La réorganisation du monde : Vers la fin du cash.
Par Liliane Held-Khawam, le 24 mars 2015
Les enjeux qui se jouent loin des projecteurs risquent d’être encore plus déterminants pour l’avenir des citoyens que ne l’aurait été un conflit armé. La question stratégique -quasiment inconnue du grand public- est de savoir qui détiendra à l’avenir le pouvoir de la création de la monnaie et les rênes de la politique monétaire.
Les pouvoirs conférés par la création et la politique monétaires sont tellement étendus qu’ils entrent dans le cadre du pouvoir régalien ou seigneurial. Dans un Etat démocratique, c’est-à-dire où le peuple est le souverain, la Constitution prévoit que l’acte de battre monnaie revient exclusivement aux représentants de l’Etat avec des objectifs clairs d’intérêt public. Qu’une personne –ou un groupe de personnes- privée non représentant de l’Etat s’approprie ces pouvoirs et il est de facto le nouveau suzerain. Le peuple serait alors automatiquement condamné à l’asservissement.
Une monnaie privée massivement présente dans l’économie
Un Etat démocratique délègue à sa banque centrale le pouvoir exclusif de battre monnaie. Pourtant la majorité du peuple –y c une bonne partie des intellectuels- ne sait pas que par une politique passive et silencieuse cette mission d’Etat a été corrompue. Les gouvernants actuels ont laissé des groupes privés battre monnaie. Bien sûr que celle-ci est scripturale et non matérielle. Mais sa valeur est rigoureusement la même avec une couverture publique en cas de besoin de sauvetage.
Cette monnaie est évidemment illégale dans la mesure où elle n’est officiellement encadrée par aucune loi connue et que constitutionnellement, la banque centrale est supposée être la dépositaire exclusive de la création monétaire. Le conseil fédéral suisse reconnait le droit à tout citoyen de la refuser. Mais dans les faits, le ver est d’ores et déjà dans la pomme…
Plus troublant encore, cette monnaie « privée » se crée sans apports d’actifs de la part de la banque. Elle repose sur les dettes constituées par le client privé ou public. Cela signifie que la seule matérialité de cette monnaie provient du travail ou du patrimoine du citoyen avec un droit très réel de l’exproprier en cas d’impayés des intérêts… La banque – surtout ses propriétaires- s’enrichit donc par apports extérieurs sans en réalité offrir la moindre contrepartie publique ou privée. C’est le principe même de la suzeraineté.
Là aussi les « législateurs » gardent un silence pesant…
Les banques ont créé des sommes faramineuses inconnues
Au jour d’aujourd’hui, la masse monétaire privée car créée par des banques commerciales dépasse les 90% de la masse monétaire globale. En réalité, elle devrait être bien supérieure car les banques commerciales détiennent des sommes formidables «hors bilan».
Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
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