jeudi 8 décembre 2011

Anne Catherine Emmerich ou Anna Katharina Emmerick


Anna Katharina Emmerick (Coesfled 1774- Westphalie 1824) est née dans une famille de modestes paysans. Enfant, elle était déjà très attachée à l'Église et se représentait les histoires de la Bible comme si elle les vivait. Elle ne fréquente l'école que quatre mois. À l'âge de 13 ans, elle devient domestique puis suit une formation de couturière et travaille aux environs de Coesfeld, avant d'entrer en 1802 et de son propre vœu dans le cloître des augustines de Dülmen.
Pendant le temps qu'elle passe au couvent, elle est fréquemment malade. Quand le cloître est sécularisé, en décembre 1811, elle devient gouvernante de l'abbé Lambert, un prêtre qui a fui la France. Bientôt elle devient si malade qu'elle ne peut plus sortir de chez elle. Elle déclare avoir reçu les stigmates et, au cours des douze années qui suivirent, avoir enduré chaque vendredi la passion de Jésus. Selon ses dires, des visions lui représentaient des évènements de l'histoire de la création et du salut. Cela attira l'attention des autorités profanes et religieuses et on procéda à une enquête. Beaucoup de gens, y compris des personnalités, vinrent à son chevet pour demander réconfort et consolation.
À cette époque, elle aurait accompli un miracle. Une religieuse malade d'une grave tuberculose des poumons et du larynx demanda à Anna Katharina d'intercéder auprès de Dieu et se retrouva guérie d'une manière inexplicable. Elle aurait aussi eu des visions du tombeau d'Adam et Ève.
Entre 1816 et 1824, le poète Clemens Brentano, à son chevet, prend en note ses visions. Ses retranscriptions remplissent 40 cahiers in-folio. Il est difficile de faire la part de ce qui a été effectivement dit par la mystique allemande et de ce qui peut constituer une réélaboration du poète. Brentano décrit en détail des scènes et des récits (avant tout) du Nouveau Testament et de la vie de Marie. (...)

Une surveillance étroite pendant dix jours (10-19 juin) confirma l'écoulement du sang des stigmates et le jeûne perpétuel. Depuis l'apparition des stigmates, en effet, l'appétit avait disparu, sans que cela soit en rapport avec une maladie quelconque ; bientôt A.C. Emmerich ne consomma plus que de l'eau. Par la suite, une enquête gouvernementale (5-29 août 1819) ne put apporter les preuves d'aucune supercherie. Le Dr W. Wesener se chargea des soins médicaux. Son Journal, rédigé consciencieusement de mars 1813 à novembre 1819, ainsi que l'Histoire abrégée qu'il écrivit l'année de la mort d'Anne-Catherine pour une revue médicale, constituent « une source rare pour l'étude psychologico-religieuse et médicale de la stigmatisation et des phénomènes analogues ».
Source du texte : wikipedia


Bibliographie :
En ligne sur : livres-mystiques
- Vie de N.S. Jésus Christ, La Douloureuse Passion, Vie de la Sainte Vierge, écrite par Clément Brentano d'après les visions de Anne Catherine Emmerich / téléchargement (word)
- Les Mystères de l'Ancienne Alliance, texte intégrale recueilli par Clément Brentano
Père Schmoeger, Vie de Catherine Emmrich (3  tomes)
Père Thomas Wegener, Vie merveilleuse, intérieure et extérieure de la servante de Dieu Soeur Anne Catherine Emmerich
(...)
Vidéo (INA) : La passion de Anne Catherine Emmerich


Vision du 8 avril 1823.
La Transfiguration sur le Mont Thabor.
Ce matin, de bonne heure, Jésus, avec quelques disciples, partit de l'hôtellerie d'Adadremmon et fit environ trois lieues à l'est pour aller à Kisloth-Thabor, qui est située au pied du Thabor, du côté du midi.

Les disciples qu'il avait envoyés prêcher la veille vinrent les uns après les autres le rejoindre sur le chemin. A Kisloth, une troupe nombreuse de voyageurs venant de Jérusalem se rassembla autour de Jésus. Il les enseigna et guérit quelques malades. Dans l'après-midi, vers deux ou trois heures, il envoya les disciples à droite et à gauche dans les endroits situés autour du Thabor, pour y enseigner et y guérir. Lui-même retint près de lui Pierre, Jean et Jacques, et gravit la montagne avec eux.

