L’EPFL couve les surdoués en mathématiques
Par Alexia Nichele, le 12 février 2018 - Le Temps
Depuis dix ans, le cours Euler propose aux jeunes élèves un programme adapté à leurs compétences. Un cursus unique qui permet aux profils atypiques de s’épanouir scolairement
«Je m’ennuyais en maths, alors ma prof m’a parlé du cours Euler. Je ne pensais pas être capable de l’intégrer.» A 14 ans, Adèle fait partie de la centaine d’élèves inscrits à ce programme destiné aux enfants précoces. Du nom du mathématicien suisse (1707-1783), dont le portrait ornait l’ancien billet de 10 francs, le cours Euler dure six ans. Il comprend le programme de la 9e Harmos à la maturité, plus des branches enseignées au niveau universitaire.
«Nous avançons deux fois plus vite qu’une classe normale, explique Jérôme Scherer, collaborateur à l’EPFL chargé du cours. Séparés dans plusieurs classes selon leur âge, les élèves apprennent à tisser des liens entre différentes branches et à développer leur pensée scientifique.» Né d’une discussion entre la directrice scientifique du programme, Kathryn Hess-Bellwald, et l’ex-président de l'EPFL, Patrick Aebischer, ce cours qui a lieu tous les mercredis après-midi dispense ceux qui le suivent des heures de maths usuelles.
A propos d'une nouvelle école en Suisse romande: L’offre pour l’enfant surdoué commence à s’étendre
Pas de test QI
S’il est en principe destiné aux enfants à très haut potentiel, l’EPFL ne demande pas de diagnostic psychologique. Pas plus qu’un test de QI. En fait, «tous les élèves ont de la facilité et, surtout, un intérêt ou une passion pour les maths, note le responsable. On a affaire, on ne le cache pas, à un cours exigeant.» Avec une charge de travail qui s’élève à six ou huit heures hebdomadaires. «Toutes les semaines, les élèves doivent rendre une série d’exercices corrigée par des camarades plus âgés.» Pour ces derniers, l’avenir paraît clairement tracé: la majorité compte poursuivre des études à l’EPFL. Certains virtuoses des chiffres pourront d’ailleurs directement entrer en deuxième année du bachelor en maths.
Rejoindre cette élite, ça se mérite, tout de même! Un concours d’entrée attire chaque année plus de 200 candidats venus de Suisse romande et de France voisine, dont une vingtaine est retenue seulement. Moyennant une taxe d’inscription annuelle de 100 francs, le cours Euler est principalement financé par l’EPFL et peut compter sur quelques généreux donateurs. Mais si son fonctionnement s’inspire de modèles américains similaires, il peut se vanter d’être unique en son genre en Europe.
Certains même avant 10 ans!
«En général, la tranche d’âge est de 12 à 18 ans, observe Jérôme Scherer. Certains élèves ont même été acceptés avant l’âge de 10 ans! Ce sont toutefois des cas exceptionnels, car il faut non seulement être scientifiquement précoce, mais aussi assez mûr pour savoir s’organiser, gérer le travail et les longs trajets éventuels.» Géométrie euclidienne, algèbre linéaire ou encore physique: l’approche est rigoureuse, l’ambiance studieuse. Des sorties plus ludiques sont également organisées pour renforcer les liens. Comme pour presque n’importe quelle autre classe d’ados. Au-delà de la nourriture intellectuelle, il y a aussi l’acceptation et la solidarité. Si l'«on est traité ailleurs d’intello quand on a de bonnes notes, déplore Adèle, ici, ce n’est pas le cas. On s’entend bien et on s’entraide.»
Un sentiment d’appartenance
En filigrane de cette formation se pose la question de la place des talents précoces dans le système scolaire. «Plus que pallier une forme d’ennui, une structure comme le cours Euler présente un intérêt sur le plan social et relationnel, explique Nicolas Yersin, psychologue exerçant en milieu scolaire. L’enfant retrouve des pairs animés par les mêmes questionnements et les mêmes envies. Ce sentiment d’appartenance contribue à son bien-être global.»
Après une décennie d’existence, le bilan est positif. «Le cours répond aux attentes de nombreux enfants, estime Jérôme Scherer. C’est un privilège que de donner des cours à des jeunes aussi motivés. Et un plaisir de les voir s’épanouir, pendant la durée du cursus, et même au-delà.»
Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
Affichage des articles dont le libellé est surdoue. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est surdoue. Afficher tous les articles
lundi 12 février 2018
vendredi 27 novembre 2015
Ces drôles de zèbres
MAJ de la page : "Surdoué" (tag)
Sur les docks par Irène Omélianenko
Ces drôles de zèbres 26.11.2015
Un documentaire de Nicolas Oudin et Christine Robert

Comment est-il possible qu’un individu classé à « fort potentiel » ou à « Haut Quotient Intellectuel », puisse vivre si mal sa singularité ?
