dimanche 15 avril 2018

Sur la Zad, « les gens arrivent de partout » pour défendre et reconstruire


Qui sont donc ces « illégaux » que le gouvernement veut à tout prix expulser de la « Zad » ?
Par Nolwenn Weiler, le 10 avril 2018

2500 gendarmes, appuyés par des blindés, ont été déployés le 9 avril à l’aube pour expulser une centaine d’habitants « illégaux » de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes. Des discussions devaient pourtant s’ouvrir pour légaliser des lieux de vies et des projets d’expérimentation agricoles. À peine trois mois après l’abandon officiel du projet d’aéroport, le gouvernement a donc décidé de passer en force.

Qui est visé par les expulsions en cours sur la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes ? Le flou règne. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, affirme que l’opération policière de grande envergure lancée à l’aube du 9 avril vise les « occupants illégaux », avant de préciser au micro d’Europe 1 qu’« une quarantaine d’édifices [étaient] concernés par l’opération, et une centaine de personnes ». 2500 gendarmes pour 100 personnes à expulser...
Source (et suite) du texte : Bastamag
Site internet : Zone A Défendre


Sur la Zad, « les gens arrivent de partout » pour défendre et reconstruire
Par Nolwenn Weiler, le 13 avril 2018

« Une cabane détruite, deux reconstruites », promettent les habitants de la Zad et leurs soutiens. Une première journée de reconstruction est prévue dès ce 15 avril. Après quatre jours d’intervention quasi militaire, une trentaine de lieux – fermes, salles collectives, logements – ont été rasés sur ordre de la préfète de Loire atlantique et du gouvernement. Les démolitions sont, pour l’instant, stoppées. Mais le processus de négociation a lui aussi été dévasté par l’opération : « Nous n’avons plus du tout confiance. C’est terminé, c’est clair », entend-on. Reportage.

Pour accéder à la Zad, le mieux est de passer par les champs. Ce 12 avril, quatrième jour de l’opération d’expulsion et de démolition menées par les forces de l’ordre – 2500 gendarmes –, les voies d’accès à la zone sont solidement gardées. Un checkpoint tenu par des gendarmes mobiles, lourdement armés et arnachés, et appuyés par un blindé, bloquent le carrefour des Ardillères, situé côté nord. A 200 mètres du barrage policier, Camille, un talkie-walkie vissé à l’oreille, monte la garde. Le retraité au regard bleu, qui a posé ses valises dans un lieu de vie collectif de la Zad l’été dernier, surveille les allers et venues de policiers et d’engins de chantiers amenés pour la démolition. Avant Camille, c’est Marc et Justine, arrivés tard dans la nuit depuis le Finistère, qui assuraient le tour de garde [1]. « Nous avons pris notre quart vers 7h ce matin, après avoir dormi un peu. Nous étions avec un jeune qui a creusé des fossés de 3h à 7h du matin, juste après être arrivé. Les gens arrivent de partout en fait. »

« Une personne a reçu une grenade de désencerclement dans sa capuche »
Des salariés ont pris des jours de congé. D’autres viennent chaque soir après le travail. Des dortoirs sont aménagés dans les bâtiments en dur, on se serre dans les cabanes ou les yourtes, et les nouveaux arrivants sont invités à venir avec leur tente. « Aujourd’hui, c’est étrangement calme », reprend Camille. Au carrefour de la Saulce, situé au milieu de la zone, une petite dizaine de personnes joue aux cartes derrière une barricade, profitant du printemps qui déchire enfin la grisaille, laissant passer ses rayons ensoleillés. Mais quand une alerte est lancée, chacun enfile ses lunettes et son masque. Certains se couvrent le visage, d’autres saisissent des morceaux de portes ou de taules en guise de boucliers recyclés. Des dizaines de personnes se pressent vers le lieu attaqué, parfois armées de cailloux et de cocktails Molotov. Les derniers arrivés demandent s’il y a eu des blessés. « Pas encore », répondent plusieurs voix entre deux quintes de toux dues aux fumées des gaz lacrymogènes.

Débris de grenades lacrymogènes et assourdissantes ramassées aux alentours de Fosses noires,
 le 11 avril / Photo : Nolwenn Weiler

Source (et suite) du texte : Bastamag

Lire aussi sur Reporterre : Les mensonges sanglants de M. Macron, par Hervé Kempf, le 16 avril 2018 / Hervé Kempf [MAJ]
 

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