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samedi 21 décembre 2019

Un gouvernement de conchieurs

Un gouvernement de conchieurs
Par Frédéric Lordon, 13 déc. 2019 - Le moment Potemkine, Le Monde diplomatique / Les Crises


Comment explose une mutinerie ? Comme tous les soulèvements : par l’abus de trop. Sur le cuirassé Potemkine, l’arrogance des officiers, leur mépris aristocratique et leur brutalité ne sont pas encore parvenus à dégoupiller les matelots. C’est la viande qui va s’en charger. Ou plutôt les vers. Car la viande en est tellement infestée qu’elle pourrait courir toute seule jusqu’au bastingage. On approche du « point de trop » — mais ça l’officier supérieur ne le sait pas encore. Il pense simplement pouvoir ramener l’ordre en aboyant comme d’habitude, en compagnie du médecin-major venu engager son autorité scientifique pour certifier que la viande est parfaite — et que tout retourne à la normale. Gros plan sur la viande : elle n’est que grouillement. Le major : « Ce ne sont pas des vers ».

Édouard Philippe : « L’ambition portée par ce gouvernement est une ambition de justice sociale (…) Et surtout la seule chose qui compte, c’est la justice (1). »
Le major : « Cette viande est très bonne, cessez de discuter ».
Édouard Philippe : « Les femmes seront les grandes gagnantes du système universel de retraites (…) Les garanties données justifient que la grève s’arrête ».

Quand il se dirige vers son point critique, ce qu’il ne découvre toujours que trop tard, un ordre politique ne tient plus symboliquement qu’à un cheveu, ou à un mot — après, bien sûr, il lui reste la police. Or les mots, offenser par les mots, ç’aura été la grande passion de ce pouvoir. On ne pourra pas dire, en cette matière, qu’il ne s’est pas donné du mal. En réalité, il y est allé de bon cœur. C’est que tout dans sa nature l’y poussait. À l’image de son chef évidemment. Car avoir le naturel offensant, c’est vraiment lui. Les « riens », « le costard », « la rue à traverser », « les illettrées », à chaque fois on n’en revenait pas, et à chaque fois on n’avait rien entendu. Il a ça si profondément en lui que même les promesses — répétées — de s’acheter une conduite ne l’ont jamais désarmé : à ce stade d’incorporation, on se défait pas de soi. Il n’avait pas sitôt promis de ne plus parler à l’emporte-pièce (janvier) qu’il nous donnait du « Jojo le gilet jaune » et du « boxeur gitan qui ne peut pas avoir écrit ça tout seul — puisqu’il est gitan ». À la rentrée de septembre, fini, c’était juré. Mais le 4 octobre déjà il n’adorait pas la pénibilité qui « donne le sentiment que le travail est pénible ».

On dit les mots Potemkine, mais on dirait aussi bien les mots Orwell

Il y a cependant un type de propos, qui fera la marque particulière de ce pouvoir dans l’histoire, qui ne relève ni de l’insulte innocente et joyeuse, ni même du mensonge éhonté, mais d’autre chose, infiniment plus vertigineux en fait : les mots Potemkine, les mots « ce ne sont pas des vers » et « cette viande est excellente », avec les vers et la viande sous le nez. On dit les mots Potemkine, mais on dirait aussi bien les mots Orwell.

Édouard Philippe : « Nous proposons un nouveau pacte entre les générations, un pacte fidèle dans son esprit à celui que le Conseil National de la Résistance a imaginé et mis en œuvre après-guerre ».

À ce niveau, dévoyer les mots, c’est conchier les choses. Quand Édouard Philippe s’enveloppe dans le CNR alors qu’il détruit avec une froide méthode tous les acquis sociaux du CNR, il conchie l’histoire politique de la Résistance. Et voilà finalement la marque de ce gouvernement : c’est un gouvernement de conchieurs. Quand Attal et Montchalin osent que le suicide d’Anas n’est pas politique, ils conchient son lit de douleur, et peut-être sa tombe. Partout des conchieurs dans les palais. Buzyn ferme des lits « pour améliorer la qualité des soins » — conchie les malades. Vidal décuple les frais d’inscription des étudiants étrangers « pour mieux les accueillir » — conchie les étudiants étrangers. Pénicaud défait le code du travail « pour protéger les salariés » — conchie les salariés.

Par-delà tous ces offensés, cependant le tableau d’ensemble donne une idée élargie de ce dont il s’agit : ce qui est génériquement conchié, c’est le sens des mots. « Que les mots aient un sens, nous nous en foutons, mais alors totalement ; et nous ferons avec ce que nous voulons ». La question qui suit inévitablement demande ce qu’il est possible de faire « démocratiquement » avec des gens qui ont fait ça de la langue. Ici, l’imbécillité éditorialiste, qui répète que « la démocratie, c’est le débat, et le contraire de la violence » va bientôt tomber sur un os. Car le débat n’existe pas comme ça du seul fait de mettre en présence des hommes qui font du bruit avec la bouche. C’est d’ailleurs la chose la plus universellement ignorée de l’univers médiatique qui considère qu’il suffit de réunir des gens qui ne pensent pas la même chose pour avoir « un débat ». Les corridas qui se tiennent sous ce nom, organisées par les médias, où l’inanité le dispute à la foire d’empoigne, convainquent assez qu’il n’en est rien. Pour qu’il y ait un débat, il faut que soient réunies les conditions de possibilité du débat. À commencer par la première d’entre elles : le respect minimal du sens commun des mots.

Le débat n’existe pas comme ça du seul fait de mettre en présence des hommes qui font du bruit avec la bouche

Cette condition fondamentale piétinée, on comprend sans peine ce qu’il reste du débat : il reste « Le-Grand-Débat », spectacle taillé pour les canalisations de l’information en continu, où pendant des heures et des heures, Macron parle, parle, parle. Tout seul. Dans l’état où le macronisme a mis la langue, il ne peut y avoir comme « débat démocratique » que Le-Grand-Débat. Car on n’a pas de débat, grand ou petit, au milieu d’une langue détruite. À quoi pourrait, en effet, ressembler un débat sur les retraites en face de quelqu’un qui démolit tout, en jurant faire vivre l’esprit du CNR ? Et même, comment résister à l’envie de lui mettre une petite tarte ? Puisqu’en définitive, c’est le seul choix de réaction qui reste à disposition. On voit bien qu’on ne va pas commencer à discuter. Pas plus qu’il n’y a matière à discussion avec quelqu’une qui dit qu’elle ferme des lits d’hôpitaux pour améliorer les soins, etc. Discuter n’a plus de sens quand les mots ont été privés de sens. Légitimement, on envisage autre chose.

Mais alors, il ne faut pas venir se plaindre que « la violence, c’est le contraire de la démocratie ». Ou bien il faut adresser sa plainte à qui de droit : à ceux qui ont détruit la condition de possibilité, dialogique, du débat. Donc de la démocratie. De fait, dans 1984, on ne discute pas trop. Pour des raisons semblables : « la paix, c’est la guerre », « la liberté, c’est l’esclavage », et « l’ignorance, c’est la force », ça ne fait pas une très bonne base.

Qu’Orwell revienne en force dans la conscience commune, même Alain Frachon qui régale le lecteur du Monde de ses pénétrantes analyses internationales, s’en est aperçu. Quoiqu’en fait non. Pour Frachon, Orwell, c’est en Chine. Trente millions de téléphones portables Ouïgours sur écoute — orwellien. Et « “1984” illustre de façon prémonitoire ce qui se passe dans la Chine de Xi Jinping ». Avec une telle analyse, en effet, on se sent tout pénétrés. Heureusement, c’est en Chine, quel soulagement. Chez nous, rien de tout ça. Pas d’écoutes, pas d’interpellations préventives, pas de reconnaissance faciale, pas non plus d’assistant-flic Amazon ou Apple (d’ailleurs l’équivalent du « télécran » dans tous les foyers de 1984), bref pas de « tyrannie 2.0 » (de nouveau pénétrés). Quand Frachon ne parvient même pas à apercevoir ici les formes les plus caricaturales de l’orwellisme, comment en verrait-il les plus subtiles ?

On ne comptera donc pas sur lui pour réaliser que la démolition de la langue, en son noyau de sens, porte à son comble la démolition des institutions de ladite « démocratie » : institutions de la représentation qui ne représentent plus, institutions de la médiatisation qui ne médiatisent plus, et maintenant, donc, institution — la plus fondamentale — de la langue et de la signification qui ne signifie plus. Après quoi on se scandalisera que les gens choisissent l’action directe plutôt que « le débat ».

Réellement, s’il y a un seul motif d’étonnement, c’est qu’ils aient été si patients avant de s’y résoudre, qu’ils aient accepté d’aller ainsi au bout du bout de la faillite institutionnelle généralisée pour constater l’impasse. L’impasse des mots Orwell. Mais ne faudrait-il pas parler plutôt des mots Potemkine ? Car eux ne terminent pas dans une impasse. Ils déclenchent le moment Potemkine. Le moment Potemkine, c’est celui où, sous un abus de trop, la légitimité est détruite par le sentiment du scandale, et avec elle le consentement et ce qui restait de respect. Alors les matelots jettent les officiers à la mer et prennent collectivement les commandes du bateau.

