Né à Londres, d'une mère antillaise et d'un père originaire d'Amérique du Sud, Jéricho Genesis Sunfire sera amené à modifier son alimentation en 1994, quelques années après avoir quitté le monde du rugby dont il a été joueur professionnel.
Se sentant physiquement mal et moralement déprimé, il eu l'intuition de changer son alimentation pour se tourner exclusivement vers les fruits (sans autre apport liquide). Retrouvant une nouvelle énergie il continuera ce régime frugivore pendant 10 ans tout en poursuivant un entrainement sportif de haut niveau. Il sentit alors le besoin de ne consommer que des jus de fruits, pour finir avec le seul jus d'orange (dont l’acidité lui abîmera les dents). Cette décroissance naturelle de son alimentation (pendant 17 ans) l’amènera à ne boire que de l'eau, puis de moins en moins. Sans avoir fait aucun "processus de 21 jours", et sans pratique particulière, il vit maintenant (en parfaite santé et condition physique) sans apport de nourriture, solide ou liquide, et sans eau.
Mohamed Ali, Boxeur.
Né le 17 janvier 1942.
Louisville (Kentucky), États-Unis.
6 pieds 3 pouces (1m 91) et 215 livres (98 kg).
Aussi connu sous le nom de Cassius Clay et Cassius X.
Famille
Parents : Odessa Clay et Cassius Marcellus.
Un frère.
Épouse : Lonnie Williams.
Enfants : Sept filles et deux garçons de ses quatre mariages. L'ART DE LA BOXE (article de Thomas Kieller, 2003) Le plus grand
Percutant sur le ring avec ses mains rapides et flamboyant en société avec sa prose vive, il a façonné la boxe de son art nouveau.
vers 12-13 ans
Remontons le temps
La population américaine a vécu, durant les années soixante, un combat de société dont les deux principaux sujets étaient la guerre et le droit à l'égalité pour la population noire. Un peu partout, des leaders comme Malcolm X et Martin Luther King ont pris la parole et ont clamé leur profond désaccord face aux préjudices raciaux dont la communauté noire était victime. D'autres Américains se sont agités pour la paix en s'opposant fermement à la guerre du Vietnam. Quoiqu'il en soit, c'est l'éclatement des États-Unis. Les manifestations de plus en plus nombreuses ont apporté sur la table un questionnement sur les valeurs du temps. C'est à l'aube de ce choc de société que le jeune Cassius (Ali) a débuté sa carrière professionnelle et il était fin prêt à jouer un rôle prédominant dans ce mouvement de changement.
Cassius X et Malcolm X
Le début - 1960
Bien avant l'adoption de son nom de tradition musulmane, le jeune Cassius Clay démontrait déjà au public un talent unique, mais fort déconcertant au point de vue du style. Souvent, il laissait tomber volontairement sa garde ! Cassius préférait esquiver les poings de ses opposants par ses réflexes et son jeu de jambe efficace. Nettement plus rapide et talentueux que ses adversaires, il les dominait largement.
Comme il le fut chez les professionnels, il avait confiance en ses moyens et disait plus souvent qu'autrement qu'il était fort et que nul ne pouvait le battre. Le public qui l'a vu boxer à l'émission « Tomorrow's Champion » n'aimait pas cet air de confiance et d'arrogance. Malgré cette opinion défavorable, il livrait la marchandise.
À 18 ans, il avait gagné tous les titres possibles chez les amateurs. Pour le « National Golden Gloves », il a livré un combat des plus relevé. Son adversaire, un champion noir de l'armée américaine du nom d'Allen Hudson, l'a envoyé au premier round au tapis. Cependant, Cassius ne s'est pas laissé abattre. Il s'est relevé et a répliqué à son opposant en gagnant au troisième round par knock-out technique. Cette victoire lui a donné son droit d'entrée pour les Jeux olympiques d'été de Rome (1960). Devant les Romains, il a remporté la médaille d'or dans la catégorie des lourds-légers. Il ne restait plus qu'une chose à faire pour Cassius, faire le bond chez les professionnels.
