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mardi 11 janvier 2011

Ibn Sab'in ou Ibn al-Haqq Ibn Sab'in




Mohammad Ibn Abd-al-Haq Ibn Sab’in, né à Murcie en al-Andalus (actuelle Espagne) en 1216 ou 1217 et mort à La Mecque en 1269 ou 1271, est l'un des éminents philosophes et mystiques soufis de l'Andalousie du XIIe siècle. Il vécut à Ceuta où il fut accusé d'hétérodoxie, il part à Bejaia où le mystique al-Shustari devient son disciple; puis à Tunis, où il est encore suspecté. Il ira finir ses jours à La Mecque.

Ibn Sab'in s'est impliqué dans l’art de la philosophie, se considérant comme l’interlocuteur incontournable entre la mystique et la philosophie. Il est mort à la manière du stoïcien Sénèque, en s'ouvrant les veines. Ibn Sab'in réduit l'existence à l'unité absolue (wahda mutlaqa). Selon lui, Dieu seul existe et le reste n'a qu'une existence chimérique comme l'ombre d'une personne. Il n'y donc qu'une unité dans laquelle est contenue la multiplicité, celle-ci étant la fabrication de l'imagination humaine.

Source du texte : Wikipedia 
Autres biographies : Le guichet du savoir



Bibliographie (en français) :
- M. A. F. Mehren, Correspondance du philosophe soufi Ibn Sab'ïn Abd-oul-Haqq avec l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen dans le Journal Asiatique de 1880. 
Etudes :
- Histoire de la philosophie islamique de H. Corbin, pp. 366-368.
- Ibn Sab’în et la critique psychologique dans la philosophie musulmane de Louis Massignon publié dans le Mémorial Henri Basset. 
- « L’exposé critique de la pensée musulmane à travers Ibn Sab’în » de Mohamed Serghini , 1985
- « Le problème de l’âme chez Ibn Sab’în : étude analytique du Budd Alcarif » de Ali Dahrouge, 1983



Selon Michel Chodkiewicz, son enseignement se retrouve dans l'Epitre sur l'Unicité Absolue de Balyani.

lundi 10 janvier 2011

Balyani ou Awhad Al-Din Balyani



Awbad al-din Balyani (région de Shiraz, mort en 1288) est l'auteur de l'Epitre sur l'Unicité Absolue, faussement attribué à Ibn Arabi. 
Selon l'auteur de la traduction française, Michel Chodkiewicz, il se rattacherait à la lignée initiatique et à l'enseignement de Ibn Sab'in à travers la personne de Shushtari qu'il aurait pu rencontrer en Egypte. 


Bibliographie :
- Epitre sur l'Unicité Absolue, présentation et traduction par Michel Chodkiewicz. Ed. Les deux océans, 1982.
Extrait en ligne : Google books


Soyez les "contenants" de Dieu ! Si vous n'êtes pas les contenants de Dieu, ne soyez pas les contenants de vous-même : car si vous n'êtes pas les contenants de vous-même, vous êtes les contenants de Dieu ! Je dirai même plus . Soyez Dieu ! Et si vous n'êtes pas Dieu, ne soyez pas vous-même, car si vous n'êtes pas vous-même, vous êtes Dieu. 
Propos rapporté par Jami (cité dans la présentation de Michel Chodkiewicz)

6

La plupart de ceux qui se prétendent des Connaisseurs subordonnent la connaissance d'Allah à l'extinction (fana) de l'être et à l'extinction de l'extinction (fana al-fana). C'est là  une erreur et un manque de discernement manifeste; la connaissance d'Allah n'exige, ni extinction de l'être, ni extinction de cette extinction car les choses n'ont pas d'être et ce qui n'a pas d'être ne peut donc s'éteindre puisque l'extinction suppose l'affirmation préalable que ce qui s'éteint était. Si tu te connais comme n'étant pas et (par conséquent comme) ne cessant pas d'être, alors tu connais Allah; et sinon tu ne le connais pas !

15 

(...)
Voilà pourquoi il est licite à celui qui parvient à la Vérité essentielle de dire . "Je suis la Vérité" (Ana al-Haqq - Hallaj) ou "Gloire à moi !". Nul n'est véritablement parvenu jusqu'à Lui aussi longtemps qu'il ne voit ses attributs comme les attributs d'Allah et son essence comme l'essence d'Allah; cela sans qu'il y ait infusion en Allah ou effusion, à partir de Lui, de Son essence et de Ses attributs, et sans qu'il y ait non plus extinction par rapport à Allah ou permanence en Lui. Il se voit comme ayant toujours été dépourvu d'être propre, et non pas comme l'ayant eu, puis perdu. Il n'y a pas de soi que le Soi, il n'y a pas d'être que Son être. Le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix ! - a fait allusion à cela lorsqu'il a dit : "N'insulte pas le Temps, car Allah est le Temps", affirmant ainsi que la transcendance d'Allah - qu'il soit exalté et béni - exclut tout associé égal ou pareil.

17

(...)
Il est à Lui-même le Nom et le Nommé. De même qu'il est nécessaire qu'Il soit, il est nécessaire que ce qui est "autre que Lui" ne soit pas. En effet, ce que tu crois être "autre que Lui" n'est pas "autre que Lui". L' "autre que Lui" est Lui. 

(...)

20

Le fruit de la connaissance de soi, c'est de savoir de connaissance certaine que tu n'es ni existant, ni inexistant, que tu n'es pas, que tu n'as jamais été et que tu ne seras jamais. De cette manière t’apparaîtra la signification de La ilaha illa llah : il n'y a pas de dieu autre que Lui, l'Etre n'appartient à nul autre que Lui, il n'y a pas d'autre à côté de Lui, il n'y a de dieu que Lui ! 

22

Lorsque tu te connais de cette manière, sans attribuer donc à Allah - qu'Il soit exalté - de contraire, de pareil, d'égal ou d'associé, alors oui, tu te connais véritablement. Voilà pourquoi le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix - a dit : 
"Celui qui se connait soi-même connait son Seigneur" et non pas : "Celui qui éteint son soi connait son Seigneur", car il savait et voyait qu'il n'y a rien en dehors de Lui. Puis il indiqua que la connaissance de soi est la connaissance d'Allah - qu'Il soit exalté ! Autrement dit : "Connais-toi toi-même" ou Connais ton être", c'est-à-dire : sache que tu n'es pas ton être ni non plus autre chose que ton être. Tu n'es pas existant, tu n'es pas non-existant, tu n'es pas non plus autre qu'existant ou non existant. Ton être et ton absence d'être sont Son Etre, sans qu'on puisse pourtant parler d'être ou d'absence d'être car l'un et l'autre sont identique à son Etre et réciproquement. 

37

(...) 
Ces paroles s'adressent à qui ne voit rien en dehors d'Allah. Celui qui voit quelque chose en dehors d'Allah, nous n'avons rien à lui répondre, et rien à lui demander. (...) 
A celui qui est parvenu au but, l'allusion suffit. Quant à celui qui n'y est pas parvenu, il n'y parviendra ni par l'enseignement théorique, ni par l'instruction, ni par la répétition, ni par l'effort intellectuel, ni par la science, mais seulement en se mettant au service d'un maître éminent et d'un instructeur sagace, afin d'être guidé par sa lumière et de progresser grâce à son énergie spirituelle : ainsi parviendra-t-il au but, si Dieu le veut. 
Extrait de : Epitre sur l'Unicité Absolue


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