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Jacques Sapir, Réforme des retraites qui va payer l'addition (RT France, 2019)



Blackrock contre nos retraites (Le fil d'actu, 20 déc. 2019)



Retraite par points : une opportunité pour BlackRock, Amundi, Axa IM, BNP Paribas Asset management, etc. (France culture, La Bulle économique, 21 déc. 2019)



Le PDG de BlackRock, Larry Fink, assis aux côtés du président français
(Elysée, 10 juillet 2019)

Lire aussi : Blackrock, un géant américain de la finance à l'assaut des retraites des français, par Sébastien Crépel, l'Humanité, 11 décembre 2019 
Voir aussi le documentaire (Arte) : Ces financiers qui dirigent le monde




Un braquage à 72 milliards (Osons causer, 20 déc. 2019)
Voir aussi : L'arnaque de l'âge pivot, Osons causer, 16 déc. 2019 /



- Macron, le président des riches ? C'est ce que vous pensez ?
- Non, ce n'est pas vrai, il est le président des TRES riches.
Voir aussi : Asselineau, Démission de J-P. Delevoye , 16 déc. 2019
  

mercredi 4 décembre 2019

Contre tous les flics du Capital - Vive l'insurrection sociale !

MAJ de la page : Francis Cousin / Gilets jaunes



Francis Cousin, Gilets Jaunes : contre tous les flics du capital, vive l'explosion sociale ! (Guerre de classe, 27 nov. 2019)
 
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Violence policières démocratie en danger (Le Média, 1 décembre 2019)



Alexandre Langlois, Le policier qui fait trembler la macronie (Pas de quartier, 1 déc. 2019)
Voir aussi : David Dufresne : « Allô, place Beauvau ? C'est pour un signalement », Quartier Libre, 29 oct. 2019 /
Lire aussi  Gilets jaunes: le biologiste qui enquête sur les gaz lacrymogènes arrêté, RT /



Casseurs ou combattants de la liberté ? (Quartier Libre, 26 nov. 2019)
Selon que vous serez « casseurs » français, ou « combattants de la liberté » hongkongais, les médias mainstream vous saliront, ou vous célèbreront. 




Jacques Sapir, Pricillia Ludosky, François Bouleau : Un an, ce n'est qu'un début (Radio Spoutnik, 21 nov. 2019)
Voir aussi : Michel Collon sur les Gilets jaunes: « c’est un mouvement historique », 4 déc. 2019, Spoutniknews



Edvard Munch, le Cri - revisité 
 

lundi 1 juillet 2019

Comment réenchanter le monde : la décroissance et le sacré

MAJ de la page : Serge Latouche



Jacques Sapir reçoit Serge Latouche, économiste pionnier de la décroissance, professeur émérite de l’université Paris-Sud, Pour sauver la planète, faut-il en finir avec la croissance ? (Sputnik, 24 juin 2019)

Devenue l’un des thèmes centraux de la vie politique, l’écologie rassemble autant sur le constat qu’elle divise sur les solutions. Au cœur de la question, la croissance économique : peut-on croître à l’infini dans un monde fini ? Une croissance réellement verte est-elle possible, ou bien faut-il envisager une forme de décroissance ?
Source : Sputniknews

La décroissance entend nous libérer de l’aliénation de l’idolâtrie de la croissance et du marché. Désacraliser la croissance consiste à dévoiler la manière dont a été bricolée sa sacralisation : l’hypostase de l’argent, la théologisation de l’économie, et la création des idoles du progrès, de la science et de la technique. Le projet d’une société alternative soutenable et conviviale, porté par la décroissance, vise à sortir du cauchemar du productivisme et du consumérisme, mais aussi à réenchanter le monde. Il contient donc une dimension éthique et même spirituelle essentielle. Cela en fait-il pour autant une nouvelle religion ?
Quatrième de couverture
Serge Latouche, Comment réenchanter le monde : la décroissance et le sacré, Ed. Payot-Rivages, 2019

jeudi 11 avril 2019

« Notre Cause Commune »

Étienne Chouard – Notre cause commune
Instituer nous-mêmes la puissance politique qui nous manque


Je ne suis pas un « citoyen » (un citoyen est autonome, il vote lui-même ses lois), je ne suis qu’un « électeur », un enfant politique qui subit la loi votée par un autre que moi.
« Le peuple, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants » (abbé Sieyès, 1789)
Notre régime représentatif est un projet antidémocratique, délibéré, volontaire, depuis le début, et l’impuissance politique populaire qu’il verrouille est la cause première des injustices économiques et sociales.
Avec le référendum d’initiative citoyenne (RIC), le peuple monte la première marche d’un processus constituant. Il écrit lui-même les règles de la représentation. Les citoyens constituants, et bientôt les autres, ceux qui les regardent et qui jugent que c’est une bonne idée, sont en train de se trouver une cause commune : instituer nous-mêmes la puissance politique qui nous manque. Dans un peuple devenu constituant, donc vigilant, il n’y a plus de place pour les tyrans.
Quatrième de couverture | Ed. Max Milo, 2019
 
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A propos du livre d’Etienne Chouard, « Notre Cause Commune »
par Jacques Sapir, 9 avril 2019 - Les Crises

Etienne Chouard vient de publier Notre Cause Commune[1], un livre où, à partir du mouvement des Gilets Jaunes, il fait un procès en règle de la démocratie représentative avec l’apologie du référendum et du tirage au sort. C’est un livre important, et qui choquera certains à gauche, et c’est tant mieux. Mais, ce livre devrait les inciter à réfléchir à ce qu’ils appellent « démocratie ». J’ai rencontré Etienne Chouard à deux reprises, quand il fut invité dans l’émission RussEurope Express ou j’interviens sur Sputnik France[2]. Disons le d’emblée, Etienne Chouard ne correspond nullement à la caricature qu’une certaine presse veut en dresser. Ce n’est ni un « complotiste », ni un dangereux excité, mais bien quelqu’un avec qui on a plaisir à discuter à débattre, même si l’on n’est pas toujours d’accord avec lui, et peut-être surtout si l’on n’est pas d’accord. C’est quelqu’un qui m’a impressionné par la qualité de son écoute et par son humilité qui est tout sauf feinte. La forme d’interdiction de parole dont il est l’objet dans les médias « officiels » est particulièrement choquante. Au-delà, les questions qu’il pose dans son ouvrage sont des questions fondamentales.

Une utopie politique

Le livre est construit en 8 chapitres de taille diverse. Etienne Chouard présente le pourquoi du comment il s’est intéressé à la question politique et a été conduit à remettre en cause le principe de l’élection, dont il fait le « procès » au chapitre 2. Il cherche à montrer au chapitre 3 comment l’élection tend à infantiliser les citoyens, et soutient, au chapitre 4, qu’elle porte au pouvoir les « pires ». Dans le chapitre 5 il dresse un état des lieux des pratiques du tirage au sort, puis développe, dans le chapitre 6 l’idée d’une constitution qui serait directement écrite par les citoyens au travers d’atelier constituant. Le chapitre 7 présente diverses références sur la notion de démocratie, sur le processus électoral et sur le tirage au sort. Le chapitre 8, qui sert de conclusion, reprend le mouvement des Gilets Jaunes, veut en montrer l’exemplarité, présente une liste de doléances et insiste sur le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) comme point central de ce mouvement. Il y a à l’évidence un esprit utopique qui anime Etienne Chouard. Le terme ne doit pas être pris dans son sens péjoratif, car nous avons besoin d’utopies. Henri Maler n’avait-il pas intitulé, il y a quelques années, un de ses livres Convoiter l’Impossible [3]?

On peut tomber d’accord avec Etienne Chouard sur une série de points. Quand il dresse le bilan d’une corruption, tant matérielle que morale d’une partie du personnel politique, quand il insiste sur la dépossession de la souveraineté, dont les suites du référendum de 2005 furent un exemple flagrant, quand il montre l’inefficacité du système politique actuel, on peut très facilement tomber d’accord avec lui. De même, l’apologie des pratiques référendaires et du RIC pour tenter d’insuffler un nouvel esprit démocratique dans le système politique touche un point juste. Il en va de même, sur un mode plus mineur, avec la pratique du tirage du sort. Cette dernière est bien admise pour les jurés des assises. Pourquoi ne serait-elle pas étendue au système politique ?

Il y a un autre point sur lequel on se retrouvera avec Etienne Chouard, c’est évidemment sur l’importance du politique (et non de « la » politique). La dénonciation à laquelle il procède de l’envahissement des choix supposés « techniques » dans des domaines qui relèvent du politique est une évidence. Elle n’est pas nouvelle et de nombreux auteurs depuis les débuts du XXème siècle l’ont fait.

