mardi 18 septembre 2018

Gwenaëlle Aubry, une philosophe romancière

MAJ de la page : Gwanaëlle Aubry



LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE  par Adèle Van Reeth
Gwenaëlle Aubry, une philosophe romancière 07/09/2018

Gwenaëlle Aubry est née en 1971. Elle poursuit une pratique de philosophe et aussi d’écrivaine.
Dans son écriture et son lien au monde se joue un rapport direct avec l’actualité qui saisit, le roman venant en réaction et en protection face à ce qui nous arrive en Europe.

Co-auteure de :
Le moi et l'interiorité, co-auteure avec Frédérique Ildefonse, Ed. Vrin, 2009

Les études ici rassemblées visent a évaluer la légitimité et la pertinence de deux concepts usuels, le moi et l'intériorité, dans l'Antiquité grecque principalement. De ce moi qui occupe d'abondance le champ littéraire et philosophique, on dit communément qu'il est absent de la pensée antique. On se propose d'abord d'interroger, pour éventuellement la remettre en question, cette curieuse absence. Y a-t-il place, clans le champ antique, pour autre chose que le "soi ", cet impersonnel dégagé des particularités biographiques qui excède l'individu tout en recelant son identité? Dans quels concepts antiques est-on fondé à repérer, autrement distribués, les éléments du concept moderne de moi ? Quels sont ceux qui, à l'inverse, lui sont abusivement ralliés? Plutôt qu'une place vide, ne trouve-t-on pas, chez les Anciens, un concept alternatif du moi, délié de l'unicité comme de l'intériorité? La seconde partie de ce volume vient orienter le programme indiqué par Jean-Pierre Vernant d'une " histoire de l'intériorité et de l'unicité du moi" vers une histoire de l'intériorité, c'est-à-dire une histoire des problématisations de l'intérieur. Si l'organisation mentale et psychique des Grecs n'était pas orientée vers le dedans, mais vers le dehors. si l'introspection n'est pas une pratique de fait, comment est apparue l'alliance entre subjectivité et intérieur que nous présupposons le plus souvent? Il importait alors d'illustrer combien cette problématisation de l'intérieur n'est pas exclusive et d'identifier comment les associations qui la composent peuvent être dénouées, au profit parfois d'un tout autre paysage conceptuel.
Quatrième de couverture Le moi et l'interiorité

Émission de France Culture « Les nouveaux chemins de la connaissance », « Le journal des nouveaux chemins » avec Adèle Van Reeth qui reçoit Gwenaëlle Aubry durant la semaine du 14 au 18 décembre 2009.
Transcription, source : Fabrique du sens

Adèle Van Reeth : On commence aujourd’hui une exploration en cinq étapes d’un univers vertigineux et éclaté dont on ne sait s’il est réel ou illusoire et auquel le fait de lui donner un nom, de lui mettre un visage, une voix, une mémoire ne suffit pas pour le saisir. Cet univers c’est le moi, le moi individu, le moi sujet, le moi intime, le soi, le ça, l’autre moi-même, celui dont on ne sait parfois que faire et qui n’est en fin de compte peut-être personne. Et c’est peut-être en ce sens qu’il faut comprendre le titre du roman de Gwenaëlle Aubry Personne, paru aux éditions du Mercure de France, qui a reçu le prix Femina le mois dernier.

Ce livre est composé de 26 moments qui sont autant de traits, de touches qui tentent de peindre un portrait, celui d’un père, un père qui se perd lui-même, qui se sait fou et auquel sa fille, la narratrice, tente de donner une réalité, une consistance, en prenant acte de la dissolution de son identité dans la folie. C’est un texte traversé par la douleur, qui dévoile la souffrance mais sans jamais l’exhiber et qui, comme tous les bons livres, s’adresse directement au cœur. Et pourtant, pourtant, Gwenaëlle Aubry, l’auteur de ce livre qui va nous accompagner toute cette semaine, en plus d’être romancière est philosophe, et c’est cette double approche, ce double regard, extrêmement riche et fécond, ce double regard, donc, à la fois romanesque et philosophique sur la question du moi, qui va nous intéresser cette semaine et que nous allons essayer d’explorer au cours des cinq prochains jours. Bonjour Gwenaëlle Aubry !

