mardi 22 janvier 2019

Les mathématiques et la musique



Les mathématiques et le musique (Science Etonnante, 2017)



Bach, Clavier bien tempéré BWV 847, Prélude en Do min, Glenn Gould



Bach, Clavier bien tempéré II, en entier, András Schiff (2018)

Violences policières : paroles de blessés

MAJ de la page : Gilets jaunes



D1ST1, Gilets jaunes (janv. 2018)
Lire aussi : Gilets jaunes : un clip de rap tourné au milieu des manifestations à Toulouse fait le buzz (VIDEO), RT, 21 janv. 2019



Gilets jaunes, rap (janv. 2019)
* * *



Violences policières : paroles de blessés (Mediapart, 16 janv. 2019)



Témoignage glaçant d'une mère dont le fils, gilet jaune, vient de perdre un œil par flash-ball (20 janv. 2019)
Lire aussi : Gilets jaunes «Ce n'est pas normal de faire ça à un peuple», le Matin, 21 janv. 2019
Twitter de David Dufresne : Davduf
Sites : Désarmons-les / Le mur jaune




Gilets jaunes : la dérive autoritaire (Le vent se lève, le 17 janv. 2019)



Violences policières : «La plupart des blessés ne sont pas des casseurs» (RT, Bordeaux, 19 janv. 2019)
Lire aussi : «Le Nombre Jaune» : 147 365 Gilets jaunes dans les rues lors de l'acte 10, selon un nouveau décompte, RT, 21 janv. 2019



Décryptage: que s'est-il passé à Bordeaux ? (12 janv. 2019)
Une nouvelle vidéo de la charge de la police à Bordeaux samedi 12, ayant amené à la blessure grave d'un manifestant montre la scène du point de vue des policiers. Il apparaît que les forces de l'ordre ont semblé dépassées par la situation et n'ont pas porté secours à la victime.
Source (et suite) du texte : Gilet jaune dans le coma: les policiers ont-ils caché des preuves? (vidéo), France soir, le 16 janvier 2019




François Ruffin : leur silence est une indécence (16 janv. 2019)


Violences policières : la revanches des faibles
Par Eric Werner, le 20 janv. 2019 - Vu du droit

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, que je préfère personnellement appeler « le moment gilets jaunes » le pouvoir aidé et soutenu par les médias oligarchiques a mis en scène la « violence des gilets jaunes », dans le but évident de les disqualifier, et de ramener à lui les bourgeois et les versaillais apeurés. Comme d’habitude, c’est un mensonge, non  que le mouvement lui même n’ait pas donné lieu à des débordements, mais il faut toujours se rappeler de ce que disait Nelson Mandela : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. »
On n’oubliera pas non plus, celle de Bertolt Brecht : « On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent. Mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent ».
Source (et suite) du texte : Vu du droit


Quelle est la véritable portée du LBD 40 ?
Par Florent Marcie, le 12 janv. 2010 - Mediapart

Le réalisateur de documentaires Florent Marcie, habitué des zones de guerres (Tchétchénie, Bosnie, Afghanistan, Libye, Tchad, Irak, Syrie...), a été touché de retour de Raqqa au visage par un flashball tandis qu'il filmait les gilets jaunes devant le Musée d'Orsay, se faisant blesser pour la première fois de sa carrière. Il nous a confié ce texte sur la dangerosité du LBD 40, et le sens de son usage en démocratie.  

Samedi 5 janvier, 17h11, devant le musée d’Orsay. Acte VIII des gilets jaunes. Un homme s’écroule sur la chaussée, frappé à la tempe par un tir de flash-ball. Je m’approche pour le filmer. À mon tour, je suis frappé au visage. La blessure, sous l’œil, est profonde jusqu’à l’os. Des manifestants crient, paniqués.
Je m’en sortirai avec deux petites fractures orbite/maxillaire et quelques points de suture. D’autres n’ont pas eu cette chance. Ils ont été éborgnés, édentés, ont eu la jambe cassée. Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, les blessés se comptent par dizaines.
Source (et suite) du texte : Mediapart

