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dimanche 24 février 2019

Non, l'antisionisme n'est pas "une des formes modernes de l'antisémitisme".



Discours d'Emmanuel Macron "L'antisionisme est une des formes modernes de l'antisémitisme" (CRIF, 20 fév. 2019)
Discours entier : Youtube

Remarque :
Non, l'antisionisme est une idéologie datant du 19e siècle, ce n'est pas une des formes modernes de l'antisémitisme. Il existe d'ailleurs des juifs antisionistes (et des antisémites sionistes parmi les évangélistes américains). Ces propos servant à instrumentaliser l'antisémitisme au profit du sionisme, ou de la politique israélienne actuelle, ne luttent pas contre l'antisémitisme au contraire.
Sophisme : 
Au lieu de dire, on constate un nouvel antisionisme qui est un antisémitisme on affirme, l'antisionisme est un nouvel antisémitisme.



Antisémitisme et antisionisme, Paroles juives contre le racisme (UJFP, Union Juive Française pour la Paix, oct. 2017)
"Dire que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme (...) est un échec scolaire."



Hiérarchie des racismes ? Paroles juives contre le racisme (UJFP, Union Juive Française pour la Paix, oct. 2017)
"L'antisémitisme n'est pas plus important qu'une autre forme de discrimination."
"L'antisémitisme est principalement du à la politique israélienne dans le monde, chez ceux qui ne font pas la distinction entre juifs, israéliens et sionistes."

Lire aussi : « L’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais le plus manipulé » par Michèle Sibony, le 18 février 2019



Lire aussi : La France va adopter une définition de l'antisémitisme intégrant l'antisionisme, annonce Macron, RT; 20 févr. 2019 / Comment sont calculés les chiffres des actes antisémites ? par Alexis Feertchak, Le Figaro, 13 fév. 2019 / Actes antisémites: un pourcentage est-il une information ?, par Jérôme Latta, Médiapart, le 14 février 2019



Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale
Par Alain Gresh, le 19 dév. 2019 - Orient XXI

Dans le débat qui agite la France autour de l’antisémitisme, deux dimensions sont souvent absentes : le fait que, durant la première moitié du XXe siècle, la grande majorité des juifs était hostile au sionisme (étaient-ils aussi antisémites ?) ; que la caractéristique principale de ce mouvement était de s’inscrire dans une logique coloniale de conquête et de peuplement. Extraits du livre d’Alain Gresh, Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2017).

Le sionisme n’a été que l’une des réponses possibles, longtemps très minoritaire, à la « question juive ». Durant la fin du XIXe siècle et avant la première guerre mondiale, la grande majorité des juifs d’Europe centrale et de Russie « vote avec ses pieds », en émigrant massivement à l’ouest, et notamment aux États-Unis, la Terre promise de tant de laissés-pour-compte… D’autres, nombreux, font le pari de l’intégration. À partir de 1880, et malgré l’antisémitisme, le nombre de mariages mixtes chez les juifs allemands ne cesse d’augmenter : entre 1901 et 1929, la proportion passe de 16,9 à 59 %. En France aussi, cette « assimilation » s’accélère. La participation active des juifs aux mouvements révolutionnaires transnationaux, notamment socialistes et communistes, qui prônent la fraternité universelle, peut être considérée comme une autre de leurs répliques aux discriminations dont ils sont l’objet. Quant aux religieux, ils rejettent pour la plupart le sionisme : l’État juif ne peut renaître et le Temple ne peut être relevé qu’avec la venue du Messie.

Les réticences d'Albert Einstein  

Le sionisme n’est pas le seul mouvement organisé spécifique des juifs de l’Est. En 1897 est créé le Bund, l’Union générale des ouvriers juifs de Lituanie, Pologne et Russie. Il concurrencera le sionisme jusque dans les années 1930. Il se veut nationaliste et socialiste, se fonde sur des principes de classe, prône le yiddish comme langue nationale et une autonomie politico-culturelle conforme aux thèses de ceux que l’on appelle les « austro-marxistes ». Les bundistes appellent à l’émancipation « sur place » des masses juives, répétant : « Les palmiers et les vignobles de Palestine me sont étrangers. » Ils prêchent la solidarité des ouvriers juifs avec la classe ouvrière internationale et opposent le patriotisme de la galout (l’« exil ») au patriotisme sioniste. Tombé dans l’oubli, ce mouvement signera des pages glorieuses de l’histoire de l’Europe centrale, notamment par son rôle dans l’insurrection du ghetto de Varsovie en 1943. Il sera finalement écrasé en Pologne par les nazis et en Union soviétique par les communistes, dont les positions sur la « question juive » fluctueront au gré des événements et des retournements de doctrine. Pour concurrencer le sionisme, l’URSS va jusqu’à concevoir une république autonome juive, le Birobidjan, à l’extrémité orientale de la Sibérie.

La création de l’État d’Israël consacre la victoire du mouvement sioniste, victoire qu’ont rendue possible l’antisémitisme hitlérien et le génocide. Cet État regroupe une proportion croissante des juifs du monde – quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme –, mais inférieure à 40 %. Des centaines de milliers d’entre eux ont préféré l’intégration, aux États-Unis ou en Europe, même si Israël réussit désormais à en mobiliser une fraction importante en faveur de ses options. Ils se sentent, à juste titre, davantage en sécurité à New York ou à Paris qu’à Tel-Aviv ou à Jérusalem. Faut-il se réjouir du triomphe de ce nationalisme étroit, autour d’un État ? Bien que sioniste, Albert Einstein exprimait ses inquiétudes : « La manière dont je conçois la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif, avec des frontières, une armée et une certaine mesure de pouvoir temporel, quelque modeste qu’il soit. J’ai peur des dégâts internes que cela entraînera sur le judaïsme — et surtout du développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs […]. Un retour à une nation, au sens politique du terme, équivaudrait à se détourner de la spiritualité de notre communauté, spiritualité à laquelle nous devons le génie de nos prophètes. »

« Le sionisme n’est pas le corollaire obligatoire, fatal, de la persistance d’une identité juive, remarque Maxime Rodinson ; ce n’est qu’une option. » Et cette option est critiquable, non seulement comme toute idéologie nationaliste, mais aussi parce que son aboutissement — la création d’un État juif — n’était possible que par la dépossession des Palestiniens. Le sionisme s’est pleinement inscrit — et ce fut l’une des conditions majeures de sa victoire — dans l’aventure coloniale. Ce fut et cela reste sa principale faute.

dimanche 4 novembre 2018

Un documentaire interdit sur le lobby pro-israélien aux États-Unis

Un documentaire interdit sur le lobby pro-israélien aux États-Unis
Le 2 novembre 2018 - Orient XXI

Le Monde diplomatique a publié au mois de septembre un article à propos d’une enquête réalisée par la chaîne Al-Jazira, propriété du Qatar, sur l’action du lobby pro-israélien aux États-Unis. Orient XXI en a publié les versions arabe et anglaise. Ce documentaire, réalisé notamment grâce à un journaliste infiltré, devait être diffusé au début de l’année 2018. Il ne l’a finalement pas été, suite à un accord entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit émirat. Ayant eu accès au documentaire, Le Monde diplomatique et Orient XXI en avaient divulgué les éléments essentiels.

Orient XXI a décidé, avec Electronic Intifada aux États-Unis et Al-Akhbar au Liban, de rendre public ce documentaire. Il y va du droit à l’information. Car cette enquête, après celle réalisée par la même chaîne sur le lobby au Royaume-Uni, pose des questions de fond : dans une démocratie, a-t-on le droit d’espionner les citoyens sur la base de leurs convictions ? Est-il normal que le gouvernement israélien participe et orchestre ces campagnes sur le sol de pays dits « alliés » ?

Ce vendredi 2 novembre, les deux premiers épisodes du documentaire (sur les quatre) sont accessibles avec des sous-titres français. Les prochains épisodes suivront dans les semaines à venir.



