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mercredi 17 mai 2017

L’ouverture du marché de l’électricité selon les orientations de l’UE menace la souveraineté et la démocratie directe

L’ouverture du marché de l’électricité selon les orientations de l’UE menace la souveraineté et la démocratie directe [helvétique]

Regards sur le vote fédéral du 21 mai et au-delà

Par Werner Wüthrich, docteur ès sciences politiques, le 15 mai 2017 - Horizons et débats

La grande centrale hydroélectrique à accumulation par pompage de Limmern dans le canton de Glaris a été terminée il y a quelques mois. Elle se trouve à 2500 m d’altitude dans le superbe environnement montagnard du canton de Glaris. Un barrage en béton d’un kilomètre de long a été construit sur le lac de Mutt – un chef-d’œuvre d’ingénierie et d’architecture, mais aussi de la population glaronnaise ayant rendu possible le projet lors d’une «Landsgemeinde». Ce projet a coûté plus de 2 milliards de francs suisses et doit être mis en service prochainement. Mais dès à présent, les problèmes menacent: la société qui l’a construite, Axpo, exige du canton de Glaris (associé au projet à hauteur de 15%) et du contribuable de supporter les énormes pertes de plusieurs millions devant se produire au cours des années à venir. Le Conseil d’Etat table sur un montant d’environ 11 millions francs suisses par an. Pour un petit canton comme celui de Glaris, c’est beaucoup. Le canton part du principe que Glaris n’a absolument pas besoin de l’énergie générée par la nouvelle centrale hydroélectrique. Ils auraient donc construit la centrale hydroélectrique pour toute la Suisse, en mettant à disposition son bel environnement montagneux. Ce serait donc une démonstration de solidarité envers le pays, et il serait choquant d’en être pénalisé, disent les Glaronnais. Il est bien possible que le Tribunal fédéral doive clarifier la situation. («Fridolin» du 30 mars) Et voilà que des voix s’élèvent également du côté du Valais, déplorant l’impossibilité de couvrir les frais de la production de courant avec l’énergie hydraulique – la forme d’énergie la plus propre de toutes. 


La grande centrale hydroélectrique à accumulation par pompage de Limmern dans le canton de Glaris a été terminée il y a quelques mois. Elle se trouve à 2500 m d’altitude dans le superbe environnement montagnard du canton de Glaris. Un barrage en béton d’un kilomètre de long a été construit sur le lac de Mutt – un chef-d’œuvre d’ingénierie et d’architecture, mais aussi de la population glaronnaise ayant rendu possible le projet lors d’une «Landsgemeinde». Ce projet a coûté plus de 2 milliards de francs suisses et doit être mis en service prochainement. (photo keystone)

Que se passe-t-il donc avec notre approvisionnement en courant, si nous commençons à nous disputer sur la question de savoir qui paie les pertes résultant de la production de l’énergie la plus propre qui soit? Axpo a déjà dû amortir dans son bilan un demi-milliard de francs suisses en dévalorisation pour la centrale hydroélectrique de Limmern avant même que ne soit produit un seul kilowatt d’électricité. Les autres centrales hydroélectriques de Suisse ont, elles aussi, subi des pertes de plusieurs milliards de francs suisses. – Actuellement, seule la Grande-Bretagne semble capable de faire mieux. Les îles britanniques ont en effet de nombreuses centrales éoliennes tout le long de leurs côtes étendues. Les immenses parcs éoliens produisent beaucoup d’électricité – mais seulement quand le vent souffle. Cependant il n’existe pas, jusqu’à nouvel ordre, d’installations à disposition, qui soient capables de stocker d’importantes quantités d’électricité. Pour garantir la sécurité de l’approvisionnement, le gouvernement a ainsi mis en service deux centrales énergétiques afin de pourvoir en continu à la fourniture d’électricité – même s’il n’y a pas de vent. Dans les contrats avec les exploitants se trouve une clause selon laquelle – contrairement à ce qui se fait dans l’UE – le courant généré sera, dans quelques années, vendu au prix de revient, c’est-à-dire à un prix couvrant les frais. Il ne peut donc ainsi se présenter de situation comparable à celle du canton de Glaris.

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