lundi 19 février 2018

Dieu par la face Nord



Ueli Steck, sur la face nord de l'Eiger, record en 2h 23' (2015)

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Dieu par la face Nord avec Hervé Clerc
France Culture, Les Discussions du soir par Leili Anvar, émission du 14 juin 2017. Avec Hervé Clerc, essayiste.
Pour son livre, Dieu par la face nord, Ed. Albin Michel, 2016

Extrait :
« Le mot dieu est ambivalent. Il a un adret et un ubac. Une face sud et une face nord.
Quand Nietzsche annonce : « Dieu est mort », il fait référence au dieu personnel, bon, jaloux ou miséricordieux, que le croyant prie dans les églises, mosquées et synagogues. C'est la face sud. La face nord, il n'en souffle mot. Elle est abrupte, lisse, vertigineuse, sans filet, sans contour, sans fond, nocturne. C'est elle que nous voyons aujourd'hui pointer à l'horizon. Cela pourrait être le sens, encore caché, de notre modernité. »

Dans une démarche et un style uniques en leur genre, Hervé Clerc nous invite à un voyage ascendant vers une réalité ineffable et cachée, qui a peu de chose à voir avec le « Dieu » que l'on nie ou confesse habituellement. Depuis toujours certains mythes, contes ou légendes nous livrent des indices qu'il nous aide à décrypter.
Source du texte (et autres extraits) : Albin Michel


Pour Hervé Clerc, l’ère des religions touche à sa fin. Dieu peut entrer en scène
par Emmanuel Gehrig, le 29 avril 2016 - Le Temps

Dans «Dieu par la face nord», «Dieu» désigne deux réalités complètement différentes. Opposant le Dieu moribond des monothéismes au Dieu abyssal des mystiques et de traditions orientales, l’essayiste franco-suisse conduit ses lecteurs jusqu’aux portes de l’ineffable… avec une clarté et une aisance déconcertante. Et si tout devenait limpide?

D’un côté, il y a les religions révélées, avec une Parole, une liturgie, un clergé, des dogmes ou du moins un cadre définissant les relations entre les hommes et leur créateur. De l’autre, des mystiques, poètes, philosophes, le plus souvent marginaux, parfois à moitié fous, qui ont su désigner Dieu dans sa dimension infinie, abyssale. Ce Dieu sans visage, Maître Eckhart le mystique rhénan l’appelait «Gottschaft», ou divinité. Le soufi al-Hallaj, qui fut crucifié à Bagdad pour sacrilège, le nommait «al-Haqq», le réel. Un réel où tout est unité. Ces notions, hier transmises au creux de l’oreille, sont peut-être en train de trouver un vaste écho dans un Occident assoiffé de sens.

Des criminels de guerre en liberté

MAJ de la page : Daniel Ganser

Des criminels de guerre en liberté
Par Daniele Ganser, le 13 janvier 2018 – Rubikon / Saker (trad.)


Beaucoup de militaires et de responsables politiques occidentaux devraient être jugés et passer la fin de leur vie derrière les barreaux.

C’est une idée fausse très répandue que les démocraties ne déclenchent pas de guerres d’agression ni ne mènent d’attaques terroristes. Les faits historiques pour la période allant de 1945 à aujourd’hui, montrent une réalité totalement différente : au cours des 70 dernières années, des États démocratiques d’Europe et d’Amérique du Nord ont sans cesse participé à des guerres d’agression voire à des attentats terroristes.
Il y a tant de cas qu’il est impossible de tous les énumérer ici.

À titre d’exemple, j’ai sélectionné trois événements de décennies différentes :
- L’attaque illégale de l’Égypte en 1956 par des démocraties européennes, le Royaume-Uni et la France ;
- L’attaque terroriste contre le navire Rainbow Warrior de l’organisation écologiste Greenpeace en 1985 par la démocratie française ;
- L’attaque illégale de la Syrie le 7 avril 2017 par le Président Donald Trump.

