Affichage des articles dont le libellé est les crises du monde multipolaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est les crises du monde multipolaire. Afficher tous les articles

dimanche 9 avril 2017

Syrie : encore une fois, un jugement hâtif et dangereux

Au delà du choc des photos, la raison demande de comprendre les tenants et les aboutissants. Encore une fois l'Amérique commet un acte de guerre contre le Droit international, sans aucune preuve de la culpabilité de la Syrie. 
Deux articles, un premier de Robert Parry sur le rôle de la propagande américaine dans les prises de décisions, et la fabrication du consentement, et un deuxième de Jacques Sapir sur la situation géopolitique mondiale et notamment "La folie de l'action 'humanitaire' armée". Reniant sa promesse de ne plus faire de l'Amérique le gendarme du monde, Trump met ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, docile aux néoconservateurs et à l'Etat profond américain. 
Et des interviews à contre-courant, de l'ex-ambassadeur anglais en Syrie et du politologue franco-syrien Bassam Tahhan. 




Peter Ford, ex-ambassadeur UK en Syrie : Assad n'est pas l'auteur des attaques chimiques (5 avril 2017)




L'énigme des 36 missiles égarés de Trump (8 avril 2017). Analyse de Bassam Tahhan, spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie, interviewé par Frédéric Saillot.
Voir sa précédente vidéo : Trump dans le bourbier syrien (7 avril 2017)


Lire aussi sur RT :
Attaque chimique présumée en Syrie 6 avr. 2017 - par Michael Maloof
Derrière les frappes américaines en Syrie, les dessous du revirement de Donald Trump, 7 avr. 2017 - par Jean-Eric Branaa
Trump : «un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de devenir la risée du monde», 7 avr. 2017 - par John Laughland
«La politique aux USA est faite d’émotions, de réactions hystériques, de prétentions moralisantes», 7 avr. 2017 - par Diana Johnston
La Bolivie trolle les USA sur les armes de destruction massive en Irak devant le Conseil de sécurité, 8 avr. 2017



Diplomate bolivien à l’ONU: «Washington est à la fois l'enquêteur, le procureur, le jury et le juge» [et l'exécuteur de la sentence]

* * *

Syrie : encore une fois, un jugement hâtif et dangereux 
Par Robert Parry, le 5 avril 2017 - Consortium News  / Le Grand soir (trad.)

Avec le dernier jugement hâtif sur les morts par gaz toxique dans une région occupée par les rebelles au nord de la Syrie, les médias mainstream se révèlent comme une menace pour le journalisme responsable et pour l’avenir de l’humanité. Encore une fois, nous assistons au scénario troublant où le verdict précède l’enquête, même si un tel comportement peut conduire à une escalade dangereuse de la guerre ainsi que du nombre de victimes.

Avant même toute évaluation minutieuse des preuves, Le New York Times et d’autres grands sites d’information US avaient déjà désigné le gouvernement syrien de Bashar al-Assad comme le coupable. Ce qui a relancé l’exigence des États-Unis et d’autres pays de mettre en place une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie, ce qui constituerait le début d’une nouvelle guerre de « changement de régime » et entraînerait les Etats-Unis dans une guerre probable avec une Russie dotée d’armes nucléaires.

Alors qu’on en était encore à chercher ce qui s’était réellement passé mardi, nous, le public, avons déjà été préparés pour ne pas croire la réponse du gouvernement syrien selon qui les gaz toxiques pourraient provenir de stocks rebelles et auraient pu être libérés accidentellement ou intentionnellement, provoquant la mort de civils dans un ville de la province d’Idlib.

Un scénario possible est que les avions de combat syriens ont bombardé un dépôt d’armes rebelles où le gaz toxique était stocké, ce qui a provoqué la rupture des conteneurs. Une autre possibilité est un incident organisé par les djihadistes de plus en plus désespérés d’Al-Qaïda qui sont connus pour leur mépris envers la vie d’innocents.

Bien qu’il soit difficile à ce stade de démêler le vrai du faix, ces explications alternatives, me dit-on, sont examinées sérieusement par les services secrets américains. Une source a cité la possibilité que la Turquie ait fourni aux rebelles des gaz toxiques (le type exact est indéterminé) pour une éventuelle utilisation contre les forces kurdes opérant dans le nord de la Syrie près de la frontière turque ou pour une attaque terroriste dans une ville contrôlée par le gouvernement comme la capitale Damas.

Les articles du journaliste d’investigation (version française) Seymour Hersh et des déclarations de certains policiers et politiciens de l’opposition turcs ont établi un rôle des services de renseignement turques et des jihadistes affiliés à Al-Qaïda dans l’attaque de gaz sarin du 21 août 2013 à l’extérieur de Damas qui a tué des centaines de personnes, mais le Times et les autres médias persistent à désigner le régime d’Assad.

Propagandistes chevronnés

Mardi, le Times a assigné deux des propagandistes les plus engagés contre le gouvernement syrien pour couvrir l’histoire syrienne des gaz toxiques, Michael B. Gordon et Anne Barnard.

Gordon a été depuis des années aux avant-postes des stratégies de « changement de régime » des néoconservateurs. Il a coécrit l’article honteux sur les tubes en aluminium, publié par le Times le 8 septembre 2002, qui s’appuyait sur les sources gouvernementales US et des transfuges irakiens pour effrayer les étatsuniens avec des « nuages en forme de champignon » s’ils ne soutenaient pas l’invasion imminente de l’Irak par le président George W. Bush. Le timing a parfaitement servi le ’déploiement’ publicitaire de l’administration pour la guerre en Irak.

Bien sûr, l’histoire s’est révélée fausse et a injustement décrédibilisé les sceptiques devant l’affirmation que les tubes en aluminium étaient prévus pour des centrifugeuses nucléaires, alors qu’elles étaient destinées à l’artillerie. Mais l’article a donné une grande impulsion à la guerre en Irak, qui a fini par tuer près de 4500 soldats américains et des centaines de milliers d’Irakiens.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...