"(...) Vous voulez en plus la vente complète des biens publics et l'incapacité totale du Parlement grec de choisir de décider ce qui est bon pour elle [la Grèce] dans l'avenir. Parce que je dois vous dire : Ce que vous faîtes avec ce pays qui est, après tout, pas seulement le berceau de la démocratie, mais aussi le berceau de toute la culture européenne, est juste honteux".
Source (et transcription entière) : Mediapart
Extrait du discours de la députée allemande Sarah Wagenknecht (Die Linke) au Bundestag sur l'adoption de l'accord européen avec la Grèce, le 17 juillet 2015.
Voir la vidéo sur le site : La Revue progressiste
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Interview de Yanis Varoufakis à Athènes (texte intégral)
Par Claudi Pérez, le 2 août 2015 - El Pais
Pourquoi toutes les interviews de vous que j'ai lues commencent-elles par une question sur votre état, alors que vous allez manifestement bien?
Je soupçonne certains journalistes de penser que je suis chagriné de n'être plus au ministère. Cependant je ne suis pas entré en politique pour faire carrière, mais pour changer certaines choses. Il y a un prix à payer quand on veut tenter de changer certaines choses.
Quel est le prix?
Le dédain de l'establishment. Leurs sentiments profonds de haine, à l'idée de perdre des droits acquis. Ils se sentaient menacés. Si vous entrez en politique avec une position sans compromission, vous vous faites piéger.
Vous dites que vous deviez changer des choses. Ces six derniers mois, avez-vous le sentiment de l'avoir fait?
Absolument. Pourquoi êtes-vous ici? Vous êtes ici parce que quelque chose a changé. Un gouvernement a été élu pour négocier durement sur une ligne argumentaire que l'Eurozone considérait comme inacceptable. En même temps, l'histoire le nécessitait. Ainsi vous avez une force irrésistible qui lutte contre un objet inamovible. L'inamovible logique, c'est l'irrationalité de l'Eurogroupe et la force irrésistible, c'est l'histoire. Le résultat est beaucoup de chaleur et de bruit. Heureusement il y aura aussi de la lumière...
J'ai lu votre livre, à propos de votre fille, et puis j'ai fait quelques comptes. Le plan de renflouement se terminera en 2018. Ensuite la supervision continuera jusqu'à ce que la Grèce ait payé la plus grande partie de ses emprunts: la maturité moyenne est de 32 ans. Ainsi l'ex-Troïka, maintenant Quadriga, sera encore à Athènes quand vos petits-enfants seront adultes. Comment faites-vous avec ça?
Ne l'appelons plus "ex-Troïka". C'est de nouveau la Troïka. Nous leur avons donné une chance de devenir "les institutions", d'être légitimes, mais elles ont insisté pour rester la Troïka illégitime des cinq dernières années.
N'avez-vous pas tué la Troïka?
Eh bien, nous nous en sommes débarrassés ici à Athènes. Maintenant les institutions sont de retour: la Troïka est de retour. Elles auraient pu agir en tant qu'institutions légitimes. Mais elles semblent nettement préférer agir en tant que Troïka de prêteurs. C'est leur choix.
Mais elles seront là jusqu'en 2025, quand vos petits enfants seront adultes.
Non, il n'en sera rien. Parce que cet Accord n'a pas d'avenir. Parce qu'il continue et prolonge la même mascarade: accroître la crise avec de nouveaux prêts insoutenables, et prétendre que ça résout le problème. Ça ne peut plus durer. Vous pouvez tromper les gens et les marchés pendant une brève période, mais pas pendant cinquante ans. Ou bien l'Europe change, et ce processus est remplacé par quelque chose de plus démocratique, durable, humaniste, ou bien l'Europe n'existera plus en tant qu'Union Monétaire.
