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jeudi 18 novembre 2010

Chögyam Trungpa Rinpoche


Le Vidyadhara Chögyam Trungpa Rinpoché (1939 - 1987) est un Rinpoché considéré par les membres de sa tradition comme la 11e réincarnation de la lignée des tulkous Trungpa, maîtres importants de la lignée Kagyu, l'une des quatre écoles du bouddhisme tibétain, connue pour l'importance particulière qu'elle accorde à la pratique de la méditation. Chögyam Trungpa a été aussi formé dans la tradition Nyingma, la plus ancienne des écoles, et adhérait au mouvement Rimé. Il a fait œuvre de pionnier en apportant les enseignements bouddhistes du Tibet en Occident (Écosse et États-Unis principalement) au début des années 1960. Il est réputé pour avoir été un maître spirituel iconoclaste.
Source et biographie détaillée : Wikipedia
Communauté : Shambhala


Bibliographie :

- Né au Tibet, Préface Marco Pallis, Ed Buchet/Chastel 1968, Ed. Seuil 1991.
- Méditation et Action, Causeries au Centre Tibétain de Samyê-Ling mises en français par Armel Guerne, Fayard, 1973.
- Pratique de la voie tibétaine : au-delà du matérialisme spirituel Paris : Seuil, 1976.
- Le mythe de la liberté et la voie de la méditation collection "Points - Sagesses", Paris : Seuil, 1979.
- L'Aube du Tantra, Albin Michel, 1982
- Shambhala : la voie sacrée du guerrier Paris : Seuil, 1990.
- Le Coeur du sujet Paris : Seuil, 1993.
- Folle sagesse Paris : Seuil, 1993.
- Mandala : un chaos ordonné Paris : Seuil, 1994.
- Bardo : au-delà de la folie Paris : Seuil, 1995.
- Tantra : la voie de l'ultime Paris : Seuil, 1996.
- Jeu d'illusion : vie et enseignement de Naropa Paris : Seuil, 1997.
- L'entraînement de l'esprit : et l'apprentissage de la bienveillance Paris : Seuil, 1998.
- Le livre des morts tibétain : la grande libération par l'audition pendant le bardo Chögyam Trungpa Rinpoché et Padmasambhava, Karma Lingpa, Francesca Fremantle, Courrier du livre, 1998. (ISBN 2702901476)
- Regards sur l'abhidharma d'apres un seminaire sur la philosophie bouddhique Editions yiga tcheu dzinn, 1999.
- La sagesse de Shambala : Soleil du Grand Est Paris : Seuil, 2002.
- Dharma et créativité Paris : Seuil, 2003.
- Enseignements secrets : l'incandescence du réel Ed. du Relié, 2003.
- Le chemin est le but : manuel de base de méditation bouddhique Ed Vega, 2005.
- Enseignements secrets : l'incandescence du réel Paris : Seuil, 2006.
- Zen et Tantra Paris : Seuil, 2010.
Ouvrages sur Chögyam Trungpa :
- Chögyam Trungpa, une révolution bouddhiste par Fabrice Midal, Editions du grand est 2007.
- Ma vie avec Chögyam Trungpa, Le rugissement du dragon par Diana J. Mukpo (épouse de Chögyma Trungpa Rinpoché), La Table Ronde 2008.


Si nous voulons planter complètement la graine des enseignements bouddhistes dans le sol occidental, il nous faut d'abord comprendre les principes fondamentaux du bouddhisme, et en pratiquer les exercices élémentaires de méditation. Beaucoup de personne réagissent au bouddhisme comme à une nouvelle religion de salut, qui pourrait leur permettre de traiter le monde comme un cueille des fleurs dans un beau jardin. Mais si nous souhaitons cueillir des fleurs d'un arbre, nous devons préalablement en cultiver les racines et le tronc, ce qui signifie travailler avec nos peurs, frustrations, déceptions et irritations, les aspects les plus pénibles de la vie. 

