dimanche 7 décembre 2014

L’alchimie des émotions



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
L’alchimie des émotions avec Christophe Massin 07.12.2014



Christophe Massin, découvre les sagesses orientales et l'enseignement de Swami Prajnanpad à travers Arnaud Desjardins en 1974, ce qui le conduira auprès de maîtres tibétains et indiens. Depuis, cet enseignement imprègne sa pratique de psychiatre thérapeute.  Il s'intéresse particulièrement à l'articulation entre psychothérapie et démarche spirituelle et à leurs synergies. Par ailleurs il est sensible à ce que cette démarche s'inscrive dans la société actuelle. Il interviens dans le monde du travail sur les risques psychosociaux et a fait des recherches en périnatalité.
Source : FC
Autre biographie : wikipedia

Bibliographie :
- Vous qui donnez la vie, Ed. Aubier Montaigne, 2001
- La Médecine tibétaine, Ed. Guy trédaniel, 1990
- Le bébé et l'amour, Ed. Aubier Montaigne, 1998
- Swâmi Prajnânpad et les lyings, Ed. Table ronde, 2000
- Réussir sans se détruire, Des solutions au stress du travail, Ed. Albin Michel, 2005
- Souffrir ou aimer. Transformer l’émotion, Ed. Odile Jacob, 2013
- Soigner sans s'épuiser, avec Isabelle Sauvegrain, Ed. Lamarre, 2014
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Présentation du livre : France Inter

De la névrose à la quête intérieure (Article paru dans le magazine Clé).

Chaque fois que nous n'osons pas être nous-même, nous souffrons et c'est, je crois, la souffrance fondamentale, celle qui nous accompagnera jusqu'à nos derniers instants. Pour mieux apaiser cette souffrance et devenir nous-même, deux approches nous sont proposées : voie spirituelle et psychothérapie. Pourtant les buts et les moyens de ces deux démarches diffèrent radicalement. Sont-elles complémentaires ?

À l'âge de vingt ans, lorsque je me suis mis en quête de réponses à mon mal-être, j'ai préféré instinctivement un enseignement spirituel qui comportait un travail sur l'inconscient à une psychanalyse classique. Pourquoi ? Parmi les personnes que j'accompagne aujourd'hui dans leur thérapie, certaines viennent pour résoudre des difficultés et d'autres, avec le même genre de problèmes, ont en outre une aspiration spirituelle. Où réside la différence entre les deux approches Théoriquement, la distinction est claire. La thérapie permet de mieux fonctionner dans l'amour et dans le travail - un fonctionnement plus harmonieux du moi, conciliant plaisir et réalité. La spiritualité vise à trouver une sérénité indépendante des aléas de la vie, au-delà des préférences du moi. C'est d'ailleurs la définition de la santé en sanskrit : svastha, littéralement “soi” stable.

Pratiquement, les limites sont beaucoup plus floues, et j'ai souvent observé un passage spontané d'une approche à l'autre, et même une véritable synergie. En cela, je ne partage pas davantage le point de vue de thérapeutes qui tiennent la spiritualité pour une fuite dans l'irréalité, que celui d'enseignants spirituels qui considèrent avec suspicion la thérapie - folie, à leurs yeux, que de se risquer à patauger dans les marécages de l'inconscient...
Dans les deux cas, on recherche la fin de la souffrance, mais de quelle souffrance s'agit-il et quels sont les moyens mis en œuvre ? Nous commençons une thérapie avec l'espoir de panser nos plaies, de nous délivrer de nos inhibitions ou de répétitions désastreuses, d'affirmer ce que nous sommes, enfin. Nous avons souffert de manques ou de chocs de l'existence que nous n'avons pas su intégrer, et avons tendance à incriminer la vie, les autres ou une part de nous jugée “mauvaise”. Nous attendons du thérapeute écoute et compréhension. Peu à peu, nous découvrons que la source de notre malheur se trouve dans nos jugements, nos exigences et dans les deuils que nous avons refusés. Cette souffrance que l'existence nous a infligée dans l'enfance, nous la perpétuons, adulte, en conservant des réactions infantiles où nous nous croyons toujours impuissants et dépendants, victimes en un mot. Notre moi recouvre peu à peu son unité, assouplit son fonctionnement, prend confiance en ses ressources et peut enfin assouvir ses désirs véritables. La joie apparaît et un bonheur plus durable naît de ces accomplissements. Pourtant, au terme de cette démarche, certains se sentent encore insatisfaits, il manque quelque chose d'indéfinissable ; ou bien leur vie tarde à prendre le tournant qu'ils escomptaient,ils piétinent... Arrive alors le questionnement existentiel, spirituel : que manque-t-il ?
Source (et suite) du texte : Clé
Autre article (2002) : Le bébé et l'amour



Prix psychologie FNAC (2014)

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