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samedi 18 août 2018

L’été meurtrier d’Emmanuel Macron

MAJ de la page : Macrongate



Régis Castelnau, avocat :  «Une grosse vingtaine d'infractions pénales» dans l'affaire Benalla (RT, 29 juillet 2018)

Lire aussi sur le blog de Régis de Castelnau, Vu du Droit : Macron, une erreur de casting (27 juillet 2018) / Macrongate le petit roi et son mépris du droit (23 juillet 2018) / Affaire Benalla, le code pénal pour quoi faire ? (19 juillet 2018)
Mais aussi : Benalla et l’arc d’extrême droite par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, 23 juillet 2018) / «Les CRS n’ont pas besoin d’avoir de citoyens qui viennent les protéger» (RT, 28 juillet 2018) / Jardin des Plantes : cette nouvelle vidéo qui peut mettre à mal la défense d'Alexandre Benalla (RT 30 juillet 2018) / Affaire Benalla : les coulisses d’une perquisition ubuesque (Le Parisien, 1 août 2018) / Benalla: «passeport diplomatique mystère, obtenu 3 semaines après sa sanction virtuelle» ? (RT, 3 août 2018)
(A l'image de son employeur et président, Benalla semble n'avoir aucune parole).

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Olivier Berruyer : «Le complotisme autorisé, c'est le complotisme anti-russe» (RT, 11 août 2018)

Après le Brexit, l’élection de Trump, la Catalogne, les fausses informations lors de l’élection de Macron, les armes chimiques en Syrie, la cyberattaque des JO de Pyeongchang, la Vague de Froid de l’hiver dernier, etc, voici aujourd’hui l’ombre russe dans… l’affaire Benalla.
Cette narrative est venue de l’association “EU DisinfoLab”, par la voix du cofondateur Nicolas Vanderbiest et de son président Alexandre Alaphilippe.
Nous allons donc présenter cette association, puis ses récents travaux et enfin analyser les réactions de la presse.
Source (et suite) du texte :  Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?, Les Crises, le 8 août 2018

Lire aussi  : EU Disinfo Lab (dossier sur le site Les Crises) / L’affaire Benalla, « c’est la faute aux russes » ou la dernière excuses des dominants, par Jacques Sapir (Les Crises, 5 août 2018) / De quoi Macron est-il le nom ? Jacques Sapir (Les Crises, 2 août 2018) 

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L’été meurtrier d’Emmanuel Macron
Par jacques Sapir, le 15 août 2018 - Facebook

L’été 2018 aura été meurtrier pour la réputation d’Emmanuel Macron. La combinaison de deux affaires, par ailleurs liées, l’affaire Benalla et l’affaire DisinfoLab, expose de manière crue non seulement les méthodes de la Présidence de la République et du parti qui est sont principal soutien, La République En Marche (LREM), mais surtout l’atmosphère et l’idéologie qui règnent dans les milieux proches du pouvoir. Au-delà des conséquences judiciaires que ces deux affaires sont susceptibles d’avoir, au-delà des conséquences politiques qu’elles auront très vraisemblablement, se pose désormais la question institutionnelle : est-il possible de laisser « ces gens là » continuer à gouverner ? Et, si aucune méthode ne peut donc les en empêcher, quel en sera le prix pour l’ensemble des français ?

Le « Benalla-Gate »

Reprenons depuis le début. L’affaire Benalla ne se réduit pas aux agissements de ce triste personnage. Il y a eu des à l’évidence des manquements graves d’un point de vue judiciaires, dont mon ami Régis de Castelnau à donné la liste non exhaustive[1]. Cette affaire met gravement en cause le directeur de cabinet de l’Elysée, qui gérait les hommes, mais aussi le Secrétaire général, M. Kohler, par ailleurs mis en cause dans deux procédures disjointes par l’association Anticor pour de multiples conflits d’intérêts et une possible affaire de corruption[2]. Dans toute République autre que Bananière, ces deux hommes auraient dû démissionner. Il est patent qu’il n’en a rien été. Benalla, certes mis en examen, a pu partir pour le Maroc ou, au dernières nouvelles, il coule des jours heureux…[3]