Lire aussi : Gilets jaunes : le LBD 40, ce flash-ball qui fait polémique, JDD, le 16 janvier 2019  / Grenade assourdissante, TNT et LBD: l’exception française du maintien de l’ordre en Europe, par Zakaria Abdelkafi, Sputniknews, le 17 janv. 2019 / Violences policières: le vrai du faux décrypté par des chercheurs, Huffpst, le 17 janv. 2019 / Le terrible bilan de deux mois de violences policières, par Emilie Massemin, Reporterre, 19 janv. 2019




Gilets jaunes : un policier met en cause le gouvernement. (Le Média, 17 janv. 2019)
Alexandre Langlois est policier. Menacé par sa hiérarchie pour "déloyauté", il dénonce la gestion du maintien de l'ordre par le gouvernement dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, l'instrumentalisation des forces de l'ordre par le pouvoir, et les conditions de travail difficiles dans un contexte de hausse des cas de suicides chez les policiers.
Source : Le Media



Ancien CRS, policier à la retraite, horrifié par la répression policière en cours, il lance un appel à ses collègues. (16 janv. 2019)
 "Il faut arrêter le massacre. Je vous demande de vous arrêter, ce n'est plus possible (...) Vous dépassez la mesure".



"Je suis policier, je suis gilet jaune (...), il y a un choix à faire, et le choix c'est : le peuple ou les élus du peuple, moi je défends le peuple. " (décembre 2018)

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Violences, interdictions de manifestation...On fait le point (Amnesty International, le 17 janv. 2019)

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Notre réponse : lettre au Président de la République à la suite de la lettre envoyée aux Français
Par Jacques Sapir, le 18 janv. 2019 - Les Crises 
Lettre au Président de la République à la suite de la lettre envoyée aux Français

Monsieur le Président de la République,

Vous avez envoyé à tous les Français une lettre sur le « débat national » que vous avez organisé. A cette lettre, nous voulons répondre. Certains répondrons en actes, bien sûr, qu’il s’agisse de manifestations, et d’autres par écrit.

Monsieur le Président, vous avez, certes, écouté la révolte qui gronde. Si tel n’avait pas été le cas d’ailleurs, jamais vous n’auriez écrit votre lettre. Mais, clairement, vous ne l’avez pas entendue. Nous en voulons preuve le choix des thèmes que vous proposez dans ce « débat », choix qui écarte soigneusement les « sujets qui fâchent ». Vous voulez que nous débattions des impôts, de nos dépenses et de l’action publique, de l’organisation de l’État et des collectivités publiques, de la transition écologique et enfin de la démocratie et de la citoyenneté. Mais, vous avez soigneusement omis les thèmes du pouvoir d’achat, de l’inégalité des richesses, tout comme vous avez omis la construction européenne, que vous mentionnez par ailleurs. Vous affirmez dans votre lettre « Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle ». Vous feignez d’ignorer, que ce soit à dessein ou non, que votre élection ne s’est nullement faite sur un « projet ». Il est patent que vous n’avez été élu que parce que l’autre candidate, Mme Marine le Pen, était rejetée. Cette ambiguïté était manifeste dans votre élection. Votre tort fut de ne pas la reconnaître. Jamais les Français ne vous ont donné un mandat pour mener les réformes auxquelles vous vous êtes livré. La révolte actuelle est le produit direct, et logique, de cette situation.

Oxfam: «Les inégalités entre riches et pauvres sont un choix politique»



Monique Pinçon-Charlot, Macron ou l'orgie des ultra-riches (Le Media, 21 janv. 2019)



Faut-il rétablir l'ISF ? (RT, 21 janv. 2019) avec François Boulo, gilet jaune, Jean-Marc Daniel, économiste, Guillaume Duval, journaliste et Virginie Pradel, fiscaliste



Frédéric Lordon, Démontage d'un enfumage. L'ISF. (Déc. 2018)



Denis Robert, Les milliardaires gavés au sang des gilets jaunes ? (Thinkerview, 17 janv. 2019)

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Services publics ou fortunes privées ?

