Affichage des articles dont le libellé est coree du nord. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est coree du nord. Afficher tous les articles

jeudi 7 septembre 2017

Corée du Nord : pourquoi la prolifération nucléaire ?

MAJ de la page : Corée du nord



Corée du Nord: vers une guerre nucléaire ? (RTS, Infrarouge, 6 septembre 2017)

Lundi, le monde s'est réveillé plus inquiet que jamais. Et pour cause : la menace nucléaire a atteint son paroxysme ce weekend, avec le dernier essai de la Corée du Nord. Il s'agit du plus puissant essai nucléaire jamais réalisé à ce jour par Pyongyang, qui semble désormais disposer de la bombe H, la plus dévastatrice qui soit. Avec Kim Jong-Un d'un côté et Donald Trump de l'autre, l'imprévisibilité est totale. Alors comment arrêter cette escalade ? Et faut-il avoir peur d'une nouvelle guerre ?
Source : RTS
Lire aussi sur Le Temps : La Suisse propose sa médiation dans la crise nord-coréenne, le 4 septembre 2017

* * *

Corée du Nord: pourquoi la prolifération nucléaire ?
Par Jacques Sapir, le 4 septembre 2017 - RussEurope

Le nouvel essai nucléaire réalisé par la Corée du Nord, venant après des essais répétés de missiles à moyenne, et peut-être à longue portée, souligne une fois de plus les incohérences de la position des Nations-Unies sur la prolifération nucléaires. Et pourtant, cette position se fondait, du moins initialement, sur un constat logique : il y a un intérêt de l’ensemble des pays, qu’ils soient dotés de l’arme nucléaire ou pas, à limiter le nombre de pays disposant d’un arsenal nucléaire opérationnel. Mais, cette position de fond, qui sous-tend le traité de non-prolifération, ne peut être défendue que si l’ensemble des pays, et à commencer par les plus puissants, respectent les règles internationales. Or, et ce depuis le début des années 1990, un pays en particulier – les Etats-Unis pour le nommer – s’est à plusieurs repris affranchi de ces règles. On a pu le constater, du Kosovo à l’Irak. La subversion de l’ordre international que ce comportement a impliqué a conduit à une grande incertitude en ce qui concerne l’ordre international, qui a tendu à être de plus en plus régi par le principe de « la loi du plus fort ». Dans ces conditions, on ne doit pas s’étonner de ce que certains pays cherchent à se doter d’armes nucléaires opérationnelles.

Ceci souligne le lien qui existe, mais que nombre de dirigeants ne veulent pas reconnaître, entre la subversion du droit international et les tendances à la prolifération nucléaire. Cette dernière pose un véritable problème, et en premier lieu parce que le « coût d’entrée » du nucléaire militaire tend aujourd’hui à fortement baisser. Un certain nombre de techniques, et de technologies, non seulement nucléaires mais aussi concernant les missiles balistiques, sont devenues plus accessibles. Aussi ne peut-on plus, aujourd’hui, considérer que l’acquisition de systèmes d’armes nucléaires serait hors de portée de puissances dites « moyennes ». C’est bien le problème qui est posé, que ce soit par la Corée du Nord ou, dans une moindre mesure, par le programme nucléaire iranien. Mais, on ne réglera ce problème qu’en intervenant à se source, c’est à dire à l’instabilité des relations internationales issue du non-respect de la règle de droit.

Le début de la prolifération

Le phénomène de prolifération nucléaire s’est fortement accéléré depuis les années 1970 et plusieurs pays se sont dotés d’armes nucléaires, au-delà du « club des 5 » représenté par les puissances du Conseil de Sécurité, soit les Etats-Unis, la Russie, la Grande Bretagne, la France et la Chine (par ordre d’accession à l’arme nucléaire).