Certains se plaignent de ce que le bouddhisme soit une religion extrêmement sombre parce qu'il met l'accent sur les souffrances et le malheur. D'habitude, les religions parlent de beauté, d'harmonie, d'extase, de félicité. Mais, selon le bouddhisme, il nous faut en premier lieu faire l'expérience de la vie telle qu'elle est. Percevoir la vérité de la souffrance, la réalité et l'insatisfaction. Nous ne pouvons ignorer cela au profit de l'examen des seuls aspects glorieux et plaisant de la vie. La quête d'une terre promise, d'une île aux trésors, ne conduit qu'à un surcroit de souffrances. La terre promise reste inaccessible, et l'éveil ne peut être atteint d'une telle façon. Aussi bien toutes les sectes et écoles bouddhistes s'accordent-elles sur le fait que nous devons commencer par regarder en face la réalité de nos situations existentielles. Nous ne pouvons commencer par rêver. Ce ne serait qu'une évasion provisoire, il est impossible de s'évader réellement.
Dans le bouddhisme, nous exprimons notre volonté de réalisme par la pratique de la méditation. La méditation ne consiste pas à essayer d'atteindre l'extase, la félicité spirituelle ou la tranquillité, ni à tenter de s'améliorer. Elle consiste simplement à créer un espace où il est possible de déployer et défaire nos jeux névrotiques, nos auto-illusions, nos peurs et nos espoirs cachés. Nous produisons cet espace par le simple recours à la discipline consistant à ne rien faire. A vrai dire, il est très difficile de ne rien faire. Il nous faut commencer par ne faire à peu près rien, et notre pratique se développera graduellement. (...)
Extrait de : Le mythe de la liberté

jeudi 8 juillet 2010

Fabrice Midal

Fabrice Midal est éditeur (Evolution, Pocket et L'esprit d'ouverture, Belfond).
Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont Risquer la liberté (Seuil), Et si de l'amour, on ne savait rien (Albin Michel), Auschwitz ou l'impossible regard (Seuil), Pourquoi la poésie ? (Pocket), Frappe le ciel, écoute le bruit (Les Arènes).
A vingt ans, il rencontre l’enseignement de Chögyam Trungpa et s’engage dans la pratique de la méditation telle que ce maître l’a présentée pour l’Occident. Il est l'auteur de la biographie de C. Trungpa (Seuil, traduite dans de nombreuses langues).
Il a été, en grande partie, introduit à la méditation par le neurobiologiste Francisco Varéla dont il évoque l'influence et l'importance dans Risquer la liberté (Seuil).
Il a été également formé par François Fédier qui est son maître en philosophie et qui est venu plusieurs fois enseigner dans L'Ecole Occidentale de Méditation. Il témoigne ainsi que la méditation est une aide précieuse pour aider chacun dans son existence — sans avoir pour cela besoin de devenir "religieux" ou "oriental".
Source (et suite) du texte :  Ecole Occidentale de Méditation
Autre biographie : wikipedia / Fabrice Midal