Vidéo de son premier combat (1960) : ICI
Esquives. Olé !
L'athlète
Au sommet de sa carrière, Muhammad Ali était un poids lourd d'une grande agilité comparable aux boxeurs de la catégorie super moyen (les 168 livres). Il pouvait boxer tout en gardant sa main gauche le long de son corps et esquivait les coups en reculant. Il évitait le danger avec finesse sous les hurlements de joie des fans présents.
VS Joe Frazier
De plus, il possédait les mains les plus rapides de sa catégorie. Son jab de la gauche pouvait littéralement dicter le combat. Il épuisait ses adversaires par ses coups à répétition tant au visage qu'au corps. Même s'il était considéré comme un agile boxeur plutôt qu'un cogneur, il fallait respecter son coup de poing. Lors de ces trente premiers combats, il a gagné 24 fois par ko ou tko. Nul doute qu'il frappait fort et qu'il pouvait envoyer son adversaire voir le tapis. Il était vraiment un prodige de la boxe.
VS Sonny Liston
Le poète
Avec sa grande confiance en lui, il défiait ses opposants. Même les plus grands ont goûté à son lyrisme.
« If you sign to fight me, increase your insurance.
Ali's got a left, Ali's got a right.
If he hits you once, you're asleep for the night. »
Il ne s'arrêtait pas à ces quelques mots. Il osait prédire le round durant lequel il allait mettre son vis-à-vis au tapis. Puis, il décrivait la façon dont il allait le vaincre. Lors du premier combat contre Sonny Liston, Ali avait dit que Sonny serait le premier satellite humain !
Autres exemples (sonores) : ICI
VS Sonny Liston
Toute cette parade générait un vaste éventail d'émotions tant chez ceux qui l'adoraient que chez ces détracteurs. En effet, il ne laissait personne de glace surtout lorsqu'il s'autoproclamait le plus grand. « I am the greatest », criait-il.
Toutefois, quand la cloche se faisait retentir dans le ring, les beaux discours faisaient place à la boxe. Dès lors, ses adversaires n'avaient qu'à bien se tenir.
Les combats au centre du ring et dans la vie
Son entrée chez les professionnels s'est réalisée sans encombre. De 1963 à 64, Cassius Clay a remporté ses 19 premiers affrontements en expédiant 16 de ses adversaires au tapis. Cette série de victoires lui a ouvert le chemin du championnat.
Entrainement dans une piscine
Clay vs Liston
En 1964, Sonny Liston, un ex-détenu, dominait la division des poids lourds de son poing. Il avait détrôné deux ans auparavant Floyd Patterson en seulement 2 min 6 s. Le colosse Liston semblait intouchable.
Les experts pensaient que le champion défendrait son titre facilement. Toutefois, Cassius allait les démentir royalement. Cette nuit à Miami, il a dansé autour du molosse aux pieds plats et a décoché jab après jab. Cassius a enchaîné avec de multiples combinaisons qui ont affaibli petit à petit son adversaire. Au début du 7e round, Liston, visiblement abattu, a refusé de poursuivre le combat. Pendant que le champion déchu reprenait des forces dans son coin, Clay criait aux journalistes abasourdis : « Who is the greatest? Eat your words! I shook up the World! ». Le choc qu'a entraîné Clay était loin d'être fini.
Le lendemain du combat, il a annoncé qu'il avait accepté de se convertir à l'islam et qu'il changeait de nom pour celui de Muhammad Ali. Cette annonce a choqué beaucoup de personnes de la communauté blanche qui maintenant savaient qu'il assistait, depuis trois ans, aux réunions de la Nation de l'Islam, un groupe fort contesté. Au change, Ali a perdu beaucoup de fans blancs et noirs. De plus, la World Boxing Association a refusé de sanctionner le match revanche contre Liston. La raison évoquée, qui est fort douteuse, était le changement de nom !
Ali ne s'est pas apitoyé sur son sort et a poursuivi son chemin. Un an plus tard, il a affronté à nouveau Liston. Cette fois, il l'a si bien martelé qu'au 1er round Sonny était ko. Tournant la page sur le cas Liston, Ali a affronté d'autres bons boxeurs comme Floyd Patterson, Henry Cooper et Brian London qui ont tous tombé devant lui.
