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dimanche 24 février 2019

Non, l'antisionisme n'est pas "une des formes modernes de l'antisémitisme".



Discours d'Emmanuel Macron "L'antisionisme est une des formes modernes de l'antisémitisme" (CRIF, 20 fév. 2019)
Discours entier : Youtube

Remarque :
Non, l'antisionisme est une idéologie datant du 19e siècle, ce n'est pas une des formes modernes de l'antisémitisme. Il existe d'ailleurs des juifs antisionistes (et des antisémites sionistes parmi les évangélistes américains). Ces propos servant à instrumentaliser l'antisémitisme au profit du sionisme, ou de la politique israélienne actuelle, ne luttent pas contre l'antisémitisme au contraire.
Sophisme : 
Au lieu de dire, on constate un nouvel antisionisme qui est un antisémitisme on affirme, l'antisionisme est un nouvel antisémitisme.



Antisémitisme et antisionisme, Paroles juives contre le racisme (UJFP, Union Juive Française pour la Paix, oct. 2017)
"Dire que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme (...) est un échec scolaire."



Hiérarchie des racismes ? Paroles juives contre le racisme (UJFP, Union Juive Française pour la Paix, oct. 2017)
"L'antisémitisme n'est pas plus important qu'une autre forme de discrimination."
"L'antisémitisme est principalement du à la politique israélienne dans le monde, chez ceux qui ne font pas la distinction entre juifs, israéliens et sionistes."

Lire aussi : « L’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais le plus manipulé » par Michèle Sibony, le 18 février 2019



Lire aussi : La France va adopter une définition de l'antisémitisme intégrant l'antisionisme, annonce Macron, RT; 20 févr. 2019 / Comment sont calculés les chiffres des actes antisémites ? par Alexis Feertchak, Le Figaro, 13 fév. 2019 / Actes antisémites: un pourcentage est-il une information ?, par Jérôme Latta, Médiapart, le 14 février 2019



Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale
Par Alain Gresh, le 19 dév. 2019 - Orient XXI

Dans le débat qui agite la France autour de l’antisémitisme, deux dimensions sont souvent absentes : le fait que, durant la première moitié du XXe siècle, la grande majorité des juifs était hostile au sionisme (étaient-ils aussi antisémites ?) ; que la caractéristique principale de ce mouvement était de s’inscrire dans une logique coloniale de conquête et de peuplement. Extraits du livre d’Alain Gresh, Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2017).

Le sionisme n’a été que l’une des réponses possibles, longtemps très minoritaire, à la « question juive ». Durant la fin du XIXe siècle et avant la première guerre mondiale, la grande majorité des juifs d’Europe centrale et de Russie « vote avec ses pieds », en émigrant massivement à l’ouest, et notamment aux États-Unis, la Terre promise de tant de laissés-pour-compte… D’autres, nombreux, font le pari de l’intégration. À partir de 1880, et malgré l’antisémitisme, le nombre de mariages mixtes chez les juifs allemands ne cesse d’augmenter : entre 1901 et 1929, la proportion passe de 16,9 à 59 %. En France aussi, cette « assimilation » s’accélère. La participation active des juifs aux mouvements révolutionnaires transnationaux, notamment socialistes et communistes, qui prônent la fraternité universelle, peut être considérée comme une autre de leurs répliques aux discriminations dont ils sont l’objet. Quant aux religieux, ils rejettent pour la plupart le sionisme : l’État juif ne peut renaître et le Temple ne peut être relevé qu’avec la venue du Messie.

Les réticences d'Albert Einstein  

Le sionisme n’est pas le seul mouvement organisé spécifique des juifs de l’Est. En 1897 est créé le Bund, l’Union générale des ouvriers juifs de Lituanie, Pologne et Russie. Il concurrencera le sionisme jusque dans les années 1930. Il se veut nationaliste et socialiste, se fonde sur des principes de classe, prône le yiddish comme langue nationale et une autonomie politico-culturelle conforme aux thèses de ceux que l’on appelle les « austro-marxistes ». Les bundistes appellent à l’émancipation « sur place » des masses juives, répétant : « Les palmiers et les vignobles de Palestine me sont étrangers. » Ils prêchent la solidarité des ouvriers juifs avec la classe ouvrière internationale et opposent le patriotisme de la galout (l’« exil ») au patriotisme sioniste. Tombé dans l’oubli, ce mouvement signera des pages glorieuses de l’histoire de l’Europe centrale, notamment par son rôle dans l’insurrection du ghetto de Varsovie en 1943. Il sera finalement écrasé en Pologne par les nazis et en Union soviétique par les communistes, dont les positions sur la « question juive » fluctueront au gré des événements et des retournements de doctrine. Pour concurrencer le sionisme, l’URSS va jusqu’à concevoir une république autonome juive, le Birobidjan, à l’extrémité orientale de la Sibérie.

