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mercredi 24 octobre 2018

Forêts labellisées, arbres protegés ?

"En 2018, les moyens alloués au renouvellement en forêt domaniale ont été réduits de 20 à 30 % en moyenne dans les différentes régions. Pour l’ancien forestier, « c’est une fuite en avant au profit du tout commercial avec l’abandon de la gestion durable et multifonctionnelle des forêts ».
Source du texte (intégral) : Les forestiers se mobilisent contre l’industrialisation de la forêt, 18 mai 2018, Reporterre / Une longue marche lance le combat contre l’industrialisation de la forêt, 25 octobre 2018, Reporterre
Vers une industrialisation des forêts française (destruction de sa biodiversité) par le "champion de la terre" et "ambassadeur du climat" : Europe 1




Forêts labellisées, arbres protegés ? Arte (octobre 2018)

L’organisme international Forest Stewardship Council (FSC) décerne depuis une vingtaine d’années un label écologique, qu’il appose aux produits (meubles, papier, etc) issus d’une gestion durable des forêts. Enquête sur les nombreuses irrégularités et zones d’ombres qui perdurent autour de cet écolabel.
La forêt primaire cambodgienne disparaît à un rythme vertigineux : depuis l’an 2000, le pays a perdu plus de la moitié de sa surface boisée. À l’échelle de la planète, la déforestation, galopante, produit aujourd’hui davantage d’émissions de CO2 que l’ensemble du parc automobile mondial. Elle entraîne également des déplacements forcés de populations et de graves menaces pour la biodiversité. Pour enrayer cette tendance, l’organisme international Forest Stewardship Council (FSC) décerne depuis une vingtaine d’années un label écologique, qu’il appose aux produits – meubles, papier, etc. – issus d’une gestion durable des forêts.

Zones d’ombre
À ce jour, 200 millions d’hectares de forêt ont été certifiés par le FSC – une surface équivalente à l’ensemble de l’Europe occidentale. Vingt-cinq ans après sa création, quel bilan dresser de ce label ? Constitue-t-il réellement un frein efficace au déboisement et aux activités illicites ? Cette enquête présente un état des lieux plutôt alarmant, au regard des nombreuses irrégularités et zones d’ombres qui perdurent. Certaines entreprises, ayant commercialisé des produits issus de coupes illégales, ont ainsi pu conserver leur label.
Source : Arte

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Notes de lecture : Les héros de l'environnement (d'Elisabeth Schneiter) 
Par Nicolas Casaux, octobre 2018 - Le Partage 

« En réalité il n’y a probablement pas de solution au sein de la société industrielle telle qu’elle nous est donnée. […] Pour nous et surtout pour nos descendants, il n’y a pas d’autres voies qu’une véritable défense de la nature. Désormais toute entreprise devrait être envisagée en tenant compte de la totalité de l’équilibre qu’elle perturbe. Les hommes qui se voueraient à une telle révolution pourraient constituer une institution, indépendante des partis ou des États, consacrée à la défense de la nature. […] La merveille de Babylone est ce jardin terrestre qu’il nous faut maintenant défendre contre les puissances de mort. »
— Bernard Charbonneau, Le jardin de Babylone (1969).

Près de 50 années se sont écoulées depuis que Bernard Charbonneau a écrit cela. Et que voyons-nous ? Sur le plan écologique, nous voyons la nature être détruite à une cadence toujours plus soutenue : au cours des soixante dernières années, 90 % des grands poissons[1], 70 % des oiseaux marins[2] et, plus généralement, 52 % des animaux sauvages[3] ont disparu. La déforestation ravage actuellement les forêts au rythme d’un hectare par seconde[4]. L’étalement urbain, qui détruit l’habitat des espèces vivantes et constitue ainsi une des principales causes de leur anéantissement et de la sixième extinction de masse en cours actuellement, continue inexorablement au point qu’il est prévu que la surface urbanisée du monde triple au cours des prochaines décennies[5]. L’extraction et l’utilisation de combustibles fossiles ne cesse de croître, une tendance qui ne fera selon toute probabilité que s’intensifier au cours des prochaines décennies, au même titre que tout le reste.

Sur le plan politique, nous voyons des fous élus présidents, parmi les pires destructeurs de la nature, qui cherchent à se faire passer pour l’inverse de ce qu’ils sont, en étant sacré « Champion de la terre » (Macron), et en se proclamant « véritable défenseur de l’environnement » (Trump). Nous voyons une ancienne lobbyiste de Danone, qui défend non pas la nature mais les OGM et toutes les industries les plus nuisibles, comme celle de l’huile de palme, nommée Secrétaire d’État à la Transition écologique (Emmanuelle Wargon) auprès d’un ministre récemment nommé qui adore les industriels et déteste la nature (François de Rugy). Nous voyons aussi les inégalités économiques croître et croître et croître encore et atteindre une ampleur sans précédent.

La bonne nouvelle, c’est qu’à travers le monde, contre la folie industrielle, des individus résistent. La mauvaise, c’est qu’ils sont trop peu nombreux, et principalement situés dans les pays les plus autoritaires. Pourquoi cela ? Peut-être, en partie, et pour paraphraser Derrick Jensen, parce que lorsque votre eau sort du robinet et votre nourriture du supermarché, c’est ce système urbano-industriel que vous allez vouloir défendre et, inversement, parce que lorsque votre eau provient de la rivière d’à côté et votre nourriture de la Terre dont vous prenez soin, ce sont elles que vous allez vouloir défendre. Dans nos pays riches et « développés », la quasi-totalité d’entre nous dépendent désormais de la civilisation industrielle et de ses facilités technologiques pour leur survie. Dans les pays moins développés (« en voie de développement »), davantage d’individus obtiennent encore directement leur subsistance du territoire auquel ils appartiennent, et dont ils prennent soin.

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