VS Sonny Liston (1964)
La guerre du Vietnam
Ali n'avait pas fini de se faire harceler pour ses convictions. En 1966, il a été déclaré bon pour le service militaire. Toutefois, il était en désaccord sur la question de la guerre du Vietnam. Il a répondu à une question d'un journaliste en scandant ce poème :
« Keep asking me, no matter how long
On the war in Vietnam, I sing this song
I ain't got no quarrel with the Viet Cong. »
En avril 1967, Ali a refusé de se joindre à la US Army en réclamant le statut d'objecteur de conscience. Une dizaine de jours plus tard, il a été mis en accusation devant un grand jury fédéral qui l'a condamné. Puis, le juge lui a imposé la sentence maximale, c'est-à-dire cinq ans d'emprisonnement et 10 000 dollars d'amende. Sans tarder, son passeport lui a été retiré. Pire encore, il n'avait pu le droit de boxer aux États-Unis. Sans licence pour boxer, les autorités de la WBA l'ont destitué de son titre de champion du monde des poids lourds. Cette suite d'événements a empêché Ali de boxer pendant trois ans et demi juste au moment où les experts considéraient qu'il était au sommet de son art.
Ne pouvant gagner sa vie avec ses poings, il a décidé de donner des conférences dans les universités. Dans les discours qu'il a présentés, il a donné son point de vue sur la guerre et le droit à l'égalité pour la population noire.
Puisque la situation n'avançait pas à son goût, Ali a annoncé en février 1970 sa retraite de la boxe. Toutefois, en juin de la même année, une décision de la cour supérieure allait le faire revenir sur ses pas. Sa condamnation a été annulée à cause que le FBI avait procédé à des écoutes illégales. Les autorités présentes n'ont rien dit sur les droits civiques de Ali qui sans aucun doute avaient été brimés. La mauvaise farce était finalement terminée.
Ali n'a pas lancé de reproches à quiconque. Bien au contraire, il a dit que ça ne vaut pas la peine de les punir pour les gestes qu'ils ont cru bons. Telle était sa position sur la situation. D'ailleurs, il n'a pas intenté de poursuites pour obtenir son titre. Il a préféré gravir une fois de plus chaque marche menant au championnat.
Après ses trois années d'inactivité, Ali s'est remis en marche rapidement en battant par ko Jerry Quarry et Oscar Bonavena. Après le second combat, Ali a appelé Joe Frazier.
Mohammed Ali
Ali vs Frazier
Frazier, le champion de la WBA, a accepté sans hésiter le duel lancé par Ali. Depuis que celui-ci avait était arrêté, suspendu et délesté de son titre de champion des poids lourds, Frazier dominait largement la catégorie.
Les deux boxeurs avaient une fiche vierge de défaite. À la carte de Frazier, on pouvait y lire 26-0 avec 23 kos. Un vrai démolisseur ! La fiche d'Ali était tout aussi éblouissante 31-0 avec 25 kos. La différence était que Frazier était sans aucun doute à son sommet de son art tandis qu'Ali revenait de trois années d'inactivité avec seulement deux combats préparatoires dans le corps. Était-il vraiment rodé ?
New York, 8 mars 1971 - Le soir du combat, une frénésie se dégageait au Madison Square Garden. Tous comprenaient l'enjeu de la confrontation. La foule qui remplissait à pleine capacité le Garden était excitée. Les 700 journalistes qui ont pu obtenir leur accréditation pour le combat étaient aussi agités.
Dès le 1er round, on pouvait voir qu'Ali avait perdu sa touche. Ses mains étaient moins percutantes et son jeu de jambe ne suivait pas. Il décida d'affronter le champion de front. À ce jeu, « Smoking Joe » était brutal. Avec son habituelle volonté et désir de vaincre, Frazier se ruait continuellement sur Ali et le matraquait de son coup préféré, le crochet de la gauche.