Le lobby - U.S.A. la guerre secrète (épisode 1)



Le lobby - USA: Orienter les élites (épisode 2)
 

jeudi 5 avril 2018

De l’apartheid d’Israël



Dominique Vidal, "L’antisionisme est une opinion et l’antisémitisme un délit" (OummaTV, nov. 2017)

Le 16 juillet 2017, Emmanuel Macron s'apprête à terminer son discours lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél' d'hiv'. Et soudain, se tournant vers Benyamin Netanyahou, qu'il a appelé "cher Bibi", il lance : "Nous ne céderons rien à l'antisionisme, car il est la forme réinventée de l'antisémitisme." Jamais un chef de l'Etat n'avait commis une telle erreur historique doublée d'une telle faute politique. Voilà ce que ce livre entend démontrer, sur un mode non polémique et pédagogique en traitant successivement de l'histoire du sionisme, de la diversité de l'antisionisme, de l'antisémitisme hier et aujourd'hui, enfin de la politique proche-orientale de la France.
Quatrième de couverture
Dominique Vidal : Antisionisme = antisémitisme ? : Réponse à Emmanuel Macron, Ed.
Libertalia, 2018
Lire aussi sur Médiapart : CRIF: le roi est nu, par Dominique Vidal, le 2 avril 2018



Michèle Sibony, sur la différence entre antisionisme et antisémitisme (UJFP, Union Juive Française pour la Paix, Genève, janvier 2018)
Boycott, Désinvestissements et Sanctions : BDS Suisse / BDS France / BDS Belgique / BDS international

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De l’apartheid d’Israël
Passé inaperçu, un rapport des Nations Unies publié en 2017 qualifie Israël de régime d’apartheid. 
Explications avec Virginia Tilley, coauteure du rapport, de passage à Genève.
Par Christophe Koessler, le 8 avril 2018 - Le Courrier

Qualifier Israël de régime d’apartheid est-il erroné ou excessif? La Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale des Nations Unies a voulu en avoir le cœur net en confiant une étude sur le sujet à deux universitaires. Publié en 2017, le rapport de Richard Falk, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur les territoires occupés, et de Virginia Tilley, professeure étasunienne spécialisée dans les conflits à caractère racial ou ethnique, est pourtant passé presque inaperçu.

Et pour cause: postée sur le site des Nations Unies, l’étude en a vite été retirée: «Notre rapport a été validé par les Nations Unies et nous n’avons reçu aucune critique sur le fond. Mais, mis sous pression par Israël et ses soutiens, le secrétaire général de l’ONU a prétexté que le texte n’avait pas été soumis selon les règles de procédures. Ce qui est faux», assure Virginia Tilley au Courrier. La spécialiste était de passage fin mars à Genève pour y donner une conférence à l’Institut des hautes études internationales et du développement.

«Actes inhumains»

Il faut dire que les conclusions du rapport n’y vont pas par quatre chemins: «Les preuves disponibles établissent au-delà de tout doute raisonnable qu’Israël est coupable de politiques et de pratiques qui constituent le crime d’apartheid tel que défini juridiquement dans le droit international.» Pour les auteurs de l’étude, l’apartheid s’applique selon eux tant aux Palestiniens des territoires occupés et de la bande de Gaza, à ceux qui vivent à Jérusalem-Est et en Israël, qu’aux réfugiés demeurant dans d’autres pays. «Tous ces éléments que nous voyions au départ comme séparés, compartimentés, proviennent d’une même logique première: la discrimination raciale», précise Virginia Tilley.

C’est dans les territoires occupés et à Gaza, où vivent quelque 4,6 millions de Palestiniens, que l’apartheid apparait plus clairement, estime la professeure: «Là, il y a deux systèmes très distincts: un mur qui sépare les populations, des routes réservées aux juifs (colons), des lois civiles pour les juifs, d’autres – militaires – pour les arabes, des tribunaux pour les juifs, d’autres pour les Palestiniens. C’est une séparation totale». A cela s’ajoutent «une gestion discriminatoire de terres et de l’aménagement du territoire par des institutions nationales juives chargées d’administrer les ‘terres d’Etat’ dans l’intérêt de la population juive», et les «actes inhumains quotidiennement et systématiquement pratiqués par Israël en Cisjordanie», constate le document.

lundi 19 février 2018

Comme un safari : des soldats israéliens en jeep prennent en chasse un adolescent palestinien et lui tirent une balle dans la tête



Norman Finkelstein, Netanyahou est le vrai visage d'Israël (janvier 2018)

Il me semble que c’est Gideon Levy, le chroniqueur, qui a fait un commentaire l’autre jour que j’ai trouvé très intéressant. Il a dit : les Israéliens voient un type dans un fauteuil roulant – il a perdu ses deux jambes – à Gaza. Il tient un drapeau. Ils lui tirent une balle juste entre les yeux, un tireur d’élite. Tout le monde voit ça en vidéo. Il dit qu’aucun Israélien ne s’en est soucié. Puis un autre enfant est tué. Dans ce cas, le deuxième cas, un enfant est tué. Une troisième personne est tuée. Tout le monde s’en moque. Mais il y a une chose dont les Israéliens se soucient : la jeune fille, Ahed Tamimi, a giflé un soldat israélien. Cela provoque l’hystérie. Comment un Palestinien ose-t-il gifler un soldat israélien ? Mais les atrocités quotidiennes...



Retour à la case prison pour Ahed Tamimi 
Par Luis Lema, le 13 février 2018 - Le Temps

Après une première séance, à huis clos, devant un tribunal militaire, la jeune Palestinienne a été remise en détention. Une initiative en sa faveur a recueilli plus d’un million et demi de signatures

Fadi Quran refait rapidement le calcul: douze chefs d’inculpation ont été retenus contre la jeune Palestinienne Ahed Tamimi et, pour l’instant, douze témoins (tous des militaires) ont été désignés pour être appelés à la barre. A raison d’une séance par mois, le procès devrait durer au moins deux ans. D’ici là, celle qui s’est convertie en jeune passionaria de la Palestine aura largement atteint sa majorité. Et la ferveur internationale qui s’est soulevée en sa faveur pourrait fort bien être retombée. (...)
Depuis l’an 2000, quelque 12 000 enfants palestiniens auraient été détenus dans les prisons israéliennes, où ils seraient actuellement 371 (313 selon les autorités israéliennes).
Source (et suite) du texte : Le Temps

Derrière la gifle d’Ahed Tamimi : la tête de son cousin fracassée par la balle d’un soldat israélien, 
Par Gideon Levy, le 5 janvier 2018 - Haaretz / Arrêt sur info
Juste avant que l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi gifle l’un des soldats qui avaient envahi la cour de sa maison, elle avait appris que son cousin Mohammed, âgé de 15 ans, avait reçu une balle dans la tête à bout portant.
Source (et suite) du texte : Arrêt sur info

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Comme un safari : des soldats israéliens en jeep prennent en chasse un adolescent palestinien et lui tirent une balle dans la tête
Par Gideon Levy, le 9 février 2018 - Haaretz / Taxcala (tard.)

L'endroit où Laith Abu Naim a été tué, dans le village d'Al-Mughayyir en Cisjordanie. 
Photo Alex Levac

Un garçon qui jetait des pierres sur des jeeps de Tsahal a été puni : un soldat l’a exécuté. C’était la troisième fois ces dernières semaines que les soldats [israéliens, ndlr] ont visé la tête des lanceurs de pierres à la tête.

Le champ d’exécution sommaire du jeune Laith Abu Naim est un terrain vague dans le village reculé d’Al-Mughayyir, au nord de Ramallah. Quelqu’un a prévu un jour d’ y construire une maison, mais n’a pas pu aller plus loin que des tiges de fer et un mur de soutènement. Le garçon a couru pour sa vie entre les tiges, poursuivi par deux jeeps blindées des Forces de défense israéliennes. La chasse s’est terminée lorsque la porte de l’un des véhicules s’est ouverte et qu’un soldat a pointé son fusil droit sur le front de Laith à une distance de 20 mètres. Il a tiré une balle, tuant l’adolescent,  de la même façon qu’un animal est traqué et abattu lors d’un safari.

Un garçon de 16 ans qui rêvait de devenir gardien de but a jeté des pierres sur une jeep et a subi la punition par un soldat : l’exécution, peut-être pour lui donner une leçon, peut-être comme vengeance. La balle en acier enveloppée de caoutchouc a frappé exactement le point visé – le front du garçon, au-dessus de son œil gauche – et a eu le résultat escompté: Laith est tombé à terre et est mort peu après. L’excellent tireur d’élite des FDI aurait pu viser ses jambes, utiliser des gaz lacrymogènes ou tenter de l’arrêter d’autres façons. Mais il a choisi, dans ce qui semble être un modèle presque standard dans les dernières semaines dans ce domaine, de lui tirer un coup directement à la tête.

