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vendredi 17 janvier 2020

Quelle « violence légitime » ?



Tatiana Ventose, Les agents du chaos (12 janv. 2020)



Tir de LBD à bout portant, le 9 janv. 2020 (Le Monde, 10 janv. 2020)
Lire aussi : Policier filmé en train de tirer au LBD à bout portant: une enquête ouverte pour "violences volontaires", 10 janv. 2020, BFMTV
Adrien, victime d'un tir LBD : Ce qui me manque ? un bout de crâne, 7 nov. 2029 DUF


Mort de Cédric Chouviat, "On m'a dit qu'il était tombé tout seul" (L'Obs., 10 janv. 2020)



Sofia Chouviat, Mort de Cédric Chouviat : le mensonge de la police (Le Média, 17 janv. 2020)
Voir aussi : Mort d'un livreur à Paris : le "plaquage au sol", technique controversée qui "n'existe pas" pour la police, par Anaïs Grand, 10 janv. 2020, Marianne
Les violences policières font-elles peur aux manifestants ?, 11 janv. HuffPost

Lire aussi : « On nous appelait les prisonniers politiques » : des gilets jaunes incarcérés racontent, par Pierre Bonneau, 16 janvier 2020, Bastamag Plus de 2200 peines de prison prononcées, dont 1000 fermes et 1200 avec sursis. 



Saez, Manu dans l'cul (2019)
Paroles : La boite aux chansons

* * *

Quelle « violence légitime » ?
par Frédéric Lordon, 14 janvier 2020 - Le Monde diplomatique


Ils auront matraqué des personnes âgées, frappé des handicapés en chaise roulante, tiré au LBD sur des ados, agenouillé des classes entières, lancé des grenades à l’intérieur des appartements, tué une vieille dame — et puis bien sûr visé les yeux, lancé les GLI-F4 en cloche, arraché des mains. Ils auront tout fait — la police de Macron. Maintenant la haine de la population est sortie, et elle ne rentrera pas de sitôt dans le tube. Sa légitimité est constituée, entière, incontestable. La population hait la police et personne ne pourra lui dire qu’elle n’a pas raison.

Les violents dans les institutions de la violence

Lire aussi Raphaël Kempf, « Le retour des lois scélérates », Le Monde diplomatique, janvier 2020.
Qu’on trouve surreprésentés des individus violents à l’embauche des institutions de la violence, il ne devrait y avoir là rien pour étonner. Toute la question est celle de savoir ce que les institutions de la violence font de leurs violents. La combinaison de la nullité burlesque de Castaner et de la complète étrangeté de Macron au monde réel, associées à la situation du régime ne tenant plus que par la force armée, ont conduit à tout lâcher là où il était impérieux de tout tenir. C’est que la prérogative exorbitante d’exercer la violence ne peut aller sans la contrepartie d’une responsabilité et d’une surveillance exorbitantes. Si le macronisme restera dans l’histoire comme la bascule dans l’État policier, c’est parce qu’à la prérogative exorbitante, il aura au contraire ajouté les autorisations exorbitantes : faites ce que vous voulez.

Il faut se représenter la décharge biochimique qu’entraîne dans des têtes violentes cette parole à peine murmurée : faites ce que vous voulez. C’est la décharge de la pulsion à laquelle d’un coup il est donné libre cours. On ne reprend pas facilement le bouillonnement sadique après l’avoir libéré. Chez les sujets dont nous parlons, l’expérience de la licence absolue, comme un Salò à ciel ouvert, licence de brutaliser, d’insulter, d’humilier, d’exercer par la violence un pouvoir unilatéral sans borne, puisque l’impunité est devenue une garantie implicite, cette expérience est de celle dont on ne revient pas facilement. La police est partie, et maintenant il va falloir la rattraper. Le régime avait l’usage mais aussi la garde d’individus potentiellement dangereux, dont il exploitait à ses fins les pulsions ; dans la panique pour sa propre survie, il a tout lâché ; il a maintenant abandonné la société politique à un corps étranger, irrésistiblement pris dans un devenir-milice, qui ne vit plus que d’une vie totalement autocentrée, et totalement préoccupée de ses assouvissements. « Maintenant sous Macron, on a tous les droits ». La police n’a pas besoin de circulaires pour mesurer l’ampleur de ses autorisations.

On dit que la répétition des week-ends jaunes « épuise » les policiers, « les prive de leur vie de famille ». Pour certains au moins c’est une énorme blague. Un article du Canard Enchaîné début 2019 avait mieux restitué la disposition d’esprit policière à l’approche des actes « gilets jaunes » : « C’est la fête du slip ». Chez les baqueux, on pousse des cris de jungle à chaque impact de LBD. Partout ça jouit à en hurler de bonheur. On pense à ce CRS interviewé dans La Série Documentaire de France Culture consacrée à la police : « Je suis chanceux, chanceux, vous ne pouvez pas savoir à quel point je remercie, tous les jours en allant au travail, je dis merci, merci, merci ». La jouissance a saisi les corps : on se souvient du bonheur physique d’un des CRS gazeurs de jeunes écolos sur le pont Sully cet été, impérial, poivreuse en main, parfaite décontraction, totale certitude d’un pouvoir sans limite. C’est le même corps exultant de violence qui jouit à littéralement détruire une femme syndicaliste dans la manifestation du 9 janvier.

Mais l’on sait à quel niveau l’on est descendu quand c’est le moins pire qui est presque le pire : ainsi de ce croche-patte d’un CRS à une femme à peine arrêtée, sans doute objectivement moins violent qu’un œil crevé, et pourtant tréfonds d’ignominie qui dit tout de la position psychique présente de la police. Et de sa déchéance morale plus encore : ces gens sont sans honneur, sans dignité, sans face. Ils sont hors-tout, et c’est à eux qu’on a donné les armes. Cet été, aux Rencontres d’Eymoutiers, un « gilet jaune », la tranquillité de la classe moyenne en personne, racontait comment, pour protéger sa femme de la violence policière, il s’était interposé, donc retrouvé en garde-à-vue, et entendu dire : « Elle est belle ta fille, il ne faudrait pas qu’il lui arrive quelque chose ». La police française est dans la fange.

mercredi 8 janvier 2020

Laissez les enfants tranquilles

MAJ de la page : Théorie du Genre 



Tatiana Ventose, Laissez les enfants tranquilles (30 déc. 2019)
La Licorne du genre (matériel pédagogique) est aussi présente sur un site mandaté par le canton de Vaud
Lire aussi : Je pensais que j'étais transgenre. Les détransitionneurs, par Émilie Dubreuil, 13 mai 2019, Radio Canada