Mais, ce que l’on a appris, est qu’il y avait une véritable cellule autour d’Alexandre Benalla, pour s’occuper de manière privée, et en conflit quasi permanent avec les instances chargées légalement de la faire, de la sécurité du Président. La présence de Benalla et de ses acolytes de l’Elysée au sein des forces polices lors de la manifestation du 1er mai est maintenant bien établie[4]. Il faut alors mettre cela en parallèle avec la décision, assez inouïe, d’Emmanuel Macron de prendre le contrôle de la lutte antiterroriste. En créant cette semaine le Centre national de contre-terrorisme (CNCT), Emmanuel Macron en a transformé le coordinateur du renseignement, Pierre de Bousquet de Florian, en un véritable patron d'une équipe de 19 agents, chargée d'un pilotage stratégique[5]. On touche ici à la dimension institutionnelle du problème. Emmanuel Macron cherche à constituer l’appareil de la Présidence en un centre de décision autonome, supérieur au gouvernement de la République. Cela ne répond ni à la lettre ni à l’esprit de la Constitution, qui organise en réalité un système ou le Président est un garant mais pas un acteur direct. D’ailleurs, l’irresponsabilité du Président en découle. Par ailleurs, le comportement même d’Emmanuel Macron qui est allé se justifier le 24 juillet au soir devant les députés LREM[6], constitue une seconde entorse au moins aussi grave à sa fonction. Nous avons donc, là, un véritable problème de respect de la Constitution posé par la Président de la République[7].

DisinfoLab ou l’équivalent de « l’affaire des fiches » ?

A l’affaire Benalla est venue s’ajouter l’affaire DisinfoLab. Au départ, il y a la volonté de certains, téléguidés par l’Elysée ou non, de créer un contrefeu à l’affaire Benalla, en prétendant que l’émotion autour de cette dernière aurait été « gonflée » artificiellement par la « sphère russophile » ou de la « russosphère » sur Twitter[8]. Tout cela est parti de la présentation sur le blog ReputatioLab, tenu par M. Nicolas Vanderbiest, d’une première étude[9]. La méthode de cette étude, en particulier pour définir la soi-disant « sphère russophile » est extrêmement discutable[10]. On peut parler d’une reductio ad Putinem utilisé par certains pour tenter d’étouffer l’affaire Benalla. Mais, au fil de la polémique, la vérité s’est faite jour. L’activité de cette « russosphère » n’est absolument pas la cause de l’émotion provoquée par l’affaire Benalla, ainsi que le démontre, lui très scientifiquement, Damien Liccia[11]. Une enquête ultérieure, menée par Olivier Berruyer, et validé – il convient de le noter – par Checknews[12], démontre que M. Vanderbliest et ses associés, réunis autour d’une drôle de galaxie qui mélange allègrement les genres de l’ONG pseudo-universitaire à l’agence de communication[13], se sont livrés par ailleurs à un fichage politique illégal[14]. On n’est pas loin de « l’affaire des fiches », ce scandale qui marqua le début du XXème siècle et qui fit tomber le ministère Combes[15]. Or, Monsieur Nicolas Vanderbliest fut l’homme qui a rédigé une bonne part de la très contestée « loi anti-Fake news » qui fut rejeté par le Sénat en juillet[16]. La boucle ici se referme. Nous avons donc un militant proche d’Emmanuel Macron faisant un travail (bâclé) pour tenter d’accuser une soi-disant « russosphère » et mettre implicitement sur le dos de Poutine le scandale provoqué par l’affaire Benalla. Ce même militant a clairement enfreint la loi et s’est livré à u fichage politique. La CNIL s’en est émue et s’en est saisie. Signalons que, diffamé par un communiqué de DisinfoLab, Olivier Berruyer a, lui-aussi, porté plainte.

mercredi 25 juillet 2018

Emmanuel Macron et le mépris de la République,

MAJ de la page : En marche vers... un Macrongate / Emmanuel Macron


Francis Cousin, La face cachée de l'affaire Benalla (24 juillet 2018)


Sur la forme Macron dit vrai,  "Alexandre Benalla n'a jamais occupé un 300m2 à l'Alma", non pas parce que Benalla n'avait pas d'appartement de fonction quai Branly, mais parce qu'il n'avait pas encore emmenagé, et que ce n'était peut-être pas un 300m2 mais un 200m2. Sur le fond c'est donc un mensonge éhonté. En atteste un document officiel de changement d'adresse révélé par le Canard Enchaîné. 
(Analyse d'autres mensonges de Macron et de ses sbires dans un prochain post).