Mais, derrière ces points s’en cachent d’autres qui, eux, posent problèmes. On voudrait donc ici en faire une liste non exhaustive pour préciser aussi les points de divergence et de désaccord avec Etienne Chouard. Ces points sont-ils décisifs et en mesure de conduire à un rejet total des thèses de ce livre ? Je ne le pense pas, et je crois très sincèrement que des compromis peuvent être trouvés. En tout état de cause, on ne perd pas son temps à lire Etienne Chouard, car les questions qu’il pose sont des questions de la plus haute importance.

vendredi 15 mars 2019

Gilets jaunes : Appel du 16 mars



Ne restez pas chez vous le 16 mars (Aude Lancelin, Le Média, 15 mars 2019)



Appel du 16 mars (12 mars 2019)

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Gilets jaunes : soumettre la monnaie au contrôle citoyens, débat entre Etienne Chouard et Jacques Sapir (Sputniknews, 8 mars 2019)

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La police fait-elle un usage excessif de la force ? (RT, Interdit d'interdire, 13 mars 2019)
Frédéric Taddeï reçoit Jérôme Rodrigues, Gilet jaune, Sebastian Roché, sociologue, Bruno Pomart, ancien policier du Raid, et Xavier Raufer, criminologue.

Financial Times: Macron est sur une pente glissante vers le «despotisme démocratique» 
Par Philippe Wojazer - 12 mars 2019  - Sputniknews
En répondant à chaque trouble social par des lois et des restrictions, les autorités françaises exacerbent les tensions au sein du pays, écrit dans une analyse le Financial Times, évoquant la route d’Emmanuel Macron vers le «despotisme démocratique».
Source (et suite) du texte : Sputniknews



«Nazis», «peste brune»... quand LREM tente de discréditer les Gilets jaunes (RT, 13 mars 2019)



«Salir, discréditer, diaboliser» : bienvenue en «macronie», selon Laurent Dauré (RT, 13 mars 2019)

Lire aussi : La République en marche a-t-elle propagé des «fake news» sur les Gilets jaunes ? RT, 12 mars 201912 fake news macronistes sur les Gilets jaunes (1de partie), par Laurent Dauré, Les Crises, 13 mars 201912 fake news macronistes sur les Gilets jaunes (2de partie), par Laurent Dauré, Les Crises, 13 mars 2019 / Ultras chez les Gilets jaunes, «ingérence russe» : Macron a-t-il contredit le renseignement ?, RT, le 9 mars 2019



L'ONU sous influence de la France insoumise, Fake News en roue libre sur LCI (mars 2019)

Lire aussi : Gilets jaunes : «Qui susurre à l'oreille de l'ONU?», s'interrogent des commentateurs de LCI, RT, 8 mars 2019
Faible participation, déconnexion : le premier bilan peu reluisant du grand débat national, RT, 13 mars 2019

mardi 22 janvier 2019

Violences policières : paroles de blessés

MAJ de la page : Gilets jaunes



D1ST1, Gilets jaunes (janv. 2018)
Lire aussi : Gilets jaunes : un clip de rap tourné au milieu des manifestations à Toulouse fait le buzz (VIDEO), RT, 21 janv. 2019



Gilets jaunes, rap (janv. 2019)
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Violences policières : paroles de blessés (Mediapart, 16 janv. 2019)



Témoignage glaçant d'une mère dont le fils, gilet jaune, vient de perdre un œil par flash-ball (20 janv. 2019)
Lire aussi : Gilets jaunes «Ce n'est pas normal de faire ça à un peuple», le Matin, 21 janv. 2019
Twitter de David Dufresne : Davduf
Sites : Désarmons-les / Le mur jaune




Gilets jaunes : la dérive autoritaire (Le vent se lève, le 17 janv. 2019)



Violences policières : «La plupart des blessés ne sont pas des casseurs» (RT, Bordeaux, 19 janv. 2019)
Lire aussi : «Le Nombre Jaune» : 147 365 Gilets jaunes dans les rues lors de l'acte 10, selon un nouveau décompte, RT, 21 janv. 2019



Décryptage: que s'est-il passé à Bordeaux ? (12 janv. 2019)
Une nouvelle vidéo de la charge de la police à Bordeaux samedi 12, ayant amené à la blessure grave d'un manifestant montre la scène du point de vue des policiers. Il apparaît que les forces de l'ordre ont semblé dépassées par la situation et n'ont pas porté secours à la victime.
Source (et suite) du texte : Gilet jaune dans le coma: les policiers ont-ils caché des preuves? (vidéo), France soir, le 16 janvier 2019




François Ruffin : leur silence est une indécence (16 janv. 2019)


Violences policières : la revanches des faibles
Par Eric Werner, le 20 janv. 2019 - Vu du droit

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, que je préfère personnellement appeler « le moment gilets jaunes » le pouvoir aidé et soutenu par les médias oligarchiques a mis en scène la « violence des gilets jaunes », dans le but évident de les disqualifier, et de ramener à lui les bourgeois et les versaillais apeurés. Comme d’habitude, c’est un mensonge, non  que le mouvement lui même n’ait pas donné lieu à des débordements, mais il faut toujours se rappeler de ce que disait Nelson Mandela : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. »
On n’oubliera pas non plus, celle de Bertolt Brecht : « On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent. Mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent ».
Source (et suite) du texte : Vu du droit


Quelle est la véritable portée du LBD 40 ?
Par Florent Marcie, le 12 janv. 2010 - Mediapart

Le réalisateur de documentaires Florent Marcie, habitué des zones de guerres (Tchétchénie, Bosnie, Afghanistan, Libye, Tchad, Irak, Syrie...), a été touché de retour de Raqqa au visage par un flashball tandis qu'il filmait les gilets jaunes devant le Musée d'Orsay, se faisant blesser pour la première fois de sa carrière. Il nous a confié ce texte sur la dangerosité du LBD 40, et le sens de son usage en démocratie.  

Samedi 5 janvier, 17h11, devant le musée d’Orsay. Acte VIII des gilets jaunes. Un homme s’écroule sur la chaussée, frappé à la tempe par un tir de flash-ball. Je m’approche pour le filmer. À mon tour, je suis frappé au visage. La blessure, sous l’œil, est profonde jusqu’à l’os. Des manifestants crient, paniqués.
Je m’en sortirai avec deux petites fractures orbite/maxillaire et quelques points de suture. D’autres n’ont pas eu cette chance. Ils ont été éborgnés, édentés, ont eu la jambe cassée. Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, les blessés se comptent par dizaines.
Source (et suite) du texte : Mediapart

Lire aussi : Gilets jaunes : le LBD 40, ce flash-ball qui fait polémique, JDD, le 16 janvier 2019  / Grenade assourdissante, TNT et LBD: l’exception française du maintien de l’ordre en Europe, par Zakaria Abdelkafi, Sputniknews, le 17 janv. 2019 / Violences policières: le vrai du faux décrypté par des chercheurs, Huffpst, le 17 janv. 2019 / Le terrible bilan de deux mois de violences policières, par Emilie Massemin, Reporterre, 19 janv. 2019




Gilets jaunes : un policier met en cause le gouvernement. (Le Média, 17 janv. 2019)
Alexandre Langlois est policier. Menacé par sa hiérarchie pour "déloyauté", il dénonce la gestion du maintien de l'ordre par le gouvernement dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, l'instrumentalisation des forces de l'ordre par le pouvoir, et les conditions de travail difficiles dans un contexte de hausse des cas de suicides chez les policiers.
Source : Le Media



Ancien CRS, policier à la retraite, horrifié par la répression policière en cours, il lance un appel à ses collègues. (16 janv. 2019)
 "Il faut arrêter le massacre. Je vous demande de vous arrêter, ce n'est plus possible (...) Vous dépassez la mesure".



"Je suis policier, je suis gilet jaune (...), il y a un choix à faire, et le choix c'est : le peuple ou les élus du peuple, moi je défends le peuple. " (décembre 2018)

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Violences, interdictions de manifestation...On fait le point (Amnesty International, le 17 janv. 2019)

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Notre réponse : lettre au Président de la République à la suite de la lettre envoyée aux Français
Par Jacques Sapir, le 18 janv. 2019 - Les Crises 
Lettre au Président de la République à la suite de la lettre envoyée aux Français

Monsieur le Président de la République,

Vous avez envoyé à tous les Français une lettre sur le « débat national » que vous avez organisé. A cette lettre, nous voulons répondre. Certains répondrons en actes, bien sûr, qu’il s’agisse de manifestations, et d’autres par écrit.