Quand les multinationales et les grandes fortunes ne payent pas leur juste part d’impôt, elles privent les états de ressources pour financer les services publics essentiels, comme la santé ou l’éducation. Les gouvernements doivent agir contre les inégalités avec des mesures de justice fiscale.
Source (et suite) du texte : Rapport Oxfam 2019


Oxfam: «Les inégalités entre riches et pauvres sont un choix politique»
Par Christian Losson, le 21 janvier 2019 - Le Temps

"26 milliardaires possèdent autant de richesses que 3,8 milliards d’habitants" [!]


Pour Winnie Byanyima, directrice d’Oxfam International qui publie son rapport annuel sur les inégalités à l’occasion du WEF, le néolibéralisme économique est à la racine des titanesques disparités de ressources entre milliardaires et milliards de pauvres. La solution: taxer davantage les ultrariches pour financer les services publics

Figure de proue de la défense des droits des femmes et de la gouvernance démocratique et de la consolidation de la paix, l’Ougandaise Winnie Byanyima est la ­directrice générale d’Oxfam International, qui publie ce lundi son rapport annuel sur les inégalités. Une étude alarmante puisque 26 milliardaires détiennent désormais autant d'argent que la moitié la plus pauvre de l'humanité.

Que nous apprend le rapport d’Oxfam?

Que les inégalités sont un choix politique. Les gouvernements ont aidé à créer la crise des inégalités. Ils peuvent y mettre fin.

Les nouvelles pistes de réflexions qui y ­figurent?

Primo: les inégalités sont hors de contrôle. Les fortunes de milliardaires ont augmenté de 2,5 milliards de dollars par jour en 2018 alors que des dizaines de milliers de personnes meurent chaque jour faute d’accès aux soins. Deuzio: les gouvernements sous-taxent les plus fortunés quand, dans le même temps, les services publics cruciaux, comme la santé ou l’éducation, s’effondrent faute de financement, affectant en premier lieu les femmes et les filles. Tertio: les gouvernements doivent faire en sorte que les plus nantis participent plus activement à la justice fiscale afin de mieux s’attaquer à la réduction de la pauvreté.

Comment expliquez-vous que les 1% les plus riches ont accaparé 45,6% des richesses produites l’an passé?

L’allocation des richesses n’a jamais été aussi concentrée au plus haut sommet. Le nombre de milliardaires a presque doublé depuis la crise financière de 2008. En France, il a plus que doublé, passant de 14 à 40… Nos économies ne fonctionnent plus pour la majorité mais ­seulement pour quelques privilégiés. D’un côté, les plus nantis et les multinationales, qui ont vu leur taux d’imposition fondre, profitent du système pour optimiser leur évitement fiscal, et les actionnaires s’octroient des dividendes de plus en plus démesurés. De l’autre, beaucoup de travailleurs ont vu leurs ­salaires stagner ou baisser et les secteurs de la santé ou de ­l’éducation manquent cruel­lement de financement…

mardi 15 janvier 2019

Le retour des Derviches - une tradition oubliée des Balkans


L’ordre mystique des derviches – un courant soufi né en Perse, prônant l’ascétisme et la tolérance – fait encore des adeptes. Ce documentaire part à la rencontre de jeunes membres de la confrérie mystique musulmane des derviches, encore vivace dans les Balkans.

L’ordre mystique des derviches fait encore des adeptes. Parmi eux, Alixhan Basha, 19 ans. Ce jeune Albanais du Kosovo, étudiant en informatique, parvient à concilier modernité et croyances traditionnelles entretenues par des rituels impressionnants, comme le transpercement des joues avec des piques. De son côté, à Tirana, Hisen Sulejmani, 29 ans, vit dans une communauté religieuse où il se consacre à la prière et à l’étude des Écritures.
Source : Arte


La fin d'un système ?