La croyance erronée que les démocraties n’entament jamais de guerres et n’utiliseraient jamais la terreur comme un instrument politique, perdure obstinément dans la population, parce que les médias de masse des démocraties européennes ou américaines n’ont pas ouvertement abordé et critiqué ces crimes et aussi parce que, jusqu’à présent, les responsables politiques concernés n’ont pas été condamnés par un tribunal.
« Des démocraties qui appartiennent à l’alliance militaire de l’OTAN, siègeant de manière permanente au Conseil de sécurité de l’ONU et disposant d’un droit de veto qui peut les absoudre d’une condamnation internationale, ont à plusieurs reprises attaqué d’autres pays. »

Ceci est illégal. Parce que la Charte des Nations Unies de 1945 stipule dans l’article 2, paragraphe 4 :
« Les membres de l’organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force (…) »

La Charte n’approuve le recours à la force que si un État attaqué se défend ou si le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé l’intervention militaire. Dans tous les autres cas, l’Organisation des Nations Unies interdit les guerres. Les attentats terroristes sont également interdits.

L’agression de l’Égypte en 1956

Grâce au canal de Suez, l’Égypte est un pays stratégiquement important. Ouvert en 1869 et long de 160 kilomètres, il joue un rôle central dans l’approvisionnement en pétrole de l’Europe car il relie la mer Rouge à la Méditerranée et évite un contournement de l’Afrique aux navires qui vont du golfe Persique à l’Europe. Il est ainsi emprunté quotidiennement par des navires-citernes qui transportent du pétrole et du gaz naturel liquéfié vers le marché européen.

Comme un safari



Norman Finkelstein, Netanyahou est le vrai visage d'Israël (janvier 2018)

Il me semble que c’est Gideon Levy, le chroniqueur, qui a fait un commentaire l’autre jour que j’ai trouvé très intéressant. Il a dit : les Israéliens voient un type dans un fauteuil roulant – il a perdu ses deux jambes – à Gaza. Il tient un drapeau. Ils lui tirent une balle juste entre les yeux, un tireur d’élite. Tout le monde voit ça en vidéo. Il dit qu’aucun Israélien ne s’en est soucié. Puis un autre enfant est tué. Dans ce cas, le deuxième cas, un enfant est tué. Une troisième personne est tuée. Tout le monde s’en moque. Mais il y a une chose dont les Israéliens se soucient : la jeune fille, Ahed Tamimi, a giflé un soldat israélien. Cela provoque l’hystérie. Comment un Palestinien ose-t-il gifler un soldat israélien ? Mais les atrocités quotidiennes...



Retour à la case prison pour Ahed Tamimi 
Par Luis Lema, le 13 février 2018 - Le Temps

Après une première séance, à huis clos, devant un tribunal militaire, la jeune Palestinienne a été remise en détention. Une initiative en sa faveur a recueilli plus d’un million et demi de signatures

Fadi Quran refait rapidement le calcul: douze chefs d’inculpation ont été retenus contre la jeune Palestinienne Ahed Tamimi et, pour l’instant, douze témoins (tous des militaires) ont été désignés pour être appelés à la barre. A raison d’une séance par mois, le procès devrait durer au moins deux ans. D’ici là, celle qui s’est convertie en jeune passionaria de la Palestine aura largement atteint sa majorité. Et la ferveur internationale qui s’est soulevée en sa faveur pourrait fort bien être retombée. (...)
Depuis l’an 2000, quelque 12 000 enfants palestiniens auraient été détenus dans les prisons israéliennes, où ils seraient actuellement 371 (313 selon les autorités israéliennes).
Source (et suite) du texte : Le Temps

Derrière la gifle d’Ahed Tamimi : la tête de son cousin fracassée par la balle d’un soldat israélien, 
Par Gideon Levy, le 5 janvier 2018 - Haaretz / Arrêt sur info
Juste avant que l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi gifle l’un des soldats qui avaient envahi la cour de sa maison, elle avait appris que son cousin Mohammed, âgé de 15 ans, avait reçu une balle dans la tête à bout portant.
Source (et suite) du texte : Arrêt sur info

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Comme un safari : des soldats israéliens en jeep prennent en chasse un adolescent palestinien et lui tirent une balle dans la tête
Par Gideon Levy, le 9 février 2018 - Haaretz / Taxcala (tard.)

