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lundi 27 février 2017

Y a-t-il un temps pour la poésie, en une époque de sauvagerie ?

Y a-t-il un temps pour la poésie, en une époque de sauvagerie ?
Par Mahmoud Darwich, le 14 avril 2013 - Arrêt sur info


Mahmoud Darwich, le « poète des vaincus » – né en Palestine en 1942, mort en 2008 – est considéré comme l’un des plus grands écrivains arabes.

Allocution inaugurale prononcée par le poète palestinien Mahmoud Darwich le 3 avril 2003, lors de la manifestation « Rencontre avec Mahmoud Darwich », à la Cité du Livre d’Aix-en-Provence (*)

Y a-t-il un temps pour la poésie, en une époque de sauvagerie ?

Cette question n’est pas nouvelle. A chaque impasse humaine, après chaque catastrophe, l’impuissance de la poésie à humaniser l’Histoire est questionnée.
Nous entendons encore le cri d’Adorno : est-il encore possible d’écrire un poème, après Auschwitz ?
Il nous est encore une fois donné de nous remémorer cette question, aujourd’hui.

La poésie reste fragile, quand bien même elle s’ingénie à emprunter aux métaphores de la force de la soie ou de la solidité du miel, car la façon qu’elle a de modifier l’âme et d’élargir le cœur de l’homme est lente et invisible. Aussi habile soit-elle à établir un lien entre les sphères personnelle et universelle, elle ne peut faire oublier l’impression générale qui veut que la poésie soit fille de la solitude et de la marge, écho d’un rêve obscur.

Il est plus séant, pour les poètes, de ne pas nier cette solitude, ni – non plus – de la magnifier, et d’alléger le poids de la perplexité devant la nature nécessaire de la poésie. Il est préférable, pour eux, de développer l’angoisse créatrice, car ils ne trouveront pas de réponse dans une théorie impeccable passée au crible de la surprise poétique.

Je dois bien reconnaître, ici, que notre présente célébration est embarrassante. Non que la poésie puisse paraître étrangère à notre époque de barbarie, puisque la poésie a toujours été fille de son temps ingrat, mais parce que la célébration est fête, et que nous sommes bien incapables de ressentir la joie de la fête… Non qu’il y ait un deuil chez notre voisin, mais bien parce que nous – nous les habitants de cette petite planète – nous tous, nous sommes en deuil !

Et parce que la Terre toute entière menace de tomber dans le gouffre, après que les prémisses du vingt et unième siècle nous aient avertis qu’il est dans le pouvoir de l’idée de  » progrès  » de dupliquer la pire arriération jamais connue dans le passé, et que l’  » adoration de l’avenir  » peut être l’autre face de l’  » adoration du passé « .

Aujourd’hui, l’humanité semble vivre un  » état d’urgence  » général, face à l’interrogation quant à la vérité de son humanité, d’un côté, et face à l’interrogation, de l’autre, sur son rôle face au phénomène de la tyrannie planétaire incarnée par la politique américaine libérée de toute référence collective, qu’elle soit juridique, morale ou culturelle, mise à part celle de la razzia, de la culture de la violence, de la culture d’entreprise, de la mesure des valeurs humaines à l’aune de la supériorité militaire, sans que ceux qui rêvent à la fondation de l’empire le plus étendu et le plus puissant de toute l’Histoire ne prêtent la moindre attention au fait qu’ils ont remarquablement réussi à convaincre la conscience mondiale du fait que la folie américaine est l’unique danger qui menace le monde, en dépit de toutes les prétentions dudit empire d’ériger cette folie au rang d’une mission divine.

Il y a quelque Irak en chacun de nous – un Irak qu’on ne peut éradiquer, fait des plus anciennes lois humaines édictées par Hammourabi, de la recherche de l’immortalité initiée par Guilgamesh… jusqu’à la réalité de mort que connaît le peuple irakien aujourd’hui, avec ces bombes intelligentes mises au point par la civilisation idiote experte en assassinat.
En chacun de nous, il y a une Palestine, depuis le message d’amour et de paix apporté au monde par Jésus le Nazaréen… jusqu’au peuple palestinien d’aujourd’hui, crucifié sur la croix de l’occupation israélienne. La mort palestinienne quotidienne est devenue une sorte de bulletin météo, la tyrannie américaine ayant placé l’occupation israélienne au-dessus du droit international et élevé la puissance occupante au rang de la sainteté.