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(1'45'') LGBT+ : - Je ne suis pas un homme, Monsieur, je ne sais pas ce qui vous fait dire que je suis un homme mais je ne suis pas un homme !
Daniel Schneidermann : - Votre apparence
- Ah bon ! Ben, faut pas confondre identité de genre et expression de genre. Sinon on va déjà mal partir. 
- Alors expliquez-moi
- Je suis non binaire, donc ni masculin ni féminin. Et je refuse qu'on me genre comme un homme. (...) Mais ne dites pas qu'il y a quatre hommes sur le plateau, c'est me mégenrer et c'est pas très agréable.  
(3'25'') Daniel Schneidermann : - Il va nous dire qu'il n'est pas blanc. 
LGBT+ : - Ben non ! 
- C'est-à-dire ?
- Ben non, je suis à moitié libanais (...). C'est intéressant qu'on interroge tous nos propres stéréotypes autour de la table parce que sans même m'avoir poser la question vous supposer que je suis un homme, seulement par mon apparence vous estimez que je suis blanc. C'est très intéressant la frontière de nos propre stéréotype, elle est beaucoup plus fluide que ce que l'on peut penser. (...)
LGBT+ : - Avant il y avait une fonction binaire sur Tinder (...) vous deviez choisir homme ou femme, c'était exclusif, aujourd'hui (...) il y a plus de 50 auto-définitions possibles sur l'application.
(Arrêt sur image, 2018)

Remarque :
La détermination biologique n'est pas une question de choix personnel : une personne avec des chromosomes (XX) est une femme qui possède des œstrogènes, et, sauf anomalie génétique, ou chirurgie, un sexe féminin et une personne avec des chromosomes (XY), un homme avec, sauf exception, un sexe masculin. Quelqu'un ayant la peau blanche est blanc, pas besoin de lui demander sa couleur, quant à la nationalité elle n'est pas plus pertinente que le libre-arbitre (la nationalité ne détermine pas la couleur de peau).
Autrement dit identité sexuelle et apparence physique sont, à la base, des données scientifiques objectives. Le fait que l'on puisse agir sur elles, mais seulement dans une certaine mesure (un homme ne pourra jamais porter un enfant, par exemple) ne suffit pas pour les nier et les remplacer par des notions toutes subjectives (identité de genre et expression de genre).
Certes la présence d'anomalies génétiques rares (un sexe ne correspondant pas au couple de chromosomes) ne permet plus de simplement identifier le sexe d'après la nature. Mais l'exception est là pour confirmer la règle (l'identité sexuelle dépend de déterminations biologiques) non en créer une nouvelle (l'identité de genre remplace l'identité sexuelle).
C'est pourtant ce que veut (une interprétation forte de) des Etudes de genre. Le genre serait une simple construction sociale sans aucune composante biologique (ou alors celle-ci résulterait entièrement de celle-là). C'est le genre à la carte ("plus de 50 auto-définitions possibles"). La société de consommation appliqué au genre.
Théorie du genre. Construction sociale :
- Genre (prenant la place du sexe), masculin, féminin, mais aussi non-binaire, etc.
- Identité de genre (prenant la place de l'identité sexuelle), le genre auquel on s'identifie.
- Expression de genre (prenant la place de l'apparence physique), le genre que l'on montre.
A noter leur autonomie (toutes les combinaisons sont possibles même les plus improbables. Un homme en couple avec une femme peut s'identifier à une femme et donc se dire lesbienne, tout en gardant une apparence masculine, et sa femme s'identifier à un homme et se dire gay, tout en restant féminine).
La non-binarité et les "50 auto-définitions possibles" du genre ne sont-elles pas des chimères ?
Une personne en tant que telle n'est ni homme ni femme, elle appartient à la communauté humaine (et possède de ce fait les mêmes droits et devoirs). La non-binarité ressemble à la transposition absurde de cela (de ce qui n'est pas sexuel) dans le domaine du genre. Un homme a une part féminine, une femme une part masculine, n'est-ce pas suffisant de le reconnaître (au lieu de parler de trouble de genre ou d'en inventer de nouveau) ?
Homme et femme (de n'importe quelle orientation sexuelle) sont strictement égaux en tant que personne humaine, en tant qu'être sexué ils sont différents (mâle ou femelle) et complémentaires pour la reproduction. Cette différence n'implique aucun jugement de valeur (si c'est le cas nous sommes en présence de stéréotypes qu'il faut déconstruire).
Des discriminations (envers les homosexuels, les transsexuels) et des stéréotypes (envers les femmes) relèvent bien de la construction sociale, mais lutter contre ne demande aucune exagération ou déni de réalité (détermination biologique, binarité).
La théorie du genre relève d'une idéologie (pernicieuse, lorsqu'elle est enseignée aux enfants) et non de la science.




Debra Soh, chercheuse canadienne sur la sexualité, La théorie du genre face à la science (2018)

Ok, donc j'ai passé 11 ans dans le monde universitaire en tant que chercheuse sur le sexe et je ne sais toujours pas pourquoi quelqu'un pense qu'il existe 71 genres différents. Je vais donc aller droit au but : le genre est binaire et ce n'est pas une construction socialeNormalement je devrais vous dire, c'est tout pour aujourd'hui. Mais comme vous le savez sans doute, comme en atteste votre présence, nous sommes inondés de désinformation sur le sujet. Le sexe biologique est masculin ou féminin, basé sur les fonctions de reproductions. Le genre, quant à lui, est ce que nous ressentons. Le fait que nous nous sentions masculin ou féminin en fonction de notre sexe biologique. (...) Donc si nous voulons parler de manière scientifique il n'y a que deux sexes et il n'y a que deux genres. Suggérer le contraire n'est pas scientifiquement exact. (...) Ce n'est pas sexiste de parler des différences entre les sexes. Ce qui est sexiste, c'est de supposer que les femmes doivent être identiques aux hommes pour mériter un traitement égal. (...) Les gens peuvent s'identifier comme ils le veulent, mais aucune de ces étiquettes d'identité ne repose sur des bases scientifiques. Cela vaut pour le genre non-binaire, le genre neutre, le A genre, le genre bi, le pan genre, le genre fluide, le genre libre ou le genre lune, pour n'en nommer que quelques-uns. Toutes ces étiquettes signifient que vous vous identifiez, dans une certaine mesure, soit aux deux sexes, soit à aucun des deux. (...)
Lire aussi : Un historien canadien, expert en « gender studies », avoue avoir falsifié les conclusions de ses recherches, au service de sa propre idéologie politique. 3 nov. 2019, Le Point /
Pourquoi LGBTQ+ pourrait devenir GBTQ+ : bienvenue dans le marasme des luttes non-genrées, juin 2019, Altantico / Ces parents qui élèvent leurs enfant de manière neutre pour mener la révolution du genre, de Michelle Boiron, juillet 2018, Atlantico