Bibliographie :
- Frappe le ciel, écoute le bruit. Ce que vingt-cinq ans de méditation m'ont appris, Ed. Les Arènes, 2014
- La méditation, Ed. Que sais-je, 2014
- La tendresse du monde, l'art d'être vulnérable, Ed. Flammarion, 2013
- Auschwitz, l'impossible regard, Ed. du Seuil, 2012
- Conférences de Tokyo. Martin Heidegger et la pensée bouddhique, Ed. du Cerf, 2012
- Pratique de la méditation. Un regard plus clair sur votre vie et sur le monde (livre accompagné d'un CD), Ed. Le Livre de poche, 2012
- Pourquoi la poésie, L'héritage d'Orphée, Ed. Pocket, Agora, 2010
- Mandalas, retrouver l'unité du monde, Ed. du Seuil, 2010
- Rainer Marie Rilke, L’amour inexaucé, Éd. du Seuil, 2009
- L'amour à découvert, retrouvez une manière authentique d'aimer (2009), rééd. Livre de poche, 2012
- La voie du chevalier, Dépassement de soi, spiritualité et action (2009), rééd. Albin Michel, 2012
- A l'écoute du ciel : Ce qui rapproche les religions... et ce qui les sépare, Ed. Pygmalion, 2009
- Risquer la liberté. Vivre dans un monde sans repère. Ed. du Seuil, 2009.
- Pourquoi n'y a-t-il pas de chemin spirituel possible sans un maître ? Ed. du Grand Est, 2009.
- Comment être bouddhiste ? (2008), rééd. Pocket, 2014
- Hommage à l'amitié, Ed. Le pré aux clercs, 2008
- Jackson Pollock ou l’invention de l’Amérique, Ed. du Grand Est, 2008
- Introduction au tantra bouddhique, L’incandescence de l’Amour, Ed. Fayard, 2008
- Chögyam Trungpa, une révolution bouddhiste, Éd. du Grand-Est, 2007
- Le bouddhisme à travers 100 chefs-d’œuvres, Éd. des Presses de la Renaissance, 2007
- Comprendre l'art moderne, Éd. Pocket, Agora, 2007, 2010
- Au service du sacré, Sauter à l'angle moderne, Paul Celan, Martin Heidegger, Barnett Newman, Éd. du Grand Est, 2007
- La photographie, Éd. du Grand Est, 2007
- Petit traité de la modernité dans l'art, Ed. Pocket, 2007
- Quel bouddhisme pour l’Occident ? Éd. du Seuil, 2006
- Bouddha, Jésus, quelle rencontre possible ? avec Denis Gira, Éd. Bayard Centurion, 2006
- Chögyam Trungpa, L'homme qui a introduit le bouddhisme en Occident (2002), rééd. Seuil, 2013
- Mythes et dieux tibétains, Éd. du Seuil, 2000
- La pratique de l’éveil, de Tilopa à Trungpa, Éd. du Seuil, 1997
CDs :
- Méditations sur l'amour bienveillant, Coffret de 3 CD, Éd. Audiolib, 2013
- Méditation, 12 méditations guidées pour s'ouvrir à soi et aux autres, Coffret de 2 CD, Éd. Audiolib, 2011
- Pratique de la méditation. Un regard plus clair sur votre vie et sur le monde (livre accompagné d'un CD), Ed. Le Livre de poche, 2012
En ligne :
Sites officiels : Fabrice Midal / Ecole Occidentale de Méditation
Groupe de méditation à Genève / à Paris / Chaine YouTube / Revue de presse


La méditation, aussi répandue soit-elle, suscite chez beaucoup méfiance et moquerie. Or, vous vous élevez contre une vision spiritualiste et zen de la méditation. Pourquoi ? 

Tout mon engagement consiste à dénoncer ces stéréotypes, cette méditation bête et lyophilisée qui effacerait notre stress en un coup de baguette magique. En réalité, la méditation consiste à faire attention de manière délibérée dans le moment présent, à s’ouvrir à ce qui est, tel que c’est, sans chercher à le transformer, à l’analyser, mais en cherchant à en faire l’expérience la plus directe et la plus entière – et ce pour agir de façon plus juste dans chaque situation. Cela n’a rien à voir avec une forme de relaxation, puisqu’il ne s’agit pas de se détendre, mais de développer une forme de clarté et d’intelligence de la situation.

D'où vient la méditation ? 