Gwenaëlle Aubry : Bonjour !

Adèle Van Reeth : Personne, donc je le disais, c’est le titre de votre roman dont je viens de parler mais vous avez également publié l’an dernier une anthologie de textes sur Le moi et l’intériorité avec Frédéric Ildefonse, qui est parue chez Vrin ; ces textes présentent la conception antique du moi et tout comme Personne votre roman, ils interrogent le sens même de cette notion de moi. Alors peut-être pour commencer, essayons d’aborder de front cette dualité, cette double pratique entre roman et philosophie. Est-ce que pour vous Gwenaëlle Aubry, il s’agit d’une même démarche qui tendrait vers un seul but et donc du coup, la philosophie et la littérature seraient deux façons d’accéder à ce même but, deux façons d’enquêter sur un problème qui vous préoccupe, ou est-ce que, au contraire, ces deux disciplines sont d’abord disjointes et il s’avère qu’elles se rejoignent dans leur pratique, sur un même thème ?

Gwenaëlle Aubry : C’est en effet une double pratique et que je m’attache à maintenir comme telle. Je détesterais l’idée d’écrire des romans de philosophe, des romans à thèse, ou, inversement, de faire de la philosophie un simple motif littéraire. C’est vrai que ces pratiques mettent en jeu en moi des puissances distinctes, au point que je pourrais presque signer mes romans d’une part, mes travaux théoriques de l’autre, de noms différents qui ne seraient pas simplement des pseudonymes, des masques sociaux, mais quasiment des hétéronymes à la Pessõa, vraiment le nom en moi d’individus distincts. Il est vrai aussi que je n’écris pas véritablement en philosophie, je veux dire que mes essais sont exempts d’effets de langage ou de travail stylistique, comme mes romans, je l‘espère, de technicité philosophique. Je crois que cette double pratique correspond aussi à deux types de plaisir ou presque de jubilation. Dans un cas, celui de la philosophie, la jubilation de l’impersonnel, le confort et l’ascèse à la fois de l’impersonnel. Dans l’autre, celui de la littérature, la jubilation et l’inconfort aussi, souvent, de quelque chose comme une expression intégrale, qui fait appel, à travers le style, le travail d’écriture, à ma pulsation la plus propre.

Plastique, la grande intox



Plastique, la grande intox (France 2, Cash investigation, 12 sept. 2018)

Dans le monde, dix tonnes de plastique sont produites chaque seconde. Un dixième finit dans les océans, laissant présager qu'en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans la mer. Face à ces chiffres effarants, Elise Lucet et son équipe partent explorer ce « continent plastique » qui ne cesse de grandir. Les responsables ? Les grands marques qui s'acharnent à développer une addiction à cette matière. Pour éviter d'endosser la responsabilité de la pollution, certains industriels ont trouvé la parade : la mettre sur les épaules des consommateurs. Enquête sur les stratégies secrètes de l'un des géants mondiaux des sodas et les promesses de recyclage des emballages.

En 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans la mer. Sur les dix tonnes produites dans le monde chaque seconde, une tonne finit sa route dans les océans. Le continent plastique n'en finit pas de grandir. Les grandes marques, qui ont rendu le consommateur dépendant de ce matériau, se dédouanent souvent. Une équipe a enquêté sur les stratégies secrètes d'un des géants mondiaux des sodas et ses promesses de recyclage. Certains plastiques sont contaminés par des substances chimiques dangereuses pour la santé. Lesquelles ?
Source : FranceTV

La France, pays de l'impunité pour les pédocriminels

MAJ de la page : Loi Schiappa / Pédocriminalité



Deux Minutes Pour Comprendre Le Consentement Sexuel De L'enfant (AIVI, 31 juillet 2018)

2 minutes pour comprendre pourquoi Loi Française actuelle ne protége pas assez les enfants contre l'inceste et la pédocriminalité, et pourquoi la nouvelle loi de juillet 2018 sur les "violences sexistes et sexuelles" ne change rien au fait qu'un enfant est toujours considéré par la loi comme "consentant" par défaut à un acte sexuel avec un adulte.

