mardi 16 octobre 2012

Jean Jaures





Jean Jaurès est un homme politique français, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914 par Raoul Villain. Orateur et parlementaire socialiste, il s'est notamment illustré par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la Première Guerre mondiale.
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie :
- De la réalité du monde sensible (Thèse de doctorat en philosophie, 1891), Oeuvres philosophiques, vol. 2, Ed. Vent Terral, 2009
- Cours de philosophie, Oeuvres philosophiques, vol. 1, Ed. Vent Terral, 2006.

Autres ouvrages voir : wikipedia
En ligne :
- De la réalité du monde sensible : wikisource
- Poèmes : wikisource / littérature audio

- Il y a 50 ans Jean Jaures, documentaire : INA

Voir aussi la page : Jaurès contre les lois scélérates (1894)


L’étonnement éternel.
L’Infini, en même temps qu’il est la suprême clarté, est le suprême mystère. L’être infini est une inépuisable réponse à une inépuisable question ; Dieu même, en se comprenant comme être et en comprenant tout par soi, s’étonne d’être ; le jour où nous saurions tout, où nous verrions tout, nous aurions mis un terme à notre ignorance, mais point à notre étonnement ; l’étonnement n’est pas seulement à l’origine de la science, il est au bout et, à l’infini, il se confond avec la science elle-même ; l’infini a besoin, pour résister à la négation, de s’affirmer sans cesse, et c’est cette affirmation renouvelée qui renouvelle le monde ; il y a au fond de toute chose un étonnement divin qui met dans la monotonie des matins renaissants une fraîcheur d’aurore première et qui prolonge dans le rêve les perspectives voilées du soir.

Extrait de : Poèmes
Source du texte : wikisource



Ivresses panthéistes II.
Quand on dit que la lumière est la joie des yeux, on veut dire qu’elle est la joie du cerveau. La lumière se mêle à cette activité organique vaguement aperçue qui accompagne la pensée, et par suite elle se mêle, d’une manière intime et en quelque sorte organique, avec la pensée elle-même à l’état naissant. Ce n’est pas quand la pensée s’est développée en forme distincte d’idée que la lumière vient à s’unir à elle ; elle la surprend et la pénètre à l’état organique, et elle constitue par là même, dans notre cerveau, un milieu subtil et joyeux où toutes les idées quelles qu’elles soient, où toutes les formes quelles qu’elles soient, se meuvent plus heureuses et plus belles. À la lettre, nos pensées, dans leur milieu cérébral, baignent dans la lumière, et il peut arriver que l’action prolongée de la lumière radieuse et immense, abolissant le sentiment organique spécial à notre cerveau, élargisse un moment notre conscience jusqu’à la confondre avec l’horizon plein de clarté. Il m’est arrivé, après avoir marché longtemps dans la lumière enivrante de l’été, de ne plus me sentir moi-même que comme un lieu de passage de la lumière ; mes yeux me faisaient l’effet de deux arches étranges par où un fleuve de lumière, se développant en moi, submergeait et effaçait peu à peu les limites organiques de ma conscience.

Extrait de : Poèmes, Ivresses panthéistes

Source du texte : wikisource



Le monde sensible, que nous voyons, que nous touchons, où nous vivons, est-il réel  ? La question semblera puérile aux hommes d’action, et je compte parmi eux les hommes de pensée qui acceptent d’emblée les choses pour en étudier sans retard les rapports et l’enchaînement. Ce n’est pourtant pas une dispute d’école, car l’esprit humain s’est interrogé sur la réalité de l’univers bien avant qu’il y eût une tradition scolastique et des raffinements artificiels de curiosité. Parménide, dans la première et simple lumière de la pensée grecque, comparant le monde à l’être, n’y voyait qu’une prodigieuse illusion. Il ne s’agit point, d’ailleurs, de contester la réalité du monde telle que l’entend le vulgaire. Celui-ci croit naïvement à la réalité d’un objet sur les témoignages concordants de ses sens : une pomme que l’on peut voir, goûter, toucher, est une pomme ; et lorsqu’un bâton bien visible et bien palpable lui caresse les épaules, ce sont bien des coups de bâton qu’il reçoit. Aussi, s’imagine-t-il volontiers, lorsqu’on met en question la réalité du monde extérieur, qu’on met en question ses sensations elles-mêmes. La facétie de Molière dans Sganarelle n’a pas d’autre fondement. Tout le comique vient de ce que le philosophe commence par accepter la notion vulgaire de la réalité, sauf à y contredire ensuite en paroles. « Il se peut que je vous entende, il se peut que vous me parliez. » Son doute porte non pas sur la réalité intime et mystérieuse des choses, mais sur les sensations mêmes. Ainsi, c’est de ces sensations mêmes qu’il fait le type de la réalité, puisque c’est à ces sensations, comme telles, qu’il applique sa critique et son doute ; et pensant au fond comme le vulgaire, il se donne l’air de penser autrement, mais c’est là une contradiction lamentable qui le livre sans défense à cette logique des coups de bâton dont il a reconnu d’avance implicitement la légitimité. Le vrai problème qui se pose n’est donc pas : le monde est-il réel  ? car, comme on fait d’habitude du monde même et de l’impression qu’il produit sur nous le type de la réalité, cette question n’est qu’une misérable tautologie. Ce qu’on peut demander et ce que demande au fond l’esprit humain, c’est : en quel sens, de quelle manière, à quelle profondeur le monde est-il réel  ? (...)
Extrait de : De la réalité du monde sensible (Début du chap. 1, Le problème et la méthode)
Source (et suite) du texte : wikisource



Jean Jaurès, De la réalité du monde sensible


Discours au Pré Saint Gervais




Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth, Philippe Petit
Le socialisme (1/4): Jean Jaurès 25.02.2013 -
avec Gilles Candar, professeur de chaire supérieure au Mans, président de la Société d’études jaurésiennes, directeur des « Cahiers Jaurès »



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Mystique et politique: le parcours singulier de Jean Jaurès avec Eric Vinson et Sophie Viguier-Vinson 28.09.2014



Henri Guillemin (RTS, 1972)



Jacques Brel, Pourquoi ont-ils tué Jaurès
  

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