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Sylviane Agacinski, philosophe, La famille, comme la sexualité, c'est une totale liberté, mais ce n'est pas un droit. On ne peut pas avoir droit à un enfant. (France Inter, juin 2019)

(3'40'') Si j'ai eu envie de m'engager c'est (...) par rapport à un certain nombre de discours que je considère comme fantasques, qui défient la raison. (Relayés par les médias). Qui disent par exemple : puisque le sexe dans la société reçoit différentes significations, ça n'est que du genre, il n'y a plus de sexe. Et même dénégation dans certains cas, théorie queer, de la réalité même de la différence sexuelle. Mais nous sommes différents sexuellement parce que nous nous reproduisons sexuellement et que nous sommes mortels. Les biologistes le montre clairement et le sens commun tout aussi bien. 
(9'25'') La famille, comme la sexualité, c'est une totale liberté, mais ce n'est pas un droit, on ne peut pas avoir droit à un enfant. L'enfant est une personne. On a des droit à quelque chose on a pas des droit à quelqu'un. 
Auteur de : Politique des sexes, Ed. du Seuil, 1998 / Femmes entre sexe et genre, Ed. du Seuil, 2012 / et récemment : L'homme désincarné, Du corps charnel au corps fabriqué, Ed. Gallimard, 2019
Lire aussi : Sylviane Agacinski censurée : le nouveau visage du fascisme universitaire, par Natacha Polony, 27 oct. 2019, Marianne




Monty Python, La vie de Brian. Extrait - C'est le droit de tout homme d'avoir des bébés (1979)

Reg : - Cesse avec tes femmes ! Pourquoi parles-tu tout le temps de femmes, Stan ?
Stan : - Je veux en devenir une. Je veux être une femme. A partir de maintenant appelez-moi Loretta. C'est mon droit en tant qu'homme. 
Judith : - Pourquoi veux-tu être Loretta, Stan ? 
Stan/Loretta : - Je veux avoir des bébés. 
Reg : - Tu veux avoir des bébés ? 
Stan/Loretta : - C'est le droit de tout homme d'avoir des bébés. 
Reg : - Mais tu ne peux pas avoir de bébés ? 
Stan/Loretta : - Ne m’oppresse pas. 
Reg : - Je ne t’oppresse pas. Tu n'as pas d'utérus. Où le fœtus pourra-t-il grandir ? Tu vas le garder dans une boite ? 
(Stan/Loretta se met à pleurer)
Judith : - J'ai une idée. Accordons qu'il ne peut avoir de bébés puisqu'il n'a pas d'utérus, ce qui n'est pas sa faute, ni celle des romains, mais qu'il a le droit d'en avoir. 
Francis : - Bonne idée Judith. Nous combattons les oppresseurs pour ton droit d'avoir des bébés, frère. Soeur, désolé.
Reg : - Quel est le but de se battre pour qu'il puisse avoir des bébés s'il ne peut en avoir ?
Francis : - C'est symbolique de notre lutte contre l’oppression. 
Reg : - C'est symbolique de sa lutte contre la réalité. 

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La politique actuelle du "genre" avec Ariane Bilheran, psychologue, Magali Pape, juriste et Marie-Catherine Thevenet, psychologue (Anna l'exploratrice, 16 février 2019)
A un âge [entre 0 et 4 ans] où l'enfant n'est absolument pas construit sur le plan de son identité sexué (est-il fille où est-il garçons ?), ce qui est important pour le développement psychique de l'enfant, on va introduire de la déconstruction [théorie du genre] avant même qu'il ait pu construire sa propre structure psychique. 
Ariane Bilheran, auteur de : L'imposture des droits sexuel, 2017 / Harcèlement, psychologie et psychopathologie, Deuxième édition, 2017 / Psychopathologie de la paranoia, Ed. Armand Colin, 2016 / L'autorité, psychologie et psychopathologie, Ed. Armand Colin, 2016


Parents 1 et 2 au lieu de père et mère : «Délire» et «contre-vérités» pour la presse en 2012 ?
14 févr. 2019 - RT
L'introduction des termes «parents 1 et 2» par la loi sur «l'école de la confiance» n'a pas échappé aux opposants du «mariage pour tous» de 2013. Ceux-ci ont rappelé que, face à leurs craintes d'alors, des journaux évoquaient des «contre-vérités».
L'amendement voté le 13 février dans le cadre de la loi sur «l'école de la confiance» suscite un tollé à droite. Le texte, qui prévoit à terme la disparition des mentions «père» et «mère» au profit de «parent 1» et «parent 2», a donné un second souffle aux opposants au mariage de couples de personnes de même sexe, alias «mariage pour tous», porté par François Hollande et la garde des sceaux Christiane Taubira, et adopté en avril 2013.
Lire aussi : Parent 1 parent 2 : l'Assemblée consacre l'homoparentalité dans les formulaires scolaires
Certains observateurs n'ont en effet pas manqué de rappeler que plusieurs médias, Libération en tête, avaient alors, en pleine polémique, consacré des articles battant en brèche l'affirmation selon laquelle le projet de loi aboutirait à «rayer du code civil le terme de père et de mère pour le remplacer par parent A et parent B». «A [croire les opposants au mariage pour tous], le texte de loi entraînerait la disparition des termes "père" et "mère" du code civil et des documents administratifs», relève ainsi la députée Valérie Boyer (Les Républicains) sur Twitter, citant un article du service Désintox de Libération – l'ancêtre de la rubrique Checknews – daté du 27 novembre 2012.
Source (et suite) du texte : RT

Ce qui n’empêche pas, là encore, l’argument de s’étaler, se tordre, jusqu’à devenir l’objet d’un fantasme total. (...) la loi ne prévoit pas que sur les documents scolaires, les parents 1 et 2 remplacent «le nom du père et le nom de la mère».
Libération, 27 nov. 2012
Voir aussi : Esther Pivet : Non à la théorie du genre à l'Ecole !, mars 2019Les bases de la théorie du genre par Esther Pivet, 2018 (1 partie) / (2e partie) / Le genre en image (2019, PDF) /
Théorie du Gender, les origines par Marguerite Peeters (2011) 

 

samedi 25 mai 2019

Gilets jaunes, une répression dEtat



UE : voyage au coeur de la machine (Le fil d'actu, 21 mai 2019)
Voir aussi : Tatiana Ventos, Bienvenue en EU-RSS ? (24 mai 2019)
Lire aussi : YouTubeurs, aimez-nous ! Quand l’Union Européenne veut "influencer les influenceurs", par Tatiana Ventose, Marianne, 20 mai 2019