C’est ainsi que les soldats ont tiré sur deux jeunes hommes du nom de Mohammed Tamimi, l’un de Nabi Saleh, l’autre d’Aboud, blessant gravement les deux jeunes. Le second est toujours hospitalisé dans un état grave dans un hôpital de Ramallah; le premier, avec une partie de son crâne en moins, se remet à la maison.

Laith Abu Naim repose maintenant dans le cimetière de son village.

samedi 4 novembre 2017

Balfour, cent ans après : la réalité qui continue de couvrir Israël de honte



Lord Rothschild explique comment sa famille a participer à la création d'Israël  (2017)


Foreign Office – 2 novembre 1917
Cher Lord Rothschild,
J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.
« Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays. »
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.
Arthur James Balfour

Commentaire :
“Une nation a offert à une autre nation le territoire d’une troisième ” Arthur Koestler


Balfour, cent ans après : la réalité qui continue de couvrir Israël de honte
Par Peter Oborne, 02 novembre 2017 - Arrêt sur info (trad.)

Peter Oborne a été élu meilleur journaliste indépendant de l’année 2016 à l’occasion des Online Media Awards. Il a également été élu Chroniqueur britannique de l’année en 2013. Il a démissionné de son poste de chroniqueur politique du quotidien The Daily Telegraph en 2015. Il a publié de nombreux livres dont Le triomphe de la classe politique anglaise, The Rise of Political Lying et Why the West is Wrong about Nuclear Iran.

Photo prise en octobre 2017 : la route du haut est réservée aux véhicules israéliens, le tunnel aux Palestiniens (MEE)

Un siècle après la Déclaration Balfour, le traitement réservé aux Palestiniens n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.
Par Peter Oborne, le 29 Octobre 2017

CISJORDANIE OCCUPÉE – Il y a exactement cent ans aujourd’hui, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour écrivait sa célèbre lettre [#] à Walter Rothschild, dans laquelle il promettait l’aide de la Grande-Bretagne pour créer un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine.
L’actuelle Première ministre, Theresa May, soutient que la Déclaration Balfour a été « l’une des lettres les plus importantes de l’histoire ». Elle a entraîné en à peine trois décennies la création de l’État d’Israël. Il n’est donc pas étonnant que Benyamin Netanyahou se soit envolé pour Londres afin de célébrer l’anniversaire de cette lettre.
Il est compréhensible que les dirigeants palestiniens n’aient pas été conviés. En fait, ils n’ont même pas été consultés.
Cette décision est injuste. La Déclaration Balfour n’a pas seulement promis d’offrir une patrie aux juifs. Elle a également promis que « rien ne serait fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des communautés non juives existantes en Palestine ».
Cette promesse a-t-elle été tenue ?
Je me suis rendu en Israël et en Cisjordanie pour le découvrir. Le traitement réservé aux Palestiniens dont j’ai été témoin n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.

jeudi 2 novembre 2017

Israël est déjà un Etat d’apartheid

Ne parlons plus de ‘terrain glissant’ – Israël est déjà un Etat d’apartheid : 
Par Neil Mcdonald, le 24 octobre 2017 - CBC News Canada / Djazairi (trad.)


Depuis l’élection de Donald Trump, la colonisation se poursuit avec un enthousiasme renouvelé.

Le moment est venu d’appeler un chat un chat. Il est temps d’être d’accord avec une longue liste de leaders politiques, universitaires et personnages publics israéliens de droite comme de gauche, dont trois anciens premiers ministres, un lauréat du prix Israël, deux anciens chefs du service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet, et un des principaux journaux du pays qui ont tous prévenu que l’Etats juif était en train de devenir, ou est déjà, un Etat d’apartheid.

Je choisirais cette dernière caractérisation.

Il est intéressant de constater que, dans le discours israélien, cette affirmation semble être devenue routinière, alors qu’elle reste sulfureuse en Occident, où des activistes pro-israéliens consacrent beaucoup d’anergie à scruter les médias, le monde universitaire et le discours politique, prêts à accuser d’antisémitisme ou d’incitation [à l’antisémitisme] dès que ce mot est utilisé.

Songez à l’indignation et au venin dont a été accablé l’ancien Président Jimmy Carter, sous les auspices duquel l’accord de paix entre l’Egypte et Israël avait été signé, quand il a intitulé son livre de 2006 « Palestine: la Paix, pas l’apartheid. »

Soudainement, Carter était passé du statut de lauréat du prix Nobel de la paix et d’homme d’État à celui de vieil homme sous l’emprise des terroristes, du moins aux yeux des partisans d’Israël, dont une fraction importante de ses propres troupes, les Chrétiens évangéliques américains.

Un chat est un chat

Mais la réalité est la réalité, et un chat un chat. Comme l’avait dit feu Yossi Sarid, longtemps dirigeant du parti israélien Meretz et ancien ministre de l’éducation : « Ce qui agit comme un apartheid, est gouverné comme un apartheid et harcèle comme un apartheid, n’est pas un chat – c’est l’apartheid. »

En juin dernier, l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak a réaffirmé la position qui est la sienne depuis des années : « si nous continuons à contrôler l’ensemble du territoire de la Méditerranée au fleuve Jourdain où vivent quelque 13 millions de personnes – huit millions d’Israéliens et cinq millions de Palestiniens… si une seule entité gouvernait toute cette région, nommée Israël, elle deviendrait inévitablement – c’est le mot clef, inévitablement – soit non juive, soit non démocratique. » Le pays est, répétait-il, « sur une pente glissante » qui se terminera en apartheid.

jeudi 10 août 2017

Comment Gaza a été réduit à une enclave invivable

Comment Gaza a été réduit à une enclave invivable
Par Michael Lynk, rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme, le 24 juillet 2017 - Al-Jazeera / Chronique Palestine 

Des petits Palestiniens remplissent des jerrycans avec de l'eau potable dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 11 juin 2017 - Photo : Abed Rahim Khatib/Flash90

Michael Lynk – Comment peut-on vivre dans un endroit où on a l’électricité seulement quelques heures par jour, et l’eau seulement huit heures tous les quatre jours ?

Gaza et Tel Aviv se trouvent à seulement 75 kilomètres l’une de l’autre. Les deux villes partagent le même sol sablonneux et les mêmes étés brûlants du Levant. Mais les similitudes s’arrêtent là. Si on prenait la nuit une image satellite de la Méditerranée orientale on verrait sur Tel Aviv un flamboiement de lumière incandescente, et seulement quelques petites lumières pâles, un peu plus loin, sur le rivage de Gaza.
Gaza arrive dans son troisième mois de la restriction, imposée de l’extérieur, de son accès déjà insuffisant à l’électricité.
L’enclave de deux millions de personnes nécessiterait normalement environ 450 mégawatts (MW) d’électricité par jour pour avoir de l’électricité 24 heures sur 24. Cependant, au cours de la dernière décennie, du fait du rigoureux blocus israélien de Gaza, sa fourniture d’énergie est passée à quelque 200 MW, ce qui a entraîné des pannes de courant continuelles. Mais au cours des derniers mois, selon l’organisation israélienne des droits humains Gisha, la fourniture d’électricité de Gaza a varié chaque jour entre 140 MW et 70 MW, rallongeant d’autant les pannes et les souffrances de la population.
La première cause de la pénurie d’électricité réside dans le différend entre l’Autorité palestinienne (AP) et le Hamas sur la taxation des carburants. Cela a incité l’Autorité palestinienne à demander à Israël de réduire les 120 MW qu’il vendait quotidiennement à Gaza, à environ 70 MW, et Israël l’a fait.

