TTP et TAFTA : les dirigeants européens n’osent plus dire «non» à Washington
16 déc. 2015 - RT France
L’économiste Jean-Michel Quatrepoint, livre à RT France sa vision sur les accords de libre-échange trans-pacifique et transatlantique.
Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de l’Agefi, de la Tribune et du Nouvel Economiste. Il a été pendant quinze ans le patron de La Lettre A. Son livre La Crise globale (Mille et une nuits, 2008) a reçu le Prix de l’Excellence Économique 2009. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Le Choc des empires (Gallimard, 2014), Mourir pour le Yuan ? (François Bourin éditeur, 2011) La dernière bulle (Mille et une nuits, 2009).
Commande sur Amazon : Le choc des empires: États-Unis, Chine, Allemagne : qui dominera l'économie-monde ?
Jean-Michel Quatrepoint : Oui. Ce n’est pas seulement une arme commerciale, c’est une arme globale contre la Chine, car il s’agit de rassembler les pays du Pacifique et de les intégrer dans un vaste ensemble qui ne comprend pas seulement des accords de libre-échange et de libre-circulation, mais qui va beaucoup plus loin puisque ça concerne aussi les normes, le droit, le droit de propriété, la propriété des données, le contrôle des données. L’idée des Américains, c’est d’avoir une sorte d’alliance non pas pour le progrès, mais contre la Chine. Et pour amener, éventuellement, la Chine à se rallier un jour au TPP. Mais à partir de ce moment-là, cela voudra dire que la Chine se coule dans le moule anglo-saxon, dans le moule américain et accepte d’ouvrir son pays aux normes et au droit anglo-saxon. Par ailleurs, la Chine, elle, a développé sa propre zone de libre-échange, mais là il s’agit d’une zone de libre-échange d’abaissement des droits de douane sans volonté d’imposer des normes et le droit chinois. Les approches sont donc profondément différentes. Les Américains font bien comprendre que ces deux accords, trans-pacifique et transatlantiques (TAFTA), sont des accords de domination culturelle, technologique, judiciaire, juridique. Ce n’est pas que du commerce. C’est une façon de voir le monde.