Une intelligence hors normes devrait être un cadeau du ciel, un don qui permettrait une vie épanouie, une vie professionnelle remarquable. Alors pourquoi y a-t-il tant d’adultes surdoués malheureux ? Pourquoi d’anciens enfants, dits précoces, sont aujourd’hui dans des situations d’échec social, sentimental ou professionnel ?
Un enfant précoce ne se fait pas rattraper par ses camarades de classe, il devient simplement un adulte surdoué. Qui sont-ils « ces drôles de zèbres », comme les nomme Jeanne Siaud Facchin, psychologue praticienne. Des zèbres qui se fondent dans la masse des équidés mais qui s’en distinguent à la foi par leurs rayures de camouflage, toutes différentes les unes des autres, faisant d’eux des êtres à part.
Ils sont porteurs d’une « intelligence autrement » indissociable d’une grande sensibilité et d’une extrême réceptivité émotionnelle et sensorielle. Cette hypersensibilité, vulnérabilise et fragilise mais peut également donner à la personnalité un caractère décalé, souvent attachant.
Bon nombre d’adultes surdoués, finissent malgré tout par trouver un équilibre dans leur vie tout en restant différents. Cependant combien sont-ils à ignorer leur potentiel intellectuel, même si au fond d’eux une petite voix leur dit que quelque chose ne tourne pas rond.
Source : FC
Sites : Zebr'adultes / CogitoZ
Sur les docks par Irène Omélianenko
Ces drôles de zèbres 26.11.2015
Un documentaire de Nicolas Oudin et Christine Robert
Comment est-il possible qu’un individu classé à « fort potentiel » ou à « Haut Quotient Intellectuel », puisse vivre si mal sa singularité ?
Une intelligence hors normes devrait être un cadeau du ciel, un don qui permettrait une vie épanouie, une vie professionnelle remarquable. Alors pourquoi y a-t-il tant d’adultes surdoués malheureux ? Pourquoi d’anciens enfants, dits précoces, sont aujourd’hui dans des situations d’échec social, sentimental ou professionnel ?
Un enfant précoce ne se fait pas rattraper par ses camarades de classe, il devient simplement un adulte surdoué. Qui sont-ils « ces drôles de zèbres », comme les nomme Jeanne Siaud Facchin, psychologue praticienne. Des zèbres qui se fondent dans la masse des équidés mais qui s’en distinguent à la foi par leurs rayures de camouflage, toutes différentes les unes des autres, faisant d’eux des êtres à part.
Ils sont porteurs d’une « intelligence autrement » indissociable d’une grande sensibilité et d’une extrême réceptivité émotionnelle et sensorielle. Cette hypersensibilité, vulnérabilise et fragilise mais peut également donner à la personnalité un caractère décalé, souvent attachant.
Bon nombre d’adultes surdoués, finissent malgré tout par trouver un équilibre dans leur vie tout en restant différents. Cependant combien sont-ils à ignorer leur potentiel intellectuel, même si au fond d’eux une petite voix leur dit que quelque chose ne tourne pas rond.
Source : FC
Sites : Zebr'adultes / CogitoZ
samedi 12 avril 2014
Savons-nous mesurer l’intelligence ?
Science publique par Michel Alberganti
Savons-nous mesurer l’intelligence ? (04.04.2014)
avec Stéphanie Crescent, enseignante, spécialiste en neurosciences, Michel Habib, neurologue et Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS, au Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, Institut d'Etude de la Cognition, Ecole Normale Supérieure.
Les théories et les tests permettant d’évaluer l’intelligence humaine ne semblent pas faire partie des domaines qui évoluent rapidement malgré les progrès de la génétique ou de l’imagerie cérébrale. Sir Francis Dalton est l’un des précurseurs dans ce domaine à la fin du 19ème siècle. Ce cousin de Charles Darwin est par ailleurs l’inventeur du terme eugénisme. De fait, les tentatives de mesure de l’intelligence restent, la plupart du temps, associées à une volonté de sélection, plus ou moins radicale toutefois. Un siècle plus tard, en 1904, le psychologue Charles Spearman, également anglais, définit le facteur g, qui désigne une intelligence générale, une mesure qui serait indépendante du type des tests pratiqués. Aujourd’hui, le test du fameux QI, mesure d’un quotient intellectuel, est toujours utilisé malgré sa focalisation sur une intelligence de l’abstraction et de la logique.