Les deux premiers « proliférateurs » ont été l’Inde et Israël. Pour le cas de l’Inde, il s’agissait, initialement, de répondre à la montée vers le nucléaire de la Chine. Pendant plusieurs années, l’Inde s’est contenté de démontrer un « capacité » nucléaire avec la détonation d’un « dispositif », soit d’une bombe qui n’était nullement militarisée, en 1974. Devant la menace que représentait, d’un point de vue Indien, les essais pakistanais, l’Inde devait procéder 24 ans plus tard, le 11 et 13 mai 1998, et ce alors que l’Inde n’était pas encore signataire du TNP à de nouveaux essais, cette fois clairement militaires. Ces essais comprirent alors l’explosion de plusieurs bombes. Il y eu le 11 mai trois essais, testant la bombe A et la bombe H, et, le 13 mai, deux autres essais utilisant des petites charges : « L’Inde a ainsi démontré qu’elle était compétente dans toute la gamme des armes nucléaires, tant en termes de puissance que de miniaturisation. [1]» L’Inde disposerait aujourd’hui d’un arsenal comprenant de 30 à 150 charges nucléaires militaires, ainsi que de missiles capables de les porter.

Israël s’est lancé, dès la fin des années 1950, dans une course à l’armement nucléaire, avec l’aide initiale de la France (de 1956 à 1961), puis des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud[2]. Un test a eu lieu en Afrique du Sud en 1979, presque certainement suite à la coopération entre les deux pays. Elle dispose aujourd’hui de plusieurs centaines d’armes (entre 150 et 400), qui peuvent être lancées que ce soit par missiles (le Jéricho), par avions, ou depuis des sous-marins diésels-électriques équipés de missiles de croisière. Une omerta importante continue de régner sur le programme nucléaire israélien dans les milieux politiques puisque, encore en 2015, le Président François Hollande, contre toute évidence, a prétendu qu’Israël ne disposait pas de l’arme nucléaire[3]. La relative facilitée avec laquelle Israël a pu se doter d’un important arsenal nucléaire a, bien entendu, encouragé d’autres pays à suivre son exemple.

samedi 12 août 2017

Pourquoi les Nord-Coréens nous haïssent-ils ? C’est simple, ils se souviennent de la Guerre de Corée

Pourquoi les Nord-Coréens nous haïssent-ils ? C’est simple, ils se souviennent de la Guerre de Corée 
Par Mehdi Hasan, le 3 mai 2017 -  The Intercept / Les Crises (trad.)

Picasso, Massacre en Corée (1951)

« Pourquoi nous haïssent-ils ?
C’est une question qui, en pensant au monde arabo-musulman, a rendu les Américains inlassablement perplexes à la suite des événements du 11 septembre. Actuellement, toutefois, c’est une question qui est de plus en plus posée à propos des Nord-Coréens repliés sur eux-mêmes.

Soyons clairs : il ne fait aucun doute que les citoyens de la République Démocratique de Corée craignent et abhorrent les États-Unis. La paranoïa, la rancœur et un anti-américanisme grossier sont alimentés depuis des décennies, à l’intérieur du Royaume Ermite. A l’école, on enseigne aux enfants la haine des Américains tandis que les adultes commémorent chaque année un « mois de lutte contre l’impérialisme américain » (c’est en juin, au cas où vous ne le sauriez pas).
Les officiels nord-coréens profèrent des menaces violentes contre les États-Unis tandis que le régime, dirigé par le brutal et sadique Kim Jong-un, produit de fausses informations à une échelle industrielle sous forme d’une propagande qui sert ses propres intérêts. En République Démocratique de Corée, la haine anti-américaine est une denrée dont on ne manque jamais.
« Cette haine », toutefois, telle que l’a observée depuis longtemps dans le Washington Post l’observateur de la Corée du Nord Blaine Harden, « n’est pas entièrement fabriquée ». Elle « trouve en partie ses racines dans une narration fondée sur des faits que la Corée du Nord se remémore obsessionnellement et que les États-Unis oublient avec insouciance. »

Oublient, comme dans « guerre oubliée ». Oui, la guerre de Corée, vous vous rappelez ? Celle qui est coincée entre la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam ? La première guerre « chaude » de la Guerre Froide, qui a eu lieu entre 1950 et 1953, et qui depuis a été commodément évacuée de la plupart des discussions et des débats à propos du régime « cinglé » et « dément » de Pyongyang. Oubliée bien que cette guerre particulière ne soit même pas terminée – elle a été suspendue par un accord d’armistice et non par un traité de paix – et bien que ce conflit ait vu les États-Unis commettre de nombreux crimes de guerre, ce qui continue de façonner, peut-être ne faut-il pas en être surpris, la manière dont les Nord-Coréens voient les États-Unis, même si les habitants des États-Unis ignorent béatement le passé de belligérant de leur pays.