Alexandre Benalla.
Adresse d'envoi : 11 Quai Branly
Fac-similé de la déclaration de Benalla auprès de l'administration fiscale attestant son changement d'adresse


Emmanuel Macron et le mépris de la République
par Jacques Sapir, le 25 juillet 2018 - Les Crises

La déclaration faite le 24 juillet au soir par le Président de la République, M. Emmanuel Macron, est grave[1]. Elle est grave d’un point de vue constitutionnel. Elle est grave d’un point de vue politique. Elle est grave d’un point de vue moral. Nous devons toujours nous souvenir que le Président de la République est le premier magistrat. Sa parole est un acte. Si sa parole menace la Constitution, la mine ou la dévalue, c’est très exactement comme s’il avait agi pour subvertir cette Constitution. Si sa parole menace l’ordre politique, autrement dit la « Cité » dans laquelle nous vivons[2], car cet ordre politique est ce qui organise nos libertés, c’est très exactement comme s’il avait agi contre cet ordre, comme s’il avait pris des mesures niant la souveraineté du peuple. Si sa parole n’est pas morale, alors de quel exemple pourrons-nous tirer les forces de moralité qui sont nécessaires à la vie politique ?

Un acte contraire à la Constitution
Emmanuel Macron a donc effectué une visite surprise à la réunion des élus de la majorité LREM organisée à la Maison de l’Amérique latine, réunion organisée pour la clôture de la session parlementaire, mardi 24 juillet. Ce faisant, il a visiblement oublié que, dans la Constitution, il n’est pas chef de parti. La Président de la République doit représenter tous les français. Reprenons les différents articles, sans intention d’exhaustivité, qui précisent son rôle de chef de l’Etat et non de chef de parti[3].

Article 5 « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. »
Article 14 : « Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui. »
Article 16 : « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. »
Article 64 : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

La fonction décrite soit directement soit indirectement par ces différents articles n’est pas compatible avec la fonction de chef de parti. Bien entendu, la pratique politique nous dit que le Président fait campagne soutenu par un parti ou une alliance de partis. Mais, il est de tradition qu’il abandonne toute position à l’intérieur d’un parti ou d’un mouvement, et qu’il s’abstienne de participer aux réunions du groupe parlementaire qui le soutient à l’Assemblée nationale. Cela participe du principe de division des pouvoirs. Quand ses prédécesseurs recevaient les « ténors » de leur majorité respective, ils le faisaient en privé. En venant dans cette réunion des députés LREM, réunion où la presse était en partie présente, Emmanuel Macron a consciemment et délibérément foulé aux pieds ce principe.

Une subversion de l’ordre politique

Il a aggravé son cas en faisant une déclaration dans cette réunion[4].



Il a ainsi dit, se référant au trouble et au scandale causé par l’affaire Benalla : « “S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance, c’est moi qui ai confirmé la sanction”. Tout d’abord il s’est avancé un peu vite sur la « sanction » qui aurait été prononcée contre M. Benalla le 4 mai. Les auditions devant la commission d’enquête sénatoriale montrent que Benalla est resté actif du 4 au 18 mai, et que son salaire lui a été intégralement versé[5]. Mais, il y a nettement plus grave.

Cette manière de revendiquer la totalité de la responsabilité pourrait être considérée comme courageuse, si elle avait été faite devant l’ensemble des français. Mais, tel n’a pas été le cas. Emmanuel Macron a prononcé ces mots devant une assemblée de fidèles qui lui était entièrement acquise et ce alors que les français attendent de lui qu’il s’explique depuis le début de l’affaire. Or, jusqu’à présent, le Président n’a trouvé ni le temps ni le courage de venir s’expliquer devant les français ? Ce n’est donc pas un discours de Chef de l’Etat, c’est un discours de chef de clan, de chef mafieux, qui parade devant ses obligés.

