mercredi 27 février 2013

Daniel Morin



Daniel Morin est né à Blois en 1944. Ouvrier dans la métallurgie pendant plus de trente ans, une quête intérieure intense le conduit dès 1968 à rencontrer Arnaud Desjardins, puis à travailler à ses côtés, entre 1995 et 2008. Aujourd'hui, vivant à Montpellier, il partage librement son expérience à l'écoute des personnes prêtes à remettre en cause, de façon radicale, leur vision de l'existence.
Source : Ed. Accarias


Bibliographie :
- Éclat de silence, Ed. Accarias, 2010
- Maintenant ou jamais, Le mirage du futur, Ed. Accarias, 2013


Alexandre Jollien - Tu parles parfois de "plonger dans le pot de l'être". De quoi s'agit-il ?
Daniel Morin - Il s'agit de tout lâcher au bout d'un expir, s'oublier un instant en tant que moi possesseur, ne plus rien vouloir, ne plus rien tenir, se vider de tous les concepts, et mourir à soi-même pour n'être plus rien de spécial, hormis être. Ce simple geste, accessible à tous ceux qui cherchent dans cette direction, aide à retrouver la conscience de l'inséparabilité entre le Tout et la partie.
J'ai conscience en te disant cela de donner l’impression qu'il faudrait faire quelque chose pour trouver un état spécial. Les mots sont bien impuissants à traduire tout cela... Certains vont être inspirés pour faire l'exercice, d'autres non, et encore une fois ce n'est ni bien, ni mal.

Tu te rappelles la première fois que tu as plongé dans ce pot de l'être ?
Non, parce que ça a été progressif. On le fait tous naturellement quand on soupire, mais ça reste assez superficiel. Le "faux moi" reste là parce qu'il n'y a pas d'abandon total. Il ne s'agit pas de vider simplement ses poumons ou sa tête, mais de tout vider, toute sa substance, et au bout, il y a une joie acausale. Chaque expir est une mort, et chaque inspir est une naissance. C'est un geste d'humilité abso­lue qui exprime : je me rends à l'inconnaissable, je me rends à Dieu.

Quand tu allais au travail, tu le faisais ?
Oui, sur mon vélo à 4 heures du matin, tout seul dans la ville, en appuyant sur les pédales...

Et comment tu appelais ça ?
Je ne l'appelais pas, je le faisais, c'est tout.

Qu'est-ce qui contrarie cette posture au quotidien ?
Rien, puisque cette pratique n'a rien à voir avec le temps ! Quand tu parles de maintenant, tu le penses. Dès que tu le penses, tu n'y es plus. Il y a toujours un léger décalage, car on ne peut pas définir maintenant. La mauvaise façon de s'y prendre serait de se demander : Comment je vais faire pour arriver à vivre le moment présent d'une façon perma­nente ? Ce qui reviendrait à projeter la présence dans le futur !
La seule possibilité de faire cet exercice, c'est maintenant. Si tu le fais une fois, tes actes auront une qualité d'être durant plusieurs heures. Tu seras en relation avec l'être et non avec l'avoir. La pratique ce n'est pas obtenir quelque chose, c'est mourir, là, tout de suite.
Où est le problème, là, maintenant ? Où ?

Extrait de : Maintenant ou jamais (Un seul Exercice)
Commande sur Amazon : Maintenant ou jamais : Le mirage du futur
Source du texte : Eveil et philosophie
Autres extraits : Eveil impersonnel / Phytospiritualité



 


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