Pour l’histoire, ce sont les Nord-Coréens, et non les Américains ou leurs alliés Sud-Coréens qui ont débuté la guerre en juin 1950, lorsqu’ils ont franchi le 38e parallèle et envahi le sud. Néanmoins, « ce que les Américains ignorent ou se rappellent à peine, c’est que nous avons tapissé de bombes le Nord pendant trois ans sans trop nous préoccuper des pertes civiles » écrit dans son livre « La guerre de Corée : une histoire » Bruce Cummings, historien de l’Université de Chicago.

Combien d’Américains, par exemple, sont conscients du fait que les avions américains ont lâché, sur la péninsule coréenne, plus de bombes – 635 000 tonnes – et de napalm – 32 557 tonnes – que pendant toute la campagne du Pacifique contre les Japonais au cours de la Seconde Guerre mondiale ?
Combien d’Américains savent que « sur une période de trois ans ou à peu près », pour citer Curtis LeMay, général de l’Armée de l’Air et chef du Commandement Stratégique Aérien pendant la guerre de Corée, nous avons assassiné… 20% de la population » ?

Vingt pour cent. Par comparaison, les Nazis ont exterminé 20% de la population polonaise présente avant la Seconde Guerre mondiale. Selon LeMay, « nous sommes allés là-bas pour faire la guerre et nous avons fini par incendier et détruire chaque ville de Corée du Nord. »

Chaque. Ville. On estime que plus de 3 millions de civils, dont la majorité habitaient le Nord, ont été tués dans les combats.

Une vieille femme et son petit-enfant errent parmi les décombres de leur maison détruite au lendemain des bombardements aériens des avions américains sur Pyongyang, la capitale communiste de la Corée du Nord. (Photo Keystone/Getty Images).

jeudi 10 août 2017

Trump menace la Corée du Nord de “feu et fureur”

MAJ de la page : Va-t-on déclarer la guerre au monde entier ? 



"75% des américains pensent que le programme nucléaire nord-coréen est une menace sévère pour les Etats-Unis. Mais je me suis demandé combien d'Américains savent seulement où se trouve la Corée du Nord ?" (ABC, août 2017)

* * *



Le président des Etats-Unis Donald Trump a défendu jeudi sa formule controversée de mise en garde à la Corée du Nord, à qui il a promis "le feu et la colère", estimant qu'elle n'était "peut-être pas assez dure". (RTS, 10 aout 2017)

Lire aussi sur Sputkiknews : Le Pentagone envisage une frappe préventive contre les bases nord-coréennes, 10 août 2017


Trump menace la Corée du Nord de “feu et fureur”
Par Peter Symonds, le 9 août 2017 - WSWS

Le président américain Donald Trump a lancé hier une menace terrifiante contre la Corée du Nord, qui augmente considérablement le danger d'une guerre sur la péninsule coréenne qui engloutirait rapidement la région et le monde. « La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les Etats-Unis », a-t-il averti. « Elles se heurteront à un feu et à une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent. »

Ces commentaires ne font qu'envenimer les tensions internationales aiguës suite au lancement de deux missiles nord-coréens à longue portée en juillet et à l'imposition de sanctions par le Conseil de sécurité de l'ONU qui menacent de paralyser l'économie nord-coréenne. Menacer de réduire ce petit pays appauvri en cendres, c'est témoigner d’une imprudence sans bornes.
Trump mine sciemment les efforts du secrétaire d'État américain Rex Tillerson, la semaine passée, de jeter les bases d'une négociation en rassurant la Corée du Nord que les États-Unis ne cherchent pas à renverser le régime ni un prétexte pour lancer une agression militaire. Le régime instable à Pyongyang doit supposer qu'il est confronté à une attaque imminente et massive des États-Unis. Il répond avec sa propre rhétorique belliqueuse.
Mardi, la Corée du Nord a déclaré qu'elle « examinait le plan opérationnel » pour frapper les bases américaines sur Guam avec des missiles balistiques. Ces menaces jouent le jeu de Trump en fournissant une excuse aux États-Unis pour effectuer des frappes préventives contre la Corée du Nord.

