mercredi 22 décembre 2010

Mme Guyon ou Jeanne-Marie Guyon


Jeanne-Marie Bouvier de la Motte est née en 1648 à Montargis d’une famille de riches bourgeois et morte à Blois en 1717. Mariée à 16 ans à un Monsieur Guyon, elle devient veuve à vingt-huit ans après cinq grossesses dont survivront trois enfants. Grâce à Mère Granger, supérieure des bénédictines de sa ville natale, elle est présentée à Monsieur Bertot, prêtre et profond mystique, qui devient son père spirituel.

Après la mort de son mari, elle voyage cinq ans durant en Savoie et en Piémont où elle noue connaissance avec les milieux quiétistes. À Grenoble, elle reçoit de nombreux visiteurs : clercs, religieuses chartreuses, à l’intention desquels elle compose son célèbre « Moyen court » et ses « Explications de la Bible ».

Arrivée à Paris à 38 ans, elle reprend la direction du cercle spirituel créé par monsieur Bertot. Emprisonnée après la condamnation de Molinos, elle est libérée sur intervention de Madame de Maintenon, alors tentée par la vie mystique et entreprend un apostolat à la Fondation des Demoiselles de Saint-Cyr. À nouveau tombée en défaveur, elle est emprisonnée une seconde fois durant sept ans.
Enfin lavée de tout soupçon, elle sort de la Bastille à 55 ans, sur un brancard. Il lui reste un peu plus de treize années à vivre : elle s’installe à Blois et consacre son énergie à former des disciples catholiques et protestants, les ouvrant à la vie intérieure dans une discrétion totale.
Source du texte : Ed. du Cerf

Bibliographie :

- Oeuvres mystiques, 800 pages, Ed. Honoré Champion, 2008. 
- Écrits sur la vie intérieur. Ed. Arfuyen, 2005.
- La Désapropriation ou l'Abandonnement de tout soi-même, Ed. Arma Mati, 2001.
- Les Torrents, et commentaire du Cantique des cantique de Salomon, Ed. Jérôme Million, 1992.
- Récits de captivité, autobiographie, Ed. Jérôme Million, 1992.
- Le Purgatoire, Ed. Jérome Million, 1998.
- La passion de croire. Ed. Nouvelle cité, 1995.
En ligne :
Nombreux titres disponibles dans : Google books
Etudes :
Louis Guerrier, Madame Guyon, sa vie, sa doctrine et son influence, d'après les écrits originaux et des documents inédits, 1881.
Louis Cognet, Crépuscule des Mystiques, Paris, Desclée, 1958.

François Ribadeau Dumas, Fénelon et les saintes folies de Madame Guyon, Genève, Éditions du Mont-Blanc, 1968.
Françoise Mallet-Joris, Jeanne Guyon, Flammarion, 1978.
Pierre-Maurice Masson, Fénelon et Mme Guyon, documents nouveaux et inédits, Paris, Hachette, 1907.
Madame Guyon, Rencontres autour de la Vie et l’œuvre de Madame Guyon, Grenoble, Millon, 1997. (contributions des meilleurs spécialistes).
Marie-Louise Gondal, Madame Guyon, 1648-1717, un nouveau visage, Beauchesne,1989.
Source : wikipedia

Voulez-vous savoir qui je suis ?
Rien. Et Dieu toute chose. 
Je ne veux, ne fais ni ne puis. 
Dieu, mon unique Cause, 
Demeure en Soi, moi dans le rien. 
Dieu vit, Dieu seul opère. 
Dieu saint est le souverain bien. 
Moi, la même misère. 

(...)

Que je suis contente, 
N'étant bonne à rien !
Je vis sans attente
En moi de nul bien, 
Mais mon Sauveur
Est seul tout mon bonheur. (...)
Que je suis bien
Quand je suis dans le rien ! (...)

(...)

La perte la plus extrême
N'est pas trop grande à mon gré. 
Je suis défait de moi-même
Et je vis en liberté. 
Enfin j'ai tout ce que j'aime,
Et j'aime tout ce que j'ai.

