jeudi 6 décembre 2012

Christian Bobin


Très attaché au Creusot (Saône-et-Loire), où il est né en 1951 et vit toujours, dans une maison des environs, au coeur de la forêt, cet écrivain discret a étudié la philosophie et collaboré à la revue Milieux. Il a également été bibliothécaire et infirmier psychiatrique. Son premier texte, Lettre pourpre, paraît en 1977. C'est le début d'une oeuvre prolifique, qui compte aujourd'hui plus d'une cinquantaine de titres dont Une petite robe de fête (1991) et Le Très-Bas, consacré à saint François d'Assise, prix des Deux Magots en 1993 et Grand Prix catholique de littérature.
Source : l'express
Autre biographie . wikipedia


Bibliographie :
- Lettre pourpre (Éditions Brandes, 1977)
- Le feu des chambres (Éditions Brandes, 1978)
- Le baiser de marbre noir (Éditions Brandes, 1984)
- Souveraineté du vide (Éditions Fata Morgana, 1985)
- L’homme du désastre (Éditions Fata Morgana, 1986)
- Dame, roi, valet (Éditions Brandes, 1987)
- Lettres d’or (Éditions Fata Morgana, 1987)
- Le huitième jour de la semaine (Éditions Lettres Vives, 1988)
- Préface de Air de solitude de Gustave Roud Éditions Fata Morgana 1988
- L’enchantement simple (Éditions Lettres Vives, 1989)
- La part manquante (Éditions Gallimard, 1989)
- Éloge du rien (Éditions Fata Morgana, 1990)
- Le colporteur (Éditions Fata Morgana, 1990)
- La vie passante (Éditions Fata Morgana,1990)
- La femme à venir (Éditions Gallimard, 1990)
- L’autre visage (Éditions Lettres Vives, 1991)
- La merveille et l’obscur (Éditions Paroles d’Aube, 1991)
- Une petite robe de fête (Éditions Gallimard, 1991)
- Le Très-Bas (Éditions Gallimard, 1992)
- Un livre inutile (Éditions Fata Morgana, 1992)
- Isabelle Bruges (Éditions Le temps qu'il fait, 1992)
- Cœur de neige (Éditions Théodore Balmoral, 1993)
- L'Éloignement du monde (Éditions Lettres Vives, 1993)
- L'Inespérée (Éditions Gallimard, 1994)
 - L'Épuisement (Éditions Le temps qu'il fait, 1994)
- Quelques jours avec elles (Éditions Le temps qu'il fait, 1994)
- L'Homme qui marche (Éditions Le temps qu'il fait, 1995)
- La Folle Allure (Éditions Gallimard, 1995)
- Bon à rien, comme sa mère (Éditions Lettres Vives, 1995)
- La Plus que vive (Éditions Gallimard, 1996)
- Clémence Grenouille (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
- Une conférence d’Hélène Cassicadou (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
- Gaël Premier, roi d’Abime et de Mornelongue (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
- Le jour où Franklin mangea le soleil (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
- Donne-moi quelque chose qui ne meure pas (Éditions Gallimard, 1996)
- Autoportrait au radiateur (Éditions Gallimard, 1997)
- Geai (Éditions Gallimard, 1998)
- L'Équilibriste (Éditions Le temps qu'il fait, 1998)
- La Présence pure (Éditions Le temps qu'il fait, 1999)
- Autoportrait au radiateur (Éditions Gallimard, 2000)
- Tout le monde est occupé (Éditions Mercure de France, 1999)
- Ressusciter (Éditions Gallimard, 2001)
- La Lumière du monde (Éditions Gallimard, 2001)
- L’Enchantement simple et autres textes (Éditions Gallimard, 2001)
- Paroles pour un adieu (Éditions Albin Michel, 2001)
- Le Christ aux coquelicots (Éditions Lettres Vives, 2002)
- Mozart et la pluie suivi de Un désordre de pétales rouges (Éditions Lettres Vives, 2002)
- Louise Amour (Éditions Gallimard, 2004)
- Prisonnier au berceau (Éditions Mercure de France, 2005)
- Une bibliothèque de nuages (Éditions Lettres Vives, 2006)
- La Dame blanche (Éditions Gallimard, 2007)
- Les ruines du ciel (Éditions Gallimard, 2009)
- Donne-moi quelque chose qui ne meure pas (Éditions Gallimard, 2010)
- Un assassin blanc comme neige (Éditions Gallimard, 2011)
- Éclat du Solitaire (Éditions Fata Morgana, 2011)
- L'homme-joie (Éditions L'Iconoclaste, 2012)
Interviews :
L'amour de l'instant