Le monde n’a jamais été aussi proche d’une guerre nucléaire depuis la Crise des missiles de Cuba en 1962. Un incident ou un accident, mineur ou majeur, pourrait déclencher un conflit qui entraînerait rapidement d'autres puissances nucléaires, dont la Chine et la Russie, avec des conséquences incalculables.
En 1962, le président américain John Kennedy a tenté de désamorcer la crise et a rejeté les propositions du chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Curtis LeMay, qui voulait bombarder les missiles russes à Cuba.
Aujourd'hui, par contre, Trump intensifie intentionnellement la crise nord-coréenne. Ses menaces sont sans précédent pour un président américain.
Supposer que les déclarations de Trump ne sont que de la rhétorique serait une erreur fatale. En menaçant la Corée du Nord avec l'anéantissement, Trump crée une situation où il lui est impossible de reculer. En outre, la crise intense et les luttes intestines dans les milieux dirigeants américains sont telles, que Trump peut être amené à lancer une attaque imprudente contre la Corée du Nord pour détourner l'attention de la tourmente politique intérieure.
Le gouvernement Trump, aidé par des médias serviles, nourrit déjà une propagande visant à forcer l'opinion américaine à croire que les villes américaines sont en danger imminent d'une attaque nucléaire par la Corée du Nord.

dimanche 6 août 2017

Va-t-on déclarer la guerre au monde entier ?

Va-t-on déclarer la guerre au monde entier ?
Par Patrick J. Buchanan, le 4 août 2017 - Patrick J. Buchanan / Arrêt sur info (trad.)


Samedi, Kim Jong-un a testé un missile balistique intercontinental (ICBM) de portée suffisante pour frapper le continent américain. Il travaille maintenant à améliorer sa précision et à mettre au point une ogive nucléaire assez petite pour être ajustée à ce missile qui puisse rentrer sans dommages dans l’atmosphère. Sauf si on pense que Kim est un fou suicidaire, son but semble clair. Il veut ce que veut toute puissance nucléaire : la capacité de frapper la patrie de son ennemi assez puissamment pour dissuader cet ennemi de l’attaquer. Kim veut que son régime soit reconnu et respecté, et que les États-Unis, dont les bombes ont réduit en cendres le Nord de la Corée de 1950 à 1953, quittent la Corée.

Où cela nous mène-t-il? Selon Cliff Kupchan, du groupe Eurasia : « Les États-Unis ont à choisir entre deux options : soit accepter la Corée du Nord dans le club nucléaire, soit mener des frappes militaires qui entraîneraient d’énormes pertes civiles ».
Il faut regarder les choses en face. Des sanctions américaines contre la Corée du Nord, comme celles votées par le Congrès la semaine dernière, ne vont pas empêcher Kim d’acquérir des ICBM. Il est trop près de son but. Et toute frappe préventive sur le Nord pourrait déclencher une contre-attaque sur Séoul avec des tirs massifs d’artillerie sur la zone coréenne démilitarisée (DMZ), qui ferait des dizaines de milliers de victimes sud-coréennes, en plus des soldats américains et de leurs familles. Nous pourrions bien nous retrouver dans une guerre totale avec la Corée du Nord, une guerre sans fin et sans merci, une guerre dont les Américains ne veulent pas.

Samedi, le président Trump a exprimé, dans un tweet, sa contrariété devant l’échec de la Chine à retirer nos marrons du feu : « Ils ne font RIEN pour nous concernant la Corée du Nord, ils ne font que parler. Cela ne peut plus durer. La Chine pourrait facilement résoudre ce problème. »
Dimanche, les bombardiers des États-Unis B-1B ont survolé la Corée et le général des forces aériennes  du Pacifique, le général Terrence J. O’Shaughnessy, a annoncé que ses unités étaient prêtes à frapper la Corée du Nord avec une force « rapide, mortelle et écrasante ». Mais ce même dimanche, Xi Jinping a assisté à un gigantesque défilé de chars, d’avions, de troupes et de missiles, et des officiels chinois se sont moqués de Trump en le qualifiant de « président novice » et d’« enfant gâté » et en disant que ses déclarations contre la Corée du Nord ne sont que du bluff. Ont-ils raison ? Nous allons bientôt le savoir.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...