L'endroit où Laith Abu Naim a été tué, dans le village d'Al-Mughayyir en Cisjordanie. 
Photo Alex Levac

Un garçon qui jetait des pierres sur des jeeps de Tsahal a été puni : un soldat l’a exécuté. C’était la troisième fois ces dernières semaines que les soldats [israéliens, ndlr] ont visé la tête des lanceurs de pierres à la tête.

Le champ d’exécution sommaire du jeune Laith Abu Naim est un terrain vague dans le village reculé d’Al-Mughayyir, au nord de Ramallah. Quelqu’un a prévu un jour d’ y construire une maison, mais n’a pas pu aller plus loin que des tiges de fer et un mur de soutènement. Le garçon a couru pour sa vie entre les tiges, poursuivi par deux jeeps blindées des Forces de défense israéliennes. La chasse s’est terminée lorsque la porte de l’un des véhicules s’est ouverte et qu’un soldat a pointé son fusil droit sur le front de Laith à une distance de 20 mètres. Il a tiré une balle, tuant l’adolescent,  de la même façon qu’un animal est traqué et abattu lors d’un safari.

Un garçon de 16 ans qui rêvait de devenir gardien de but a jeté des pierres sur une jeep et a subi la punition par un soldat : l’exécution, peut-être pour lui donner une leçon, peut-être comme vengeance. La balle en acier enveloppée de caoutchouc a frappé exactement le point visé – le front du garçon, au-dessus de son œil gauche – et a eu le résultat escompté: Laith est tombé à terre et est mort peu après. L’excellent tireur d’élite des FDI aurait pu viser ses jambes, utiliser des gaz lacrymogènes ou tenter de l’arrêter d’autres façons. Mais il a choisi, dans ce qui semble être un modèle presque standard dans les dernières semaines dans ce domaine, de lui tirer un coup directement à la tête.

C’est ainsi que les soldats ont tiré sur deux jeunes hommes du nom de Mohammed Tamimi, l’un de Nabi Saleh, l’autre d’Aboud, blessant gravement les deux jeunes. Le second est toujours hospitalisé dans un état grave dans un hôpital de Ramallah; le premier, avec une partie de son crâne en moins, se remet à la maison.

Laith Abu Naim repose maintenant dans le cimetière de son village.

dimanche 18 février 2018

Nietzsche, Le Gai savoir






Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth
Nietzsche, Le Gai savoir (12-15 février 2018)
(1/4) Victoire sur l’hiver !
avec Patrick Wotling, professeur des universités, directeur du département de philosophie de l'Université de Reims
(2/4) Sommes-nous prisonniers des interprétations ?
avec Céline Denat, maître de conférences à l’université de Reims- Champagne-Ardennes, spécialiste de philosophie allemande moderne, et membre et coordinatrice du Groupe international de Recherches sur Nietzsche
(3/4) Dire oui à la vie
avec Stéphane Floccari, professeur de philosophie
(4/4) Dieu est mort
avec Dorian Astor, philosophe et germaniste, spécialiste de Nietzsche

« On va créer un sport pour toi, ça s’appelle le tennis »

MAJ de la page : Roger Federer



Roger Federer vs Grigor Dimitrov (Rotterdam, 18 février 2018)
Lire aussi : Roger Federer est bien le numéro 1, le 18 février 2018 - Le Temps


 "Apparemment, je suis le plus vieux numéro 1 mondial de l'histoire. 
Certains m'en avaient peut-être déjà parlé, mais j'ai du mal à entendre." 


Tennis : «Roger Federer ? C’est le meilleur, de loin» 
Le 17 février 2018 - 10sport

Vainqueur de Robin Haase vendredi à Rotterdam, Roger Federer est redevenu numéro 1 mondial à 36 ans. Mats Wilander explique ce qui différencie le Suisse du reste du circuit ATP.