Viol (crime) :
1) Pénétration avec exercice de :
2) La violence, la menace, la contrainte ou la surprise.
Agression sexuelle (délit) :
1) Geste sexuel avec exercice de :
2) La violence, la menace, la contrainte ou la surprise.
Comme les agresseurs s'y prennent souvent par la Séduction avec les enfants, la preuve de la violence, menace, contrainte ou surprise est peu facilement démontrable. Même chose lorsque l'agresseur fait partie de la famille, son statut et son autorité lui suffisent à obtenir ce qu'il veut de l'enfant. Le législateur à créer l' Atteinte sexuelle ou acte sexuel avec ou sans pénétration, sans menace, violence, contrainte ou surprise, autrement dit avec le "consentement" de l'enfant.
Face à l'indignation de la population le gouvernement a préparer un texte disant que si l'enfant à moins de 15 ans, la contrainte morale ou la suprise sont "caractérisés par l'abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes" 
Cela veut dire que la victime devra prouver qu'elle n'avait pas le discernement nécessaire pour consentir à ce qui, selon les pédopsychiatre, sera impossible à évaluer.
Résultat : rien ne change par rapport à la loi d'aujourd'hui qui considère qu'un enfant est capable de dire NON à un agresseur sexuel, ou pire, qu'il est capable de dire OUI !
Source : Youtube

Lire aussi de Muriel Salmona, psychiatre, traumatologue : Protéger les enfants des violences sexuelles est un impératif : avant 15 ans un enfant n’est jamais consentant à des actes sexuels avec un adulte 


Abus sexuels sur mineur : la France, pays de l'impunité pour les pédocriminels
Par Céri, le 16 septembre 2018 - Donde vamos ? 

 Les condamnations pour viol ont chuté de 40% en dix ans

Depuis plusieurs années, il apparaît que la justice classe massivement sans suite les affaires de pédophilie, particulièrement lorsqu’il s’agit d’inceste. On apprend au détour d’une étude récente que depuis 2007, le nombre de condamnations pour viol chaque année a baissé de 40%. Pendant ce temps on veut parler de sexualité aux enfants dans les écoles et on refuse un âge de présomption de non-consentement. Mais dans quel pays vit-on ? Comment peut-on penser qu’on ne prépare pas là une bombe à retardement, un véritable fléau de santé publique ?

Faut-il le rappeler ? Les "abus sexuels", ou violences sexuelles détruisent les enfants. L’ambiance aujourd’hui est certes à sexualiser les gosses, mais pour récolter depuis des années les témoignages de victimes, je peux assurer que "non", les abus sexuels, viols et agressions, ne sont pas anodins pour les enfants.
Source (et suite) du texte : Donde vamos ? 

mercredi 12 septembre 2018

La Solution au Meilleur des Mondes

MAJ de la page : Aldoux Huxley / Ariane Bilheran



Ariane Bilheran, La solution au meilleur des mondes (Ana l'exploratrice, 11 sept. 2018)

Si je devais réécrire maintenant ce livre, j'offrirais au Sauvage une troisième possibilité. Entre les solutions utopienne et primitive de son dilemne, il y aurait la possibilité d'une existence saine d'esprit - possibilité déjà actualisée, dans une certaine mesure, chez une communauté d'exilés et de réfugiés qui auraient quittés Le Meilleur des Mondes et vivraient à l'intérieur des limites d'une réserve. Dans cette communauté, l'économie serait décentraliste, à la Henry George, la politique serait kropotkinesque et coopérative. La science et la technique seraient utilisées comme si, tel le repos dominical, elles avaient été faites pour l'homme, et non (comme il en est à présent, et comme il en sera encore davantage dans le meilleur des mondes) comme si l'homme devait être adapté et asservi à elles. La religion serait la poursuite consciente et intelligente de la fin dernière de l'homme, la connaissance unitive du Tao ou Logos immanent, de la Divinité ou Brahman transcendant. Et la philosophie dominante de la vie serait une espèce d'Utilitarisme supérieur, dans lequel le principe du bohneur maximum serait subordonné au principe de la fin dernière - la première question qui se poserait et à laquelle il faudrait répondre, dans chacune des contingences de la vie, étant : Comment cette pensée ou cet acte contribueront-ils ou mettront-ils obstacles à la réalisation, par moi-même et par le plus grand nombre possible d'individus, à la fin dernière de l'homme ? 