MAJ de la page : Gilets jaunes



Eric Hazan, spécialiste de la Révolution : «Ce système vit ses derniers temps» (14 janvier 2019)



Juan Branco, sur le système macronien (8 janv. 2019)
Son livre, Crépuscule (PDF, gratuit)

Les lieux de pouvoir à Paris
et les parcours traditionnels des manifestants

Source : Lieux de pouvoir : la carte du Monde diplomatique qui n’a pas plu à l’élite journalistique par Pauline Perrenot, lundi 7 Janvier 2019



Juan Branco face à Natacha Polony (juillet 2017)

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1 mort, 1 personne dans le coma, près d'une centaine de blessés graves
parmi plus de 1 700 blessés. 78 enquêtes diligentés par la police des polices.
Plus de 5 000 garde à vues, 1 000 condamnations, 354 incarcérations !
Quasi silence médiatique (certains commencent seulement à en parler) :
Imaginez que cela se produise en Russie...,
(cela ferait la une de tous les journaux et on entendrait tempêter les politiciens). 

Source de la photo : Une campagne d'affichage choc en l'honneur des Gilets jaunes mutilés (photos), RT, 13 janv. 2019




Police : assiste-t-on à une montée des violences ? 16/01/2019
Avec David Dufresne, journaliste, documentariste et auteur
Twitter : DavivDuf

"Soit Mr Castaner est mal informé, soit il ment : il y a depuis deux mois des mutilations, des blessés, des personnes ont perdu des mains. C’est documenté, c’est incontestable. (...)
La grande partie des blessés le sont du fait des flashball. Aujourd’hui, on emploie des armes intermédiaires, des armes créés pour ne pas tuer, mais qui mutilent. Parmi les blessés, énormément de gens le sont au visage alors que cela est totalement interdit. (...)
Le maintien de l’ordre c’est psychologique, c’est la graduation, c’est montrer sa force pour ne pas s’en servir. Quand les forces de l’ordre utilisent leur force, c’est fini, quand on balance 10 000 lacrymogènes, c’est qu’on est dans un état de panique. (...)
Chaque samedi, 80 000 policiers sont déployés. Vous avez, selon mes calculs, les deux tiers qui ne sont pas formés au maintien de l’ordre, comme les CRS et les gendarmes mobiles. Les gardiens de la paix font un autre métier. Les flashball étaient au départ destinés à la bac, ils sont formés à des interpellations violentes, sauf que le samedi ont leur dit d’aller faire du maintien de l’ordre, chose pour laquelle ils ne sont pas formés : les syndicats de police vous le diront. (...)
Longtemps la police nous a expliqué qu’il y avait un problème de précision des armes intermédiaires, aujourd’hui c’est faux, il y a des viseurs."

Lire aussi : Christophe Castaner ne connaît «aucun policier qui ait attaqué des Gilets jaunes» (vidéo), RT,15 janv. 2019 (sic) / Petite compilation de ce que @CCastaner n'a jamais vu, Mr. Propagande, Twitter, le 15 janv. 2019 / Témoignage d'un policier en civil qui s'est pris un tir de flashball sans sommation lors de l'acte 4, 12 janv. 2019 / Une légitime défense, par Michel Onfray, janv. 2019



Encore une agression policière (l'IGPN a été saisi). Le pompier gilet jaune a reçu un tir de flashball alors qu'il s'enfuyait, atteint d'une hémorragie cérébrale, il a été placé en coma artificiel. (12 janv. 2019).
Lire aussi : A Bordeaux, un Gilet jaune reçoit un projectile des forces de l'ordre et s'effondre (video choc), RT, le 13 janv. 2019,


Violences policières dans le journal de Arte (12 janvier 2019) -
"La banalisation des tirs de flashball une arme que la France est la seule à utiliser en Europe, pose question. En 2017 le défenseur des droits de l'homme a demandé qu'elle soit retiré du service car beaucoup trop dangereuse, pourtant le gouvernement vient d'en commander 1 500 exemplaires [de plus]pour équiper la police. (...) Visé la tête est formellement interdit, pourtant ils sont des dizaines à avoir été touché."




