mercredi 29 juin 2011

Shantideva


Shantideva (685-763). Ce maître indien, un adepte de la tradition de la Profonde Philosophie (Madhyamika), est très connu pour être l'auteur de « L'entrée dans la Voie de l'Eveil » Bodhitcharyavatara. Cet ouvrage est un long poème qui couvre tous les aspects de la Bodhitchitta et de la formation mahayaniste. Avant de composer ce texte, Shantidéva était considéré par les moines de son entourage comme une personne paresseuse, d'esprit lourd, bonne à rien si ce n'est à manger et à dormir. Les moines décidèrent de s'amuser un peu et lui demandèrent de donner un enseignement sur le Dharma lors d'une fête annuelle parrainée par un des bienfaiteurs du monastère. Shantidéva accepta et lorsqu'il prit place devant l'assistance réunie, il demanda à celle ci si elle désirait entendre un exposé original sur le Dharma ou un de ceux qui lui était déjà familier. Parmi les rires, il lui fut demandé un exposé original. Sa réponse fut "L'entrée dans la Voie de l'Eveil ". Alors qu'il commençait le neuvième chapitre sur la nature ultime du moi et des phénomènes, il s'éleva graduellement de son siège et termina son exposé au dessus des nuages.
Source du texte : sangharime
Autre bio : wikipedia


Bibliographie (en français) :
- Bodhicaryavatara : La marche vers l'Éveil, Comité Padmakara, Saint-Léon-sur-Vézère (France), 2008.
- Vivre en héros pour l'Éveil, Georges Driessens, Seuil/Points Sagesse, Paris, 1993

- La marche à la lumière (Bodhicharyavatara), Entretiens du Bouddha (Suttanta), Ed. France loisirs, 1994.
- Guide du mode de vie du Bodhisattva, Ed. Tharpa, 2009.


1. Éloge de la Pensée de l'Eveil
1. Je salue avec respect les Sougatas dotés du corps absolu, leurs Fils, et toutes les personnes vénérables, avant d'exposer brièvement, selon la tradition, la pratique spirituelle des Fils des Bouddhas.
2. Je n'ai rien à dire qui n'ait été dit avant moi et ne suis pas un habile écrivain. Je ne prétends pas être utile aux autres : c'est pour former mon esprit que je compose cet ouvrage.
3. Au moins servira-t-il pour un temps à grossir le courant de ma foi qui tend vers le bien. De plus, si quelque autre, semblable à moi, vient à y jeter les yeux, il pourra lui aussi en tirer profit.
4. Les conditions favorables sont difficiles à obtenir, elles qui, une fois atteintes, comblent tous les buts de l'homme. Si l'on ne saisit pas cette chance, comment pourra-t-elles s'offrir de nouveau ?
5. Comme l'éclair déchire un instant la nuit ou les nuages épaississent les ténèbres, ainsi, par le pouvoir des Bouddhas, parfois la pensée des hommes s’arrêtent sur le bien.
6.  Donc le bien est toujours faible, tandis que la force du mal est grande et terrible; quel autre bien pourrait la vaincre, hormis la Pensée de l'Eveil ?
(...)
IX. La Connaissance transcendante
102. L'esprit n'est ni dans les organes des sens, ni dans leur objet, ni dans l'intervalle. Il n'est ni à l'extérieur ni à l'intérieur du corps, ni ailleurs.
103. Ce qui n'est ni dans le corps, ni ailleurs, ni combiné, ni isolé, cela n'est rien. C'est pourquoi les êtres sont, par nature, en état de nirvana.
104-105. Si la conscience est antérieur à son objet, quel est son point d'appui pour naître ? Si elle est simultanée, quel est-il encore ? Et si elle est postérieure, d'où viendrait-elle ? Il est clair qu'on ne peut trouver une origine aux phénomènes.
106. (Question) S'il en est ainsi, il n'y a pas de vérité relative : comment donc y aurait-il deux vérités ? Ou bien, si cette vérité relative est fabriquée par les êtres, comment arriveront-ils au nirvana ?
107 (Réponse) Cette vérité relative perçue par les être est le produit des pensées ordinaires; ce n'est pas la vérité relative telle qu'elle apparaît à celui qui a atteint le nirvana. Après le nirvana, les concepts ordinaires n'existant plus, il n'y a pas de vérité relative illusoire : c'est bien le nirvana.
108. L'analyse et la chose analysée reposent l'une sur l'autre. Tout raisonnement s'appuie sur les conventions du sens commun.
109. (Question) Si la raison qui examine est à son tour examinée par une autre raison, ce processus est un cercle vicieux.
110. (Réponse) Non, car l'objet ayant été parfaitement analysé (et reconnu comme vacuité), la raison n'a plus d'objet et donc ne se produit plus, c'est ce qu'on appelle le nirvana.
(...)
Extrait de : La Marche vers l'Eveil.
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