Aldous Huxley,  Retour au meilleur des mondes (1958), Ed. Pocket poche,


Philosophia Perennis, la formule a été créé par Leibniz [tout comme celle de Meilleur des mondes possibles], (...) la chose est immémoriale et universelle. (...)
La connaissance est une fonction de l'être. Là où il y a un changement dans l'être de celui qui connait, il y a un changement correspondant dans la nature et la quantité de connaissance. (p. 1 - Introduction)

Dans l'étude de la Philosophia Perennis, on peut commencer soit par le bas, par la pratique et la morale, soit par le haut, par la considération des vérités métaphysiques, soit enfin par le milieu, au point focal où l'esprit et la matière, l'action et la pensée ont leur lieu de rencontre dans la psychologie humaine. (p. 13 - Tu es cela)

La matière de la Philosophia Perennis, c'est la nature de la réalité éternelle, spirituelle (p. 155 - De la Vérité)

Aldous Huxley, La philosophie éternelle (1945), Ed. Point poche,
 



Interview d'Aldous Huxley par Mike Wallace, 1958

Une infirmière se leva comme ils entraient, et se mit au garde-à-vous, devant le Directeur. 
- Quelle est la leçon, cet après-midi ? demanda-t-il. 
- Nous avons fait du Sexe Elémentaire pendant les quarante première minutes, répondit-elle. Mais maintenant, on a réglé l'appareil sur le cours élémentaire de Sentiment des Classes Sociales. (p.52)

Jusqu'à ce que l'esprit de l'enfant , ce soit ces choses suggérées, et que la somme de ces choses suggéréées, ce soit l'esprit de l'enfant. Et pas seulement l'esprit de l'enfant. Mais également l'esprit de l'adulte - pour toute sa vie. (p.54)

Dans un creux herbeux entre deux hautes masses de bruyères méditarranéennes, deux enfants, un petit garçon d'environ sept ans et une petite fille qui pouvait avoir un an de plus, s'amusaient, fort gravement et avec toute l'attention concentrée de savants plongés dans un travail de découverte, à un jeu sexuel rudimentaire. 
- Charmant, charmant ! répétat sentimentalement le Directeur. (p.56)

Aldous Huxley,  Le meilleur des mondes (1932), Ed. Pocket poche,


Sous prétexte de lutte pour l'égalité des droits et le rejet des persécutions, l'on éduque à la sexualité. D'ailleurs, les termes sont explicites. 
Les adultes se font initiateurs et éducateurs, non d'une prévention contre les risques en matière de sexualité (MST, grossesses précoces non désirées, transgressions sexuelles), mais de la sexualité elle-même, et ce, à des enfants mineurs sexuels. 
Les "autorités" entendent désormais "éduquer" les enfants aux diverses pratiques sexuelles de la pornographie, à la sodomie, aux différentes "orientations sexuelles", au genre, au transsexualisme, aux opérations transgenres. (p. 43 - La Grande manipulation pédophile)

Ariane Bilheran, L'imposture des droits sexuels: Ou la loi du pedophile au service du totalitarisme mondial (2017)


Les victimes vraiment sans espoir se trouvent parmi ceux qui semblent les plus normaux. Pour beaucoup d'entre eux, c'est "parce qu'ils sont si bien adaptés à notre mode d'existence, parce que la voix humaine a été réduite au silence si tôt dns leur vie, qu'ils ne se débattent même pas, ni ne souffrent et ne présentent pas de symptômes comme le font les névrosés" [Dr. Eric Fromm]. Ils sont normaux non pas au sens que l'on pourrait appeler absolu du terme, mais seulement par rapport à une société profondément anormale et c'est la perfection de leur adaptation à celle-ci qui donne la mesure de leur déséquilibre mentale. (pp.31/2 - Excès d'organisation)

Pour instruire en vue d'être libre, il faut commencer par énoncer des faits et des jugements de valeur, puis mettre au point les méthodes appropriées qui permettront de réaliser les valeurs et de combattre ceux qui , pour quelques raisons que ce soit, veulent ignorer les faits ou nier les valeurs. (p.126 - Etre instruit pour être libre))

Dans leur propagande antirationnelle, les ennemis de la liberté pervertissent systématiquement les ressources du langage pour amener, par la persuasion insidieuse ou l'abrutissement, lerus victimes à penser, à sentir et agir comme ils le veulent eux, les manipulateurs. (p. 137 - Etre instruit pour être libre)

En attendant, il reste encore quelque liberté dans le monde. (...) Peut-être les forces qui la menacent sont-elles trop puissantes pour que l'on puisse leur résister longtemps. C'est encore et toujours notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous opposer à elles. (p. 154 - Que faire ?)