La création de l’État d’Israël consacre la victoire du mouvement sioniste, victoire qu’ont rendue possible l’antisémitisme hitlérien et le génocide. Cet État regroupe une proportion croissante des juifs du monde – quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme –, mais inférieure à 40 %. Des centaines de milliers d’entre eux ont préféré l’intégration, aux États-Unis ou en Europe, même si Israël réussit désormais à en mobiliser une fraction importante en faveur de ses options. Ils se sentent, à juste titre, davantage en sécurité à New York ou à Paris qu’à Tel-Aviv ou à Jérusalem. Faut-il se réjouir du triomphe de ce nationalisme étroit, autour d’un État ? Bien que sioniste, Albert Einstein exprimait ses inquiétudes : « La manière dont je conçois la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif, avec des frontières, une armée et une certaine mesure de pouvoir temporel, quelque modeste qu’il soit. J’ai peur des dégâts internes que cela entraînera sur le judaïsme — et surtout du développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs […]. Un retour à une nation, au sens politique du terme, équivaudrait à se détourner de la spiritualité de notre communauté, spiritualité à laquelle nous devons le génie de nos prophètes. »

« Le sionisme n’est pas le corollaire obligatoire, fatal, de la persistance d’une identité juive, remarque Maxime Rodinson ; ce n’est qu’une option. » Et cette option est critiquable, non seulement comme toute idéologie nationaliste, mais aussi parce que son aboutissement — la création d’un État juif — n’était possible que par la dépossession des Palestiniens. Le sionisme s’est pleinement inscrit — et ce fut l’une des conditions majeures de sa victoire — dans l’aventure coloniale. Ce fut et cela reste sa principale faute.

mercredi 31 janvier 2018

"Le chantage à l'antisémitisme renvoie à l'interdiction de la critique du gouvernement israélien"



Pascal Boniface, "Le chantage à l'antisémitisme renvoie à l'interdiction de la critique du gouvernement israélien" (MeltingBook, janvier 2018)

Vouloir fermer un centre de recherche, employant 30 salariés, parce que les opinions du directeur ne plaisent pas. Si on apprenait que cela se passe en Russie, ou en Turquie, tout les médias seraient vent debout, pour crier à la dérive autoritaire de Erdogan ou de Poutine. Là, cela se passe de manière insidieuse, non seulement personne n'en parle mais personne n'a voulu mener une enquête. (...)
Derrière cet amalgame entre antisémitisme et antisionisme ce qui se profile en fait c'est l'interdiction de la critique du gouvernement israélien.


Un intellectuel accusé d'antisémitisme sans qu'il n'ait jamais prononcé ou écrit une phrase pouvant justifier cette accusation.
Un centre de recherches dont les travaux font autorité sur le plan national et international, qui a risqué de disparaître parce que son directeur a critiqué un gouvernement étranger.
Comment des hommes politiques de premier plan qui le soutenaient l'ont accusé publiquement sous la pression des lobbies.
Qu'une telle affaire se déroule en France paraît incroyable ; elle est pourtant réelle.
Pascal Boniface, dans un récit autobiographique précis et enlevé, en tire des conclusions sur l'importation du conflit israélo-palestinien en France et ses conséquences sociétales, ainsi que la réalité du communautarisme.
Quatrième de couverture
Pascal Boniface, Antisémite, Ed. Max Milo, 2018


Pascal Boniface et la destruction intellectuelle massive
Par Richard Werly, le 23 janvier 2018 - Le Temps

Régulièrement mis en cause depuis la sortie de son livre «Est-il permis de critiquer Israël?», le chercheur français Pascal Boniface publie ces jours-ci «Antisémite». L’occasion de s’interroger sur ce que les médias français peuvent encore dire. Ou ne pas dire.