Élections européennes : le vrai pouvoir du parlement européen (Osons Causer, 24 mai 2019)
Voir aussi : Mise au point - GOPÉs : L'UE impose ses lois !, UPR, 10 mai 2019 / Comprendre le Gopé c'est comprendre leurs trahisons ! L'Aile à Stick, 21 mai 2019




"Tout sauf Macron" : Pour qui votent les gilets jaunes (RT, 22 mai 2019)

L'idéologie néolibérale, qui est celle de l'UE (et aussi de Macron) est un totalitarisme "soft",  mais de moins en moins, comme le montre la répression violente en France des Gilets jaunes la remettant en cause :




Gilets jaunes, Une répression d'Etat, documentaire (mai 2019)

Gilets jaunes : “Les méthodes de répression de ce mouvement s‘inspirent de celles utilisées dans les quartiers populaires”
Par Jérémie Maire, le 25/05/2019  - Télérama


Le documentaire “Gilets jaunes : une répression d’Etat”, produit par le média Web indépendant StreetPress, fait le lien entre la politique de maintien de l’ordre dans les manifestations qui secouent la France tous les samedis depuis novembre, et celle organisée dans les banlieues depuis cinquante ans. Entretien avec l’un des coréalisateurs de ce docu glaçant.

Les cinquante-six minutes que dure Gilets jaunes : une répression d’Etat ne peuvent laisser personne indifférent. Coréalisé par Cléo Bertet, Matthieu Bidan et Mathieu Molard, en libre accès sur YouTube, le documentaire du site indépendant StreetPress plonge dans six mois de manifestations du mouvement des Gilets jaunes, en prenant l’angle de la politique du maintien de l’ordre et des violences qui l’entourent.

Archives, explications techniques et chiffres à l’appui – 3 830 blessés, 8 700 gardés à vue, 13 460 tirs de LBD 40, 1 428 tirs de grenades –, mais surtout témoignages de blessés, de sociologues, d’avocats, de représentants de syndicats de police et d’associations (Amnesty International, collectif Justice pour Adama...), le film est très documenté. Ses auteurs en ressortent un constat sans équivoque : l’Etat mène une répression violente contre le mouvement des Gilets jaunes et use à son encontre de techniques héritées de cinquante ans de maintien de l’ordre dans les quartiers populaires, les ZAD ou aux abords des stades. Une forme de maintien de l’ordre dont les dérives sont inquiétantes et empiètent sur la liberté fondamentale du droit de manifester.

Matthieu Bidan, l’un des trois réalisateurs, revient pour Télérama sur ce docu choc et militant, qui a déjà atteint les 35 000 vues sur YouTube.

Quelle était l’ambition de ce documentaire ?
L’idée de réaliser un sujet autour des blessés du mouvement des Gilets jaunes a germé en janvier. Nous suivons les manifestations depuis le début et nous avons observé un réel tournant dans la stratégie du maintien de l’ordre à partir de l’acte III, début décembre. A ce moment, on a vu monter sur les réseaux sociaux la question des manifestants blessés par les armes de la police. Jusque-là, on n’en parlait pas beaucoup. Les politiques les occultaient, les médias les évoquaient peu. Or, à StreetPress, nous avons toujours eu une attention particulière aux blessés car nous traitons au quotidien des manifestations et de leurs conséquences dans les quartiers populaires et au sein des milieux radicaux. Nous nous sommes donc rapidement rendu compte que de nombreux Gilets jaunes étaient atteints de blessures similaires à celles que nous avions pu constater dans le passé lors de manifestations réprimées dans les quartiers populaires. Dès lors, il nous a semblé nécessaire de sortir de l’urgence dans le traitement du mouvement des Gilets jaunes et de prendre le temps de faire un film documenté qui donne du sens à toutes ces violences et les replace dans une perspective historique.

mercredi 9 janvier 2019

Gilets jaunes : des violences policières jamais vues

MAJ de la page : Gilets jaunes



Discours de l'abbé Pierre (22 janv. 2007)
Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vident, et qui ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience : nous, qui avons tout, on est pour la paix. Je sais que je dois leur crier à ceux-là : les premiers violents, les provocateurs de toute violence c'est vous !
Voir aussi : malaise sur le plateau de Cnews (vidéo)

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David Dufresne, Des violences policières jamais vues (Le Media, 7 janv. 2019)
Twitter : DavDuf (David Dufresne - Maintien de l'ordre)
Autres twitter à consulter : Pure TV



Les pieds sur terre par Sonia Kronlund
Ma première manif et la grenade "GLI-F4" (7 janv. 2019)

  
Recensement provisoire des blessé-es des manifestations du mois de novembre-décembre 2018
Le 4 janvier 2019 - Désarmons-les

Nous dressons ici un bilan non exhaustif des blessures graves occasionnées depuis le 17 novembre 2018 à l’occasion des manifestations de gilets jaunes et lycéennes. Nous n’avons répertorié que les blessures ayant entraîné des fractures des os, la perte totale ou partielle de membres ou l’incrustation dans les chairs d’éclats de grenade. Nous appelons toutes les personnes concernées à nous apporter des précisions et à rectifier notre article en cas d’erreur ou d’oubli. Par ailleurs, nous invitons toute personne blessée à nous contacter pour s’organiser ensemble sur les suites juridiques, le combat contre les armes et la rencontre entre les personnes blessées.
Notre contact : desarmons-les@riseup.net / 07.58.67.20.60
(...)
Notre décompte provisoire des mutilations définitives établit donc le bilan suivant :
1 personne a été tuée (grenade lacrymogène)
4 personnes ont eu la main arrachée (grenades GLI F4)
15 personnes ont été éborgnées (balles de LBD 40)
1 personne a perdu définitivement l’audition (grenade)
Source (et suite) : Désarmons-les
Cagnotte officielle pour les blessés Gilets jaunes (par Eric Drouet) : Paypal
Pétition : Envoyons l'état devant la cours européenne des droits de l'homme


Les blessés éborgnés par les forces de l'ordre ne le sont pas par accident
le 8 janvier 2018 - Reflets infos

Le LBD 40 doit être retiré de la liste des armes de maintien de l'ordre
Selon le décompte partiel du collectif Désarmons-les, douze personnes ont perdu un œil dans la répression du mouvement des gilets jaunes. Quatre ont perdu une main. Les tirs de balles en caoutchouc avec les LBD 40 ne sont pas, contrairement à ce qu'affirme la police, imprécis. Enquête.
Derrière les chiffres froids des blessés, il y a des êtres humains, des souffrances, des séquelles qui resteront à vie.
Source (et suite) du texte : Reflets info
Lire aussi : Manifestation des gilets jaunes à Paris le 5 janvier 2019, Reportage photo, Reflets info


"- Tout ce qui est tir tendu est ordonné par l'autorité hiérarchique, c'est ordonné par les commissaires et ça remonte jusqu'aux préfets, donc nous nous obéissons aux ordres. 
- Les tirs tendus sont interdits !
- Les tirs tendus sont interdits mais ensuite... lorsque le policier est bousculé le tir peut partir ailleurs". (6'50'') 
Source (et suite) : Débats (vidéo) sur les violences qui ont émaillés l'acte VIII, RT, le 7 janv. 2019
Remarque : donc selon ce policier (secrétaire d'un syndicat de police) les tirs tendus sont à la fois ordonnés par le pouvoir (d'autres témoignages le confirme) et involontaires. Sauf que des centaines de photos et vidéos montrent des policiers viser la tête.