Manifestations, les armes de défense en accusation (F2, 20h, 15 janv. 2019)

Et le journal officiel de la télévision d'Etat montre enfin une victime de violences. C'est lundi soir, à la dix-neuvième minute. Un adolescent de Strasbourg, qui faisait ses courses, s'est retrouvé avec la mâchoire fracassée par un projectile. Mais prudence ! On ne sait pas quel projectile. Ni d'ailleurs ce qu'il faisait là. (...)
Quand je dit "enfin", je ne plaisante pas. Nous avons fouillé toutes les archives des JT depuis le début du mouvement. Jusqu'aux exploits toulonnais du commandant boxeur Andrieux le 5 janvier, aucun sujet de JT de TF1 ou France 2 n'a été centré sur les violences policières. Ce faisant, on a épargné aux âmes sensibles les images de mâchoires ou de paupières fracassées, comme celle-ci.
Source (et suite) du texte : 2019 : et le JT de France 2 montra un blessé, Arrêt sur image, par Daniel Schneiderman, le 15 janvier 2019


(avant l'acte IX)

Source : Gilets jaunes : éclats de grenades, brûlures, membres arrachés… retour sur 82 blessures graves, par Jacques Pezet, le 11 janvier 2019 (avant l'acte IX)


Gilets jaunes : La justice est là pour rendre la justice, pas pour rétablir l'ordre
Par Régis de Castelnau, le 13 janv. 2019 - Vu du droit

Que se passe-t-il dans la magistrature française ?
Dans le silence obstiné des organisations syndicales, un pouvoir aux abois a instrumentalisé une répression judiciaire sans précédent pour tenter de mater un mouvement social. Il y a bien évidemment la stratégie du ministère de l’intérieur qui pousse à la violence pour tenter de disqualifier le mouvement. Mais malheureusement la magistrature accepte ces dérives et joue sa partition dans ce qui désormais s’apparente à une répression de masse qui entretient des rapports très lointains avec l’État de droit dont on nous rebat pourtant les oreilles. Cravachés par Nicole Belloubet en personne (!) se déplaçant au tribunal de Paris un dimanche, et par les interventions permanentes de la place Vendôme voire de Matignon y compris des instructions individuelles pourtant interdites par la loi, les parquets déchaînés basculent avec zèle dans la répression de masse, font procéder à des arrestations souvent préventives, par milliers, défèrent également par milliers des gens devant les tribunaux, à l’aide de procédures d’urgence dans lesquelles par des réquisitoires violents, il demande des peines folles. Et de façon stupéfiante la magistrature du siège a accepté de rentrer dans cette logique et distribue en cadence des peines ahurissantes. Depuis le début du mouvement, plus de 5000 arrestations, 1000 condamnations, 350 personnes incarcérées sur la base d’incriminations parfois farfelues. Et avec des interprétations de la loi répressive souvent audacieuses pour ne pas dire plus. Désolé, mais ceci n’est pas de la justice, c’est de l’abattage.
Source (et suite) du texte : Vu du droit




Les Gilets jaunes, oui c'est une révolution (acte 9, 12 janv. 2019)
Lire aussi : «Les Gilets jaunes sont en train de réussir là où Nuit debout a échoué», Sputniknews, le 18 janv. 2019  



François Asselineau, "Le Tiers état, c'est les Gilets jaunes, (...) L’aristocratie, c’est l’oligarchie financière» (RT, 14 janv. 2019)


«Les violences policières masquent la violence du gouvernement», 
Par le Collectif des universitaires contre les violences policières, le 14 janvier 2019 - Tribune Libé

En réponse à la mobilisation des Gilets jaunes, le 8 janvier, Édouard Philippe annonce au JT de TF1 l’examen d’une loi destinée à «prévenir et sanctionner les violences» en manifestations. Elle prévoit l’instauration d’un arsenal juridique susceptible d’entraver profondément le droit de manifester. Faisant suite à la proposition de loi du sénateur LR Bruno Retailleau, le Premier ministre propose, entre autres, la possibilité de sanctionner plus fortement la participation à une manifestation non déclarée, l’instauration d’une interdiction administrative de manifester (éventuellement assortie d’une obligation de pointer au commissariat), la transformation en délit de la dissimulation du visage en manifestation, la création d’un fichier national des manifestants considérés comme «violents», l’extension de la notion d'«armes par destination» à toutes sortes d’objets habituellement anodins, dont la simple détention est désormais punie comme délit par des peines de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende.

