Comment la «guerre de Clinton» a déstabilisé l’Europe : l'interview exclusive d'Assange au complet
Par John Pilger, le 5 nov. 2016 - RT
RT vous présente la vidéo complète de l'interview du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, interrogé en exclusivité par John Pilger, en plus de nouveaux extraits forts sur la guerre en Libye, le terrorisme, ou encore la crise des migrants.
Alors que de nombreux emails d’Hillary Clinton révélés par WikiLeaks concernent la guerre en Libye, Julian Assange ne mâche pas ses mots face à la candidate démocrate : «La Libye était avant tout la guerre d’Hillary Clinton. Initialement, Barack Obama s’y était opposé. Qui s’opposait à lui quand il promouvait son point de vue ? Hillary Clinton. On en trouve la preuve dans ses emails.»
La «bouteille de l’Afrique», ouverte par Hillary Clinton ?
Qualifiant le pays, jadis dirigé par Mouammar Kadhafi, de «bouchon de la bouteille de l’Afrique», Julian Assange affirme que la guerre de 2011 a été le point de départ de nombreux problèmes sur le plan international : afflux d’armes en circulation dans les pays africains, implantation de Daesh en Libye, ou encore crise migratoire frappant l’Europe.
«En 2011, Kadhafi l’a clairement dit», poursuit Julian Assange : «A quoi pensent les Européens ? Ils bombardent et détruisent la Libye, ce qui va provoquer un afflux de migrants africains et de djihadistes en Europe. C’est exactement ce qu'il s’est passé.»
Selon le lanceur d’alerte, la candidate démocrate à la Maison-Blanche, «figure centrale dans la destruction de l’Etat libyen», aurait un rôle crucial à jouer dans ces problèmes, en ayant fait passer ces considérations au second plan dans une visée électoraliste : «Elle a perçu l’élimination de Kadhafi et le renversement de l’Etat libyen comme quelque chose qu’elle utiliserait pour briguer la présidence.»
«Selon les conclusions de l’ONU, je suis retenu de façon arbitraire et illégale, privé de ma liberté», affirme-t-il, trouvant «absolument incroyable» que sa situation ne soit «pas couvert[e] par la presse».
Disant faire «l’objet d’une persécution de la part des Etats-Unis», avec de lourdes poursuites judiciaires engagées contre lui pour ses révélations, Julian Assange rappelle : «Oui, l’Occident a des prisonniers politiques. C’est une réalité. Ce n’est pas seulement moi. Il y en a aussi d’autres. L’Occident a des prisonniers politiques.»
Lire aussi : Pour Julian Assange, Clinton et Daesh sont financés par le même argent et Trump ne gagnera jamais, le 4 novembre 2016, RTFrance
Les courriels de Clinton révélés par Washington ?
La fuite des courriels de Podesta serait organisée par des milieux officiels de Washington, selon un ami proche du fondateur de WikiLeaks Julian Assange. L'auteur de la fuite des courriels de John Podesta, directeur de campagne de la candidate démocrate à l'élection présidentielle américaine Hillary Clinton, se trouve dans les milieux officiels de Washington, la Russie n'y étant absolument pour rien, a déclaré à l'agence Sputnik l'ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan et ami proche du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, Craig Murray.
« La source de ces mails, de cette "fuite", n'a aucun rapport avec la Russie. J'ai appris l'identité de la source il y a deux mois lors d'un séjour à Washington où je dirigeais la cérémonie de la remise du Sam Adams Award. La source de ces mails provient des milieux officiels de Washington. Si vous voulez apprendre son identité, vous devriez la chercher là et non plus en Russie », a déclaré l'ancien diplomate.
Auparavant, le site WikiLeaks avait publié une partie des courriels confidentiels de John Podesta dans lesquels il y avait des citations d'interventions privées d'Hillary Clinton qui ont eu lieu en 2013-2014. Un discours crucial a été prononcé par Clinton lors une des rencontres avec les banquiers dans lequel elle déclarait qu'elle suivait deux lignes politiques, « publique et privée, qui est totalement différente ».
Lire aussi : Un lanceur d’alerte de la NSA, William Binney, affirme que les piratages du DNC ne proviennent pas de la Russie mais des agences de renseignement US, le 3 novembre 2016, Agoravox
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A l’intérieur du gouvernement invisible : Guerre, Propagande, Clinton & Trump
Par John Pilger, le 28 octobre 2016 - John Pilger / Le Grand Soir (trad.)
Le journaliste américain, Edward Bernays, est souvent présenté comme l’inventeur de la propagande moderne.
Neveu de Sigmund Freud, le pionnier de la psychanalyse, Bernays a inventé le terme « relations publiques » comme un euphémisme pour désigner les manipulations et les tromperies.
En 1929, il a persuadé les féministes de promouvoir les cigarettes pour les femmes en fumant lors d’une parade à New York – un comportement considéré à l’époque comme saugrenu. Une féministe, Ruth Booth, a déclaré, « Femmes ! Allumez un nouveau flambeau de la liberté ! Luttez contre un autre tabou sexiste ! »
L’influence de Bernays s’étendait bien au-delà de la publicité. Son plus grand succès a été de convaincre le public américain de se joindre à la grande tuerie de la Première Guerre mondiale. Le secret, disait-il, était « de fabriquer le consentement » des personnes afin de les « contrôler et orienter selon notre volonté et à leur insu ».
Il décrivait cela comme « le véritable pouvoir de décision dans notre société » et l’appelait le « gouvernement invisible ».
Aujourd’hui, le gouvernement invisible n’a jamais été aussi puissant et aussi peu compris. Dans toute ma carrière de journaliste et de cinéaste, je n’ai jamais connu de propagande aussi influente sur nos vies que celle qui sévit aujourd’hui, et qui soit aussi peu contestée.