Tir tendu à hauteur de visage

"Hier je me suis fait traiter de sale p*te par un baqueux parce que je le lui demandais juste de ne pas viser la tête". 
Source (et suite) : Castaner apostrophé [par une journaliste] en plein hommage aux victimes de l'attentat de Charlie Hebdo (VIDEO), RT, 7 janv. 2019

Voir aussi :  Acte 8 des Gilets jaunes à Montpellier : des CRS filmés en train de lancer des pavés (VIDEO), RT, le 7 janv. 2019 (sur des manifestants qui contrairement à eux ne sont pas protégés par casques, boucliers et protections de corps)




Le boxeur Christophe Dettinger (7 janv. 2019)
Lire aussi : «Continuez le combat» : le Gilet jaune boxeur s'explique avant de se rendre à la police, RT, 7 janv. 2019“Un policier m’a donné des coups de matraque et des coups de pied. M. Dettinger m’a sauvé la vie”, le 8 janv. 2019Loin de s'acharner sur les policiers Christophe Dettinger (et autres GJ) laisse partir les policiers, vidéo, le 5 janvier 2019 / Schiappa et leetchi : violer la loi c'est open bar, par Régis de Castelnau, le 9 janvier 2019 / Le boxeur Dettinger restera en détention en attente de son procès, renvoyé au 13 février, RT 
Des gitans appellent à la mobilisation : 1 / 2

Le boxeur est en détention et "en même temps" le commissaire voyou, décoré de la Légion d'honneur, qui tabasse à tour de bras ne sera pas inquiété par le procureur.
« Déposez plainte, y’a pas de soucis, j’suis commandant ».
Source : PureTV
Lire aussi : Système Macron : violence et état de droit à géométrie variable par Régis de Caselnau, le 8 janv. 2019 / Cagnotte manipulée pour les policiers, Yéti blog

On attend aussi la condamnation de Luc Ferry pour incitation au meurtre : «Qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois» : le conseil de Luc Ferry aux forces de l'ordre, 8 janv. 2019



Interview d'une journaliste, Jim le Pariser (8 janv. 2019)




Nicolle Maxime, message aux gilets jaunes pour l'acte 9 (7 janv. 2019)

"En sus des occupations classiques de rond-points et des manifestations dans la rue, une nouvelle façon de montrer son soutien au mouvement a émergé sur Facebook. Il s'agit du «référendum des percepteurs», que des Gilets jaunes définissent comme le fait pour un grand nombre de personnes de retirer au même moment – en l’occurrence le 12 janvier à 8h – le maximum d'argent possible de leur compte en banque."
Source (et suite) : Acte 9 : qu'est-ce-que le «référendum des percepteurs» proposé par certains Gilets jaunes ? (vidéos), le 8 janv. 2019




Serge Faubert, La loi qui interdit de manifester (Le Média, 5 janv. 2019)

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Tatiana Ventose, Vœux de Macron, décryptage (8 janv. 2019)



François Asselineau répond aux vœux de Macron (5 janv. 2019)

samedi 15 décembre 2018

Gilets jaunes - Acte 5

Suite de la page : Gilets jaunes

RIC (Référendum d'Initiative Citoyen). 
LA revendication des Gilets jaunes.



La Grande Table (2e partie)
"Gilets jaunes" : une démocratie malade ou en rémission ? (7 déc. 2018)
avec Frédéric Worms, philosophe,
et Julien Gosselin, metteur en scène
Lire aussi : Contribution à la rupture en cours, le 7 déc. 2018 par Lundi matinLe charme indiscret des Gilets jaunes, le 12 déc. 2018




Annonce de Macron : L'arnaque décryptée (Le fil d'actu, le 14 déc. 2018)
Lire aussi : Parler pour ne rien dire, le 11 déc. 2018, par Michel Onfray / Macron, touche pas aux riches ! le 11 déc. 2018, Reporterre / En 2019, les cadeaux aux riches et aux entreprises feront peser une lourde menace sur le modèle social français, Bastamag, le 14 déc. 2018 /


Gilets jaunes : les éditocrates applaudissent Macron et sifflent la fin de la récré
par Acrimed, le 12 Décembre 2018 - Acrimed
Lundi soir, les chefferies éditoriales avaient les yeux rivés sur l’allocution d’Emmanuel Macron. Et sans grande surprise, ses annonces ont été applaudies. Les éditorialistes les plus en vue se sont rués sur les plateaux pour célébrer la parole présidentielle et enfiler les commentaires dépolitisants sur l’évolution du « style macroniste ». Ils ont également glosé autour du « virage social du gouvernement » [1]. Quitte à prendre quelques libertés avec les faits, notamment concernant la dite « augmentation du SMIC ». Mais là n’était pas tellement la question. En effet, cette séquence a surtout été un prétexte pour adresser un énième rappel à l’ordre aux manifestants : l’annonce de mesures doit désormais signer le coup d’arrêt de la mobilisation. Florilège en images :



Gilets jaunes : les éditocrates applaudissent Macron et sifflent la fin de la récré (Acrimed, 7 déc. 2018)
Lire aussi : Un Gilet jaune placé en garde à vue témoigne : «On nous a empêchés de manifester», le 9 déc. 2018  / Violences policières contre les journalistes : la liberté d’informer menacée (communiqué intersyndical), Acrimed, le 11 Décembre 2018 / Zineb Redouane, octogénaire décédée suite à une blessure par une grenade lacrymogène, Les Crises, le 10 déc. 2018 / Acte 4, reportage vidéo, le 13 déc. 2018




"Vous êtes un faux gilets jaunes !". Ou quand un discours ne plait pas au journaliste qui le censure en disant que celui qui le tient n'est pas un vrai gilet jaune (sic). (BFMTV, le 8 déc. 2018)




Philippe Béchade. Gilets jaunes : l'imposture Macron (14 déc. 2018)
"Les gens qui ont vraiment élu Macron pour son programme sont entre 6 et 6,5 % de la population"




Charles Gave. Gilets jaunes : vers une guerre civile ? (360, le 12 déc. 2018)
"Si vous analyser le niveau de vie et le revenu de cette classe de bobos, vous constaterez qu'ils n'ont jamais été aussi prospères. Ils sont nuls pour s'occuper des autres, mais ils s'occupent très bien d'eux-mêmes"




Jean-Christophe Picard. Corruption : Maladie de la France ? Anticor sans filtre (Thinkerview, le 10 déc. 2018)
 

dimanche 2 décembre 2018

En marche... vers une révolution ?