Ali devait se reposer sur sa vitesse et son agilité pour éviter les attaques brutales du cogneur, mais plus souvent qu'autrement la défense flanchait. Par moment, Ali contrecarrait les assauts de Frazier en décochant des jabs au visage. Puis pendant plusieurs rounds, les boxeurs se sont échangés de solides coups. Le rythme du combat était effréné.
Ali avait prédit que Frazier tomberait au 6e round. Cette fois, il s'était trompé magistralement. Frazier a réussi à coincer Ali dans les câbles et l'a martelé de coups puissants à la tête et au corps. Ali ne pouvait qu'encaisser l'avalanche de coups. Toutefois, il a réussi à se rendre jusqu'au son de la cloche.
Au 9e round, Ali a repris du poil de la bête en lançant une vague de combinaisons. Le combat était loin d'être fini. Au 15e round, Frazier a lancé l'assaut final en décochant un crochet de la gauche qui a envoyé spontanément Ali au tapis. Encore une fois, Ali a réussi à survivre au poing de Frazier. Néanmoins, l'issue du combat était décidée. Le verdict des trois juges était sans équivoque. Frazier a remporté le combat : 9-6, 11-4 et 8-6.
Ce premier combat entre Ali et Frazier a été le plus endiablé de la trilogie et les experts lui ont donné l'appellation de « Combat du siècle ». C'est fort juste.
Le "combat du siècle" VS Joe Frazier (1971)
Après cette défaite, Ali devait remporter plusieurs combats pour prouver aux experts qu'il était toujours le challenger no 1. En 23 mois, il a affronté dix boxeurs qu'il a tous vaincus aisément. Seul un petit dérapage contre Ken Norton l'a ralenti. En effet, Norton lui a réservé une belle surprise en le battant par décision. Cependant, Ali a obtenu rapidement son match revanche. Cette fois, il s'est préparé adéquatement et a gagné la seconde confrontation.
Deux ans après sa défaite contre Frazier, Ali a eu sa deuxième chance et il ne l'a pas ratée. Il a remporté le combat par décision unanime. Toutefois, le titre n'était pas à l'enjeu. Une année auparavant, Frazier avait perdu en Jamaïque contre un nouveau venu, le jeune et prolifique boxeur George Foreman. La prochaine étape pour Ali était inévitablement d'affronter ce solide cogneur.
- Vidéo du premier combat : ICI (1971) / du second : ICI (1974)
Ali vs Foreman
Mobutu, le dictateur du Zaïre, voulait attirer l'attention mondiale avec ce combat. Et sans contredit, les yeux du monde entier se sont tournés momentanément vers ce coin de l'Afrique centrale, plus précisément à Kinshasa. Le combat entre les molosses est mieux connu sous le nom de « Rumble in the Jungle ». Ce fut en effet un véritable choc de titans, mais dans la brousse.
Contrairement au combat contre Sonny Liston, Ali n'a pas utilisé sa vitesse pour esquiver les assauts féroces de Foreman. Ali a opté pour une toute autre stratégie, le fameux « rope-a-dope ». Ali s'est laissé choir dans les câbles et ne présentait que ses bras à Foreman. Ainsi, Ali protégeait sa cage thoracique de ses avant-bras et sa figure avec ses gants. Cependant, Foreman qui y voyait une opportunité s'est lancé sur Ali et a décoché ses coups les plus puissants. Ali a encaissé toutes les bombes comme un sac de sable.
À la fin de chaque round, Ali est sorti de sa torpeur pour infliger à Foreman quelques combinaisons rapides. Petit à petit le champion faiblissait. Puis à la fin du 8e round, Ali a attaqué avec une plus grande vigueur « Big George » qui montrait des signes évidents de fatigue. Ali a décoché une série de combinaisons qui a envoyé Foreman pour la première fois en carrière au tapis. Fatigué et étourdi, Foreman ne s'est pas relevé. La foule était en délire. Ali avait gagné le titre des poids lourds comme il l'avait fait la première fois en battant un colosse.