Aldous Huxley,  Retour au meilleur des mondes (1958), Ed. Pocket poche,

Dépossession

MAJ de la page : Liliane Held-Khawam

Avec un livre indispensable pour comprendre le monde dans lequel nous sommes en 2018. 


Le marché global de la dette représente aujourd'hui 230 000 milliards de dollars. Autrement dit, le triple du PIB mondial.
À côté de cette dette inconcevable, plus d'un quadrillion de produits dérivés, véritable arme de destruction massive du système financier global, alimentent les circuits de la haute finance internationale.
Plus personne ne peut rembourser une telle dette. Plus personne ne contrôle l'émission d'argent scriptural par les institutions financières privées. Les Etats et le secteur public sont dépassés. En clair: ils n'existent plus, sinon lorsqu'il s'agit d'éponger les opérations aventureuses du « casino » planétaire.
Illustrant par de nombreux exemples ce constat apocalyptique, DÉPOSSESSION nous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance techno-financière globale. Cette enquête d'une précision inédite nous montre que la dématérialisation, l'abolition des frontières et la démission des institutions politiques ne sont que les multiples noms de l'esclavage de demain.
Un ouvrage de choc et d'éveil à lire et à méditer avant qu'il ne soit trop tard.
Quatrième de couverture
Liliane Held-Khawam, Dépossession, Ed. Réorganisation du monde, 2018

Economiste d'entreprise et entrepreneur libano-suisse. Liliane Held Khawam milite activement depuis 1989 pour une réhumanisation de l'économie. Son blog est une source de référence sur les questions économiques.
Le blog de Liliane Held-Khawam


"Celui qui emprunte est l'esclave de celui qui prête" (Proverbe 22 de la Bible)
Ce proverbe millénaire n'a pas pris une ride à l'heure où le marché global de la dette, qui s'élevait à 87 000 milliards de USD en l'an 2000, culmine à 230 000 milliards. De plus, il devient clairement impossible de la rembourser puisqu'elle représente le triple du PIB mondial. A côté de cette dette pharaonique, 1.2 quadrillon de produits dérivés (cfr. tableau en fin de livre), véritable arme de destruction massive du système financier global, serait dans les circuits de la haute finance internationale. 
   Les richesses réelles dont disposent les créanciers de la planète en contrepartie sont inconnues, mais d'une valeur très certainement inégalée dans l'histoire de l'humanité. La raison première en est très simple. Des transferts massifs de privilèges - parfois régaliens - ont afflués de la planète entière à destination du marché financier, représenté par un nombre d'acteur toujours plus restreint. Les privilèges transmis ont été si nombreux et essentiels à la vie constitutive d'un Etat d'abord et d'un Etat de droit ensuite, qu'ils vont conférer tout naturellement aux représentants de la haute finance internationale une hyperpuissance au détriment du secteur public. 
   Deux groupes vont au fil du temps se faire face, avec d'une part cette espèce de superentité financière planétaire, et de l'autre l'ensemble des Etats du monde, citoyens inclus. L'endettement public et  les prérogatives monétaro-financières retirées aux Etats, sont en train de mettre un terme à l'existence de ceux-ci, et au principe même de la chose publique.  (...)
(p. 1 - Introduction)

Liliane Held-Khawam, Dépossession, Ed. Réorganisation du monde, 2018

France, fiasco diplomatique et état voyou



Trump and Macron’s awkward displays of affection


France diplomatie-Macron AN II : Un fiasco diplomatique total 1/2
Par René Naba, 3 septembre 2018 - Madanya

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« Il y a plusieurs sortes d’intelligences dont la bêtise n’est pas la moindre». Thomas Mann.

Le président Emmanuel Macron a inauguré le 27 Août à Paris la XXVIe conférence des Ambassadeurs de France, deuxième exercice du genre depuis son élection à la magistrature suprême, en 2017. Retour sur le fiasco diplomatique français à l’arrière plan des objectifs inavoués de la diplomatie française sous la mandature Macron.