Surtout, cette déclaration fait un lointain écho au discours que Benito Mussolini prononça le 3 janvier 1925, devant le Parlement italien, à la suite du meurtre du député Matteotti qui s’était élevé contre les fraudes électorales, les intimidations et les pressions lors des précédentes élections d’avril 1924[6] : « Je vous déclare ici en présence de cette assemblée et devant tout le peuple italien, que j’assume à moi tout seul la responsabilité politique, morale et historique de tout ce qui est arrivé… Si le fascisme n’a été qu’une affaire d’huile de ricin et de matraques, et non pas, au contraire, la superbe passion de l’élite de la jeunesse italienne, c’est à moi qu’en revient la faute !
Si le fascisme a été une association de délinquants, si toutes les violences ont été le résultat d’une certaine atmosphère historique, politique et morale, à moi la responsabilité de tout cela, parce que cette atmosphère historique, politique et morale, je l’ai créée par une propagande qui va de l’intervention dans la guerre jusqu’à aujourd’hui. »

L’histoire jugera. Mais, la manière de revendiquer toute la responsabilité, comme si le Président était la seule source d’autorité, est profondément choquante au regard des traditions politiques et de la pratique de la République. La phrase prononcée par Emmanuel Macron subvertit, tant dans la forme que dans le fond, de manière tant directe qu’indirecte, l’ordre politique républicain actuel en France.

Une faute morale

En aparté à cette réunion, Emmanuel Macron aurait alors déclaré : « qu’ils viennent me chercher »[7]. Mais, de qui parlait-il ? Des parlementaires de la France Insoumise qui souhaitent qu’il témoigne devant la commission d’enquête ? En réalité, on sait que ce n’est pas possible. Il suffit de regarder tant le texte de la Constitution que la pratique qui en a été faite. D’ailleurs, en vertu de l’article 67 de la Constitution, le Président de la République est irresponsable : « Le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68.
Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite. »

La phrase d’Emmanuel Macron prend alors l’apparence d’une rodomontade, d’un défi sans risque. Ce n’est pas une attitude de Chef de l’Etat. Au mieux, c’est une attitude d’enfant en cours de récréation. On peut y voir le manque de sérieux qu’Emmanuel Macron porte tant à sa fonction qu’aux français. Quel que soit le bout par lequel on prend cette déclaration, elle apparaît bien comme une faute morale. Elle s’apparente aux mots qui furent prêtés à Marie-Antoinette : « ..s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». On en connaît les suites.

Et si Emmanuel Macron devait être pris au mot, si les français se décidaient – dans un mouvement insurrectionnel ou révolutionnaire – à venir le chercher à l’Elysée, sa provocation aurait des conséquences véritablement incalculables. Après avoir subvertit l’ordre constitutionnel, après avoir subvertit l’ordre politique, son comportement nous conduirait aux portes de la guerre civile.

Notes
[1] https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html
[2] Car la Cité romaine n’est pas la ville, mais la communauté des citoyens. Cicéron, De res publica, (I-26-41). Voir Cicéron, La République, traduction d’Esther Breguet, T-1, Paris, Les Belles Lettres, 1980.
[3] http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank/pdf/conseil-constitutionnel-5074.pdf
[4] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998
[5] http://www.leparisien.fr/politique/benalla-a-finalement-touche-son-salaire-pendant-sa-suspension-25-07-2018-7833378.php
[6] http://www.gauchemip.org/spip.php?article8465
[7] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998

mardi 24 juillet 2018

En marche vers... un Macrongate ?