Une deuxième source d’électricité de Gaza est l’unique centrale électrique de Gaza, qui ne peut produire que 50-55MW par jour (et seulement, quand il est possible d’importer du carburant d’Egypte). La centrale électrique a été gravement endommagée par les bombardements israéliens en 2006 et à nouveau en 2014, et Israël a limité l’entrée de pièces de rechange à Gaza. Si l’usine était entièrement opérationnelle, elle pourrait produire environ 140 MW.

samedi 22 juillet 2017

Non, l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé

Non, l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé
Par Sylvain Cypel, le 19 juillet 2017 - Orient XXI


« Nous ne céderons rien aux messages de haine, à l’antisionisme parce qu’il est la forme réinventée de l’antisémitisme ». On ne sait si, par ces mots, le président Emmanuel Macron a simplement espéré gagner opportunément les faveurs de Benyamin Nétanyahou, qu’il accueillait aux cérémonies de commémoration de la déportation des juifs parisiens en juillet 1942, ou s’il a énoncé une conviction plus profonde. Mais dans les deux cas, il a eu tort. Espérer séduire Nétanyahou en cédant à son verbe n’est qu’un leurre — demandez à Barack Obama ce qu’il en pense. Quant au fond, l’assimilation de l’antisionisme à une nouvelle mouture de l’antisémitisme est une erreur funeste. Cette assertion est l’une des clefs de voûte depuis des décennies de la hasbara, la communication israélienne. Et plus Israël s’enfonce dans la domination coloniale d’un autre peuple, les Palestiniens, plus l’assertion « antisionisme égal antisémitisme » est répétée pour stigmatiser quiconque critique cette domination.

En soi, la méthode consistant à délégitimer la critique en démonisant son auteur est vieille comme la politique. Ainsi Joseph Staline et ses émules assimilaient-ils toute critique du communisme soviétique à du « fascisme ». Si les fascistes étaient viscéralement anticommunistes, cela ne faisait pas de tous les contempteurs du régime soviétique des fascistes. Mais les staliniens continuaient à vilipender leurs adversaires, sans distinction, sous ce vocable infamant. Aujourd’hui, un Robert Mugabe, au Zimbabwe, qualifie régulièrement ses adversaires de « défenseurs de l’apartheid ». Que des racistes patentés figurent parmi les dénonciateurs de l’autocrate zimbabwéen est évident. Mais que tous soient des nostalgiques de la ségrégation raciale est une accusation délirante et dérisoire. On pourrait multiplier les exemples.

Il en va de même de l’idée selon laquelle l’antisionisme serait la version moderne de l’antisémitisme. D’abord parce que l’antisionisme n’est pas une idéologie très définie. Historiquement, il a consisté à récuser l’idée d’une solution nationaliste à la question juive. Aujourd’hui, il y a en Israël des gens qui se disent antisionistes par simple hostilité à une occupation des Palestiniens menée au nom même du sionisme. D’autres se disent « post-sionistes » parce qu’à leurs yeux, l’ambition du sionisme étant la constitution d’un État juif, son existence annule d’autorité la nécessité du sionisme. Je connais enfin des Israéliens tout à fait sionistes qui sont si révulsés par la politique de Nétanyahou qu’ils se disent honorés d’être traités d’« antisionistes » par un gouvernement d’extrême droite raciste et colonialiste. Ces derniers remplissent par exemple les rangs d’une ONG comme Breaking the Silence, qui regroupe des soldats dénonçant les crimes commis par leur armée contre des Palestiniens et dont plusieurs des dirigeants sont des officiers et aussi des juifs pieux. Ils ne sont pas antisémites. Ils sont même l’honneur d’Israël. Quant à moi, je considère le sionisme comme une question philosophiquement désuète. En revanche, si le sionisme, comme le prône Nétanyahou, consiste à exiger la reconnaissance d’Israël pour mieux empêcher le droit des Palestiniens à l’autodétermination, alors je suis antisioniste. Serais-je donc antisémite ?

Bref, que l’on trouve parmi les antisionistes d’aujourd’hui des gens projetant sur Israël leur antisémitisme atavique ou récent ne fait aucun doute. Mais que l’antisionisme soit en tant que tel une idéologie antisémite est une idée infamante et erronée. Et puis, il y a plus grave. Il y a chez Nétanyahou non seulement cette utilisation abusive de l’accusation d’antisémitisme, mais aussi cette sidérante propension à s’entendre avec de vrais antisémites lorsque ça l’arrange. Au moment où vous-même, M. le Président, cautionniez sa thèse, le New York Times publiait un article d’opinion d’une journaliste et traductrice israélienne, Mairav Zonszein, accusant ouvertement son premier ministre de collusion avec celui de la Hongrie, Viktor Orban, un homme qui laisse proliférer l’antisémitisme parmi ses partisans.

lundi 13 février 2017

Loi israélienne sur les colonies : de l’occupation à l’annexion



Abby Martin, Le terrorisme israélien dans les territoires occupés (Les Fichiers de l'empire, TeleSur, janvier 2017)


Le terrorisme israélien dans les territoires occupés
La vie quotidienne dans « la seule démocratie du Moyen-Orient »
Par Sayer Hasan, le 12 février - Sayed Hasan

Alors qu’Israël vient de voter une loi légalisant le vol de terres palestiniennes dans les territoires occupés, une réalité constante depuis 1967, ce documentaire d’Abby Martin nous rappelle que le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants Palestiniens est de facto autorisé et même encouragé et encensé en Israël, tant pour les soldats de Tsahal, « l’armée la plus morale du monde », que pour les colons. A quand une loi qui donnera la force du droit à cet état de fait ? Et, pourquoi pas, qui octroiera une récompense pour le « scalp », la tête ou la dépouille carbonisée des autochtones, seul moyen d’édifier un « Etat juif » suprématiste purifié de la présence des Arabushim ? Les « djihadistes juifs », comme les appelle Norman Finkelstein, sont bien les parfaits équivalents des « djihadistes wahhabites » de Daech, assassins fanatisés.

Les Palestiniens sont constamment menacés, agressés et soumis à des traitements inhumains et dégradants dans les bantoustans invivables qui leur sont réservés (jusqu’à ce que des colons décident de s’approprier leurs terres et occupent ou détruisent leurs maisons), condamnés à une existence misérable qui n’est qu’une mise à mort à petit feu. Bien que les médias aux ordres nous épargnent aujourd’hui ces images, elles n’en sont pas moins quotidiennes et immuables depuis des décennies. Les innombrables condamnations des crimes de guerre israéliens par les instances internationales et les associations de défense des droits de l’homme n’ayant jamais été suivis de mesures concrètes (sanctions économiques, embargo sur les armes, mandats d’arrêt internationaux, etc.), Tel-Aviv peut poursuivre sa politique de colonisation en toute impunité et faire affront à toute l’humanité.

Il est aujourd’hui évident que la solution à deux Etats, qui a toujours été rejetée tant par les dirigeants que par les citoyens juifs israéliens, est définitivement morte, et que le silence, l’inaction et/ou la complicité de la communauté internationale ne laissent aucun autre recours aux Palestiniens que l’Intifada et la résistance armée, droit sacré et inaliénable, et même devoir indispensable face à une force occupante qui recourt systématiquement à la terreur.

Abigail Suzanne « Abby » Martin, née en 1984, est une journaliste US-américaine. Elle est la présentatrice de The Empire Files, un programme d'information et d’investigation hebdomadaire sur téléSUR en anglais. Elle a été autrefois l’animatrice de l’émission Breaking the Set pour RT America, travaillant depuis les bureaux de Washington DC. Avant d’animer sa propre émission, elle avait travaillé pendant deux ans comme correspondante de RT America.
Martin est aussi une artiste et une militante, et a contribué à la création du site de journalisme citoyen Media Roots. Elle siège au conseil d'administration de la Media Freedom Foundation qui gère le Projet Censuré. Martin apparait dans le film documentaire Projet Censuré le Film : Terminer le règne des Informations-Malbouffe (2013) et co-réalisé 99%: Le Film Collaboratif Occupy Wall Street (2013).
  
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Loi israélienne sur les colonies : de l’occupation à l’annexion
Par Meron Rapopor, le 10 février 2017 -  MEE / Arrêt sur info (trad.)