La défense du droit de manifester sert de justification à ces mesures exceptionnelles. Pourtant, ce qui apparaît exceptionnel depuis le début des manifestations des Gilets jaunes, c’est bien la répression dont elles ont fait l’objet : plus de 5 000 gardes à vue, 4000 réponses pénales, 216 incarcérations ainsi que des mutilés, des éborgnés, des mains arrachées soit probablement plus de 1700 blessés depuis le début du mouvement, que recense le collectif «Désarmons-les». Le 1er décembre, les forces de l’ordre ont tiré 10 000 lacrymogènes à Paris, soit une par manifestant si l’on se fie aux chiffres de la police. La violence de l’Etat est sans limite, il faut la stopper.

Le référendum d'initiative populaire : un trait méconnu du génie de Condorcet

Proposition d’un Référendum d’Initiative Citoyenne. 
Par Olivier Berruyer, le 11 janv. 2019 - Les Crises

Le Référendum d’Initiative Citoyenne, enjeu démocratique du XXIe siècle
Nous pouvons être fiers de nos Gilets Jaunes : ils ont redonné un immense bol d’air démocratique à notre pays.

Des années d’analyse de notre système politique sur ce site m’ont depuis longtemps conduit à soutenir le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Comme en 2012 dans le livre Les faits sont têtus où j’écrivais : « Nous lançons ainsi dans le débat public quelques propositions […] : Référendum d’Initiative Citoyenne » ; ou en rédigeant un billet après l’élection Présidentielle de 2017, et en lançant une pétition défendant le RIC, qui a recueilli plus de 50 000 signatures.
Source (et suite) du texte : Les Crises







Le RIC en débat, avec Étienne Chouard, enseignant et Bertrand Mathieu, professeur agrégé de droit (RT, 7 janv. 2019)


Le référendum d'initiative populaire : un trait méconnu du génie de Condorcet
Par Anne-Cécile Mercier
Dans Revue française de droit constitutionnel 2003/3 (n° 55), pages 483 à 512

 Je n’ai eu depuis quatre ans ni une idée ni un sentiment qui n’ait eu pour objet la liberté de mon pays. Je périrai comme Socrate et Sidney pour l’avoir servi, sans jamais avoir été ni l’instrument ni la dupe, sans avoir jamais voulu partager les intrigues ou les fureurs des partis qui l’ont déchiré. J’ai soutenu le droit du peuple de ratifier expressément au moins les lois constitutionnelles et la possibilité qu’il l’exerçât, la nécessité du mode de révision régulier et paisible de réformer ces mêmes lois; enfin l’unité entière du corps législatif. Vérités qui, alors peu répandues, avaient encore besoin d’être développées ». [Condorcet, Fragments, 1794, Œuvres, t. 1, p. 608.]

L’Histoire façonne les renommées selon une alchimie bien mystérieuse. Celle de Condorcet ne rend pas justice au caractère visionnaire de son œuvre. Bien que faisant la liaison entre les Lumières et la Révolution, son nom n’évoque ni celui d’un éminent philosophe, ni celui d’un politique influent. Sa renommée n’est pas celle de Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot ou d’Alembert, ni celle d’un Sieyès, Mirabeau, Robespierre, Danton, Marat ou Bonaparte. Condorcet est pourtant l’une de ces rares figures qui, passant de la théorie à l’action, s’illustra tant dans la construction abstraite de nouveaux principes de gouvernement que dans la bataille politique visant à les concrétiser [1] ; qui dès 1787 se prononçait vigoureusement pour un suffrage universel qui n’oubliait pas les femmes [2] ; qui proscrivait la peine de mort [3] et l’esclavage [4] ; qui défendait un système d’instruction publique généralisée et gratuite [5] ; qui inventait la sociologie politique en appliquant la matière des statistiques aux méthodes de suffrages [6] ; qui proposa à la France la Constitution la plus démocratique de son histoire [7][7]« Jamais il n’a existé de constitution où l’égalité ait été si….

