dimanche 23 septembre 2012

Stephen Laberge


Stephen LaBerge (né en 1947) est un psychophysiologiste américain et un chef de file dans l'étude scientifique du rêve lucide. Il commença la recherche sur le rêve lucide lors de son doctorat en psychophysiologie à l'Université Stanford, en 1980. Il développa des techniques afin de permettre à lui-même comme à d'autres chercheurs d'induire des rêves lucides, en particulier la méthode MILD (Mnemonic Induction of Lucid Dreams). En 1987, il fonda le Lucidity Institute, une organisation qui promeut la recherche concernant le rêve lucide, et il donne aussi des cours pour le grand public sur la manière d'atteindre la lucidité en rêve. (...)
Grâce à une méthode où un collaborateur surveillant un EEG repère au cours du sommeil paradoxal des mouvements oculaires convenus, il fut le premier à publier dans une revue scientifique un signal vérifié scientifiquement de l'esprit d'un rêveur vers le monde extérieur. (...)
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie (en français) :
- Le rêve lucide, Le pouvoir de l'éveil et de la conscience dans vos rêve, Ed. Oniros, 1999.
- S'éveiller en rêvant, Ed. Almora, 2008.


L'induction mnémonique des rêves lucides (MILD).
(...) Soulignons que pour obtenir l'effet désiré, il ne suffit pas de répéter bêtement la formule. On doit avoir la ferme intention de faire un rêve lucide. Voici la procédure recommandée, expliquée pas à pas :
1. Tôt le matin, au réveil spontané à la suite d'un rêve, repasser le rêve plusieurs fois dans son esprit jusqu'à ce qu'il soit bien mémorisé,
2. Une fois recouché et prêt à se rendormir, se dire mentalement : "Lors de mon prochain rêve, je veux me souvenir de prendre conscience que je suis en train de rêver. "
3. Se visualiser de retour dans le rêve que l'on vient de répéter, alors seulement, s'imaginer en train de prendre conscience que l'on est, effectivement, en train de rêver.
4. Répéter les étapes 2 et 3 jusqu'à ce que l'intention soit établie de façon claire, ou jusqu'à l'endormissement.
Si tout va bien, on sera bientôt lucide dans un autre rêve (qui ne ressemblera pas forcément à celui que l'on a répété). L'état d'esprit qu'implique cette procédure ressemble beaucoup à celui que l'on adopte quand on décide de se réveiller à une heure précise et qu'on s'endort après avoir mis son réveille-matin mental. La capacité de s'éveiller dans ses rêves peut être considérée comme une sorte de perfectionnement de la capacité de se réveiller de ses rêves. (...)
Extrait de : Le rêve lucide (ch. 6 L'apprentissage du rêve lucide)

La définition même de la lucidité est la base fondamentale d'attitude différentes chez les rêveurs lucides et non lucides. Au cours du rêve non lucide, on suppose implicitement que l'on est éveillé, au cours du rêve lucide, on sait que l'on est endormi, en train de rêver. Les deux attitudes correspondantes pour l'état de veille sont à mon sens les suivantes. D'un côté, on pourrait supposer, de manière non lucide, que l'on perçoit objectivement la réalité. Selon ce point de vue, la perception apparaît comme manière directe de regarder par les fenêtres des yeux et de voir simplement ce qui se trouve à l'extérieur. Malheureusement, cette façon de voir traditionnelle et de "bon sens" semble manifestement incompatible avec les découvertes de la psychologie et de la neurophysiologie contemporaine. Ce que l'on voit n'est pas "ce qui existe à l'extérieur", en fait, ce n'est même pas "à l'extérieur". Ce que l'on voit n'est qu'une représentation mentale formée dans notre cerveau de ce que l'on perçoit ou ce que l'on pense être "à l'extérieur". (...)
En résumé, l'analyse la plus exacte de la perception, c'est que nous n'appréhendons pas la réalité directement, mais plutôt à travers nos représentations du monde. Ainsi, avant que nous puissions voir ce qui existe "à l'extérieur", l'information visuelle fournie par nos yeux est filtrée par une multitude de facteurs subjectifs, tels que nos attentes, nos sentiments, nos concepts, nos valeurs, nos attitudes et nos objectifs. Il est inévitable que nos représentations du monde limitent notre expérience de la réalité, plus nos cartes seront déformées, plus le territoire apparaîtra déformé. (...) si l'on vous demandait : "Êtes vous éveillé en ce moment ?", vous répondriez probablement : "Certes !" Malheureusement, la conviction d'être éveillé ne suffit pas à garantir qu'on l'est. (...)
Comment savez-vous que vous êtes éveillé à l'instant même ? Vous pouvez arguer que vous vous rappelez vous être éveillé de votre dernière nuit de sommeil. Mais peut-être ne s'agissait-il que d'un simple "faux éveil" et donc, en ce moment moment même, vous vous laissez abusez en rêvant que vous ne rêvez plus. Ce que nous prenons pour de "vrais éveils" ne sont peut-être en réalité qu'un autre niveau de réveil partiel ou faux. Un romancier (Karl-Philippe Moritz, 1756-1793) a tenu un raisonnement similaire :
Pourquoi, mon ami, ces degrés successifs ne seraient-ils pas ? J'ai souvent rêver que je m'éveillais d'un rêve, et en rêve j'ai réfléchi au rêve précédent . au réveil, je pouvais alors réfléchir à mes deux songes. Le second état, pas sa plus grande netteté, une espèce de réveil, qui nous dit qu'à son tour par rapport à un regard encore plus clair sur l’enchaînement des choses, il ne m’apparaîtra pas un jour comme un rêve ? ... Tant de choses, ici-bas, nous restent obscures et confuses : il est impossible que ce soit là le véritable état de veille.

Une fois encore, essayons de nous demander vraiment : "Suis-je éveillé ?" Voyez comme il est difficile de soulever véritablement la question. Il faut une part de doute sincère - si faible soit-elle - pour nous demander sincèrement si nous sommes vraiment éveillé. Et pour la plupart d'entre nous, ce n'est pas si facile. Mais douter de l'indubitable, c'est le métier des philosophes. Comme disait Nietzsche : "Un esprit philosophique a même le pressentiment que, sous la vie où nous vivons, il en existe une autre, cachée, et donc que notre réalité aussi est une apparence". (...)
Si le simple raisonnement philosophique se montre virtuellement impuissant à nous conduire au franc soupçon que nous ne sommes qu'en partie éveillés, il existe heureusement un autre moyen, plus efficace, d'aborder le problème. Cette autre voie, comme on s'en doute, c'est le rêve lucide. Les rêves lucides, nous montrent pleinement ce que signifie croire que l'on est éveillé et découvrir ensuite qu'il n'en est rien. (...)
En fait, c'est ce qui frappe la plupart des gens lors de leur première expérience de pleine lucidité : la découverte surprenante que jusqu'à lors ils n'avaient jamais été éveillés dans leurs rêves. Le rêve lucide servira de point de départ pour comprendre pourquoi nous ne serions pas pleinement éveillés - car ce que le rêve ordinaire est au rêve lucide, l'état de veille ordinaire pourrait l'être au plein état d'éveil. Cette vertu des rêves lucides, de nous préparer à un éveil plus complet, peut s'avérer son aspect le plus essentiel pour nous aider à devenir plus vivants dans notre vie.
Extrait de : Le rêve lucide (Épilogue, Une vie à part entière)
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