MAJ de la page : Gilets jaunes / Etienne Chouard

Lire aussi sur RT : Gilets jaunes : un acte 4 déjà prévu pour le 8 décembre ? / «Marre de donner toujours aux riches» : témoignages de Gilets jaunes à Paris (VIDEOS), 1 déc. 2018 / Entre le gouvernement et les violences, les Gilets jaunes pris en étau, le 2 déc. / Les Gilets jaunes et la lame de fond qui vient, le 26 nov. 2018



Gilets jaunes : la vérité sur les casseurs (Le fil d'actu, 29 nov. 2018)



Gilets jaunes, Acte III (RT, 1 décembre 2018)


Réflexions sur ce magnifique élan populaire des #giletsjaunes : il ne faut pas accepter d’être représentés, il faut apprendre à constituer.
Par Etienne Chouard, le 29 novembre 2018 - Etienne Chouard 


Je crois que, si ce mouvement populaire des #giletsjaunes est représenté, il sera rapidement trahi et dévoyé : quel que soit leur mode de désignation (élection ou tirage au sort ou autre), les représentants ne seront pas achetés, bien sûr, mais INTIMIDÉS ET TROMPÉS (malgré leur honnêteté et leur bonne volonté) par un pouvoir qui sait très bien corrompre, à huis clos, par la PEUR et par le MENSONGE, plus que par l’appât du gain : tout ce qu’il faut au pouvoir pour corrompre cette révolution grandissante de gilets jaunes, ce sont des représentants.

Alors que, si ce mouvement sait refuser toute forme de représentation, il reste insaisissable (et donc invulnérable), ce qui lui donne le temps de faire monter, par éducation populaire, le niveau de conscience et d’exigence au sein de CHACUN des simples citoyens qui composent le mouvement.

Il faut que, sur les ronds-points et sur tous les points de rassemblement, les électeurs se transforment TOUT SEULS en citoyens constituants, de façon autonome, sans sauveur, sans leader, sans intellectuel de référence, toutes personnalités qui seraient autant de talons d’Achille pour discréditer le mouvement.

vendredi 23 novembre 2018

Une lettre à propos du mouvement des Gilets jaunes 

MAJ de la page : Gilets jaunes

Lire aussi : Gilets jaunes, acte deux, RT, 24 novembre (en continu) / François Asselineau invite les Gilets jaunes à demander la «destitution» d'Emmanuel Macron, en appliquant l'article 68 de la Constitution, RT, le 23 novembre 2018 / Comprendre l'arnaque qui nous conduit au désastre, par Dominique Gagnot (PDF) 



Appel à manifester le 24 novembre 2018, à Paris et devant les préfectures.



Gilets jaunes à Paris (17 novembre 2018).



Tatiana Ventose, Gilets jaunes (22 novembre 2018)



Gilets jaunes : En Marche


Une lettre à propos du mouvement des Gilets jaunes 
Par Jean-Claude Michea, le 21 novembre 2018 - Les amis de bartleby

Chers Amis,

Juste ces quelques mots très brefs et donc très lapidaires – car ici, on est un peu débordés par la préparation de l’hiver (bois à couper, plantes et arbres à pailler  etc.). Je suis évidemment d’accord avec l’ensemble de vos remarques, ainsi qu’avec la plupart des thèses de Lieux communs (seule la dernière phrase me paraît un peu faible en raison de son « occidentalisme » : il existe aussi, bien entendu, une véritable culture de l’émancipation populaire en Asie, en Afrique ou en Amérique latine !).

Le mouvement des « gilets jaunes » (bel exemple, au passage, de cette inventivité populaire que j’annonçais dans Les Mystères de la gauche) est, d’une certaine manière, l’exact contraire de « Nuit Debout ». Ce dernier mouvement, en simplifiant, était en effet d’abord une tentative – d’ailleurs encouragée par une grande partie de la presse bourgeoise – des « 10 % » (autrement dit, ceux qui sont préposés – ou se préparent à l’être – à l’encadrement technique, politique et « culturel » du capitalisme moderne), pour désamorcer la critique radicale du Système, en dirigeant toute l’attention politique sur le seul pouvoir (certes décisif) de Wall Street et des fameux « 1 % ». Une révolte, par conséquent, de ces urbains hypermobiles et surdiplômés (même si une fraction minoritaire de ces nouvelles classes moyennes commence à connaître, ici ou là, une certaine « précarisation ») et qui constituent, depuis l’ère Mitterrand, le principal vivier dans lequel se recrutent les cadres de la gauche et de l’extrême gauche libérales (et, notamment, de ses secteurs les plus ouvertement contre-révolutionnaires et antipopulaires : Regards, Politis, NP“A”, Université Paris VIII etc.). Ici, au contraire, ce sont bien ceux d’en bas (tels que les analysait Christophe Guilluy – d’ailleurs curieusement absent, jusqu’ici, de tous les talk-shows télévisés, au profit, entre autres comiques, du réformiste sous-keynésien Besancenot), qui se révoltent, avec déjà suffisamment de conscience révolutionnaire pour refuser d’avoir encore à choisir entre exploiteurs de gauche et exploiteurs de droite (c’est d’ailleurs ainsi que Podemos avait commencé en 2011, avant que les Clémentine Autain et les Benoît Hamon du cru ne réussissent à enterrer ce mouvement prometteur en le coupant progressivement de ses bases populaires).