Monsieur le Président, vous avez, certes, écouté la révolte qui gronde. Si tel n’avait pas été le cas d’ailleurs, jamais vous n’auriez écrit votre lettre. Mais, clairement, vous ne l’avez pas entendue. Nous en voulons preuve le choix des thèmes que vous proposez dans ce « débat », choix qui écarte soigneusement les « sujets qui fâchent ». Vous voulez que nous débattions des impôts, de nos dépenses et de l’action publique, de l’organisation de l’État et des collectivités publiques, de la transition écologique et enfin de la démocratie et de la citoyenneté. Mais, vous avez soigneusement omis les thèmes du pouvoir d’achat, de l’inégalité des richesses, tout comme vous avez omis la construction européenne, que vous mentionnez par ailleurs. Vous affirmez dans votre lettre « Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle ». Vous feignez d’ignorer, que ce soit à dessein ou non, que votre élection ne s’est nullement faite sur un « projet ». Il est patent que vous n’avez été élu que parce que l’autre candidate, Mme Marine le Pen, était rejetée. Cette ambiguïté était manifeste dans votre élection. Votre tort fut de ne pas la reconnaître. Jamais les Français ne vous ont donné un mandat pour mener les réformes auxquelles vous vous êtes livré. La révolte actuelle est le produit direct, et logique, de cette situation.

samedi 12 janvier 2019

Colère jaune

MAJ de la page : Gilets jaunes



Myriam 2 mn d'arrêt avec Chopin (Grenoble, 8 déc. 2014)
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Les forcenés
par Frédéric Lordon, 8 janvier 2019 - Le Monde diplomatique  

Méthodologiquement, et déontologiquement, il faut maintenir les hypothèses psychiatriques dans un statut d’ultime recours quand il est question de politique, et ne se tourner vers elles qu’après avoir tout essayé. Au point où nous en sommes cependant, observant Macron, Griveaux, écoutant le défilé ininterrompu des députés LREM sur les chaînes d’information continue et les chiens de plage arrière qui font « oui oui » en leur passant les plats, on cherche en tous sens, et surtout en vain, ce qui pourrait nous sauver de ce dernier recours. Après avoir épuisé toutes les explications alternatives, il va falloir s’y résoudre : ces gens sont complètement fous.

On savait depuis longtemps que chaque fois que l’un d’eux dit « j’ai bien entendu » ou « nous sommes à l’écoute », il utilise juste d’autres mots pour dire « nous n’en ferons qu’à notre tête et vous n’existez pas ». Cependant, il y a un point où le cynisme bonnasse de type chiraquien ou hollandiste ne fait plus une hypothèse suffisante. Quand un mouvement quasi-insurrectionnel hurle au gouvernement qu’il mettra le feu plutôt que de continuer dans cette direction, et que le gouvernement lui répond qu’il a « bien entendu » « l’impatience », qu’il a bien compris la demande, l’envie même, d’aller encore « plus loin dans le changement », de se montrer « encore plus radical dans les méthodes et les manières de faire », comment écarter l’hypothèse psychiatrique ? Quel type de rapport Benjamin Griveaux entretient-il avec la réalité quand il se prévaut d’une « envie de changement des Français », en tout cas d’une envie du type de celle qui appellerait sa réponse à lui ? Et, accessoirement, pourquoi ne se trouve-t-il pas un média pour le lui faire remarquer clairement ? En commençant d’ailleurs par lui faire observer que « ses » Français, mesurés au score réel de la présidentielle, font à peine plus de 10 % du corps électoral (1), et qu’ils n’ont porté Macron au pouvoir qu’au terme d’une gigantesque prise d’otages de deuxième tour, méthodiquement agencée de longue date avant le premier — autrement dit sans aucune des « envies » que leur délire Griveaux.

Orwell, qui n’est pas redevenu par hasard une référence contemporaine, a dit comme personne le tour de langage propre au pouvoir dictatorial : l’inversion, en fait la négation, systématique des choses par les mots — la guerre qui est la paix, l’esclavage la liberté et l’ignorance la force. Mais c’est autre chose encore, d’une autre nature, qui émane par exemple du discours de « vœux » de Macron. C’est qu’il faut un twist déjà très prononcé pour revendiquer « avoir posé les bases d’une stratégie ambitieuse pour améliorer l’organisation de nos hôpitaux » (2) quand le système de soin est au bord de l’effondrement et que médecins et infirmières en sont à se suicider ; de même pour prétendre « lutter contre le réchauffement climatique » quand les mesures prises finissent par écoeurer un personnage a priori aussi disposé à tous les simulacres que Nicolas Hulot. Ou pour se targuer « d’éradiquer la grande pauvreté » quand, du fait de politiques de guerre sociale à outrance, elle explose dans les statistiques et sous nos yeux mêmes. Il faut avoir passé des caps pour expliquer sans ciller que la transformation « en profondeur des règles de l’indemnisation du chômage », de « l’organisation du secteur public » et de « notre système de retraite », transformations qui promettent les demandeurs d’emploi à une précarité sous surveillance sans précédent, le secteur public au saccage néomanagérial, et les retraités à la misère, pour expliquer, donc, que tous ces bons soins sont faits « au fond pour bâtir les nouvelles sécurités du XXIe siècle ».
Source (et suite) du texte : Le Monde diplomatique 


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Emmanuel Macron et le risque du chaos
Par Jacques Sapir, le 11 janv. 2019 - Sputnik


La descente aux Enfers d’Emmanuel Macron se poursuit. Sa gestion, catastrophique, de la colère sociale a ainsi abouti à refaire de forces de police et de gendarmerie les «ennemis du peuple», dans une logique que l’on croyait disparue depuis les attentats du 7 janvier 2015, et la tragique séquence d’actions terroristes qu’ils ouvraient.

Le souvenir d’Ahmed Merabet ou Frank Brinsolaro, ces policiers victimes des terroristes en tentant de protéger les victimes à Charlie, et celui du colonel Arnaud Beltrame, tombé en janvier 2018, il y a moins d’un an, s’effacent devant les images des policiers qui éborgnent et défigurent, utilisant – ce qui est contraire aux réglements – leurs Flash Ball pour viser la tête des manifestants. Mesurée à cette aune, le bilan d’Emmanuel Macron est terrible. Il est probablement irrémédiable. Par ses actes, comme par ses propos, Emmanuel Macron conduit la France vers le chaos. Il est devenu aujourd’hui, tant par sa politique, justement détestée, que par sa personne, parfois injustement haïe, le symbole d’une division radicale entre les français.

Un tournant sécuritaire
La déclaration du Premier-ministre sur TF1 lors du journal du 7 janvier confirme que ce gouvernement, et le Président, n’ont rien compris et rien appris aux événements qui se succèdent depuis maintenant près de deux mois. Edouard Philippe a réclamé des peines exemplaires contre les «casseurs». Mais, la justice est en France (théoriquement) indépendante. Ce n’était pas à lui de faire une telle déclaration. Il s’est déclaré choqué par les images diffusées à propos de «l’acte VIII», la manifestation du 5 janvier. Mais, il n’a pas eu un mot pour les victimes des forces de police. Le Premier-ministre entend donc donner une réponse «sécuritaire» aux «violences» provoquées par ce mouvement; mais il ne se rend pas compte que la seule réponse susceptible de faire baisser le niveau de violence est une réponse politique. Une telle attitude démontre que ce gouvernement est aujourd’hui purement réactif et a perdu l’initiative. Car, les mesures annoncées depuis le 10 décembre ont toutes pour caractéristique «trop peu, trop tard».
La question qui est maintenant posée est celle de la démocratie, à travers la revendication du scrutin proportionnel et du référendum d’initiative citoyenne. C’est sur ces points qu’une réponse était attendue. Force est de constater qu’elle n’est pas venue.

Cette situation de crise engendre désormais une coupure grave entre les français et les forces de l’ordre. Ces dernières ont provoqué des centaines de blessés, dont certains très graves. Des femmes et des hommes ont été éborgnés ou grièvement blessés. Alors, il faut dire que certains, une petite minorité, de ces cas sont des accidents. Au-delà des accidents, hélas probablement inévitables, et des bavures, il y a une volonté politique. Elle met en cause le Préfet de Police, le Ministre de l’Intérieur et, bien entendu, le Premier-ministre Édouard Philippe.

Le symptôme du boxeur
L’épisode dit «du boxeur» sur la passerelle enjambant la Seine est symptomatique. Tout le monde à en mémoire la vidéo où l’on voit Christophe Dettinger frapper un policier. Mais il est important aussi de voir la vidéo des minutes précédant son acte [1]. Elle éclaire de manière significative le contexte dans lequel il a eu lieu. Christophe Dettinger a publié ensuite une vidéo où il s’explique et dit regretter son acte [2]. Au delà des faits, qui auront à être jugés, le soutien dont il bénéficie dans une grande partie de l’opinion doit être pris en compte. Une «cagnotte» de soutien, constituée sur une plate-forme numérique, a recueilli en moins de 48h plus de 120 000 euros avant d’être arrêtée, sans doute sur ordre du gouvernement  Il semble que plus de 7000 personnes ont contribué à cette cagnotte, qui devrait l’aider à payer des avocats. Une telle mobilisation spontanée pour un individu isolé est assez exceptionnelle. Elle dit beaucoup de choses sur l’état de la situation. Face à ce mouvement de solidarité, la réponse du gouvernement, par l’intermédiaire de Mme Schiappa est consternante. Cette femme, ci-devant Ministre, ne sait visiblement pas que cette cagnotte est parfaitement légale. En appelant à une dénonciation massive des donateurs, Mme Schiappa retrouve les réflexes les plus noirs de notre histoire.
Source (et suite) du texte : Sputnik

Lire aussi : Bloomberg: «La réponse de Macron aux Gilets jaunes fait paraître Poutine plus soft», le 11 janv. 2019, Sputnik




Tatiana Ventose, La stratégie du chaos (Le fil d'actu, le 11 janv. 2019)

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Désobéissance civile (Datagueule, 29 juin 2017)




Du Grain à moudre par Hervé Gardette
Colère jaune (8.11.2018-10.01.2019)

(15/15) : La violence est-elle la continuation de la politique par d'autres moyens ?

