Près d'un millier de gilets jaunes sur la place des Nations à l'ONU (RTS, 20 février 2019)
Lire aussi : Les "gilets jaunes" ont manifesté pacifiquement devant l'ONU à Genève, RTS, 20 fév. 2019 / France : des experts de l'ONU dénoncent des restrictions graves aux droits des manifestants « gilets jaunes » / Les blessés éborgnés par les forces de l'ordre ne le sont pas par accident, 8 janv. 2019
Voir aussi : Slobodan Despot, les Gilets jaunes et la Suisse (vidéo), 18 fév. 2019
Le vrai débat (Siné Mensuel)
Violence VS Gilets jaunes (Le fil d'actu, 15 février 2019)
Atlantico : ce mardi 12 février, le premier ministre, Edouard Philippe, a déclaré devant l'Assemblée nationale : "Depuis le début de ces événements, 1796 condamnations ont été prononcées par la justice et 1422 personnes sont encore en attente de jugement" (...) "plus de 1300 comparutions immédiates ont été organisées et 316 personnes ont été placées sous mandat de dépôt". Comment comprendre de tels chiffres, faut-il y voir une excessive sévérité, ou traitement "juste" de la situation eu égard aux événements ?
Régis de Castelnau : Ces chiffres sont proprement ahurissants. Il s’agit donc, et c’est assumé comme tel, d’une répression de masse. C’est-à-dire qu’on a mobilisé l’appareil judiciaire depuis trois mois pour faire ce qui ne peut plus s’apparenter à une justice normale, mais à une justice d’exception, à une justice de masse.
Source (et suite) du texte : Répression judiciaire des Gilets jaunes : Edouard Philippe fait du chiffre, par Régis de Castelnau, le 13 fév. 2019
Propagande scolaire. Christophe Castaner "Moi je sens que dans ce mouvement des Gilets jaunes, il n'y a que des perdants. Parce qu'au fond on est dans une société de haine" (Canal+, 20 février 2019).
Propagande scolaire, Christophe Castaner : "ils [les policiers] doivent absolument éviter la tête (..) Par accident il y a eu des tirs au visage" (Canal+, 20 février 2019)
Lire aussi : Quand Christophe Castaner explique le tir de LBD aux enfants, par Audrey Kucinskas, L'Express, le 22 fév. 2019 /
Un policier de la BAC vise délibérément des #GiletsJaunes à la tête. Avant de rejoindre ses collègues quand il remarque qu'il est filmé, 23 fév. 2019 (vidéo).
Macron a-t-il pété un plomb ? (Tatiana Ventose, 23 fév. 2019)
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"Les mots d'un boxeur gitan" : petite histoire du mépris de classe par la langue
Par Chloé Leprince. le 14 février 2019 - France Culture
Christophe Dettinger a été condamné ce 13 février à un an ferme, aménageable en semi-liberté, pour avoir frappé des CRS lors d'une mobilisation des "gilets jaunes". Médiatisé comme "le boxeur gitan", sa façon de parler avait été jugée suspecte... parce qu'elle tranchait avec pas mal de clichés.
Fresque murale à Paris en l'honneur de Christophe Dettinger, par un collectif d'artistes, janvier 2019
"Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre... il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan." C’est Le Point qui rapportait le 1er février ces propos d’Emmanuel Macron évoquant Christophe Dettinger, le champion de France des lourds-légers en 2007-2008, condamné ce 13 février à un an ferme, aménageable en semi-liberté, pour avoir frappé des membres des forces de l’ordre le 5 janvier 2019 à l’occasion d’une journée de mobilisation des “gilets jaunes”.
“Boxeur gitan” dans la bouche d’un Président de la République comme d’autres sifflent “travail d’Arabe” ou “banquier juif” ? Christophe Dettinger, qui s’est présenté à la police 36 heures après les faits, n’était plus un homme d’1 mètre 91 rapidement reconnu sur les vidéos de “l’Acte 8” pour sa notoriété dans le monde de la boxe, père de famille au casier judiciaire vierge, résidant en Région parisienne. “Le Gitan de Massy” n’étant pas seulement son pseudo pour les rings, il devenait en quelques heures à peine "le boxeur gitan". Et les médias de relayer rapidement le pédigrée d’un “enfant de l’Essonne” qui avait poussé dans un monde gitan amarré à trente kilomètres de Paris, auprès d’un père “chauffeur pour une société de traitement des déchets”, dans une maison où l’on se lavait “à la bassine” même si on avait quand même l’électricité. Ultime précision noctambule : le portrait-robot nous apprenait au passage qu’il y a vingt ans de ça, c’est “en boîte de nuit” qu’il avait rencontré sa femme, avec qui il aura trois enfants.
Encore présumé innocent aux yeux du droit, Christophe Dettinger était ainsi déjà passablement ethnicisé au moment où il postait en ligne cette vidéo, juste avant de se rendre au commissariat :
Faisant le plein dans des milieux plus aisés que jamais depuis une quinzaine d’années, la boxe n’est plus le sport traditionnellement populaire qu’elle a toujours été. Et la boxe "gitane" ? En surlignant l’ascendance de Christophe Dettinger et ses origines sociales, les médias ont réactivé au pas de course l’imaginaire d’un monde populaire violent, éruptif… et, mine de rien, pas très Français.
Gitan éduqué, gitan ventriloque ?
Les propos d’Emmanuel Macron sur le niveau de français de Christophe Dettinger sont venus ourler cette représentation de l’idée que ce monde populaire, boxeur et gitan, se distinguerait naturellement par une syntaxe étriquée, une moindre aisance à parler, et un vocabulaire un peu voyou. En sous-texte, l’idée que puisqu’il s’exprimerait mieux que prévu, Christophe Dettinger parlerait forcément en ventriloque - sûrement a-t-il été “briefé par un avocat d’extrême gauche”, parie Emmanuel Macron.