2Il serait intéressant d’analyser les raisons de la relative méconnaissance du génie de Condorcet [8]. Sûrement avait-il moins de prestance et d’habileté que ses illustres contemporains cités plus haut [9]. Peut-être faut-il y voir la rançon de l’indépendance d’esprit, du refus d’appartenir à un groupe identifié : appelé Girondin par les Girondins, surnommé « des nôtres » par les Jacobins [10], Condorcet n’appartenait qu’à sa volonté de faire respecter l’égalité naturelle entre les hommes [11]. Après sa condamnation par la Convention [12], il fut oublié des uns et honni des autres [13]. Quoiqu’il en soit, une conclusion s’impose à la lecture de ses Œuvres : la plupart des idées de Condorcet devancent d’au moins un siècle l’état d’avancée de la société dans laquelle il vit. C’est ce qu’on peut dénommer sans trop d’exagération avoir du génie. Nous voudrions en donner un exemple particulier avec l’étude du droit d’initiative populaire, encore dénommé référendum d’initiative populaire.

3Le droit d’initiative populaire permet à tout citoyen d’élaborer une proposition de loi et de la soumettre aux suffrages, soit du Parlement, soit de la population, si elle réunit auparavant un nombre suffisant de souscriptions [14]. Ce droit se réfère à l’idée de démocratie directe, en ce qu’il permet à de simples citoyens de saisir directement la Nation pour proposer de nouvelles normes, sans l’interférence du Parlement [15]. Il se distingue néanmoins d’autres « outils » de démocratie directe, tels que le droit de veto, ou le référendum consultatif, en ce qu’il confère un pouvoir plus grand aux citoyens. A la différence en effet de ces techniques qui ne permettent que la ratification ou le rejet de projets déjà élaborés, l’initiative permet aux citoyens de provoquer la décision du législateur sur la matière de son choix(à la condition cependant que ce choix soit soutenu en amont par la signature d’un nombre déterminé d’électeurs). De plus, contrairement au simple droit de pétition, la saisine du corps législatif ou de la Nation tout entière est de droit une fois les conditions de recevabilité remplies : le législateur ne peut refuser, ni de se prononcer sur la proposition, ni de faire consulter l’ensemble de la population par référendum. Le droit d’initiative est donc une concession importante faite à la démocratie directe dans les régimes représentatifs. La Suisse, terre d’élection de la démocratie directe, n’eut pas de mal à adopter cette nouvelle variante des Landsgemeinden [16], et fut la première à l’instituer et à l’appliquer au milieu du XIXe siècle [17].

De la Suisse, le droit d’initiative passa aux États-Unis, où il connut une première vague de vif succès au tournant du siècle [18]. De nos jours, près de la moitié des États fédérés l’ont adopté, et il est plébiscité dans certains autres [19]. On le retrouve aussi dans de nombreux pays [20]. L’ironie de l’Histoire n’a pas permis à l’idée de Condorcet d’être appliquée en France, même si certains l’appellent actuellement de leurs vœux [21]. Les 15 et 16 février 1793, Condorcet présente son projet de constitution devant la Convention [22]. « Son » projet, car des neuf membres composant le comité de constitution institué par la Convention le 29 septembre 1792, il fut sans conteste la personnalité la plus influente [23]. La Constitution girondine consacre les 33 articles du titre VIII, intitulé De la censure du peuple sur les actes de la représentation nationale, et du droit de pétition [24], au fonctionnement du droit d’initiative. L’article premier le définit par une formule éloquente : « Lorsqu’un citoyen croira utile ou nécessaire d’exciter la surveillance des représentants du peuple sur des actes de constitution, de législation ou d’administration générale, de provoquer la réforme d’une loi existante ou la promulgation d’une loi nouvelle, il aura le droit de requérir le bureau de son assemblée primaire, de la convoquer au jour de dimanche le plus prochain pour délibérer sur sa proposition ».

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