(14/15) Les "gilets jaunes" réveillent-ils les clivages à gauche ?

(13/15) Vox populi, voie sans issue ?

(12/15) Les experts sont-ils "hors-sol"?

(11/15) : La Suisse est-elle le paradis de la démocratie directe ?

mardi 20 novembre 2018

Les Gilets Jaunes et la colère des masses populaires

Lire (ou voir) aussi : Gilets jaunes, nous sommes le peuple, par Anne-Sophie Chazaud, le 19 novembre 2018 / Gilets jaunes: «Les chiffres du ministère de l’Intérieur ne tiennent pas la route», Sputniknews, le 19 novembre 2018 / 17 Novembre, gilets jaunes : tout comprendre, par Tatiana Ventose, le 15 novembre 2018

Qu’elle ne soit pas morte pour rien ! par Pat au logis, le 18 novembre 2018 / Appel à bloquer tous les grands médias régionaux et nationaux du pays, par Sylvain Baron, le 18 novembre 2018





Les Gilets Jaunes et la colère des masses populaires
Par Jacques Sapir, le 19 novembre 2018 - Les Crises 

La journée du 17 novembre des Gilets Jaunes s’est donc soldée par un succès massif, avec plus de 2000 points de blocage alors que 1500 avaient été annoncés. Les chiffres de participation annoncés par le Ministère de l’intérieur semblent largement sous-estimés. Mais, ce succès a hélas été endeuillé par le décès d’une manifestante et par de nombreux blessés, ce qui est dû dans la plupart des cas à des véhicules ayant tenté de forcer les barrages. Ce succès interpelle les mouvements politiques et les syndicats. Si la majorité (LAREM) et ses journalistes à gages tiennent un discours odieux, il convient de s’interroger sur la signification de ce mouvement et sur ses suites possibles.

Jour de colère

Ce mouvement a été déclenché par l’annonce d’une hausse des prix du carburant. Il traduit cependant une colère bien plus profonde, et des causes bien plus complexes. La question des prix du carburant renvoie, elle, à ce que l’on appelle les « consommations contraintes » des ménages des classes populaires. Quand on n’a pas de moyens de transports de substitution, quand on doit faire tous les jours des dizaines de kilomètres pour aller travailler, oui, le prix du carburant représente une contrainte. Dit en des termes d’économistes, il n’y a aucune élasticité de la consommation au prix dans ce cas.

Mais, une simple hausse du prix des carburants n’aurait certainement pas provoqué une telle colère si elle ne venait s’ajouter à des hausses multiples, mais aussi à une pression fiscale dont les classes populaires ont l’impression de payer bien plus que leur part. Les réformes fiscales prises depuis un an par le gouvernement – dont la suppression de l’ISF – ainsi que les mesures prises par les gouvernements précédents, et l’on se souvient des 44 milliards du CICE donnés aux grandes entreprises en l’échange de quelques créations d’emploi, constituent la base de cette colère. On parle d’un « ras-le-bol » fiscal ; il peut exister en certains cas. Mais, ce qui est en cause c’est avant tout le sentiment d’une injustice fiscale.

Ajoutons-y les propos plus que malheureux d’un Président de la République, qui à l’évidence n’éprouve aucune empathie pour les classes populaires, tout fasciné qu’il est par les « start-upers » et par la richesse des gens qui, pour reprendre son expression, eux ne sont pas rien. Les termes extrêmement désobligeants qu’il a employés depuis des années à l’encontre des classes populaires sont connus. Ils n’ont pas été oubliés par ceux auxquels ils s’adressaient. Les français, dit-on, ont la mémoire courte. Ils viennent de démontrer exactement le contraire.

Tout cela a fait le ciment d’une révolte qui monte des tréfonds de la France périphérique pour reprendre l’expression du géographe Christophe Guilluy. La haine des représentants organiques de la France bobo indique bien où se trouve la fracture, et cette fracture, n’en déplaise à certains, est une fracture de classe. Les slogans politiques que l’on a, alors, pu entendre ne doivent rien à la présence de militants de partis et d’organisations, mais bien plutôt au fait que ces classes populaires identifient spontanément le gouvernement et le Président comme leurs ennemis.

jeudi 20 septembre 2018

Lehman Brothers, 10 ans après



Inside Lehman Brothers (France, Finlande, 2018)

La chute de Lehman Brothers, en 2008, a plongé la planète dans une gigantesque récession. Dans une enquête captivante, Jennifer Deschamps se penche sur ce qui a causé la perte d'une banque au-dessus de tout soupçon.

Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers est officiellement déclarée en faillite. Lâchée par le gouvernement et sans repreneur, la vénérable banque d'investissement, fondée à New York en 1850, disparaît en laissant à ses créanciers une dette de plusieurs centaines de milliards de dollars. Lancée depuis plusieurs années dans une course folle au profit, cette grande institution financière, dirigée par Richard Fuld, a développé des prêts hypothécaires à risques, rapidement devenus emprunts toxiques. Accordés à des ménages modestes voire sans revenus, ces subprimes ont permis à des centaines de milliers d'Américains de devenir propriétaires de leur logement. Mais en 2007, lorsque la bulle immobilière éclate, la remontée de taux d'intérêts gonfle les traites que les emprunteurs ne peuvent plus rembourser. Une vague de saisies s'abat sur les États-Unis, et notamment sur la Californie…

Autopsie méthodique
Spécialisée dans les produits financiers, Lehman Brothers a voulu "faire de l'argent par tous les moyens". Naviguant en "zone grise" – là où, au minimum, tout ce qui n'est pas illégal peut être considéré comme légal –,  la banque et ses filiales ont maquillé les bilans, poussé les équipes commerciales à truquer leurs dossiers pour atteindre des objectifs de plus en plus exigeants, et engranger des dollars par milliards. Le tout grâce à la complicité, l'incompétence ou l'aveuglement des organismes de contrôle et des agences de notation. Pour raconter, dix ans plus tard, un cataclysme dont les répercussions ont ébranlé les places boursières et les économies du monde entier, Jennifer Deschamps se place à hauteur d'hommes. Enrichie d'archives, son enquête, documentée et rigoureuse, réunit les témoignages inédits d'anciens collaborateurs de Lehman, qui ont tous eu un accès privilégié aux mécanismes délirants ayant mené au désastre : trois ex-employées de la BNC, une filiale spécialisée dans les prêts immobiliers, et "lanceuses d'alerte" (Linda Weekes, Sylvia Vega-Sutfin et Cheryl McNeil), et leur avocat (Gary Gwilliam) ; un ancien vice-président de Lehman (Matthew Lee), licencié après avoir refusé de cautionner une manœuvre comptable frauduleuse ; un ancien juriste de la banque (Oliver Budde) ainsi que l'ancien procureur de l'Illinois (Anton Valukas), mandaté en 2008 par le gouvernement américain pour enquêter sur les causes de la faillite. Autopsie méthodique d'un système malade, Inside Lehman Brothers se fait aussi mise en garde contre une déflagration qui pourrait bien, dans un futur proche, se rééditer.
Source : Arte
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Lehman Brothers, 10 ans après
Par Jacques Sapir, le 19 septembre 2018  - Les Crises

Le dixième anniversaire de la « crise des subprimes » suscite un intérêt renouvelé pour ce qui se passa alors, les causes immédiates comme les causes profondes de cette crise. Cette crise n’était pas inattendue, du moins pour certains. A la suite d’une présentation faite dans le séminaire Franco-Russe de juin 2006, nous avions décidé avec nos collègues russes de l’Institut de Prévision de l’Economie (IPE-Académie des Sciences), et dans le cadre du séminaire Franco-Russe, de constituer un groupe de travail sur la crise probable qui allait éclater. Différents papiers furent présentés au séminaire de juin 2007 (Paris), puis de janvier 2008 (Moscou) et je fus invité pour présenter nos travaux au Russia Forum qui se tint à Moscou à la fin du mois de janvier 2008.

Dans ce forum, j’eu un débat animé avec le Ministre des finances russe de l’époque, M. Koudrine, qui présentait la Russie comme un « havre de stabilité ». Je le mis publiquement en garde contre ce genre de formule qui d’une part était très imprudente (on le constata par la suite) dans le cadre d’une crise mondiale et qui d’autre part fragiliserait les finances et l’économie russe. Cette mise en garde fut publiée dans une revue russe, Rossija v Global’noj Politike [1] ce qui montre que mes mises en garde avaient été écoutées par certains. Mais, cela ne fut pas suffisant pour empêcher le gouvernement russe de commettre plusieurs erreurs graves, dues à la domination des restes d’une idéologie libérale dont Koudrine était alors le porte-parole.