C’est un monde sauvage, dément, égoïste, dans lequel ne prévaut pas d’autre loi que celle de la jungle, un monde armé du surplus de la puissance nucléaire.
Est-il encore possible d’écrire un poème ?
Comment peut-on être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du réel, en même temps ?
Comment peut-on à la fois contempler et s’engager ?
Comment peut-on poursuivre sa tentative permanente : recréer le monde grâce à des mots à la vitalité éternelle ?
Et comment sauver ces mots de la banalité de la consommation de tous les jours ?

jeudi 29 septembre 2016

Reste la lumière

Festival (gratuit)
Poésie en Ville 2016
du me 28 septembre au di 2 octobre
au Bains de Pâquis et autres endroits de la ville de Genève

Site officiel / Programme (PDF)

Ce soir :
Reste la lumière 
21h00 / Bains des Pâquis – Scène / Poèmes en musique

Angélique Ionatos trio (GR)
Spectacle d’ouverture du festival

Les grands poètes grecs lus et mis en musique par Angélique Ionatos, accompagnée par Katerina Fotinakis et Gaspar Klaus.


«"Et si l'arbre brûle reste la cendre et la lumière,
Dans le désert les cactus prennent racine.
Si les sources se sont taries il pleuvra à nouveau
le jeune fils reviendra
à la maison abandonnée.
Sous la neige épaisse les graines veillent
A la frontière de la cour le vent mauvais s'épuise.
Et si nous sommes restés nus et entourés de loups
notre décision de nous battre reste intacte.".»
Dimitri Mortayas

Guitariste et chanteuse grecque hors pair, Angélique Ionatos témoigne de son temps, avec passion, elle s’interroge sur l’avenir de la Grèce à travers son dernier album « Reste la lumière » paru l’automne dernier chez Ici, D’Ailleurs, une de ses œuvres les plus abouties, un cri intense et magnifique.



Angélique Ionatos - Optimisme (Et si l'arbre brûle) / Αισιοδοξία (Κι άν τό δέντρο καίγεται)
Extrait de : Reste la lumière (2015)
Commande sur Amazon : Reste la Lumiere

Pour en savoir plus : Angelique Ionatos


lundi 26 septembre 2016

Poésie à Cara / Dialogue en mortalité

Deux nouveaux cycles de rencontres dans la campagne genevoise. (Entrée libre, chapeau pour les frais des intervenants).




Poésie à Cara
Soirées poétiques organisées dans le salon de Liliane de Toledo par Patrice et Erica Mugny avec le soutien de la Mairie de Presinge.
La première soirée poétique se tiendra le 20 octobre à 20h. Après une petite introduction musicale, nous aurons le plaisir d'écouter la poétesse Sylviane Dupuis, une voisine de Puplinge. Une verrée clôturera l’événement. S’inscrire à l’adresse blogeuse suivante : www.poesieacara.ch

Le Minotaure intérieur

L'homme incliné
sur son abîme
que sait-il
que sait-il
du péril qui grandit
dans la cage de ses os

au milieu de sa peur
pulsation d'un secret
qui parle.

Sylviane Dupuis, extrait de Géométrie de l'illimité (2000)
Commande sur Amazon : Géométrie de l'illimité

Pour la seconde, le 17 novembre, le comédien Matteo Zimmermann, s'accompagnant de son accordéon diatonique, lira des poèmes de Patrice Mugny et de Claude Tabarini; ce dernier ponctuera la lecture d'interventions percussionnistes.  
Source (et suite) du texte : Poésie à Cara


Dialogues en mortalité
Quelques habitants de Presinge, se sachant mortels et curieux d’en savoir plus sur cet avenir inéluctable, ont décidé d’organiser plusieurs soirées-échange intitulées «dialogues en mortalité».
La proposition qui sous-tend ces rencontres est d’aborder cette étape de la vie selon différentes portes d’entrée. Lors de chaque soirée un ou une intervenant(e) donnera sur le sujet un éclairage particulier issu de son vécu pour inviter les participants à approfondir l’exploration en partageant leurs propres expériences.
Les lieux n’étant pas extensibles, il importe de s’inscrire à l’adresse blogueuse suivante : www.dialoguesenmortalite.ch
Les participants seront acceptés dans l’ordre d’inscription. Accès aux formulaires d’inscription.

Les premiers invités dans cet agenda de la vie sont : Lydia Müller, 13 octobre, Matthieu Megevand, 10 novembre, Anne-Marie Struijk, 8 décembre, et Philippe Roch, 12 janvier 2017.
Source (et suite) du texte : Dialogues en mortalité



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