- Vidéo du combat : ICI (1974)
Ali vs Frazier - Le 3e affrontement
En 1975, Ali devait encore une fois faire un combat légendaire contre Joe Frazier. Ce dernier combat qui allait boucler la trilogie eu lieu à Manilles aux Philippines. À nouveau, les deux boxeurs ont livré un combat brutal. Au bout du compte, Ali a été le plus fort et a remporté haut la main le « Thrilla in Manila ». À la fin de l'affrontement, Ali s'est évanoui dans son coin démontrant qu'il avait mis beaucoup d'énergie à battre Frazier.
Vidéo du troisième combat : ICI (1975)
Les derniers épisodes
Après cette grande victoire, Ali a défendu avec succès son titre à six reprises. Toutefois, le jeune médaillé olympique Leon Spinks est venu battre Ali en 1978. À 36 ans, l'âge commençait à se faire ressentir. Ali n'était plus aussi rapide. Dans un match revanche, il a tout de même réussi à battre Spinks. Du même coup, il est devenu pour une troisième fois champion des poids lourd. Cependant, il a été incapable de défendre sa couronne. Son temps était tout simplement révolu et il s'est retiré en 1981.
Vidéo du combat : ICI
Loin d'être sa dernière étape
Plus tard, un membre de son équipe a annoncé qu'il souffrait de la maladie de Parkinson qui affectait ses capacités motrices et son élocution. De l'avis général, la maladie avait été provoquée par l'accumulation de coups à la tête au cours de sa carrière. Malgré tout, il ne s'est pas arrêté là.
En effet, il s'est impliqué dans plusieurs causes humanitaires. Juste avant la guerre du Golfe (1990), Ali s'est rendu en Irak pour négocier la libération d'otages. Puis en 1996, devant des millions de téléspectateurs, il a allumé la flamme olympique aux Jeux d'Atlanta même s'il tremblait à cause de la maladie. Par ailleurs, il a fait don de millions de dollars à des personnes et à des organisations, parmi lesquelles d'innombrables écoles. Il l'a toujours fait sans égard à la couleur ou à la religion. Malgré les propos chocs qu'il a lancés durant sa carrière sportive, Ali a développé un profond respect pour l'homme.
VS Superman
La boxe, sa vie
Ali n'a pas eu un parcours facile. En 1967, les autorités l'ont mis au tapis en le destituant de son titre et en lui enlevant le droit de boxer. Pourtant, il n'a pas abdiqué. Il s'est relevé, s'est battu et est devenu à nouveau champion du monde des poids lourds. En battant les solides cogneurs de sa génération, Ali a prouvé sans équivoque qu'il maîtrisait son art. Liston, Foreman et Frazier ont tous tombé devant lui. Comme de fait, ces nombreux exploits l'ont conduit en septembre 1987 au Temple de la renommée.
Ses commentaires chocs, son talent fou et son physique n'ont laissé personne de froid. Avec son style unique, il a façonné son sport. Ali c'est la renaissance de la boxe.
Source du texte : Les Athlètes Unis (L'art de la boxe article de Thomas Kieller, 2003)
Autre biographie : wikipedia
Autobiographie :
- L'âme de papillon, Ed. Gallimard, 1976
- Le plus grand, Ed. Presse du Châtelet, 2005
Retour à la course pieds nus ou avec des chaussures minimalistes (sans hauteur de talon et sans amortis, et sans rassembler ou compresser les orteils) permettant d'en retrouver les sensations. Vers une technique naturelle de course, tout en douceur et en souplesse : l'avant du pied se pose avant le talon, chevilles, genoux et hanches amortissent le choc et les muscles des mollets et des cuisses s'affinent. La foulée se raccourci, s'accélère et... le plaisir revient (sans douleurs et sans traumatismes).
Préface de Kílian Jornet i Burgada, né le 27 octobre 1987, originaire de Sabadell en Catalogne (Espagne), spécialiste en ski-alpinisme, ultra-trail et course à pied en montagne. Vainqueur de l'UTMB (UItra Trail du Mont-Blanc) en 2008, 2009 et 2011 (avec le record de l'épreuve en 20:36:43).
