samedi 6 avril 2013

Arthur Koestler





Arthur Koestler, né le 5 septembre 1905 à Budapest et décédé le 3 mars 1983 à Londres, est un romancier, journaliste et essayiste hongrois, naturalisé britannique.
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie voir : wikipedia

En ligne (articles) : 
Gilles Côté, Arthur Koestler, les prisons de l’histoire : erudit (PDF)
Michèle Ansart-Dourlen, Réflexions : révolte et morale (Koestler et Camus) : cahiers de psychologie politique
Gérard Tenenbaum, Le zéro et l’infini : de la limite de l’expérience à l’expérience des limites : IUF


Alors qu’il était emprisonné à Séville en 1936, sous inculpation d’espionnage, l’écrivain anglais, Arthur Koestler, vit une série d’expériences mystiques. Il pouvait être fusillé à tout moment par les franquistes; mais un jour, alors qu’il entreprenait de retrouver la méthode par laquelle Euclide démontre que la série des nombres premiers est illimitée, il fut saisi d’une grande joie à l’idée que, par certain côté, l’infini se réalise dans l’entendement humain.
J’ai dû rester là plusieurs minutes, en état de transe, me répétant sans user de mots : « Ceci est parfait, parfait », jusqu’à ce que je prenne conscience de quelque gêne légère à l’arrière-plan de mon esprit, quelque circonstance triviale venant déparer la perfection de ce moment. Alors, je me rappelai la nature de cet ennui intempestif : j’étais, bien sûr, en prison et susceptible d’être fusillé. Mais cela fut suivi aussitôt d’un sentiment dont la traduction verbale serait : « Et alors ? C’est tout ? Tu n’as donc pas de plus sérieux motif de souci ? » La réponse était aussi spontanée, fraîche et amusée que si l’ennui en question avait  été la perte d’un bouton de chemise. Ensuite je flottai sur le dos, emporté par une rivière de paix sous des ponts de silence. Elle venait de nulle part et coulait vers nulle part. Ensuite, il n’y eut plus de rivière, ni de moi. Le Moi avait cessé d’exister… Quand je dis « le Moi avait cessé d’exister », je fais allusion à une expérience concrète, aussi verbalement incommunicable que l’émotion soulevée par un concerto pour piano, aussi réelle et même bien plus réelle… Le « Moi » cesse d’exister en ce sens que, grâce à une certaine osmose mentale, il est entré en communication avec le réservoir universel ou s’est résorbé en lui. C’est ce mouvement de dissolution et d’expansion illimitée qu’on appelle le « sentiment océanique », l’épuisement de toute tension, la catharsis absolue, la paix qui passe toute compréhension.
Arthur Koestler, The Invisible Writing, Ed. Stein & Day, cité par Michel Hulin, La mystique sauvage, PUF, 2008
Source : 3e millénaire
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Roubachof marchait dans sa cellule. Autrefois, il se serait pudiquement privé de cette espèce de rêverie puérile. Maintenant, il n'en avait pas honte. Dans la mort, le métaphysique devenait réel. Il s'arrêta près de la fenêtre et posa son front contre le carreau. Par-dessus la tourelle, on voyait une tache bleue. D'un bleu pâle qui lui rappelait un certain bleu qu'il avait vu au-dessus de sa tête, une fois que, tout enfant, il était étendu sur l'herbe dans le parc de son père, à regarder les branches de peuplier qui se balançaient lentement contre le ciel. Apparemment, même un coin de ciel bleu suffisait à provoquer "le sentiment océanique" (…). Les plus grands et les plus posés des psychologues modernes avaient reconnu comme un fait l'existence de cet état et l'avaient
appelé "sentiment océanique". et en vérité, la personnalité s'y dissolvait comme un grain de sel dans la mer; mais au même moment, l'infini de la mer semblait être contenu dans le grain de sable. Le grain ne se localisait plus ni dans le temps ni dans l'espace. C'était un état dans lequel la pensée perdait toute direction et se mettait à tourner en rond, comme l'aiguille de la boussole au pôle magnétique; et en fin de compte, elle se détachait de son axe et voyageait librement à travers l'espace, comme un faisceau de lumière dans la nuit; et il semblait alors que toutes les pensées et toutes les sensations, et jusqu'à la douleur et jusqu'à la joie, n'étaient plus que des raies spectrales du même rayon de lumière, décomposé au prisme de la conscience.
Extrait de : Le Zéro et l'infini (la fiction grammaticale), Ed. Le livre de poche, 1974
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Les organismes et les sociétés sont des hiérarchies complexes de sous-totalités semi-autonomes qui se divisent en sous-totalités d'ordre inférieur, et ainsi de suite. On propose le terme de "holon" (*) pour désigner ces entités intermédiaires qui fonctionnent comme totalités autonomes par rapport à leurs subordonnées et comme parties dépendantes par rapport à leurs supra-ordonnées. Cette dichotomies : "totalité" et "partiellité", autonomie et dépendance, est inhérente au concept d'ordre hiérarchique . c'est le "principe de Janus".
Extrait de : Le cheval dans la locomotive. Le paradoxe humain (Le Holon), Ed. Calmann-lévy, 1967.
(*) ce concept de holon sera repris par Ken Wilbert 

On définit généralement l'individu comme une entité indivisible, autonome, douée d'une existence distincte et indépendante. Mais en ce sens absolu on ne trouve pas d'individus ni dans la nature ni dans la société, de même que l'on ne trouve nulle part des totalités absolues. Au lieu de séparation et d'indépendance, il y a partout coopération et interdépendance, depuis la symbiose physique jusqu'à la cohésion de l'essaim, de la ruche, du banc de poisson, du troupeau, de la famille et de la société. (...) Ces individus sont en fait des "dividus". (...)Extrait de : Le cheval dans la locomotive. Le paradoxe humain (Individus et dividus), Ed. Calmann-lévy, 1967.





Le sentiment océanique (Musique : Vivaldi, Nisi Dominus)





Etienne Daho, Le double zéro et l'infini (Paris ailleurs, 1991)




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