Pierre Soulage

Nos pensées montent au ciel comme des fumées. Elles l'obscurcissent. Je n'ai rien fait aujourd'hui et je n'ai rien pensé. Le ciel est venu manger dans ma main. Maintenant c'est le soir mais je ne veux pas laisser filer ce jour sans vous en donner le plus beau. Vous voyez le monde. Vous le voyez comme moi. Ce n'est qu'un champ de bataille. Des cavaliers noirs partout. Un bruit d'épées au fond des âmes. Eh bien, ça n'a aucune importance. Je suis passé devant un étang. Il était couvert de lentilles d'eau - ça oui, c'était important. Nous massacrons toute la douceur de la vie et elle revient encore plus abondante. La guerre n'a rien d'énigmatique - mais l'oiseau que j'ai vu s'enfuir dans le sous-bois, volant entre les troncs serrés, m'a ébloui. J'essaie de vous dire une chose si petite que je crains de la blesser en la disant. Il y a des papillons dont on ne peut effleurer les ailes sans qu'elles cassent comme du verre. L'oiseau allait entre les arbres comme un serviteur glissant entre les colonnes d'un palais. Il ne faisait aucun bruit. Il était aussi simplement vêtu d'or qu'un poème. Voici, je me rapproche de ce que je voulais vous dire, de ce presque rien que j'ai vu aujourd'hui et qui a ouvert toutes les portes de la mort : il y a une vie qui ne s'arrête jamais. Elle est impossible à saisir. Elle fuit devant nous comme l'oiseau entre les piliers qui sont dans notre coeur. Nous ne sommes que rarement à la hauteur de cette vie. Elle ne s'en soucie pas. Elle ne cesse pas une seconde de combler de ses bienfaits les assassins que nous sommes.
Extrait de : L'homme-joie, Ed. L'Iconoclaste, 2012.
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Source (et suite) du texte : l'express


Qu'est-ce que c'est, un adulte. C'est quelqu'un qui est absent de sa parole comme de sa vie - et qui le cache. C'est quelqu'un qui ment. Il ment non sur telle ou telle chose, mais sur ce qu'il est. Un enfant devient adulte quand il est capable d'un tel mensonge profond, essentiel. J'usais donc, avec plus ou moins d'habileté, de cet art du semblant. J'en usais sur un temps très court. Il me semblait importun de dire en vingt lignes ce qui pouvait l'être en dix. Un mot souvent suffit. Et même aucun. Pour toutes ces raisons, j'ai d'abord eu envie de vous répondre :  "Ce qui donne un sens à ma vie ? Rien, et surtout pas l'écriture". Car je suppose que vous m'interrogez en raison des quelques livres que j'ai écrits. On demande toujours beaucoup trop aux écrivains. Comme s'ils détenaient un savoir abondant, disponible jour et nuit. Comme si l'on écrivait à partir d'un savoir. C'est l'inverse qui est vrai : on ne peut bien écrire que de ce qu'on ignore. On ne peut  bien écrire qu'en allant vers l'inconnu - et non pour le connaitre, mais pour l'aimer. Philosophe et mystique ont beaucoup brodés sur ce thème. Beaucoup tissés de lourd manteaux. Les philosophes m'ennuient. Leur langue est amère. Leur désir est bien trop impatient pour être jamais comblé. Les mystiques m'enchantent quand ils vivent d'amour et d'eau pure, non quand ils pensent. On ne peut pas penser quand on est amoureux. On est trop occupé à brûler sa maison. On ne garde aucune pensée pour soi. On les envoie toutes vers l'aimée, comme des colombes, comme des étioles, comme des rivières. Quand on est amoureux, on est ivre. On est comme cet homme, hier, dans la rue. Il avançait, étourdi de boisson. La voix forte, le geste ample, il s'entretenait avec lui-même. Il a soudain fouillé dans son manteau, en a sorti de l'argent qu'il a jeté, par poignées, sur la route. Puis il s'en est allé, dédaigneux de sa fortune. Délié de soi. Dépris de tout royaume. Oui, on est un peu comme ça, quand on est amoureux. On vide ses poches, on perd son nom. On découvre avec ravissement la certitude de n'être rien. (...)
Extrait de : Eloge du rien, Ed. Fata Morgana, 2008
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La Grande librairie avec Alexandre Jolien et Christian Bobin



KTO, Visages inattendus de personnalités
Christian Bobin




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