Même si elle est aujourd’hui laïcisée, par exemple sous les noms de “pleine présence” ou “pleine conscience”, elle vient de la tradition bouddhique. Or dans cette tradition, la méditation est toujours comprise comme l’union de deux choses : le fait de se poser, afin d’apprendre à être plus disponible au monde, et la vue claire, le discernement. Méditer, c’est se poser pour voir clairement. Le problème qu’il y a à présenter la méditation comme un outil de gestion du stress, est qu’elle participe de la barbarie de notre temps.
En effet, vouloir être toujours plus efficace, plus performant nous conduit à tout instrumentaliser. Et cela devient monstrueux : on réduit l’être humain à une ressource, à un pur moyen. Il me semble que si la méditation doit jouer un rôle majeur aujourd’hui, c’est parce qu’elle nous invite à une révolution, à faire confiance dans l’expérience que nous avons des choses. Faire de la méditation un outil de contrôle encore plus efficace de tout ce qui est, est un produit du nihilisme. La méditation dont je parle, à l’inverse, vise à nous délivrer du nihilisme.

Comment expliquer son succès croissant ?

Le succès de la méditation vient d’abord de la manière dont la science a mesuré concrètement son impact. Les Occidentaux assez rétifs à toutes ces questions, inquiets de son côté un peu brumeux, exotique, ont été surpris par ses effets réels sur l’esprit humain. La méditation aide les gens en grande douleur, elle a un effet sur la rechute de dépression.
Plus fondamentalement, la méditation répond à un désir profond de l’Occident. Les grands penseurs, depuis la fin du XIXe siècle, se sont rendu compte que l’un des problèmes majeurs de l’homme occidental, c’était le fait d’être coupé de son corps et de son expérience, que tout soit médiatisé et rendu abstrait, mécanique. C’est ce que disent chacun à leur manière Bergson, Husserl, ou encore Walter Benjamin dans son très beau texte Pauvreté et Expérience. Je crois que la méditation nous aide à interroger l’expérience telle qu’elle est, avant de la figer dans des catégories. Méditer, c’est habiter la possibilité d’un questionnement infini sur l’énigme qu’est pour tout être humain le fait de vivre.

En quoi la méditation peut-elle former, selon vous, une réponse à la crise de notre époque ?

Si on prend le nihilisme au sens de Nietzsche, du manque de dignité que les Occidentaux ont pour eux-mêmes, il nous manque quelque chose qui redonne confiance dans l’ampleur de la vie et dans un dessin collectif. La méditation peut redonner cela parce qu’elle nous renvoie à ce qui, en nous, est vivant. Elle est ainsi profondément démocratique en aidant chacun à revenir au cœur de sa propre existence, en n’étant pas seulement un consommateur-producteur prisonnier des diktats publicitaires et idéologiques. La grande question qu’il faut sans cesse reposer : quelle est l’idéologie qui, en moi, pense à ma place ! Méditer en ce sens, c’est regagner une liberté aujourd’hui menacée.

Pourquoi dans vos deux livres, insistez-vous sur la manière dont la méditation vous semble particulièrement éclairante pour apprécier une œuvre d’art ?

Ecouter un morceau de musique, voir un tableau, nous plonge dans un état de présence qu’on ne pourra jamais comprendre comme un problème technique mais qui a pourtant un sens très profond. Comment apprendre à s’accorder à ce que nous montre l’œuvre d’art ? Le piège est de croire qu’il faut en passer par l’explication — et au lieu de regarder une exposition on écoute des commentaires sur les œuvres. C’est en raison de cette cécité que l’on fait de l’art une sorte de produit culturel accessoire. Or l’art nous parle du plus essentiel : comment vivre ici et maintenant ? Et la méditation nous apprend à vivre en poète dans l’instant présent, dans le souci de ce qui est.
Source (et suite) de l'interview. Fabrice Midal : "La méditation vise à nous délivrer du nihilisme" (06.02.2014) : Les Inrocks




Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
La méditation et la vie avec Fabrice Midal (09.02.2014)



Qu'est-ce que la méditation (suite de la playlist : Youtube)



La philosophie occidentale et la méditation (2013)



Méditation et poésie (2013)



La tendresse du monde, l'art d'être vulnérable (2013)

Autres vidéos : Noms de dieux, RTBF (2013) / ChaineYouTube (Ecole Occidentale de Méditation) / PhilosophieTV
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