Conférence de l'auteur, Christophe Mc Douglass, chez TED (Ideas worth spreading) :
Présentation du traducteur :
* * *
Les pieds ont la vie dure.
Article de Gérald Gremion, médecin-chef à l’Hôpital orthopédique de la Suisse romande à Lausanne et spécialiste en médecine du sport. Extraits (article en entier en bas de page dans l'encarté).
(...) Gare à la somnolence.
Tout allait semble-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où les statistiques ont démontré que malgré des progrès technologiques incontestables, le nombre de blessures liées à la course à pied n’avaient non seulement pas diminué, mais, pire, augmenté. Le nombre de fractures de fatigue, périostites, tendinites est resté stable, mais de nouvelles blessures, au niveau de la hanche notamment, sont apparues. (...)
Stimuler les récepteurs.
Cette étude porte crédit à l’étude épidémiologique réalisée lors du Grand Prix de Berne, datant de 1985, et publiée quelques années plus tard. On avait analysé les habitudes d’une population de 5000 coureurs. On a découvert avec étonnement qu’il y avait une relation proportionnelle entre la fréquence des blessures et le prix payé pour les chaussures. Et cela malgré la pondération apportée en fonction du sexe et de la pratique sportive (nombre de km/semaine, années de pratique). Les coureurs qui payaient la chaussure moins de 60 francs se blessaient deux fois moins que ceux qui dépensaient plus de 150 francs! Les chaussures les plus sophistiquées et les plus chères étaient les plus dangereuses en terme de survenue de blessures et de douleurs liées à l’activité de course à pied. (...)
Trop d’amorti nuit.
En quoi les chaussures amortissantes peuvent-elles être source de blessures? Courir pieds nus est vraisemblablement la meilleure protection. En effet, les douleurs engendrées par les impacts entraînent une stimulation des mécano-récepteurs, une contraction musculaire synchrone, ce qui améliore la capacité d’auto-protection par ses propres muscles et tendons. Le port des chaussures confortables diminue l’appréciation qu’a le coureur de la position de son pied dans l’espace, ce qui représente un risque accru de survenue d’entorses. (...)
Va-nu-pieds.
Courir pieds nus est un excellent exercice pour améliorer la force, l’économie de course et les qualités proprioceptives. Les physiothérapeutes le savent depuis longtemps puisque les séances de rééducation après entorses de chevilles ou des genoux se font essentiellement pieds nus, Dans le développement des chaussures, l’erreur des fabricants est d’avoir sous-estimé l’importance du comportement corporel et des activités musculo-tendino-ligamentaires, car comme l’ont démontré les recherches à orientation plus médicale, l’homme adapte sa stratégie de réception en fonction de la dureté du sol.
Roger Federer, né le 8 août 1981 à Bâle, est un joueur de tennis suisse. Joueur professionnel depuis 1998, il détient le record de 302 semaines (5 ans et 9 mois et demi) passées à la première place du classement mondial de tennis ATP World Tour, ainsi que le record masculin de 20 victoires dans les tournois du Grand Chelem. Il a terminé l'année calendaire à la première place mondiale à cinq reprises (en 2004, 2005, 2006, 2007 et 2009). Il est médaillé d'or en double messieurs avec Stanislas Wawrinka aux Jeux olympiques de Pékin 2008 puis vice-champion olympique en simple à Londres en 2012. Enfin, en 2014, il remporte la Coupe Davis avec l'équipe de Suisse, en battant en finale l'équipe de France1. Roger Federer a gagné à ce jour 97 titres, dont 26 tournois majeurs et 27 Masters 1000. Son doublé Roland-Garros-Wimbledon en 2009 lui a permis de réaliser le Grand Chelem en carrière sur cinq surfaces différentes. Il est le tennisman qui a atteint le plus de finales dans un même tournoi du Grand Chelem (11 finales à Wimbledon) et est le