent pas, ne comptent pas.

Mais certaines images de guerre et de civils otages d'une sauvagerie généralisée irritent plus que d'autres nos consciences lasses d'Européens déshabitués de la violence et gonflés d'une prétention à connaître, dire et faire le Bien. Soit.

Mais agir contre qui? Qui faut-il punir? Le régime de «l'animal Assad», comme l'a appelé Trump? L'Iran? La Russie? Vraiment? Et si ce trio noir que l'on désigne exclusivement depuis des mois à la vindicte populaire internationale n'était qu'un leurre, proposé à notre indignation sélective pour ne pas réfléchir à nos propres incohérences?

Quel serait l'intérêt de la Russie de laisser perpétrer une telle attaque ?

Personne ne se demande pourquoi cette nouvelle attaque chimique arrive maintenant, au moment même où la Ghouta orientale repasse sous contrôle gouvernemental syrien et parachève sa reconquête territoriale, face à des groupuscules rebelles rivaux globalement en déroute et plus que jamais prêts à se vendre au plus offrant pour survivre et espérer compter? Personne ne s'autorise à douter un instant, quand le ministre russe des affaires étrangères rapporte que les observateurs du Croissant rouge syrien envoyés sur place n'ont rien vu ressemblant à une attaque? Serguei Lavrov ment-il carrément au Conseil de Sécurité des Nations unies ou bien faut-il penser que Moscou ne contrôle pas tout ce qui se fait au plan militaire sur le théâtre? Ou que des éléments de l'armée syrienne elle-même agiraient en électrons libres ou auraient été «retournés»? À qui profite le crime? C'est cette vieille question, mais toujours pertinente, qui paraît désormais indécente.

Le complotisme de l’anti-complotisme

” Le complotisme de l’anti-complotisme “
Par Frédéric Lordon, octobre 2017 - Le Monde diplomatique


Evelyn Williams, "Talking Mouths" (Bouches qui parlent), 1997 
- Bridgeman Images

Disqualifier pour mieux dominer

L’image est familière : en haut, des gens responsables se soucient du rationnel, du possible, du raisonnable, tandis que ceux d’en bas, constamment ingrats, imputent à leurs dirigeants une série de malveillances. Mais l’obsession du complot ne relève-t-elle pas plutôt des strates les plus élevées de la société ? Les journalistes reprenant les idées du pouvoir privilégient eux aussi cette hantise.
Après “réforme”, “moderne” et “logiciel” (“en changer”), “complotisme”est en train de devenir le nouvel indice du crétin, le marqueur qui situe immanquablement son homme. Un ordre social de plus en plus révoltant à un nombre croissant de personnes réduit nécessairement ses conservateurs aux procédés les plus grossiers pour tenter d’endiguer une contestation dont le flot ne cesse de monter. Au demeurant, on sait que cet ordre entre en crise profonde quand, vide d’arguments, il ne trouve plus à opposer que des disqualifications. Comme un premier mouvement de panique, “antisémitisme”a été l’une des plus tôt jetées à la tête de toute critique du capitalisme ou des médias1. Mais, même pour l’effet de souffle, on ne sort pas d’emblée la bombe atomique s’il s’agit simplement d’éteindre un départ de feu. C’est que par définition on ne peut pas se livrer à un usage ordinaire et à répétition de la munition maximale, sauf à lui faire perdre rapidement toute efficacité. Ses usages tendanciellement grotesques soulignant son ignominie de principe, le procédé a fatalement entraîné l’auto-disqualification de la disqualification.

Supposé moins couvrir ses propres utilisateurs de honte et mieux calibré pour l’arrosage extensif, susceptible par là d’être rapatrié dans le domaine du commentaire ordinaire, le “complotisme”est ainsi devenu le nouveau lieu de la bêtise journalistique — et de ses dépendances, philosophe dérisoire ou sociologue de service. Signe des temps, il faut moins invoquer la mauvaise foi que l’effondrement intellectuel de toute une profession pour comprendre ses impossibilités de comprendre, et notamment de comprendre deux choses pourtant assez simples. D’abord que la seule ligne en matière de complots consiste à se garder des deux écueils symétriques qui consistent l’un à en voir partout, l’autre à n’en voir nulle part — comme si jamais l’histoire n’avait connu d’entreprises concertées et dissimulées… Ensuite que le complotisme, tendance évidemment avérée à saisir tous les faits de pouvoir comme des conspirations, demanderait surtout à être lu comme la dérive pathologique d’un mouvement pour en finir avec la dépossession, d’un effort d’individus ordinaires pour se réapproprier la pensée de leur situation, la pensée du monde où ils vivent, confisquée par des gouvernants séparés entourés de leurs experts — bref, un effort, ici dévoyé, mais un effort quand même, pour sortir de la passivité.

“Vouloir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugement faux et n’interprètent pas tout de travers , écrivait déjà il y a longtemps Spinoza ” c’est le comble de la stupidité.”2
Mais il y a deux faces au débat, et s’il y a lieu de comprendre le mécanisme qui fait voir des complots partout, il y a lieu symétriquement de comprendre celui qui fait voir du complotisme partout. Or ni l’existence — réelle — de délires conspirationnistes ni l’intention disqualificatrice, quoique massive, ne rendent entièrement compte de l’obsession non pas pour les complots, mais pour les complotistes — un complotisme anti-complotiste, si l’on veut… Si cette nouvelle idée fixe trouve si bien à prospérer, c’est aussi parce qu’elle trouve une profonde ressource dans des formes de pensée spontanées à l’œuvre dans un milieu : le milieu des dominants, dont les journalistes, qui aux étages inférieurs en occupent les chambres de bonne, sont à leur tour imbibés comme par un fatal dégât des eaux.

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