SAUVÉ PAR LE GONG
Sauvé par le gong. Pour paradoxal que cela puisse paraître, Emmanuel Macron est redevable de sa nouvelle visibilité internationale à Vladimir Poutine, si pourtant vilipendé par la presse française, en ce que la lune de miel entre Jupiter de France et le gougnafier de l’immobilier américain a tourné en lune de fiel.

Diner privé à la résidence de George Washington, le père de la nation américaine, discours devant le Congrés, pichinette pelliculaire sur l’épaule du président français, accolades, embrassades, poilade et fortes empoignades… Tout un tralala et patati et patata. Et puis patatras.

Certes, Vladimir Poutine, ainsi que se gaussaient les éditocrates français, éprouvait un besoin pressant de sortir de son isolement et d’alléger la Russie des sanctions économiques qui la frappait du fait de son annexion de la Crimée et de son soutien victorieux à la Syrie. En un parfait synchronisme, la caste intellectuelle française, symptomatiquement, donnait d’ailleurs de la voix pour freiner une orientation dictée impérativement par le principe de réalité et le désastre français en Syrie, en mettant en garde contre une « alliance qui serait contraire aux intérêts de la France».
Source (et suite) du texte : Madanya


France diplomatie – La France, Patrie des Droits de l’Homme, un état voyou 2/2
Par René Naba, le 7 septembre 2018 - Madanya 

L’EXPÉDITION DE SYRIE : UNE FARCE TRAGIQUE. UN FIASCO.
La manifestation de force occidentale contre le Syrie, en avril 2018, hors mandat des Nations Unies, a viré à une démonstration d’impotence. Le retour d’opération établit le constat d’un fiasco militaire doublé d’une farce tragique. La vérité des chiffres donne le bilan suivant : 110 missiles américains tirés contre la Syrie, dont 70 % abattus avant d’atteindre leur cible. Soit à raison de deux millions de dollars le missile, un budget de 220 millions de dollars pour trois syriens blessés. Ce qui donne 70 millions de dollars pour chaque syrien blessé.

Ce chiffre ne tient toutefois pas compte des dépenses afférentes au déplacement de l‘Armada occidentale aux larges des côtes syriennes : un porte avions américain Harry Truman et son esacdre d’escorde de six bâtiments, deux sous marins anglais lance missiles etc.

La France, suprême sophistication, a dépêché, elle, depuis la base aérienne de Saint Didier sur le territroire métropolitain, quatre avions «Rafale», escortés par 4 autres Rafale de protection, un avion ravitailleur et trois bâtiments de la marine soit au total 12 éléments de sa défense nationale pour un raid de 4 heures, au résultat aléatoire. Pis, L’opération Hamilton, au cours de laquelle 12 missiles français ont été tirés, a tourné au fiasco. Pas moins de quatre missiles ne sont jamais partis.

Deux frégates Aquitaine et l’Auvergne ont essuyé une défaillance technique, entravant la mise à feu des missiles. C’est finalement, le bâtiment de remplacement, le Languedoc-Roussillon, qui a armé ses missiles pour atteindre la cible prévue, un centre de stockage d’arme chimique près de Homs. Les deux autres cibles ont été frappées par des tirs d’avions Rafale.
Le prix des missiles prévus pour cette opération, capable de pulvériser une cible à plus de mille kilométres de distance avec une précision inférieure à un mètre, est de 2,8 millions d’euros l’unité.

L’hypothèse d’un piratage informatique russe a été évoquée pour expliquer la défaillance technologique française.

Pour des pays qui affichent des déficits budgétaires colossaux, l’exploit mérite d’être signalé, particulièrement la France, qui balance « un pognon dingue » aux plus démunis, chipotant le bout du gras faisant des économies de bout de chandelles en réduisant par exemple de 5 euros l’allocation APL concernant les loyers étudiants, ou en gélant depuis cinq ans les pensions des retraités, dont l’économie de surcroît ne dispose d’ailleurs pas des mêmes possibilités de rebond que les économies anglo saxonnes, avec leur monnaie nationale, le dollar et la livre sterling, qui servent de monnaies d’échange des transactions internationales.
Source (et suite) du texte :  Madanya 
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