Ainsi, faute d’instrument plus détaillés, la mesure de l’intelligence tend toujours à se résumer à un seul chiffre. Pour justifier cette approche, les scientifiques plaident pour une corrélation entre les différentes formes d’intelligence, une sorte d’homogénéité des capacités intellectuelles. Autrement dit, si on est doué en maths, on est doué en tout. C’est d’ailleurs ce qui ressort des méthodes d’évaluation des élèves qui continuent à largement privilégier cette aptitude. Pourtant, le psychologue américain Howard Gardner a constaté que des malades privés de certaines facultés intellectuelles, comme les autistes, développent fortement d’autres capacités. Il existerait donc, selon lui, des intelligences multiples assez indépendantes les unes des autres. Une façon de contester la valeur générale du QI et du facteur g et de remettre profondément en cause la mesure unique de l’intelligence.
- Quel est le rôle actuel des tests de QI dans les différentes modes de sélection, aussi bien à l’école que dans la vie professionnelle ?
- Peut-on distinguer différents facteurs, génétiques, environnementaux, familiaux ou éducatifs dans les processus de construction de l’intelligence d’un individu ?
- L’intelligence est-elle une capacité figée à partir d’un certain âge ou bien peut-elle évoluer au cours de la vie et des expériences vécues ?
- A quels types d’intelligence l’éducation scolaire fait-elle principalement appel ?
- Faut-il continuer à parler d’une intelligence au singulier ou d’intelligences au pluriel ?
Source : FC
Michel Habib, Neurologie de la précocité intellectuelle
Voir aussi la page : Dans la tête des enfants surdoués
samedi 4 janvier 2014
Dans la tête des enfants surdoués
Les pieds sur terre par Sonia Kronlund
Dans la tête des enfants surdoués (022.01.2014, 1ère diffusion 02/12/2009)
Ils se sentent différents, se disent très sensibles et veulent comprendre chaque chose, comme si c'était vital. Leur esprit grandit vite mais ils restent des enfants. Comment ces enfants intellectuellement précoces voient-ils la vie, le vaste monde, et même l'avenir de l'humanité ?
Source : FC
Le qualificatif de « surdoué » ou « haut potentiel » est attribué selon des critères qui peuvent varier en fonction de ceux qui l'utilisent, que ce soit des associations comme Mensa ou les associations de parents d'enfants précoces, l'enseignant, le psychologue spécialisé, les institutions officielles ou la famille. Selon les critères retenus, le « surdoué » se définit selon des profils différents, d'où différentes définitions et amalgames.
Il existe, dans le grand public, une confusion entre des termes de sens voisins, qui désignent cependant des individus différents : précoce, doué, surdoué, haut potentiel, prodige, virtuose, génie. Beaucoup sont des synonymes, d'autres se rapportent à des dons très spécifiques.
« Enfant intellectuellement précoce » (EIP) est le terme choisi par l'Éducation nationale en France pour désigner les enfants surdoués, bien que trompeur. Il laisse entendre qu'il s'agit nécessairement d'enfants « en avance », ce qui n'est pas toujours le cas, tant dans les apprentissages scolaires que dans d'autres domaines, comme ils ne sont pas non plus des enfants systématiquement premiers de la classe ou particulièrement performants à l'école ; et pire, que cette « avance » serait rattrapée à terme par les autres enfants, effaçant cette précocité et les replaçant dans la moyenne. Or un EIP (un enfant surdoué donc) restera toute sa vie différent, il deviendra un adulte surdoué. La différence de pensée étant plus d'ordre qualitatif que quantitatif. Un terme comme « à haut potentiel intellectuel » est plus proche de la réalité, le potentiel étant présent mais entièrement fonction de ce qui en sera (ou non) fait par l'enfant ou l'adolescent.
Un enfant surdoué (= EIP = HP = zèbre = intellectuellement précoce = à haut potentiel = APIE, etc.) est diagnostiqué en passant un bilan psychométrique (test de QI + tests de personnalité) avec un psychologue connaisseur; ce bilan mettant alors en évidence des capacités intellectuelles plus élevées que la norme établie — le seuil reconnu de manière internationale par l'OMS, comme par l'Éducation nationale étant un score de QI total ≥ à 130 sur l'échelle standard de Wechsler —, mais aussi un mode de réflexion différent, notamment une pensée en arborescence, intimement liée à une hypersensibilité émotionnelle. (...)
Source (et suite) du texte : wikipedia
Suisse : les enfants surdoués souffrent de leur avance, au point que 30 % d'entre eux se trouvent en échec à l'adolescence, Journal RTS (2010)
Brochure à l'usage des enseignants (dépistage) : PDF
Association Suisse pour les Enfants Précoces : ASEP / Collectif Haut Potentiel / Mensa : Suisse France Belgique Canada / Les tribulations d'un petit zèbre
Autres liens : wikipedia
Bibliographie : wikipedia / Les tribulations d'un petit zèbre / Idem (recommandations)
Inscription à :
Articles (Atom)