La crise ne cessa de se développer, avec tout d’abord la faillite de Bear Stearns puis les graves inquiétudes sur Fanny Mae et Freddy Mac, les deux institutions publiques gérant une partie du portefeuille hypothécaire, pour enfin culminer avec la crise de Lehman Brothers.


J’en rendis compte au jour le jour en utilisant le blog – Actualités de la Recherche en histoire visuelle – d’un de mes confrères de l’EHESS, André Gunthert, que je tiens à remercier ici[2].

Les matériaux accumulés dans le groupe de travail servirent alors à de nombreuses publications, qu’il s’agisse de chapitres dans des ouvrages collectifs[3] ou d’articles dans des revues américaines[4], mais aussi dans une revue allemande[5], russe[6], et enfin dans la Revue de la Régulation[7]. C’est ce dernier article que je republie ici, mais non sans quelques commentaires.

samedi 18 août 2018

L’été meurtrier d’Emmanuel Macron

MAJ de la page : Macrongate



Régis Castelnau, avocat :  «Une grosse vingtaine d'infractions pénales» dans l'affaire Benalla (RT, 29 juillet 2018)

Lire aussi sur le blog de Régis de Castelnau, Vu du Droit : Macron, une erreur de casting (27 juillet 2018) / Macrongate le petit roi et son mépris du droit (23 juillet 2018) / Affaire Benalla, le code pénal pour quoi faire ? (19 juillet 2018)
Mais aussi : Benalla et l’arc d’extrême droite par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, 23 juillet 2018) / «Les CRS n’ont pas besoin d’avoir de citoyens qui viennent les protéger» (RT, 28 juillet 2018) / Jardin des Plantes : cette nouvelle vidéo qui peut mettre à mal la défense d'Alexandre Benalla (RT 30 juillet 2018) / Affaire Benalla : les coulisses d’une perquisition ubuesque (Le Parisien, 1 août 2018) / Benalla: «passeport diplomatique mystère, obtenu 3 semaines après sa sanction virtuelle» ? (RT, 3 août 2018)
(A l'image de son employeur et président, Benalla semble n'avoir aucune parole).

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Olivier Berruyer : «Le complotisme autorisé, c'est le complotisme anti-russe» (RT, 11 août 2018)

Après le Brexit, l’élection de Trump, la Catalogne, les fausses informations lors de l’élection de Macron, les armes chimiques en Syrie, la cyberattaque des JO de Pyeongchang, la Vague de Froid de l’hiver dernier, etc, voici aujourd’hui l’ombre russe dans… l’affaire Benalla.
Cette narrative est venue de l’association “EU DisinfoLab”, par la voix du cofondateur Nicolas Vanderbiest et de son président Alexandre Alaphilippe.
Nous allons donc présenter cette association, puis ses récents travaux et enfin analyser les réactions de la presse.
Source (et suite) du texte :  Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?, Les Crises, le 8 août 2018

Lire aussi  : EU Disinfo Lab (dossier sur le site Les Crises) / L’affaire Benalla, « c’est la faute aux russes » ou la dernière excuses des dominants, par Jacques Sapir (Les Crises, 5 août 2018) / De quoi Macron est-il le nom ? Jacques Sapir (Les Crises, 2 août 2018) 

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L’été meurtrier d’Emmanuel Macron
Par jacques Sapir, le 15 août 2018 - Facebook

L’été 2018 aura été meurtrier pour la réputation d’Emmanuel Macron. La combinaison de deux affaires, par ailleurs liées, l’affaire Benalla et l’affaire DisinfoLab, expose de manière crue non seulement les méthodes de la Présidence de la République et du parti qui est sont principal soutien, La République En Marche (LREM), mais surtout l’atmosphère et l’idéologie qui règnent dans les milieux proches du pouvoir. Au-delà des conséquences judiciaires que ces deux affaires sont susceptibles d’avoir, au-delà des conséquences politiques qu’elles auront très vraisemblablement, se pose désormais la question institutionnelle : est-il possible de laisser « ces gens là » continuer à gouverner ? Et, si aucune méthode ne peut donc les en empêcher, quel en sera le prix pour l’ensemble des français ?

Le « Benalla-Gate »

Reprenons depuis le début. L’affaire Benalla ne se réduit pas aux agissements de ce triste personnage. Il y a eu des à l’évidence des manquements graves d’un point de vue judiciaires, dont mon ami Régis de Castelnau à donné la liste non exhaustive[1]. Cette affaire met gravement en cause le directeur de cabinet de l’Elysée, qui gérait les hommes, mais aussi le Secrétaire général, M. Kohler, par ailleurs mis en cause dans deux procédures disjointes par l’association Anticor pour de multiples conflits d’intérêts et une possible affaire de corruption[2]. Dans toute République autre que Bananière, ces deux hommes auraient dû démissionner. Il est patent qu’il n’en a rien été. Benalla, certes mis en examen, a pu partir pour le Maroc ou, au dernières nouvelles, il coule des jours heureux…[3]

Mais, ce que l’on a appris, est qu’il y avait une véritable cellule autour d’Alexandre Benalla, pour s’occuper de manière privée, et en conflit quasi permanent avec les instances chargées légalement de la faire, de la sécurité du Président. La présence de Benalla et de ses acolytes de l’Elysée au sein des forces polices lors de la manifestation du 1er mai est maintenant bien établie[4]. Il faut alors mettre cela en parallèle avec la décision, assez inouïe, d’Emmanuel Macron de prendre le contrôle de la lutte antiterroriste. En créant cette semaine le Centre national de contre-terrorisme (CNCT), Emmanuel Macron en a transformé le coordinateur du renseignement, Pierre de Bousquet de Florian, en un véritable patron d'une équipe de 19 agents, chargée d'un pilotage stratégique[5]. On touche ici à la dimension institutionnelle du problème. Emmanuel Macron cherche à constituer l’appareil de la Présidence en un centre de décision autonome, supérieur au gouvernement de la République. Cela ne répond ni à la lettre ni à l’esprit de la Constitution, qui organise en réalité un système ou le Président est un garant mais pas un acteur direct. D’ailleurs, l’irresponsabilité du Président en découle. Par ailleurs, le comportement même d’Emmanuel Macron qui est allé se justifier le 24 juillet au soir devant les députés LREM[6], constitue une seconde entorse au moins aussi grave à sa fonction. Nous avons donc, là, un véritable problème de respect de la Constitution posé par la Président de la République[7].

DisinfoLab ou l’équivalent de « l’affaire des fiches » ?

A l’affaire Benalla est venue s’ajouter l’affaire DisinfoLab. Au départ, il y a la volonté de certains, téléguidés par l’Elysée ou non, de créer un contrefeu à l’affaire Benalla, en prétendant que l’émotion autour de cette dernière aurait été « gonflée » artificiellement par la « sphère russophile » ou de la « russosphère » sur Twitter[8]. Tout cela est parti de la présentation sur le blog ReputatioLab, tenu par M. Nicolas Vanderbiest, d’une première étude[9]. La méthode de cette étude, en particulier pour définir la soi-disant « sphère russophile » est extrêmement discutable[10]. On peut parler d’une reductio ad Putinem utilisé par certains pour tenter d’étouffer l’affaire Benalla. Mais, au fil de la polémique, la vérité s’est faite jour. L’activité de cette « russosphère » n’est absolument pas la cause de l’émotion provoquée par l’affaire Benalla, ainsi que le démontre, lui très scientifiquement, Damien Liccia[11]. Une enquête ultérieure, menée par Olivier Berruyer, et validé – il convient de le noter – par Checknews[12], démontre que M. Vanderbliest et ses associés, réunis autour d’une drôle de galaxie qui mélange allègrement les genres de l’ONG pseudo-universitaire à l’agence de communication[13], se sont livrés par ailleurs à un fichage politique illégal[14]. On n’est pas loin de « l’affaire des fiches », ce scandale qui marqua le début du XXème siècle et qui fit tomber le ministère Combes[15]. Or, Monsieur Nicolas Vanderbliest fut l’homme qui a rédigé une bonne part de la très contestée « loi anti-Fake news » qui fut rejeté par le Sénat en juillet[16]. La boucle ici se referme. Nous avons donc un militant proche d’Emmanuel Macron faisant un travail (bâclé) pour tenter d’accuser une soi-disant « russosphère » et mettre implicitement sur le dos de Poutine le scandale provoqué par l’affaire Benalla. Ce même militant a clairement enfreint la loi et s’est livré à u fichage politique. La CNIL s’en est émue et s’en est saisie. Signalons que, diffamé par un communiqué de DisinfoLab, Olivier Berruyer a, lui-aussi, porté plainte.

mercredi 25 juillet 2018

Emmanuel Macron et le mépris de la République,

MAJ de la page : En marche vers... un Macrongate / Emmanuel Macron


Francis Cousin, La face cachée de l'affaire Benalla (24 juillet 2018)


Sur la forme Macron dit vrai,  "Alexandre Benalla n'a jamais occupé un 300m2 à l'Alma", non pas parce que Benalla n'avait pas d'appartement de fonction quai Branly, mais parce qu'il n'avait pas encore emmenagé, et que ce n'était peut-être pas un 300m2 mais un 200m2. Sur le fond c'est donc un mensonge éhonté. En atteste un document officiel de changement d'adresse révélé par le Canard Enchaîné. 
(Analyse d'autres mensonges de Macron et de ses sbires dans un prochain post).