recordman de victoires à Wimbledon, avec huit succès entre 2003 et 2017. Parmi ses nombreux records, on peut également souligner ses dix finales, vingt-trois demi-finales et trente-six quarts de finale consécutifs dans les tournois du Grand Chelem. Il est le seul joueur de l'histoire du tennis à avoir gagné au moins cinq fois trois tournois du Grand Chelem (l'Open d'Australie, le tournoi de Wimbledon et l'US Open), détient avec Björn Borg le record de titres consécutifs au tournoi de Wimbledon durant l'ère Open (cinq), et a réalisé trois fois le Petit Chelem (en 2004, 2006 et 2007). Il est également le seul joueur à avoir joué la finale de chaque tournoi du Grand Chelem au moins cinq fois, et le seul à avoir remporté 6 fois le Masters de fin d'année. Il reste près de cinq ans sans remporter de trophée dans les tournois majeurs à la suite de sa victoire à Wimbledon 2012, mais après six mois hors des courts en 2016 pour cause de blessure, il remporte, à 35 ans, l'Open d'Australie 2017 en battant lors d'une finale d'anthologie en 5 sets son principal rival Rafael Nadal. Il bat à cette occasion quatre joueurs du top 10 et porte ainsi à dix-huit son record de succès en Grand Chelem. Il augmente par la suite ce record à vingt titres avec Wimbledon en 2017 puis l'Open d'Australie en 2018, où il établit au passage un nouveau record de 30 finales disputées en Grand Chelem. Le 16 février 2018, il devient le no 1 mondial au classement ATP le plus âgé de l'histoire, à l'âge de 36 ans 6 mois et 11 jours. De tels résultats amènent la plupart des joueurs et spécialistes à le considérer comme le meilleur joueur de tennis de tous les temps et l'un des meilleurs sportifs de l'histoire. Source (et suite) du texte : wikipedia
Roger Federer joue de la main droite et pratique un revers à une main, ce dernier coup étant relativement rare parmi les joueurs du circuit qui lui préfèrent en très grande majorité le revers à deux mains. Toutefois, l'Américain Pete Sampras, à qui Federer est souvent comparé, effectuait également son revers à une main, accentuant ainsi les tentations de comparaison entre les deux champions. Il possède un jeu très complet, efficace sur toutes les surfaces y compris sur terre battue. Il ne base pas son jeu sur une technique précise et sa particularité est justement d'adapter son jeu en fonction des conditions (adversaire, surface, climat, fatigue) pour pouvoir réaliser le meilleur coup possible à un moment donné. (...)
Source (et suite) du texte : wikipedia
Chez moi, l'envie vient toute seule. Ce que je fais, souvent, c'est revenir aux racines : pourquoi, enfant, ai-je choisi le tennis ? Pourquoi ai-je travaillé si dur toutes ces années ? Qu'est-ce qui me plaît tant quand je joue ? Et j'ai tout de suite mes réponses. C'est simple : je ne pense pas qu'il existe quelqu'un qui aime le tennis plus que moi. (...)
Extrait de : L'effrayant Roger Federer, Federer a remporté son seizième titre majeur dimanche à Melbourne face à Andy Murray.
Site officiel : Roger Federer / Forum (nécessite une inscription)
Fondation : Roger Federer Fondation
La Fondation Roger Federer soutient des projets innovateur dans la région de l'Afrique australe et en Suisse. L'engagement en Afrique se concentre sur l'amélioration de la qualité de l'éducation infantile et de base. En Suisse la Fondation s'engage en faveur des jeunes talents sportifs.
Issu d’une famille de la classe moyenne suisse, Roger Federer fut un enfant «difficile» si l’on veut bien reprendre la description de ses parents, Robert et Lynette, sa maman sud-africaine, dans l’autobiographie autorisée du champion suisse The Roger Federer story, quest for perfection, écrite par le journaliste suisse René Stauffer. Impulsive, leur progéniture avait la gentille habitude de tout envoyer balader quand un obstacle se trouvait sur sa route. (...)