MAJ de la page : Emmanuel Macron

Manu 1e, futur ex-Roi de la République patissière (janvier 2016)

Manu et Alexandre font du ski dans les Hautes-Pyrénées (décembre 2017)


Alexandre passe ses nerfs sur un couple de manifestant, avec casque et brassard de police (1 mai 2018)

Manu et Alexandre font du vélo (13 juillet 2018

Alexandre dans le car des Bleus descendant les Champs-Elysées
à toute allure pour aller rejoindre Manu à l'Elysée
et faire la une du journal de 20h (16 juillet 2018) 


"Il [Alexandre Benalla] a été protégé", Ariane Chemin, grand reporter au journal Le Monde (Europe 1, 19 juillet 2018)


Exemple de (dys)fonctionnement en Macronie (Extrême centre ou mélange de Ploutocratie, Médiocratie et Voyoucratie) :
Vivant dans l'intimité du couple présidentiel, il avait les clés de la villa des Macron au Toucquet, les accompagnant dans tous leur déplacements privés. Sans être membre du GSPR, les forces affectées à la protection du chef de l'État, Alexandre Benalla était en permanence dans l'ombre de Macron. En outre il aurait été chargé de réorganiser la sécurité du chef de l'Etat cet été, et voulait postuler pour être sous-préfet (malgré qu'il n'a pas l'âge requis). 

Le 1e mai, sans autorisation (même à titre d'observateur, contrairement aux affirmations de l'Elysée), Alexandre Benalla au milieu des CRS, avec casque, gilet pare-balles mais aussi brassard et radio de police, agresse une jeune femme puis un homme qu'il frappe après l'avoir mis à terre (voir la vidéo ci-dessus). Il est accompagné dans son délire par Vincent Crase qui a une arme à la ceinture, un salarié de LREM. Les CRS assistent à la scène sans intervenir. Craignant que son comportement puisse être médiatisé ("J'ai une merde sur le dos"), il fait réquisitionner les images des caméras de surveillance de la manifestation par trois policiers. 
Le 2 mai il aurait été mis à pied pour 15 jours et démis de ses fonctions de sécurité sauf que des photos attestent du contraire. Le 20 juillet, suite aux révélations médiatiques, l'Elysée entame une procédure de licenciement.  

Alexandre Benalla avait été le chauffeur de Arnaud de Montebourg qui l'avait licencié pour faute grave, car il avait voulu prendre la fuite après avoir provoqué un accident ! 
Il est à l'origine du recrutement de Makao (objet d'une blague salace) comme garde du corps de Macron lors de la campagne présidentielle, alors que ce dernier est un proche de Jawad Bendaoud, dealer de cocaine, surnommé le "logeur de Daesh"
Son dérapage du printemps n'était pas le premier, il aura aussi mollesté des journalistes à plusieurs reprises, menacé un caméraman de BFMTV ("Je sais où vous habitez à Paris et avec qui, je vais vous suivre maintenant"), et se permettait de donner des ordres, en étant méprisant et grossier, à des policiers de tout grade, en se prévalant d'une mission élyséenne. Il a aussi été jugé pour "violences volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à 8 jours" sur une femme en 2016, probablement de sa famille, puis relaxé sans explications données. 



L'affaire Benalla vue par Plantu - L'Express
"Police ou quelque chose comme ça" [genre police parrallèle ?]

L'ancien "M. Sécurité" d'Emmanuel Macron est dans la tourmente. Alexandre Benalla a été placé en garde à vue, vendredi 20 juillet, pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique" et "complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

"Fondamentalement, ces événements résultent de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains", a dénoncé Michel Delpuech [préfet de police de Paris], qui affirme avoir été informé de l'existence de la vidéo sur Alexandre Benalla par un adjoint du directeur de cabinet de l'Elysée.




«Macron représente un monde en perdition» : François Asselineau réagit à l'affaire Benalla (RT, 23 juillet 2018)

Ce sont les mêmes médias qui avaient encensés Macron l'année dernière pour qu'il soit élu président de la République (...), le Monde, le Hufftington Post en premier lieu, qui orchestre cet emballement médiatique (...). Cela devrait rappeler à Macron qu'il n'est qu'un employé d'un certain nombre de commanditaires lui faisant comprendre qu'il est allé trop loin [dans sa personnification du pouvoir ou pour une toute autre raison. L'Etat profond est néolibéral mais aussi néoconservateur]. 


Affaire Benalla : G. Collomb renvoie vers l'Elysée, Jean-Luc Mélenchon (LCI, 23 juillet 2018) 
    

Tatiana Ventôse, Affaire Benalla Ce que vous devez savoir, Scandale au sommet (24 juillet 2018) 

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