Pascal Boniface est un intellectuel blessé. Spécialiste reconnu de géopolitique, fin connaisseur des arcanes du sport et de la diplomatie mais aussi biographe du chanteur Léo Ferré, le fondateur-directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) a choisi de répondre point par point à ceux qui l’accusent de faire le lit de l’antisémitisme. Dans son livre intitulé Antisémite (Ed. Max Milo), l’intéressé dresse donc son propre plaidoyer. «Je suis accusé de ce que je considère comme détestable au plus haut point», prévient-il dès les premières lignes. Avant d’ouvrir le débat: «Comment en est-on arrivé là? Comment un universitaire français peut-il être accusé, en dehors de toute réalité, d’un des plus graves crimes intellectuels?»

Je n’ai pas pu m’empêcher, en lisant cet essai très fourni conçu largement comme une réponse aux journalistes et aux médias en général, d’y voir un appel au secours. A l’évidence, Pascal Boniface a perdu pied dans le paysage médiatique et universitaire français d’aujourd’hui dont le sociologue Michel Wieviorka, auteur d’une magistrale préface, dénonce sans ambages une certaine perte de repères et d’équilibre. «Oui, le débat dérape constamment en France dès qu’il est question de l’islam, des musulmans et des juifs», explique l’éminent sociologue dont les grands-parents furent déportés à Auschwitz et y trouvèrent la mort. «Oui, poursuit-il, une violence verbale, particulièrement menaçante, peut s’exercer en France sur quiconque s’autorise à critiquer la politique de l’Etat hébreu. Oui, des acteurs engagés, intellectuels, militants, responsables institutionnels juifs, préfèrent la disqualification de l’adversaire politique au débat argumenté.»

dimanche 18 octobre 2015

Est-il dangereux de porter une kippa dans la rue en France ?



Est-il dangereux de porter une kippa dans la rue en France ? (France 2, Envoyé spécial, 16 octobre 2015)

Un juif qui porte aujourd’hui dans la rue une kippa, ce couvre-chef religieux, est-il en danger ? C’est ce qu’affirme une vidéo postée et visionnée par 5 millions de personnes sur internet. "Envoyé spécial" a enquêté.

En février 2015, le journaliste israélien Zvika Klein s’est filmé arpentant les rues de Paris coiffé d'une kippa blanche, un couvre-chef religieux juif. Une caméra était cachée dans le sac-à-dos de son photographe. Il en a fait une vidéo d’une minute et trente-six secondes intitulée "Marcher 10 heures dans Paris en tant que juif".
On l’y voit marcher en silence, de la tour Eiffel à la Goutte-d’Or, dans le XVIIIe arrondissement parisien, avec un saut à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. On lui crache dessus, on l'insulte. Cette vidéo a été visionnée plus de 5 millions de fois.
Est-ce représentatif de la réalité de l’antisémitisme en France ? Pour le savoir, une équipe d’"Envoyé spécial" a tenté la même expérience.
Un reportage de Thierry Vincent, Geoffroy Duval, Richard Tindiller, Stéphane Huonnic, Gaël Hubert et Julien Nativel.
Source : FranceTV

samedi 28 février 2015

Les responsables de l'antisémitisme selon Norman Finkenlstein

MAJ de la page : Norman Finkenlstein



Norman Finkelstein sur Gaza, Israël, les Juifs et l'antisémitisme (RT, 23.02.2015)

"Vous avez donc un fou furieux (Benjamin Netanyahou) qui prétend représenter l’ensemble de la communauté juive mondiale, et des gens qui le prennent au mot et se disent : « Très bien, s’il représente l’ensemble de la communauté juive mondiale, alors c’est que les Juifs sont un problème. C’est la conclusion logique. » Donc s’il y a quelqu’un qui est responsable de ce problème (l’antisémitisme), c’est bien l’Etat d’Israël et son chef, qui ne cessent de proclamer que leurs actions meurtrières sont commises au nom des Juifs du monde entier.
Il y a une manière simple de résoudre le problème : Arrêtez de vous prétendre l’Etat du peuple juif parce que ce n’est pas vrai : vous n’êtes que l’Etat d’Israël. Et arrêtez de prétendre que vous représentez l’ensemble de la communauté juive mondiale car la communauté juive mondiale ne vous a pas élus. Personne ne vous a donné ce titre, d’accord ?".
Source de la transcription : Sayad Asan

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