« C’est un rêve devenu réalité ». Roger Federer a laissé ses émotions prendre le dessus vendredi. En effet, le tennisman suisse tombeur de Robin Haase en quarts de finale du tournoi de Rotterdam (4-6, 6-1, 6-1) s’est assuré de récupérer lundi la première place du classement ATP. A 36 ans et 195 jours, il sera le plus vieux numéro 1 mondial de l’histoire du tennis. Un retour au premier plan qui ne surprend pas Mats Wilander. L’ex-tennisman suédois s’est longuement exprimé dans L’Equipe sur ce qui fait la réussite de Federer.

« Sa force intérieure le place devant tout le monde »
« Tout est toujours une histoire de confiance. Le fait qu’il redevienne numéro 1 quatorze ans après la première fois est juste incroyable. Pour moi, ça prouve que Roger a cet amour pour le jeu qui dépasse le fait de gagner. Mais ce qu’il y a de plus impressionnant chez Federer, c’est ce qu’on ne voit pas. C’est ce qui se passe à l’intérieur. Son plus grand talent ne réside pas dans son service ou son coup droit. C’est son immuable besoin d’amour d’apprendre et cette passion pour le jeu. Il change de raquette. Il change de technique de revers. Il change de tactique. Il ne joue plus du tout de la même manière qu’il y a quatorze ans. Il veut apprendre à chaque fois qu’il entre sur le court. C’est tellement cool de voir quelqu’un comme lui qui adore autant ce qu’il fait. On parle de sa grâce, de la manière dont il bouge sur le court. Mais c’est cette force intérieure, cette part émotionnelle, fragile et invisible, qui le place loin devant tout le monde. Depuis douze mois, Roger est devant. Il a battu l’an dernier Nadal quatre fois de suite. C’est le meilleur. De loin ». a déclaré Wilander, l’homme aux 7 Grands Chelems dans des propos rapportés dans les colonnes du jour du quotidien.

Mennel, une Française ordinaire



Léonard Cohen, Hallelujah interprété par Mennel (The Voice France, 2018)
Le message de Mennel annonçant son retrait : Facebook




Tatiana Ventôse, Je suis Mennel (février 2018)
Réaction d'une autre jeune youtubeuse à cette (ridicule) polémique : L'univers de Kahuet


Mennel, une Française ordinaire
Par Saïd Benmouffok, Professeur de philosophie au lycée Condorcet de Limay, le 9 février 2018 - Libération

Victime d’une polémique sur les réseaux sociaux lui prêtant des sympathies islamistes, la chanteuse a quitté l’émission «The Voice». Quand l’instrumentalisation d’une erreur de jeunesse aboutit à l’écrasement public d’une jeune femme.

Un samedi soir à la télévision française, une jeune femme s’avance et chante un magnifique Hallelujah. Les réseaux d’extrême droite s’activent : elle porte un turban. Les réseaux intégristes musulmans s’emballent : elle a le turban trop court. Les réseaux laïcards s’en mêlent : elle porte un turban quand même, elle doit bien cacher quelque chose…

On apprend donc qu’elle a tweeté des idées stupides à tendance complotiste. Très exactement ce que la plupart des enseignants de France ont entendu dans leurs classes après les attentats, en 2015 et 2016. Ni plus ni moins. Comme nous tous, Mennel est fille de son temps. La jeunesse n’excuse rien, mais elle donne au moins droit à l’erreur. Alors elle a demandé pardon.

Elle a condamné évidemment le terrorisme, mais cela ne suffit pas. Elle a beau dire qu’elle aime la France, son pays. Elle a beau regretter des propos irréfléchis. Cela ne suffira jamais. Car on ne veut plus la voir. Elle doit s’effacer, disparaître, «rendre gorge».

Mennel n’est plus une gamine française interprétant en arabe la chanson d’un chanteur juif, superbe symbole. Non, elle est désormais un agent de l’ennemi. Elle est le mal au visage d’ange. Elle est le paravent de l’islamisme, ce mot fourre-tout qui autorise la confusion entre un tweet imbécile et une complicité criminelle. Voilà comment certains pourfendeurs du complotisme sont eux-mêmes devenus des complotistes.
Source (et suite) du texte : Libération

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VITAA en duo avec Claudio Capéo, Un peu de rêve (Clip Officiel, février 2018) - Paroles
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