samedi 30 juin 2018

Marc Chaduc ou Swami Ajatananda Saraswati

Swami Ajatananda, Il s'agit de Marc Chaduc, le seul disciple connu de Henri Le Saux en Inde. Marc Chaduc avait réalisé dans sa vie l’expérience du Soi. Après cet éveil, il disparut mystérieusement de son ermitage à Kaudiyala (35 km en amont de Rishikesh), entre février et avril 1977. Nul ne l’a revu depuis.


Maître et son disciple... Profonde gratitude...
Swami Abhishiktananda [Henri Le Saux] écrit à propos de son disciple: "... il devra méditer en silence pendant de longues années, mais je suis sûr que le jour viendra où le fruit de son silence sera merveilleux. Mais en attendant, personne ne devrait le déranger. Tout ce qu'il veut ... c'est la solitude. " (Lettre, 03/07/73)

Ce qui est essentiel dans la vie spirituelle c'est la combinaison de la réalisation de la Réalité avec la renonciation à toute autre chose. Si on ne rejette pas les choses non divines, la connaissance de Dieu ne sera que verbale, et l'évolution de la réalisation de Dieu en sera grandement empêchée. Mais, sans la réalisation de Dieu, le renoncement n'est que semblant. On doit donc se libérer intérieurement et extérieurement. (...)

Tourne ton regard au-dedans,
où nulle forme n’est plus vue,
où tout visage a disparu.
Pénètre au mystère du dedans,
visage de Lumière que toi-même tu es,
sans regardé ni regardant,
sans dehors ni dedans.

Swami Ajatananda, Années de Grâce, 1975
Source (et suite) du texte : Facebook dédié à Marc Chaduc


[Rencontre avec Laksman Joo, témoignage de Marc Chaduc :]
A Nishat, darshan de Swami Lakshman Joo renommé pour sa connaissance perçante du Shivaïsme cachemirien et pour sa sainteté. Lui aussi, il quitta très jeune la maison paternelle, désireux du seul darshan des sages et de la sainteté elle-même. Je le trouve à son ermitage, le dimanche seul jour de visite possible. Son visage est serein et tout l’être respire le naturel, le naturel de la grâce qui habite en elle-même. Je reste silence à ses pieds, au milieu des autres dévots. Peu importe le système du Trika qu’il exposera magnifiquement en fin de matinée. C’est l’homme qui m’intéresse et un charme indéfinissable me séduit en lui – peut être son naturel de sainteté. Aucune pose en lui – hélas  rencontrée chez tant de Swamis –. Non : la belle liberté de la Présence spontanée, mouvement perpétuel de grâce et de lumière dans le repos infini de l’être. Il rit de bon cœur, parfois l’œil malicieux apparaît, la shakti explose, libre et aimante ! A l’occasion, il ne manque pas de donner une bonne tape amicale dans le dos de ses amis ! Mais plus que tout, ce qui me frappe, c’est ce qui se produit à chaque fois que l’un ou l’autre se prosterne en vénération à ses pieds. Un mystère se joue, qui suinte jusqu’à travers son corps. Il demeure comme figé, impassible, serein, compatissant, visiblement en attitude lui-même de vénération sainte en laquelle il reste plongé : une sorte de
“prêtre”, d’intercesseur, de “passage” de la grâce. Je n’ai jamais senti cela aussi fort qu’en lui. En vérité, le cœur du saint est un fleuve d’amour et de bénédiction qui jamais ne s’arrête. Heureux celui qui l’approche ! Voir un saint suffit pour combler. Le toucher est une grâce immense. Quant à l’embrasser, c’est recevoir le baiser de la grâce elle-même et être envahi des effluves de sa shakti.

Être conscient de guider ou d’éveiller des âmes, ne serait-ce qu’une seule, serait-ce même par le silence, c’est encore “faire” quelque chose. C’est incompatible avec le sannyāsa absolu. Dakshinamūrti est inconscient d’illuminer quelque âme que ce soit. C’est cela son vrai Silence, joyau inviolable du Soi. […] Dakshinamūrti tourné vers le Sud, il est le Nord, le pôle ultime de l’être, le zénith de la pure Conscience de Soi. Et de ce zénith abyssal, il plonge droit dans les profondeurs secrètes du Cœur. Son silence suprême, c’est sa contemplation réalisatrice de ce Cœur comme Soi.
Son regard joyeux et radieux, c’est sa contemplation réalisatrice de ce Cœur comme Soi. Son amour indicible et muet, c’est sa contemplation réalisatrice de ce Cœur comme Soi. A ce miroir zénithal que chacun est à soi-même, puissions-nous découvrir qui nous sommes vraiment, dans la profondeur apaisée du Cœur.
Source (et suite) du texte : Marc, mon frère Non-Né, Souvenirs de Marc Chaduc – Swami Ajātānanda par Bettina Bäumer (PDF)

Atmananda Udasin a fondé un ashram en hommage à Ajatananda près de Rishikesh : Ajatananda ashram
 

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