Yannick Cochennec
Extrait de : Roger Federer, le sale gosse devenu classe
Un nouveau regard
Federer a changé le tennis parce qu’il nous l’a fait VRAIMENT voir sous un regard jamais vu. En termes de mouvement, il a modifié notre perception comme ont été capables de le faire Michael Jordan et Muhammad Ali qui seraient peut-être au sommet de l’enquête de Reputation Institute s’ils exerçaient encore leur talent. Il nous a donné une nouvelle définition, inédite, du beau dans son domaine et il est probable que dans 100 ans, on admirera encore les vidéos de ses matches comme on se rend au musée pour revoir un Renoir.
Dans un article du New York Times écrit en 2006, l’écrivain David Foster-Wallace, auteur influent d’une génération et qui s’est suicidé depuis, avait décrit l’expérience quasi religieuse qu’avait revêtu pour lui le fait de voir jouer en vrai Roger Federer (qu’il admirait) dans un lieu aussi mythique et sacré que le central de Wimbledon. Voici quelques lignes enfiévrées tirées de ce texte superbe:
«Il y a plusieurs sortes d’explications à la beauté de Federer. L'une d’elles implique le mystère, la métaphysique et est, selon moi, la plus proche de la vérité."
Cette explication métaphysique implique que Roger Federer est l'un des très rares athlètes «surnaturels» qui semblent échapper à certaines lois de la physique. Comme Michael Jordan, qui restait dans les airs plus longtemps que la gravité n'aurait dû le lui permettre, ou comme Muhammad Ali, qui flottait vraiment sur le ring et réussissait à placer deux ou trois crochets pendant que les autres n'en plaçaient qu'un. On peut nommer une demi-douzaine d'autres exemples depuis 1960. Et Federer est l'un d'eux - un être que certains appellent génie, ou mutant, ou extraterrestre. Il ne semble jamais bousculé ou hors d’équilibre. La balle s'approche de lui avec un temps de retard. Ses mouvements sont aussi élégants qu’athlétiques. Comme Ali, Jordan, Maradona ou Gretzky, sa substance est différente de celle des athlètes auxquels il fait face. Tout particulièrement dans les tenues blanches que Wimbledon s'amuse encore à exiger, Federer apparaît comme ce qu'il est (enfin, c'est ce que je crois): une créature dont le corps est à la fois chair et lumière.»
Le «surnaturel» de Federer, «être de chair et de lumière», ne s’aperçoit pas seulement à travers cette gestuelle unique et majestueuse, mais se lit aussi par le biais d’une statistique stupéfiante: le champion de Bâle n’a JAMAIS abandonné au cours d’un match sur le circuit professionnel (cette mésaventure ne lui est plus arrivée depuis un tournoi de jeunes en Belgique quand il avait 16 ans!). Alors que le circuit se plaint de trop jouer et de trop se blesser, le joueur qui a le plus gagné au cours des dix dernières années (et par voie de conséquence le plus joué) paraît, lui, insensible à la douleur et à la fatigue du commun des mortels.
Au fond, si on aime tellement Federer, c’est parce qu’il nous renvoie au divin pour toutes ces raisons et c’est ce que traduit Foster-Wallace sans que cela soit ridicule. Le Suisse porte un mystère quasi mystique qui nous fascine, ce qui ne sera jamais le cas, par exemple, de Nadal ou de Djokovic que l’on a déjà vu grimacer de douleur ou même carrément jeter l’éponge et qui nous semblent de fait relativement humains.
L’art est de nous faire voir ce que l’on ne voit pas habituellement, disait Bergson qui estimait que l’artiste (et donc le sportif quand il a la grâce) a pour fonction de faire apparaître l’invisible dans l’espace du visible et qu’il nous apprend à changer notre vision du monde. Le sport, quand il est érigé en art comme avec Federer, peut changer la réalité ou nous donner cette illusion. Voilà pourquoi sans doute le monde en question respecte et admire tant Federer, si vrai et tellement irréel à la fois. Yannick Cochennec.
Extrait de : Roger Federer a-t-il changé le monde ? Le tennisman a été récemment désigné 2e personnalité la plus respectée, admirée et digne de confiance de la planète, juste derrière Nelson Mandela, par un sondage portant sur 51.000 personnes dans 25 pays.
Les 30 ans du Bâlois :
Vidéos : TSR (Le parcours d'un champion, 10 clips)