Pendant 50 ans, Israël fut ambigu sur sa domination de la Cisjordanie. La nouvelle loi sur les colonies laisse tomber le flou et se rapproche de l’apartheid. [C’est pire qu’une politique d’apartheid et de colonisation, ndlr]

En mars 2012, Yaakov Kats, l’un des extrémistes du parti d’extrême-droite « Unité nationale », avait une idée simple.
Afin de résoudre le problème des colonies et des « avant-postes » qui avaient été construits sur des terres privées palestiniennes en Cisjordanie sans autorisation officielle israélienne, une loi devrait être promulguée qui permettrait à Israël de confisquer ces terres à leurs propriétaires.
Bref, une loi pour légaliser le vol.
À ses débuts, le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait bloqué cette initiative, perçue comme une violation flagrante de l’engagement autodéclaré d’Israël à l’égard du droit international.
Cinq ans plus tard, Katz n’est plus membre de la Knesset et son parti n’existe plus, mais sa loi a survécu.
Avec la bénédiction de Netanyahou – ce même Premier ministre qui l’avait recalée auparavant –, la loi de confiscation de Katz est passée avec une majorité confortable au parlement israélien en début de semaine.
Même si la cour suprême israélienne invalide cette loi de confiscation – euphémiquement appelée loi de « normalisation » –, son histoire raconte l’évolution de la carte politique d’Israël : comment des idées qui, il y a quelques années seulement, semblaient radicales et marginales, sont maintenant largement admises.

Quelque chose de vieux, quelque chose de nouveau

La confiscation des terres privées palestiniennes n’est bien entendu pas une nouveauté dans l’histoire israélienne. Juste après la guerre de 1948, environ quatre millions de dunams appartenant à des Palestiniens ayant fui ou ayant été déportés pendant la guerre ont été confisqués par la fameuse loi sur la propriété des absents.
Un tiers des zones palestiniennes de Jérusalem-Est annexées après la guerre de 1967 ont été confisquées pour la construction de quartiers réservés aux Israéliens.
Presque toutes les colonies de Cisjordanie ont été construites sur 90 000 hectares de terres qu’Israël a déclarées unilatéralement comme étant des « terres publiques ».
La « loi de confiscation » nouvellement adoptée peut donc sembler une évolution mineure de cette tradition problématique. Pourtant, un tel point de vue passe à côté des changements politiques majeurs survenus en Israël au cours des dernières années.
Depuis la guerre de 1967, Israël insiste sur son attitude ambiguë vis-à-vis des zones qu’il occupe en Cisjordanie et à Gaza.
D’une part, il a refusé d’annexer la Cisjordanie et Gaza, appliquant « volontairement » la quatrième Convention de Genève qui garantit la protection des populations civiles sous occupation. Dans les innombrables cas où les Palestiniens ont fait appel aux tribunaux israéliens, ils auraient été traités conformément à cette convention.
Toutefois, en même temps, Israël a refusé de reconnaître que la Cisjordanie et Gaza étaient des zones occupées au sens strict du terme. Cela lui a permis d’installer des centaines de milliers de ses citoyens dans les territoires occupés, ce qui est strictement interdit selon cette même Convention.
Cette ambiguïté a servi Israël au niveau international, lui permettant de prétendre que son contrôle de la Cisjordanie était ouvert à la négociation et même de présenter les colonies comme temporaires.
Mais elle était encore plus importante sur le front national : elle a sauvé les différents gouvernements israéliens du choix difficile entre l’annexion de la Cisjordanie et de ses 2,5 millions de Palestiniens ou le retour aux frontières de 1967.

lundi 16 janvier 2017

Les colonies israéliennes constituent un crime de guerre

MAJ de la page : Norman Finkelstein

"Les Etats-Unis reconnaissent que les colonies israéliennes constituent un crime de guerre"
Interview de Norman Finkelstein sur la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, par Philipe Weiss, le 4 ajnvier 2017 - Norman Finkelstein / Sayed Asan



Durant un vote retentissant à l’ONU, Obama a changé sa politique sur les colonies israéliennes, les considérant comme un crime de guerre

Durant les fêtes de fin d’année, j’ai eu deux conversations téléphoniques avec Norman Finkelstein au sujet de la résolution historique 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 23 décembre, qui qualifiait les colonies israéliennes de violations flagrantes du droit international. La transcription est légèrement raccourcie.

Philip Weiss : Dites-moi ce que vous pensez de la résolution.

Norman Finkelstein : Tout d’abord, en parlant strictement du texte de la résolution et non de sa résonance ou de son importance politiques (sur lesquelles je vais revenir), c’est une assez bonne résolution et nous devrions être clairs à ce sujet. Et textuellement, je la compterais comme une victoire. Pour les raisons suivantes.

Premièrement, le texte commence par réaffirmer explicitement le principe de « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force ». C’est un fait important pour la raison suivante. Lorsque cette déclaration a été inscrite dans le préambule de la résolution 242 des Nations Unies [en novembre 1967], Israël a farouchement protesté contre l’inclusion de ce principe, reconnaissant qu’il anticipait une révision territoriale, ce qui signifiait qu’Israël allait devoir rendre chaque pouce de territoire acquis par la force. Israël a plus tard obtenu une sorte de compensation avec la suppression de l’article défini « les » devant « territoires » dans le texte de la résolution [la phrase « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés dans le récent conflit » est devenue « retrait des forces armées israéliennes de territoires occupés dans le récent conflit »]. Israël a réussi à déplacer tout le débat pendant plusieurs décennies, en se concentrant exclusivement sur la suppression de l’article défini. Et ce sont les États arabes qui ont toujours insisté sur le fait qu’il fallait également considérer le préambule qui établissait l’inadmissibilité de l’acquisition du territoire par la force.

vendredi 13 janvier 2017

La « banalité du mal » dans le colonialisme israélien

Le criminel Azaria met à nue la « banalité du mal » dans le colonialisme israélien
Par Neve Gordon, politologue et historien israélien, le 6 janvier 2017 - Aljazeera / Chronique de Palestine (trad.)

Neve Gordon – Elor Azaria n’est pas une pomme pourrie. Son assassinat d’un Palestinien expose la normalisation du projet colonial israélien.

Ce n’est pas une coïncidence si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu – suivi ensuite d’une foule de ministres et de membres de la Knesset – a demandé une grâce présidentielle pour le soldat israélien Elor Azaria.
Azaria a été reconnu coupable d’homicide involontaire après avoir visé et tué de sang-froid Yusri al-Sharif, alors que celui-ci était étendu blessé au sol.

Cette mobilisation exceptionnelle pour blanchir Azaria de son crime – mobilisation qui traverse les lignes partisanes et inclut les députés du Parti travailliste – ne devrait en aucun cas nous surprendre, car la grâce présidentielle exigée ne consiste pas vraiment à absoudre un meurtrier en particulier mais plutôt à défendre 50 ans d’occupation.
Consciemment ou non, chaque officiel du gouvernement qui demande une telle absolution comprend qu’Azaria n’est en aucune façon une aberration du projet colonial israélien, mais plutôt un clair symptôme de sa structure même.

Ceux qui ont assisté au meurtre on un comportement des plus révélateurs



Extrajudicial killing in broad daylight, Hebron, March 2016 - Attention images choquantes

Les spectateurs témoignent de l’effet de ce système. La vidéo publiée par l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem nous montre d’abord Al Sharif étendu sur le sol, blessé, alors que des dizaines de soldats et de colons se tenaient près de lui en train de bavarder, de parler au téléphone et de prendre des photos.
Plusieurs médecins sont sur les lieux, mais ils ne tiennent aucun compte du blessé palestinien. En effet, l’un de ces médecins est le tueur.

Après le meurtre, aucun des spectateurs ne semble surpris. Personne ne s’en prend à Azaria et l’éloigne de la scène, personne ne court vers al-Sharif pour voir s’il peut être maintenu en vie. Bien au contraire, les spectateurs continuent simplement de discuter entre eux.
La nonchalance quotidienne de ceux qui se tiennent à quelques mètres d’un crime en train d’être commis peut certainement être comprise comme une manifestation de ce que Hannah Arendt a appelé la « banalité du mal ».
Pourtant, elle révèle aussi profondément quelque chose de crucial sur la structure du projet colonial d’Israël.

vendredi 6 janvier 2017

L’eau sale dans les “guerres propres” occidentales

Israël mène une véritable « guerre de l’eau » en Palestine
Par Muna Dajani, le 3 janvier 2017

Assécher la Palestine : la guerre systémique de l’eau d’Israël

Rappels :
- Israël pratique une politique systémique de destruction des ressources palestiniennes en eau et montre qu’il est prêt à contrevenir aux Conventions de Genève en se servant de l’eau comme outil de coercition et de contrôle.
- Au cours des opérations militaires, Israël a ciblé l’infrastructure de l’eau en Cisjordanie comme à Gaza, perpétuant les crises humanitaires.
- Les sept années de siège israélien sur Gaza doivent être considérées comme faisant partie de la guerre de l’eau, puisqu’en empêchant l’accès aux matériaux de réparation, de maintenance ou de développement de l’infrastructure de l’eau, Israël perpétue les dommages causés pendant les périodes d’attaque.
- La guerre de l’eau paralyse le développement en Cisjordanie et à Gaza, et provoque des pertes économiques dans l’agriculture et l’industrie, ainsi que des risques sanitaires à long terme.
- La restriction de l’accès palestinien à l’eau transforme ce qui fut la ressource gérée par la communauté en une marchandise et menace de modifier la relation entre les Palestiniens et leur terre.
Source (et suite) du texte : Chronique de Palestine

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« Les Casques blancs » participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens
Par Moon of Alabama, le 4 janvier 2017

Le 22 décembre, l’approvisionnement en eau de Damas a été soudainement contaminé par du diesel et n’est plus consommable.