Quant à l’argument des « écologistes » de cour – ceux qui préparent cette « transition énergétique » qui consiste avant tout, comme Guillaume Pitron l’a bien montré dans La Guerre des métaux rares, à délocaliser la pollution des pays occidentaux dans les pays du Sud, selon lequel ce mouvement spontané ne serait porté que par « une idéologie de la bagnole » et par « des gars qui fument des clopes et roulent en diesel », il est aussi absurde qu’immonde : il est clair, en effet, que la plupart des Gilets jaunes n’éprouvent aucun plaisir à devoir prendre leur voiture pour aller travailler chaque jour à 50 km de chez eux, à aller faire leurs courses au seul centre commercial existant dans leur région et généralement situé en pleine nature à 20 km, ou encore à se rendre chez le seul médecin qui n’a pas encore pris sa retraite et dont le cabinet se trouve à 10 km de leur lieu d’habitation. (J’emprunte tous ces exemples à mon expérience landaise ! J’ai même un voisin, qui vit avec 600 € par mois et qui doit calculer le jour du mois où il peut encore aller faire ses courses à Mont-de-Marsan, sans tomber en panne, en fonction de la quantité de diesel – cette essence des pauvres – qu’il a encore les moyens de s’acheter !) Gageons qu’ils sont au contraire les premiers à avoir compris que le vrai problème, c’était justement que la mise en œuvre systématique, depuis maintenant 40 ans, du programme libéral par les successifs gouvernements de gauche et de droite, a progressivement transformé leur village ou leur quartier en désert médical, dépourvu du moindre commerce de première nécessité, et où la première entreprise encore capable de leur offrir un vague emploi mal rémunéré se trouve désormais à des dizaines de kilomètres (s’il existe des « plans banlieues » – et c’est tant mieux – il n’y a évidemment jamais eu rien de tel pour ces villages et ces communes – où vit pourtant la majorité de la population française – officiellement promis à l’extinction par le « sens de l’histoire » et la « construction européenne » !).

jeudi 5 juillet 2018

Sarkozy, corruption, assassinat et affaire d'état ?



Fabrice Arfi, journaliste d'investigation à Mediapart, Sarkozy, corruption, assassinat et affaire d'état ? (Thinkerview, 23 mai 2018)
Lire aussi du même journaliste : Document libyen: Nicolas Sarkozy, menteur patenté, Mediapart, 23 mars 2018



Affaire Sarkozy/Kadhafi : Soupçons sur des millions (France 2, Cash Investication, 24 mai 2018)

* * *



Cahuza, La honte de la France (Tatiana Ventose, 15 mai 2018)



Philippe Pascot et les magouilles politiques (Tatiana Ventose, décembre 2017)

Ils ont compris la combine, plus besoin de corrompre un élu, maintenant ils font comme en Amérique. (...) c'est les chefs d'entreprises qui sont directement au gouvernement. C'est un bohneur ! 
Coca Cola dirige l'organisme d'Etat qui s'occupe de lutter contre l'obésité dans le sport en France ! C'est génial ! Il est évident que Coca Cola va nous apprendre à boire moins de Coca ! 
  

jeudi 1 mars 2018

En marche... vers les privatisations ?



Tatiana Ventose, Ce que Macron dit vraiment dans ses discours (février 2018)



Tatiana Ventose, Pourquoi les trains sont toujours en retard ? (février 2018)


Le premier point qui ressort des débats sur l’avenir de la SNCF est celui de la dette tant de la SNCF que de RDF (le réseau). Celle-ci est très importante, et elle contraint la SNCF à payer environ 1,5 milliards d’euros par an aux banques. Mais, l’origine de cette dette tient à des choix imposés par les gouvernements à la SNCF et en particulier celui de recourir à un « Partenariat Public-Privé » pour la construction de nouvelles lignes de TGV dans des conditions financières qui ont été véritablement désastreuses. Si la dette accumulée est bien un problème, la responsabilité de cette dernière n’est nullement celle de la SNCF.



Emmanuel Todd sur Emmanuel Macron, interview de Aude Lancelin (Le Média, février 2018)
En terme économique il [Macron] n'a pas de pouvoir, puisque l'Etat n'a pas [plus] le pouvoir de création monétaire (...) Une nation qui n'a plus sa monnaie ne peut plus être une démocratie, donc on fait semblant. (...)
Quand je parlais à ces journalistes, je leur disais 'Macron n'est pas très fut-fut [futé] comme mec' (...) , ce qui était fascinant c'était la réaction des journalistes (...) Quand j''insultais' Chirac, No problem, quand j'insultais Sarkozy, no problem, quand j'insultais Hollande, non problem mais pour Macron, c'était : 'comment vous n'y pensez pas !'  (...) Il [Macron] parle comme les anglais des années 80. 


Incarnée par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, une nouvelle noblesse d'État dirige la France. Une " caste " de hauts fonctionnaires plus que jamais minée par l'entre-soi et les conflits d'intérêts.
Ils exploitent leurs carnets d'adresses pour faire fortune comme banquiers d'affaires, consultants ou lobbyistes. Ils bénéficient du démembrement de l'État qu'ils ont eux-mêmes organisé. Ils se répartissent des postes très lucratifs en multipliant les établissements publics inutiles. Et parviennent à masquer leurs échecs, même les plus graves. Par quel miracle ?
Grâce à une centaine de témoignages et à des documents inédits, cette enquête révèle les secrets inavouables de ces intouchables d'État si nombreux au sein de la Macronie : des hauts cadres de Bercy rémunérés plus de 200 000 euros par an, puis recrutés par de grands groupes pour leur révéler les fragilités des règles fiscales... qu'ils ont eux-mêmes édictées ; des conseillers d'État qui monnayent dans le privé leur connaissance intime de l'appareil administratif... avant de revenir dans la fonction publique profiter à vie de leur statut ; des inspecteurs des Finances dont les erreurs de gestion coûtent des millions d'euros aux contribuables, qui sont rarement sanctionnés... et souvent promus.
Après deux ans d'enquête, Vincent Jauvert dévoile la face cachée de cette haute fonction publique qu'il est urgent de moraliser.
Quatrième de couverture
Vincent Jauvert, Les Intouchables d'État, Ed. Robert Laffont, 2018


Emmanuel Macron, l’ivresse de l'autorité
Par Richard Werly, le 1 mars 2018 - Le Temps

De plus en plus d’observateurs de la politique française jugent préoccupant le caractère expéditif de la méthode Macron pour réformer le pays. Alors qu’à l’Elysée, le verrouillage de la communication renforce le pouvoir des hommes de l’ombre

dimanche 10 septembre 2017

"Président raté"

MAJ de la page : Emmanuel Macron

"Président raté" : la tribune du New York Times qui accable Emmanuel Macron
Le 9 septembre 2017 - Sudouest


Une tribune publiée dans le prestigieux quotidien juge sévèrement les premiers mois à l’Élysée du président français…

C’est ce qui s’appelle ne pas mâcher ses mots. Dans une tribune publiée ce jeudi dans le prestigieux New York Times, Chris Bickerton, un enseignant de politique européenne à l’université de Cambridge, assassine le président français et sa politique.
"Emmanuel Macron will be yet another failed french president", titre le quotidien américain, estimant qu’Emmanuel Macron sera lui aussi un "président français raté". Au mois de mai dernier pourtant, l’élection du président avait été largement saluée par le journal. Mais quatre mois plus tard, les choses ont changé.
Pour l’auteur de la tribune, si la cote du président français a autant dégringolé depuis élection,  c’est avant tout parce que son projet est faible et bien "trop centré sur sa personnalité", ce qu’il appelle : le macronisme.

"Tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne. Son attrait vient essentiellement de sa jeunesse, de son dynamisme, de son allure et de ses qualités oratoires. Mais une fois que le charme est rompu, il ne reste rien à ses soutiens pour l’apprécier et c’est ce qui est en train de se produire". Chris Bickerton

Une attitude arrogante 

Pour Chris Bickerton, Emmanuel Macron, "l’enfant chéri de l’élite libérale mondiale" a perdu de son aura à cause de son attitude arrogante vis-à-vis du pouvoir. Il cite alors en exemple, sa déclaration au sujet d’une présidence jupitérienne, son discours au Congrès de Versailles ou encore ses propos sur la loi Travail. "Beaucoup de français se sont hérissés de ces accents monarchiques", note-t-il.

Il se montre particulièrement septique concernant la réforme du Code du travail. "La politique économique d’Emmanuel Macron favorise les employeurs par rapport aux salariés et ébrèche ce qui reste de l’État providence français", écrit-il.
Source (et suite) du texte : Sud Ouest

Lire aussi sur TdG : Le maquillage grand luxe de Macron passe mal, le 25 aout 2015

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Tatiana Ventôse, Qui sont les fainéants, cyniques et extrêmes ? (8 septembre 2017)


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Macron: le dérapage de trop
Par Jacques Sapir, le 8 septembre 2017 - RUssEurope

Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, vient une nouvelle fois de déraper en public et d’insulter les Français. Du moins, ceux qui ne pensent pas comme lui. Il a, dans les jardins de l’EFA à Athènes, ce vendredi, réaffirmé la nécessité de la réforme mais avec des mots d’une violence inouïe : « Je serai d’une détermination absolue, je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes »[1]. Que le Président dise qu’il ne cèdera rien, c’est son droit. C’est une manière de gouverner, et l’on sait désormais ce que valent ses promesses de « dialogue social ». Néanmoins, c’est son droit. Aux opposants d’en tirer toutes les conséquences. Mais, qu’il le fasse en décrivant ceux qui ne sont pas de son avis de « fainéants, (…) cyniques, (…) extrêmes», ne me semble pas avoir de précédant. La violence verbale dont il a ainsi fait preuve appelle, et justifie par avance, d’autres violences. Au point que l’on se demande s’il a conscience de ce qu’il a dit.

Quand Emmanuel Macron persévère…

Ce n’est pas, hélas, la première fois qu’Emmanuel Macron se rend ici coupable de tels dérapages. Il avait commis un autre impair de la même veine depuis les jardins de l’ambassade de France à Bucarest[2], ajoutant à l’insulte le fait de la proférer sur un sol étranger. Pourtant, c’était le même Emmanuel Macron qui avait déclaré qu’il ne ferait aucun commentaire sur la politique française depuis l’étranger. On l’a déjà dit, il est parfaitement faux d’affirmer, que ce soit à Athènes ou à Bucarest, que les français se refusent aux réformes. Que ces dernières soient globales ou qu’elles concernent la sphère du travail, les français ont été soumis, et ont accepté, depuis ces vingt dernières années un nombre incalculable de réformes. Ce que les français refusent, c’est une réforme particulière, celle qui concerne le droit du travail. Or, cette réforme est justement hautement discutable comme on l’a montré sur ce carnet[3]. On peut la considérer comme néanmoins nécessaire ; mais il importe, alors, de respecter ceux qui ne pensent pas comme vous.

Et ceci d’autant plus quand on a été élu sur un quiproquo, avec un faible nombre de voix. Emmanuel Macron est un président par défaut. Tout le monde le sait à l‘évidence, sauf lui-même semble-t-il…

Or, ne voilà-t-il pas qu’Emmanuel Macron récidive. Il le fait au lendemain de son discours qui se voulait programmatique sur l’Europe et qui ne fut qu’étalage de platitudes. Il le fait dans des mots qui, cette fois, sont directement insultants et ce à un degré des plus extrêmes. Quand on considère l’effondrement qu’il subit dans les sondages depuis maintenant deux mois[4], c’est folie. Mais, « Bien que ce ne soit folie, il y a là de la méthode»[5].

dimanche 20 novembre 2016

Hystérie collective autour de Donald Trump



Hystérie collective autour de Donald Trump - Mise au point (Tatiana Ventôse, 11 novembre 2016)

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USA : Le mythe de la classe ouvrière blanche réactionnaire
Par Eric London, le 17 novembre 2016 - Defend Democracy Press / Arrêt sur info (trad)

Dans les jours qui ont suivi la victoire de Donald Trump lors de l’élection présidentielle, le Parti démocratique et les médias ont attribué les résultats à l’ignorance, au retard, au racisme et au sexisme de la « classe ouvrière blanche ».

« Pourquoi Trump a gagné : les Blancs de la classe ouvrière », disait le titre d’un article du New York Times paru le mercredi 9 novembre. Le chroniqueur Charles Blow a écrit dans la page de l’éditorial du Times de jeudi : « Je peux seulement supposer que le président Donald Trump sera un fanatique. Il est absolument possible que l’Amérique ne l’ait pas élu malgré cela, mais à cause de cela.  »

La presse dite « de gauche » a avancé le même récit raciste : Monica Potts de la Nation a noté avec un sarcasme haineux : « Cette saison électorale n’a pas manqué de portraits tendres et inquiets de la classe ouvrière blanche et de ses griefs économiques… »
Potts explique la victoire de Trump en termes d’identité, de race et de sexe. La classe ouvrière dans les communautés rurales « gagne plus d’argent que leurs voisins pauvres des centres urbains (inner city) », écrit-elle. « Ils pensent qu’ils travaillent dur, et que les autres qui habitent au centre des villes – les immigrants, les Afro-Américains ne travaillent pas.

La classe ouvrière pourrait sans doute faire mieux et il ne fait aucun doute qu’elle se bat, mais c’est leur identité culturelle qui est importante dans cette élection… Ce n’était pas de l’angoisse. Il s’agissait d’identité.
Cette présentation identitaire de l’élection de mardi est un faux récit démontré par l’analyse la plus élémentaire des données de l’élection.


La statistique la plus significative de l’élection de 2016 est la baisse massive de soutien pour les candidats démocrates et républicains. Alors que les voix inconditionnelles de la Californie peuvent légèrement modifier ces chiffres, Hillary Clinton a reçu environ dix millions de voix de moins que Barack Obama il y a huit ans. Trump, qui a perdu le vote populaire tout en gagnant le vote électoral, a reçu le moins de voix que n’importe quel candidat des deux partis depuis 2000. Ces chiffres sont encore plus frappants en raison d’une augmentation drastique de la population des électeurs admissibles : 18 millions depuis 2008.

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