Alexandre Benalla.
Adresse d'envoi : 11 Quai Branly
Fac-similé de la déclaration de Benalla auprès de l'administration fiscale attestant son changement d'adresse


Emmanuel Macron et le mépris de la République
par Jacques Sapir, le 25 juillet 2018 - Les Crises

La déclaration faite le 24 juillet au soir par le Président de la République, M. Emmanuel Macron, est grave[1]. Elle est grave d’un point de vue constitutionnel. Elle est grave d’un point de vue politique. Elle est grave d’un point de vue moral. Nous devons toujours nous souvenir que le Président de la République est le premier magistrat. Sa parole est un acte. Si sa parole menace la Constitution, la mine ou la dévalue, c’est très exactement comme s’il avait agi pour subvertir cette Constitution. Si sa parole menace l’ordre politique, autrement dit la « Cité » dans laquelle nous vivons[2], car cet ordre politique est ce qui organise nos libertés, c’est très exactement comme s’il avait agi contre cet ordre, comme s’il avait pris des mesures niant la souveraineté du peuple. Si sa parole n’est pas morale, alors de quel exemple pourrons-nous tirer les forces de moralité qui sont nécessaires à la vie politique ?

Un acte contraire à la Constitution
Emmanuel Macron a donc effectué une visite surprise à la réunion des élus de la majorité LREM organisée à la Maison de l’Amérique latine, réunion organisée pour la clôture de la session parlementaire, mardi 24 juillet. Ce faisant, il a visiblement oublié que, dans la Constitution, il n’est pas chef de parti. La Président de la République doit représenter tous les français. Reprenons les différents articles, sans intention d’exhaustivité, qui précisent son rôle de chef de l’Etat et non de chef de parti[3].

Article 5 « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. »
Article 14 : « Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui. »
Article 16 : « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. »
Article 64 : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

La fonction décrite soit directement soit indirectement par ces différents articles n’est pas compatible avec la fonction de chef de parti. Bien entendu, la pratique politique nous dit que le Président fait campagne soutenu par un parti ou une alliance de partis. Mais, il est de tradition qu’il abandonne toute position à l’intérieur d’un parti ou d’un mouvement, et qu’il s’abstienne de participer aux réunions du groupe parlementaire qui le soutient à l’Assemblée nationale. Cela participe du principe de division des pouvoirs. Quand ses prédécesseurs recevaient les « ténors » de leur majorité respective, ils le faisaient en privé. En venant dans cette réunion des députés LREM, réunion où la presse était en partie présente, Emmanuel Macron a consciemment et délibérément foulé aux pieds ce principe.

Une subversion de l’ordre politique

Il a aggravé son cas en faisant une déclaration dans cette réunion[4].



Il a ainsi dit, se référant au trouble et au scandale causé par l’affaire Benalla : « “S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance, c’est moi qui ai confirmé la sanction”. Tout d’abord il s’est avancé un peu vite sur la « sanction » qui aurait été prononcée contre M. Benalla le 4 mai. Les auditions devant la commission d’enquête sénatoriale montrent que Benalla est resté actif du 4 au 18 mai, et que son salaire lui a été intégralement versé[5]. Mais, il y a nettement plus grave.

Cette manière de revendiquer la totalité de la responsabilité pourrait être considérée comme courageuse, si elle avait été faite devant l’ensemble des français. Mais, tel n’a pas été le cas. Emmanuel Macron a prononcé ces mots devant une assemblée de fidèles qui lui était entièrement acquise et ce alors que les français attendent de lui qu’il s’explique depuis le début de l’affaire. Or, jusqu’à présent, le Président n’a trouvé ni le temps ni le courage de venir s’expliquer devant les français ? Ce n’est donc pas un discours de Chef de l’Etat, c’est un discours de chef de clan, de chef mafieux, qui parade devant ses obligés.

Surtout, cette déclaration fait un lointain écho au discours que Benito Mussolini prononça le 3 janvier 1925, devant le Parlement italien, à la suite du meurtre du député Matteotti qui s’était élevé contre les fraudes électorales, les intimidations et les pressions lors des précédentes élections d’avril 1924[6] : « Je vous déclare ici en présence de cette assemblée et devant tout le peuple italien, que j’assume à moi tout seul la responsabilité politique, morale et historique de tout ce qui est arrivé… Si le fascisme n’a été qu’une affaire d’huile de ricin et de matraques, et non pas, au contraire, la superbe passion de l’élite de la jeunesse italienne, c’est à moi qu’en revient la faute !
Si le fascisme a été une association de délinquants, si toutes les violences ont été le résultat d’une certaine atmosphère historique, politique et morale, à moi la responsabilité de tout cela, parce que cette atmosphère historique, politique et morale, je l’ai créée par une propagande qui va de l’intervention dans la guerre jusqu’à aujourd’hui. »

L’histoire jugera. Mais, la manière de revendiquer toute la responsabilité, comme si le Président était la seule source d’autorité, est profondément choquante au regard des traditions politiques et de la pratique de la République. La phrase prononcée par Emmanuel Macron subvertit, tant dans la forme que dans le fond, de manière tant directe qu’indirecte, l’ordre politique républicain actuel en France.

Une faute morale

En aparté à cette réunion, Emmanuel Macron aurait alors déclaré : « qu’ils viennent me chercher »[7]. Mais, de qui parlait-il ? Des parlementaires de la France Insoumise qui souhaitent qu’il témoigne devant la commission d’enquête ? En réalité, on sait que ce n’est pas possible. Il suffit de regarder tant le texte de la Constitution que la pratique qui en a été faite. D’ailleurs, en vertu de l’article 67 de la Constitution, le Président de la République est irresponsable : « Le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68.
Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite. »

La phrase d’Emmanuel Macron prend alors l’apparence d’une rodomontade, d’un défi sans risque. Ce n’est pas une attitude de Chef de l’Etat. Au mieux, c’est une attitude d’enfant en cours de récréation. On peut y voir le manque de sérieux qu’Emmanuel Macron porte tant à sa fonction qu’aux français. Quel que soit le bout par lequel on prend cette déclaration, elle apparaît bien comme une faute morale. Elle s’apparente aux mots qui furent prêtés à Marie-Antoinette : « ..s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». On en connaît les suites.

Et si Emmanuel Macron devait être pris au mot, si les français se décidaient – dans un mouvement insurrectionnel ou révolutionnaire – à venir le chercher à l’Elysée, sa provocation aurait des conséquences véritablement incalculables. Après avoir subvertit l’ordre constitutionnel, après avoir subvertit l’ordre politique, son comportement nous conduirait aux portes de la guerre civile.

Notes
[1] https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html
[2] Car la Cité romaine n’est pas la ville, mais la communauté des citoyens. Cicéron, De res publica, (I-26-41). Voir Cicéron, La République, traduction d’Esther Breguet, T-1, Paris, Les Belles Lettres, 1980.
[3] http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank/pdf/conseil-constitutionnel-5074.pdf
[4] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998
[5] http://www.leparisien.fr/politique/benalla-a-finalement-touche-son-salaire-pendant-sa-suspension-25-07-2018-7833378.php
[6] http://www.gauchemip.org/spip.php?article8465
[7] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998

vendredi 6 octobre 2017

L’entrée en vigueur du CETA : un scandale démocratique

MAJ de la page : CETA

L’entrée en vigueur du CETA: un scandale démocratique
Paqr Jacques Sapir, le 22 septembre 2017 - RussEurope

Le traité de libre-échange avec le Canada, ce que l’on appelle le CETA, est donc entré en application le jeudi 21 septembre. Il montre de manière éloquente que les Etats se sont laissés dessaisir de leur souveraineté et qu’un nouveau droit, indépendant du droit de ces mêmes Etats et non soumis à un quelconque contrôle démocratique, est en train de s’imposer.