« Les Casques blancs » financés par GB/USA participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens
Le blocus de l’eau de Wadi Barada qui assoiffe 5 millions de personnes à Damas prend une tournure intéressante. L’organisation des Casques blancs financée par les États-Unis et le Royaume-Uni semble y être directement impliquée. Cela augmente le soupçon que le blocage illégal de l’eau que subissent les civils de Damas fait partie d’une campagne organisée par les États-Unis. La campagne a pour but de saboter le fonctionnement des services publics dans les zones tenues par le gouvernement en représailles pour la libération d’Alep-Est.
Source (et suite) du texte : Moon of Alabama / Arrêt sur info (trad.)

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L’eau sale dans les “guerres propres” occidentales
Par Maxime Chaix, le 5 janvier 2016 - Mediapart

De l'Irak à la Yougoslavie, de l'Afghanistan à la Libye, du Yémen à la Syrie, les guerres ouvertes ou secrètes de l'Occident ont impliqué le ciblage militaire systématique des infrastructures fournissant l'eau potable aux populations. Des millions de personnes en ont été durement affectées. Une plongée dérangeante dans les méandres des « guerres propres » des puissances occidentales.

L’instrumentalisation de l’eau dans les conflits armés est une tactique plurimillénaire. Selon le géographe Philippe Boulanger, dès l’Antiquité, « le détournement des eaux [est] recommandé par le stratège chinois Sun Tse dans L’Art de la guerre (Ve siècle av. J.-C.), ou par le stratège romain Frontin dans Les stratagèmes (Ier siècle apr. J.-C.) ». D’après l’historien Jean-Nicolas Corvisier, il existe dans la Grèce antique « une certaine conscience de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas durant les conflits (…) : ne pas utiliser des armes interdites ; ne pas empoisonner les eaux ; ne pas priver d’eau une Cité (…) Toutefois, si ces pratiques sont réprouvées, elles sont loin d’être inconnues. Certaines ont même fini par se banaliser avec le temps. (…) En revanche, l’interdit sur l’empoisonnement des eaux est beaucoup plus respecté ». 2 500 ans plus tard, et malgré le développement du Droit international humanitaire depuis un siècle et demi, le recours à des tactiques illégales qui transforment l’eau en arme est une constante dans les guerres occidentales, qu’elles soient ouvertes (Irak, Kosovo, Libye...) ou clandestines (Yémen, Syrie...).

mardi 27 décembre 2016

Et les sanctions contre Israël, c’est pour quand ?

MAJ de la page : Israël, Palestine



La résolution 2334 de l’ONU condamne la colonisation israélienne
Le 26 décembre 2016 - Ligue des Droits de l'Homme / Les Crises

Les Palestiniens ont remporté une victoire diplomatique symbolique majeure ce vendredi 23 décembre 2016. Certes elle ne change pas grand chose à leur sort actuel. On peut espérer qu’elle puisse faciliter le boycott des produits des territoires occupés.

L’abstention d’Obama

Cette résolution a été rendue possible grâce à la décision du président américain de ne pas opposer son veto à une résolution condamnant la colonisation israélienne en Cisjordanie, ce qui est une première depuis des décennies. Le texte a été voté à l’unanimité (14 voix) moins l’abstention américaine.
Les dirigeants palestiniens saluent « une victoire du droit international » alors que les responsables israéliens la dénoncent comme « honteuse », voire « antisémite » [!]

Une résolution qui confirme la résolution 465 de mars 1980

La résolution affirme que l’établissement de colonies israéliennes des territoires occupés « constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la mise en œuvre de la solution à deux États et à l’instauration d’une paix totale, juste et durable ». Elle demande donc à Israël de « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est et de respecter toutes ses obligations légales dans ce domaine ». Samantha Power, la représentante américaine à l'ONU, a affirmé dans son explication de vote que « le problème de la colonisation est devenu si grave qu’il met en péril la viabilité même de la solution à deux États ».
La France elle a su faire le bon choix. L'AFPS rappelle qu'elle "doit maintenant honorer son engagement d’une reconnaissance pleine et entière de l’Etat de Palestine, engagement renouvelé par l’Assemblée nationale et le Sénat. Le Président de la République doit saisir ce moment pour faire aboutir ce qui selon les termes de Laurent Fabius en 2014, « n’est pas une faveur, pas un passe-droit, mais un droit » ".
Dans une déclaration collective la LDH déclarait « Il faut s’en prendre directement à la colonisation en interdisant l’entrée des produits des colonies sur le sol français et en interdisant toute relation d’affaires en rapport avec la colonisation ». Cette résolution peut y contribuer.
La Ligue des droits de l’Homme est membre de la Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine et du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens qui se battent pour un accord de paix fondé sur le plein respect du droit international permettant la constitution, à coté de l’Etat d’Israël, d’un Etat palestinien libre et souverain avec Jérusalem comme capitale de chaque Etat.

A propos des réactions israéliennes (insensées) lire aussi : Après la banalisation de l’islamophobie, une immonde parole faisant le jeu des antisémites non sanctionnée, le 27 décembre 2016, Les Crises

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Palestine : Le texte de la résolution 2334 (2016) du 23 décembre 2016
Par Gilles Devers, le 26 décembre 2016 - Actualités du droit

Tout le monde en parle, mais qui l’a lue ? Vous trouverez ci-dessous, le texte complet de la résolution 2334 du 23 décembre 2016 du Conseil de sécurité sur la situation en Palestine. Du grand classique, qui rappelle les notions les plus établies, et qui est pourtant dénoncée par les dirigeants d’Israël comme une trahison absolue… trahison absolue de la part des États-Unis qui – sous l’initiative d’Obama – viennent de lui voter un plan militaire d’aide de 38 milliards de dollars sur dix ans, un record… Et à nouveau l’incantation de deux États alors qu’Israël ne veut renoncer à aucune colonie, ne veut pas de capitale palestinienne à Jérusalem, ne veut pas de continuité territoriale entre la Cisjordanie et Gaza, et rejette le droit au retour des réfugiés.

Tant que la cause palestinienne avancera à la vitesse de l’ONU… L’irresponsable ONU qui a proposé le plan de partage, a admis l’État Israël fondé sur une conquête militaire en 1949, et attend 2012 pour conférer à la Palestine le statut anecdotique d’ « Etat non-membre »… Pathétique et dramatique, car c’est la vie d’un peuple… L’un des peuples plus anciens de l’histoire de la planète…



Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions sur la question, notamment les résolutions 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003) et 1850 (2008),

Guidé par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et rappelant notamment que l’acquisition de territoire par la force est inadmissible,

jeudi 29 septembre 2016

Les colons (la prophétie, la rédemption)


Les colons (1/2)
De Shimon Dotan (Canada, 2014)
La prophétie

Une exploration en profondeur de l'histoire des communautés de colons, qui exercent une influence déterminante et controversée sur le futur d'Israël. Premier volet : la prophétie. En 1967, la victoire d'Israël lors de la guerre des Six Jours et sa mainmise sur Jérusalem-Est et la Cisjordanie offrent de nouvelles perspectives à ceux qui rêvent de retrouver la "Judée-Samarie" biblique.

