Une du quotidien britannique « The Sunday Times » du 5 octobre 1986 :
« Révélation : les secrets de l’arsenal nucléaire israélien » (*)
« Révélation : les secrets de l’arsenal nucléaire israélien » (*)
Mordechaï Vanunu : Au lieu de s’en prendre à l’Iran il fallait s’en prendre à Israël
Par Silvia Cattori le 5 octobre 2005
Silvia Cattori : Quel était votre travail en Israël, avant votre enlèvement par des agents du Mossad à Rome, en octobre 1986 ?
Mordechaï Vanunu : Depuis neuf ans, je travaillais au centre de recherches en armements de Dimona [1], dans la région de Beer Sheva. [2]. Juste avant de quitter ce travail, en 1986, j’avais pris des photos à l’intérieur de l’usine, afin de montrer au monde qu’Israël cachait un secret nucléaire. Mon travail, à Dimona, consistait à produire des éléments radioactifs utilisables pour la fabrication de bombes atomiques. Je savais exactement quelles quantités de matières fissiles étaient produites, quels matériaux étaient utilisés et quelles sortes de bombes étaient fabriquées.
Silvia Cattori : Révéler au monde – seul – que votre pays était secrètement détenteur de l’arme nucléaire…, n’était-ce pas là prendre un très grand risque ?
Mordechaï Vanunu : Si j’ai décidé de le faire, c’est parce que les autorités israéliennes mentaient. Elles se répandaient, répétant que les responsables politiques israéliens n’avaient nullement l’intention de se doter d’armes nucléaires. Mais, en réalité, ils produisaient beaucoup de substances radioactives ne pouvant servir qu’à cette seule fin : confectionner des bombes nucléaires. Des quantités importantes : j’ai calculé qu’ils avaient déjà, à l’époque – en 1986 ! – plus de deux cents bombes atomiques. Ils avaient aussi commencé à fabriquer des bombes à hydrogène, très puissantes. Ansi ai-je décidé de faire savoir au monde entier ce qu’ils tramaient dans le plus grand secret. Je voulais empêcher les Israéliens d’utiliser des bombes atomiques, afin d’éviter une guerre nucléaire au Moyen-Orient. Je voulais contribuer à apporter la paix dans cette région. Israël, détenant déjà des armes surpuissantes, pouvait faire la paix : il n’avait plus à redouter une quelconque menace palestinienne, ni même arabe, car il possédait tout l’armement nécessaire à sa survie.
Silvia Cattori : Vous étiez préoccupé par la sécurité de toute la région ?