Extrait des Poèmes dans : Oeuvres mystiques, Ed. Honoré Champion. 
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Il y a un état que j'appelle de foi nue. C'est d'abord une contemplation obscure qui ne discerne rien dans son objet. Elle se fait plus discerner dans la volonté que dans l'esprit : l'esprit est mis en ténèbres. C'est une espèce de négation parce que l'esprit n'affirme et ne distingue rien, il est mis en obscurité afin que la volonté soit toute occupée en amour et que l'esprit n'y cause point d'empêchement ni de partage. L'amour est ici bien plus tranquille et plus simple que dans les états de contemplation dont j'ai parlé. Si l'on demande à cette âme ce qu'elle fait, elle dira qu'elle n'en sait rien, mais qu'elle est très contente. Demandez-lui si elle voit et aperçoit quelque chose : elle dira qu'elle ne voit, ne distingue et n'aperçoit rien, et que cependant elle a au-dedenas d'elle une occupation que les objets du dehors et tout ce qui est de son état n'interrompent point, qu'un seul et unique objet sans objet l'occupe et l'absorbe pour ainsi dire. Elle passerait les jours et les nuits en cet état sans s'ennuyer ni se fatiguer. Elle n'a ni motif connu, ni raison distincte d'aimer, mais elle aime au dessus de toute connaissance de toute expression, et même souvent au-dessus de toute perception. 
  Comme cette oraison ou contemplation infuse (si on peut appeler contemplation une chose qui se passe toute dans la volonté) occupe entièrement la volonté, l'âme éprouve peu à peu qu'elle ne veut que ce que Dieu veut et comme Il le veut; et ensuite elle ne trouve plus en elle de volonté pour vouloir ou ne vouloir pas. (...)
Extrait des Discours spirituels, dans : Oeuvres mystiques, Ed. Honoré Champion
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Mon oraison est toujours la même, non une oraison qui soit en moi, mais en Dieu, très simple, très pure et très nette. C’est un état et non une oraison, dont je ne puis rien dire à cause de sa grande pureté. Je ne crois pas qu’il se puisse rien au monde de plus simple et de plus un. C’est un état dont on ne peut rien dire, parce qu’il passe toute expression : état où la créature est si fort perdue et abîmée que, quoi qu’elle soit libre au dehors, elle n’a plus pour le dedans chose au monde. Aussi son bonheur est inaltérable. Tout est Dieu, et l’âme n’aperçoit plus que Dieu. Elle n’a plus de perfection à prétendre, plus de tendance, plus d’entre-deux, plus d’union : tout est consommé dans l’unité, mais d’une manière si libre, si aisée, si naturelle que l’âme vit en Dieu et de Dieu aussi aisément que le corps vit de l’air qu’il respire.
Extrait dans : Martin Buber, confessions extatiques, Paris Grasset 1995.

Lorsqu'une âme est à la fois sortie d'elle-même et passée en Dieu, elle est si fortement étrangère à elle-même qu'il faut qu'elle se fasse une grande violence pour penser à elle.

Lorsqu'elle y pense, c'est comme à une chose étrangère qui ne la touche plus. Elle se sent comme divisée et séparée d'elle-même. Une seule chose est et subsiste en elle, qui est Dieu. Elle ne peut plus se voir distincte de Dieu. Dieu est en elle et elle est Dieu, mais pour se regarder elle-même, cela lui est étranger.
Extrait de : Etat d'une âme passée en Dieu dans : Écrits sur la vie intérieur.
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Marie, pour faire entendre qu'elle comprenait ce que c'était le Verbe, Fils unique du Père, qui devait s'incarner en elle et qu'elle devait communiquer aux autres hommes, dit : "Il a regarder la bassesse de sa servante" (Lc 1,48), c'est-à-dire son profond anéantissement. Et comme la communication du Verbe en nous se fait par le regard de complaisance de Dieu sur l'âme bien anéantie, aussi la communication du Verbe se fait par nous à d'autres dans notre anéantissement.

Extrait de : Des communications spirituelles et divines : dans Écrits sur la vie intérieur. 
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