1. La prophétie

Plus de quatre mille en 1977 en Cisjordanie, près de quatre cent mille aujourd'hui : les colons sont devenus incontournables, autant par leur implantation territoriale croissante que par leur impact idéologique et politique sur la société israélienne. En 1967, la victoire d'Israël lors de la guerre des Six Jours et sa mainmise sur Jérusalem-Est et la Cisjordanie offrent de nouvelles perspectives à ceux qui rêvent de retrouver la "Judée-Samarie" biblique. Certains, comme Hanan Porat (inspirateur des colonies), rétablissent le kibboutzim de leurs parents, évacués lors de la guerre d'indépendance de 1948; d'autres, comme les disciples du grand rabbin Kook, voient dans le succès militaire un signe de Dieu appelant à une mission divine. Malgré les réticences du pouvoir en place, Naplouse, Hébron et Jéricho deviennent des villes à investir pour ceux qui se définissent comme des néopionniers. Sous l'impulsion du mouvement populiste Gush Emunim, le gouvernement comprendra vite son intérêt à inplanter des colonies militarisées au sein même des territoires palestiniens...

Motivations radicales

En 2016, la colonisation a pris des proportions si vertigineuses qu'elle conditionne littéralement la politique et l'identité d'Israël. Mais les films consacrés par le passé à ces implantations condamnées par les conventions de Genève se sont souvent focalisés sur leurs répercussions, plus rarement sur les forces idéologiques et historiques qui les ont impulsées. Après avoir interrogé les prisonniers palestiniens en 2006 (dans le très remarqué Le temps des prisonniers, déjà diffusé par ARTE), le réalisateur israélien Shimon Dotan analyse à nouveau l'impact d'une "communauté" sur la société qui l'a produite. Bénéficiant d'un accès sans précédent auprès des hommes politiques, des militants de la gauche et de l'extrême droite israéliennes, des premiers colons de l'après-1967 et des nouvelles générations, son documentaire explore en profondeur les motivations de chacun : radicaux, idéalistes, fanatiques messianiques, vrais croyants et opportunistes, tous vivant sur les lignes de faille d'un conflit ancestral. Un tour d'horizon imparable pour mieux comprendre les rouages d'un processus inquiétant.
Source : Arte

vendredi 5 août 2016

Apartheid israélienne

Honte sur l'armée "la plus morale du monde" (sic).



Rue réservée aux colons : des soldats israéliens jettent le vélo d’une petite Palestinienne
Le 3 août 2016 - RTFrance

Une scène d’humiliation a eu lieu dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, lorsque deux militaires israéliens armés ont fait fuir une fillette palestinienne de huit ans qui aurait roulé avec son vélo sur une route réservée aux colons.

Dans la vidéo, diffusée sur YouTube par l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, on voit l’un des officiers, armé, faire fuir la fillette de huit ans en pleurs. Un autre arrive ensuite, se saisit du vélo et le jette dans un buisson aux alentours.
La scène s’est déroulée le 25 juillet 2016 dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie.
Selon l’ONG, la petite fille, Anwar Burqan, avait «roulé sur la route pavée [de al-Ibrahimi], qui est réservée aux colons» israéliens. Les Palestiniens doivent, eux, emprunter un autre chemin de terre, depuis que les forces de sécurité israélienne ont séparé les deux voies par une clôture, en septembre 2012.

Malgré des protestations internationales, Israël continue régulièrement de construire de nouvelles colonies, illégales au regard de l’ONU, sur des territoires que l’Etat hébreu occupe depuis la guerre de 1967.
Aujourd'hui, plus de 500 000 colons israéliens sont implantés en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Outre B'Tselem, l'organisation Amnesty International a dénoncé, dans son rapport «Israël et territoires palestiniens occupés 2015/2016», les violations des droits de l'homme accompagnant le processus de colonisation, dont l'un des exemples est la construction de routes interdites aux Palestiniens et réservées aux colons.

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Occupant israélien : Violations quotidiennes des droits des Palestiniens
Par Staat van Beleg, le 26 juillet 2016 - Staat Van Beleg / ISM France (trad.)

Les effets quotidiens des violations des droits de l’homme, des discriminations et de l’oppression israéliennes contre les Palestiniens – 7611 infractions en une année, 590 dans le seul mois de juin 2016

jeudi 17 mars 2016

BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël)



On peut très bien ne pas penser comme moi, mais ce qui est dangereux, c'est de chercher à rendre illégales des manifestations pacifiques contre les politiques d'un régime étranger que l'on réprouve. 
Roger Waters parle de son engagement dans BDS, de la criminalisation du mouvement (Radio Canada, Tout le monde en parle, mars 2016)


« Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS) est une campagne internationale appelant à exercer diverses pressions économiques, académiques culturelles et politiques sur Israël afin d'aboutir à la réalisation de trois objectifs : la fin de l'occupation et de la colonisation des terres arabes, l'égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens.
Source : wikipedia
BDS / BDS France / BDS Suisse / BDS Belgique

Qu’est-ce que le boycott ?
Les campagnes de boycott sont les formes d’action les plus directes. Les actions de boycott aident à faire prendre conscience d’une situation aux gens, dans la rue, les magasins, chez eux. Dans son essence, le boycott est une arme des « sans-pouvoirs » contre les puissants.
Grâce au boycott, l’homme de la rue peut refuser de soutenir l’injustice et faire usage de son droit de choisir en tant que consommateur pour -dans ce cas- appuyer les exigences palestiniennes de liberté et de justice et exprimer son opposition aux positions politiques de son gouvernement et d’institutions. Ainsi le boycott est un moyen pour amener, par la pression d’en bas, des gouvernements et des institutions à réagir sur le plan politique. Parmi les différentes formes de boycott, à côté du boycott des marchandises, on trouve aussi le boycott universitaire et culturel comme le boycott dans le domaine des sports.
Source : BDS Suisse


Roger Waters réagit à la criminalisation en France  du boycott d'Israël
Par Roger Waters, le 28 janvier 2016 - Mondoweiss/ BDS France (trad.)

Mes chers citoyens,

Avec la plupart des membres de la société civile mondiale qui réfléchissent, ressentent et compatissent, je déplore l’occupation de la Palestine et l’assujettissement de toutes ses populations non juives. La discrimination pratiquée depuis 1947/48 par l’État d’Israël est inacceptable.

Je suis anti-raciste, anti-colonialiste, anti-guerre, anti-oppression et anti-discrimination.

Nous, les populations du reste de la société civile mondiale, avons toujours levé notre chapeau devant vous les Français pour avoir adopté la « Déclaration des Droits de l’Homme » en 1789. Dévoués comme vous l’étiez aux principes de Fraternité, d’Egalité et de Liberté, il y avait toujours, croyions-nous, dans votre coeur battant collectivement, un attachement à la défense des opprimés où qu’ils soient, même hors de France !

Aujourd’hui, j’ai lu avec horreur qu’un tribunal de chez vous a déclaré illégale une manifestation pacifique de supporters de BDS contre la politique du gouvernement actuel d’Israël, qui est raciste, oppressive et discriminatoire, déclarant que la manifestation elle-même était une discrimination et infligeant des amendes aux manifestants pacifiques.

C’est un triste jour pour la France et pour le système judiciaire français. S’opposer aussi fermement à BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) parce qu’il utilise les mêmes outils que ceux utilisés en Inde, au milieu du 20ème siècle, contre l’oppression de l’autorité britannique, et par les manifestants américains, noirs et blancs, dans le Sud des Etats-Unis sous Jim Crow, et aussi par les manifestants noirs et blancs du monde entier unis dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, c’est une tache sur la bonne réputation de la République française.

dimanche 8 novembre 2015

Yeshayahou Leibowitz, le "Prophète de la Colère"



"Autrement dit il y a des judéo-nazis ! LES JUDEOS-NAZIS EXISTENT !
- Cela vous choque ? 
- Je ne suis pas choqué je constate un fait. Si j'élève la voix c'est que des gens l'ignorent encore. C'est pourquoi je le crie bien fort : LES JUDEOS-NAZI EXISTENT !
- Vous dites cela parce que vous pensez que c'est la vérité ou bien par provocation ? 
- Parce que c'est la vérité." (à partir de 2'10'') (...)