Le CETA constitue ce que l’on appelle un « traité de libre-échange ». Mais, en réalité, il s’attaque aux normes non-tarifaires que pouvaient prendre un certain nombre d’Etat, en particulier pour protéger leur population en matière de pollution. Sur ce point, il est à craindre que le CETA n’organise une course au démantèlement de ces normes protectrices. A cela s’ajoute le risque induit par le mécanisme de protection des investisseurs contenu dans le traité. Le CETA, en effet, crée un système de protection de ces investisseurs entre l’Union européenne et le Canada qui, par l’institution d’un tribunal d’arbitrage leur permettrait de poursuivre un État (ou une décision de l’Union européenne) si une décision publique prise par cet Etat était de nature à compromettre les « attentes légitimes en terme de retour sur investissement ». Autrement dit, c’est un mécanisme, que l’on appelle la clause ISDS (ou RDIE) qui sert essentiellement de protection des bénéfices futurs. Et ce mécanisme est à sens unique : un État ne pourra pas, lui, poursuivre une entreprise privée dans le cadre ainsi prévu. On constate alors que le CETA va permettre aux investisseurs d’attaquer des décisions politiques s’ils estiment qu’elles vont à l’encontre de leurs intérêts. Cette procédure, qui pourrait s’avérer très coûteuse pour les Etats, aura un effet dissuasif dans le cas d’une simple menace de procès. A cet égard, rappelons qu’en 2011, le Québec recula sur l’interdiction d’un composant d’herbicide, dont on suspectait les effets cancérigènes, et qui était commercialisé par Dow Chemical, car cette dernière société était déterminée à porter l’affaire devant les tribunaux.

Il y a ensuite un problème de réciprocité ; il est bien beau de dire que ce traité ouvre les marchés publics canadiens aux entreprises européennes, mais le marché de l’UE est déjà ouvert aux entreprises canadiennes. Il suffit de regarder la disproportion entre les populations pour savoir qui est vainqueur. Au delà, il y a le problème plus général du libre-échange, ou plus précisément de l’interprétation du Libre-échange que l’on trouve dans ce traité. Il fait la part belle aux intérêts des firmes multinationales, intérêts qui ne sont pas précisément ceux des consommateurs ni ceux des travailleurs.

jeudi 5 octobre 2017

Censure ou la démocratie en marche dans la France d’aujourd’hui

Censure ou la démocratie en marche dans la France d’aujourd’hui
Par Jacques Sapir, le 2 octobre 2017 - Sputniknews


Un acte en apparence anodin, mais en réalité assez extraordinaire, a été commis à mon égard. Il est significatif de l’atmosphère dans laquelle la France se débat depuis maintenant plusieurs mois.

Mon carnet scientifique, ouvert en septembre 2012 sur Hypotheses.org a été suspendu. Je ne puis donc plus installer de notes ni faire des modifications sur les textes publiés. Le communiqué, signé par Marin Dacos directeur d'Open Edition, et installé sur mon carnet dit: « Le carnet que vous consultez est désormais une archive et ne sera plus alimenté. Les droits d'accès en écriture ont été retirés à son auteur par l'équipe d'OpenEdition.
À de nombreuses reprises, l'auteur du carnet y a publié des textes s'inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses et constituant une condition indispensable pour publier sur la plateforme. »
Prenons ce texte au pied de la lettre. Cela signifie que l'on pourrait séparer ce qui relève de la « science » de ce qui relève de la « politique ». C'est peut-être, et encore, le cas dans les sciences de la nature. Mais, c'est strictement impossible dans les sciences sociales, comme l'économie, la sociologie, l'histoire ou les sciences politiques. On ne peut qu'être étonné par cette prise de position, venant de gens qui avaient la charge d'une plateforme consacrée principalement aux sciences sociales. Cela prouve, du moins en apparence, qu'ils n'en maîtrisent nullement l'épistémologie.
Par ailleurs, j'ai ouvert ce carnet en septembre 2012, et immédiatement j'y ai publié à la fois des textes plus académiques (servant bien souvent de base à des articles scientifiques) mais aussi d'autres textes, plus polémiques, et toujours en lien avec mes propres recherches. Tous ces textes s'inscrivent dans le contexte de mes recherches. De plus, et il faut l'ajouter, de nombreux carnets réagissent eux-aussi à l'actualité.

Je conteste donc formellement cette affirmation tout comme cette procédure, dont on peut s'étonner qu'elle survienne maintenant, en 2017. J'aurais compris cette mesure si mes textes avaient contrevenu au point 10 de la charte d'Open Edition. Mais, un courrier de M. Dacos indique que ce n'est pas le cas et que ce n'est pas cela qui m'est reproché.

dimanche 10 septembre 2017

"Président raté"

MAJ de la page : Emmanuel Macron

"Président raté" : la tribune du New York Times qui accable Emmanuel Macron
Le 9 septembre 2017 - Sudouest


Une tribune publiée dans le prestigieux quotidien juge sévèrement les premiers mois à l’Élysée du président français…

C’est ce qui s’appelle ne pas mâcher ses mots. Dans une tribune publiée ce jeudi dans le prestigieux New York Times, Chris Bickerton, un enseignant de politique européenne à l’université de Cambridge, assassine le président français et sa politique.
"Emmanuel Macron will be yet another failed french president", titre le quotidien américain, estimant qu’Emmanuel Macron sera lui aussi un "président français raté". Au mois de mai dernier pourtant, l’élection du président avait été largement saluée par le journal. Mais quatre mois plus tard, les choses ont changé.
Pour l’auteur de la tribune, si la cote du président français a autant dégringolé depuis élection,  c’est avant tout parce que son projet est faible et bien "trop centré sur sa personnalité", ce qu’il appelle : le macronisme.

"Tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne. Son attrait vient essentiellement de sa jeunesse, de son dynamisme, de son allure et de ses qualités oratoires. Mais une fois que le charme est rompu, il ne reste rien à ses soutiens pour l’apprécier et c’est ce qui est en train de se produire". Chris Bickerton

Une attitude arrogante 

Pour Chris Bickerton, Emmanuel Macron, "l’enfant chéri de l’élite libérale mondiale" a perdu de son aura à cause de son attitude arrogante vis-à-vis du pouvoir. Il cite alors en exemple, sa déclaration au sujet d’une présidence jupitérienne, son discours au Congrès de Versailles ou encore ses propos sur la loi Travail. "Beaucoup de français se sont hérissés de ces accents monarchiques", note-t-il.

Il se montre particulièrement septique concernant la réforme du Code du travail. "La politique économique d’Emmanuel Macron favorise les employeurs par rapport aux salariés et ébrèche ce qui reste de l’État providence français", écrit-il.
Source (et suite) du texte : Sud Ouest

Lire aussi sur TdG : Le maquillage grand luxe de Macron passe mal, le 25 aout 2015

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Tatiana Ventôse, Qui sont les fainéants, cyniques et extrêmes ? (8 septembre 2017)


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Macron: le dérapage de trop
Par Jacques Sapir, le 8 septembre 2017 - RUssEurope

Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, vient une nouvelle fois de déraper en public et d’insulter les Français. Du moins, ceux qui ne pensent pas comme lui. Il a, dans les jardins de l’EFA à Athènes, ce vendredi, réaffirmé la nécessité de la réforme mais avec des mots d’une violence inouïe : « Je serai d’une détermination absolue, je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes »[1]. Que le Président dise qu’il ne cèdera rien, c’est son droit. C’est une manière de gouverner, et l’on sait désormais ce que valent ses promesses de « dialogue social ». Néanmoins, c’est son droit. Aux opposants d’en tirer toutes les conséquences. Mais, qu’il le fasse en décrivant ceux qui ne sont pas de son avis de « fainéants, (…) cyniques, (…) extrêmes», ne me semble pas avoir de précédant. La violence verbale dont il a ainsi fait preuve appelle, et justifie par avance, d’autres violences. Au point que l’on se demande s’il a conscience de ce qu’il a dit.

Quand Emmanuel Macron persévère…

Ce n’est pas, hélas, la première fois qu’Emmanuel Macron se rend ici coupable de tels dérapages. Il avait commis un autre impair de la même veine depuis les jardins de l’ambassade de France à Bucarest[2], ajoutant à l’insulte le fait de la proférer sur un sol étranger. Pourtant, c’était le même Emmanuel Macron qui avait déclaré qu’il ne ferait aucun commentaire sur la politique française depuis l’étranger. On l’a déjà dit, il est parfaitement faux d’affirmer, que ce soit à Athènes ou à Bucarest, que les français se refusent aux réformes. Que ces dernières soient globales ou qu’elles concernent la sphère du travail, les français ont été soumis, et ont accepté, depuis ces vingt dernières années un nombre incalculable de réformes. Ce que les français refusent, c’est une réforme particulière, celle qui concerne le droit du travail. Or, cette réforme est justement hautement discutable comme on l’a montré sur ce carnet[3]. On peut la considérer comme néanmoins nécessaire ; mais il importe, alors, de respecter ceux qui ne pensent pas comme vous.

Et ceci d’autant plus quand on a été élu sur un quiproquo, avec un faible nombre de voix. Emmanuel Macron est un président par défaut. Tout le monde le sait à l‘évidence, sauf lui-même semble-t-il…

Or, ne voilà-t-il pas qu’Emmanuel Macron récidive. Il le fait au lendemain de son discours qui se voulait programmatique sur l’Europe et qui ne fut qu’étalage de platitudes. Il le fait dans des mots qui, cette fois, sont directement insultants et ce à un degré des plus extrêmes. Quand on considère l’effondrement qu’il subit dans les sondages depuis maintenant deux mois[4], c’est folie. Mais, « Bien que ce ne soit folie, il y a là de la méthode»[5].

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