Yeshayahou Leibowitz, né à Riga le 29 janvier 1903 et mort le 18 août 1994 est un chimiste, historien de la science, philosophe et moraliste israélien, considéré comme l'un des intellectuels les plus marquants de la société israélienne, et l'une de ses personnalités les plus controversées pour ses avis tranchés sur la morale, l’éthique, la politique, et la religion. Il fut rédacteur en chef de l'Encyclopédie Hébraique.
Source (et suite) du texte : wikipedia

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Un exemple récent :



"Réfugiés du camp d'Aida [Bethléem, octobre 2015], 
nous sommes l’armée d’occupation ! Si vous jetez des pierres, nous vous gazerons jusqu'à ce que vous mourriez tous : les enfants, les jeunes, les vieux. Vous mourrez tous, nous n'en laisserons pas un seul vivant. 
Nous avons arrêté l'un de vous, il est avec nous maintenant, nous l'avons enlevé de sa maison. Et nous allons l'abattre et le tuer sous votre regard si vous continuez à jeter des pierres. 
Rentrez chez vous ou nous vous gazerons jusqu'à ce que mort s'en suive. Vos familles, vos enfants, tout le monde. Nous vous tuerons ! Ecoutez-moi, rentrez tous à la maison, c'est mieux pour vous."

Discours de "l'armée la plus morale du monde" (selon l'expression de Benyamin Netanyahu) ou de "judéos-nazis" (selon celle de Yeshayahou Leibowitz) ?


Occupation de la Palestine, c’est quoi au quotidien ? C’est ça…
Par Sheren Khalel et Abed al Qaisi, le 30 octobre 2015 – Middle East Eye

BETHLEHEM, territoires palestiniens occupés – Yazan Ikhlayel, 17 ans, se trouvait dans un centre communautaire du camp de réfugiés d’Aida à Bethléem lorsque les forces israéliennes ont pris le camp d’assaut. Ikhlayel s’est servi de son iPhone pour filmer les jeeps israéliennes qui roulaient sur l’une des routes principales du camp en lançant des gaz lacrymogènes, quand un soldat s’est mis à parler aux résidents dans un des haut-parleurs de la jeep.

mardi 3 novembre 2015

Arte Reportage (Turquie, Daesh / Israel)



ARTE REPORTAGE (France, 2015)

Turquie : Daesh Erdogan, liaisons dangereuses ?
La Turquie a subi le 10 octobre dernier à Ankara l’attentat le plus meurtrier de son histoire. 102 morts, plus de 500 blessés.
C’est le troisième attentat commis depuis début juin par de jeunes djihadistes venus d’Adiyaman. Une ville de 200 000 habitants, située au sud-est de la Turquie. Un groupe de 21 bombes humaines en puissance est aujourd’hui recherché par la police.
Les familles de quatre de ces jeunes racontent avoir alerté pendant des mois les autorités pour dénoncer leurs propres enfants. En vain. Comment ce groupe terroriste a-t-il pu s’implanter et recruter en Turquie ? Comment ses membres ont-ils pu aller et revenir de Syrie sans être repérés par les services turcs ? Le pouvoir turc est accusé au mieux d’inaction, au pire de complicité.
Le Président Erdogan a exploité ces attentats pour justifier la répression des kurdes dans le sud du pays. Les affrontements ont fait 250 morts civils en trois mois. Une stratégie du chaos pour gagner aux élections législatives du 1er novembre la majorité absolue perdue en juin. Mais à quel prix ?

Israël : l’esplanade de tous les dangers
Octobre 2015. Jérusalem s’embrase à nouveau. Une vague d’attentats palestiniens entraîne une violente riposte israélienne.
Au cœur des tensions : l’Esplanade des Mosquées, le Mont du Temple pour les Juifs. Pour la jeunesse palestinienne, à l’avant-garde de la lutte, Al-Aksa est devenue la seule cause qui vaille, loin devant l’obtention d’un Etat palestinien ou le retour des réfugiés. Armée de pierres et parfois de couteaux, nourrie par les réseaux sociaux et des clips vidéos sur Internet, cette jeunesse se bat pour un sanctuaire qu’elle estime menacé. Même si le gouvernement israélien nie toute velléité de convoitise de cet espace sacré, de plus en plus de Juifs visitent l’Esplanade et revendiquent ouvertement leur intention de la conquérir. En outre, les mouvements sionistes religieux multiplient les implantations dans le quartier musulman de la vieille ville sous le regard laxiste des autorités.
Ces quelques centaines de mètres carrés, désormais au centre du conflit israélo-palestinien, déclenchent les passions et attisent les haines. Emeutes palestiniennes, camps de réfugiés, colonies juives, scènes d’attentats : en ce mois d’octobre 2015, rarement la tension n’aura été aussi vive.
Source : Arte





Une nouvelle intifada s'est-elle déclarée en Israël ? (France, 2, Ce soir ou jamais, le 16 octobre 2015)

dimanche 18 octobre 2015

Est-il dangereux de porter une kippa dans la rue en France ?



Est-il dangereux de porter une kippa dans la rue en France ? (France 2, Envoyé spécial, 16 octobre 2015)

Un juif qui porte aujourd’hui dans la rue une kippa, ce couvre-chef religieux, est-il en danger ? C’est ce qu’affirme une vidéo postée et visionnée par 5 millions de personnes sur internet. "Envoyé spécial" a enquêté.

En février 2015, le journaliste israélien Zvika Klein s’est filmé arpentant les rues de Paris coiffé d'une kippa blanche, un couvre-chef religieux juif. Une caméra était cachée dans le sac-à-dos de son photographe. Il en a fait une vidéo d’une minute et trente-six secondes intitulée "Marcher 10 heures dans Paris en tant que juif".
On l’y voit marcher en silence, de la tour Eiffel à la Goutte-d’Or, dans le XVIIIe arrondissement parisien, avec un saut à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. On lui crache dessus, on l'insulte. Cette vidéo a été visionnée plus de 5 millions de fois.
Est-ce représentatif de la réalité de l’antisémitisme en France ? Pour le savoir, une équipe d’"Envoyé spécial" a tenté la même expérience.
Un reportage de Thierry Vincent, Geoffroy Duval, Richard Tindiller, Stéphane Huonnic, Gaël Hubert et Julien Nativel.
Source : FranceTV

lundi 5 octobre 2015

Palestine : quand les projets financés par l’Europe partent en fumée, détruits par Israël

Palestine : quand les projets financés par l’Europe partent en fumée, détruits par Israël
Par Antoine Besson, le 1 octobre 2015

Bienvenue dans la « Zone C » de Cisjordanie, véritable champ de bataille sous contrôle exclusif d’Israël, et où se joue un bras de fer crucial pour l’avenir de la région. Ici, l’aide humanitaire s’avère essentielle pour pallier les urgences – construction de routes et d’abris décents, accès à l’eau potable. Mais les projets financés par les bailleurs internationaux, et notamment par l’argent public européen, sont méthodiquement détruits par Israël. Reportage sur les coulisses d’une guerre d’usure, aux frais du contribuable européen.

L’Europe serait-elle entrée en guerre en Cisjordanie ? C’est ce qu’aurait annoncé cet été Yoav Mordechai, chef des forces de sécurité israéliennes dans la région, à l’occasion d’une réunion de la Knesset (parlement de l’État d’Israël) sur les constructions palestiniennes financées par l’Union européenne en Cisjordanie. Celles-ci sont accusées d’illégalité et sous le feu des critiques des partis et organisations de la droite israélienne, qui y voient une violation insupportable de souveraineté. D’autant que beaucoup considèrent cette zone comme la Judée et Samarie, une terre d’Israël. Les européens répondent qu’il s’agit d’aide humanitaire, et semblent s’irriter de voir leurs projets détruits par les forces israéliennes. Sans parler de guerre, un bras de fer crucial pour l’avenir de la région semble en effet engagé.

C’est aux accords d’Oslo de 1993 que l’on doit la division de la Cisjordanie en trois zones. La zone A comprend les principales villes palestiniennes, et relève de l’Autorité palestinienne ; la zone B couvre une grande majorité des 450 villages palestiniens, et la souveraineté y est partagée entre l’Autorité palestinienne pour les questions civiles et administratives, et le gouvernement israélien, responsable de la sécurité. La zone C, qui recouvre plus de 60% de la Cisjordanie, reste sous le contrôle exclusif d’Israël jusqu’à son transfert à l’Autorité palestinienne. Transfert qui devait survenir avant 1998, mais qui n’a toujours pas eu lieu.

L’arme des démolitions

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