Il monta par un sentier qui faisait plusieurs détours sur le flanc du Thabor. Ils auraient pu arriver plus vite : mais ils firent environ deux heures de marche, parce que Jésus s'arrêta souvent avec eux à des endroits et à des grottes où des prophètes avaient séjourné, leur donna divers éclaircissements et pria avec eux. Ils n'avaient pas emporté de quoi manger : Jésus le leur avait défendu, leur disant qu'ils seraient abondamment rassasiés. Sur le sommet de la montagne, d'où l'on a une vue très belle et très étendue, il y avait un emplacement spacieux entouré d'un terrassement couvert de gazon et d'arbres touffus. Le sol était couvert de fleurs et d'herbes odoriférantes. Il y avait un réservoir caché dans le rocher, et en tirant une cheville on en faisait jaillir une eau très limpide et très fraîche. Les apôtres lavèrent les pieds de Jésus et les leurs, et se rafraîchirent. Jésus se rendit avec eux dans un enfoncement situé devant un rocher, et où s'ouvrait l'entrée d'une grotte semblable à un portail : elle ressemblait à la grotte de l'agonie, au jardin des Oliviers : il y avait un caveau où l'on pouvait descendre.

Jésus continua à leur donner des enseignements; il leur parla, entre autres choses, de la prière qui se fait à genoux, et leur dit qu'ils devaient maintenant prier avec ferveur, les mains élevées. Il leur enseigna aussi l'oraison Dominicale, en y entremêlant quelques passages des Psaumes. Ils firent cette prière agenouillés et rangés en demi cercle. Jésus s'agenouilla vis-à-vis d'eux, appuyé contre un rocher qui sortait de terre, et il leur fit à diverses reprises une instruction admirable, pleine de profondeur et de suavité, laquelle traitait de la création et de la Rédemption. Je l'ai entendue, mais je suis si malade et si oppressée, que je n'en puis rien reproduire. Jésus parla avec une tendresse et une chaleur extraordinaires, et les disciples étaient comme enivrés de ses paroles.

Il avait dit en commençant qu'il voulait leur montrer qui il était, qu'ils allaient le voir glorifié, afin que leur foi ne fût pas ébranlée lorsqu'ils le verraient outragé, maltraité, défiguré et livré à la mort. Le soleil était couché et le jour baissait, mais ils ne s'en aperçurent pas, tant ils étaient captivés par ce qu'il y avait de surhumain dans son langage et dans toute sa personne. Jésus devint de plus en plus lumineux, et je vis apparaître autour de lui des esprits célestes. Pierre aussi les vit, car il interrompit Jésus et lui dit : " Maître, que veut dire ceci ?" Jésus lui répondit : " Ils viennent me servir !" Mais Pierre, dans son enthousiasme, étendit les mains en avant et s'écria : " Maître, nous voici ! nous voulons vous servir en toutes choses ". Je ne me souviens plus de la réponse de Jésus. Mais il continua à enseigner : or, avec ces apparitions d'anges autour de Jésus, des courants successifs d'odeurs suaves se répandirent dans l'air, et les disciples sentirent en eux comme un rassasiement extraordinaire et un enivrement céleste. Cependant le Seigneur devenait de plus en plus lumineux, et il était pour ainsi dire diaphane. Le cercle dans lequel ils se trouvaient était tellement éclairé au milieu des ténèbres de la nuit, qu'on pouvait distinguer aussi bien qu'au grand jour les moindres brins d'herbe de la prairie. Comme cette lumière allait toujours croissant, les disciples, sous l'empire du ravissement intérieur qu'ils éprouvaient, se voilèrent la tête et se prosternèrent à terre où ils restèrent immobiles.

Il était environ minuit lorsque je vis dans son plus grand éclat cette manifestation de la gloire divine. Je vis descendre du ciel une voie lumineuse le long de laquelle je vis se succéder des anges de l'apparence la plus diverse. Quelques-uns étaient petits et se montraient tout entiers, d'autres ne montraient que leurs visages qui se détachaient dans la lumière; plusieurs apparaissaient revêtus d'habits sacerdotaux, d'autres ressemblaient à des guerriers. Tous avaient un caractère particulier qui les distinguait. Avec eux venaient, sous des formes diverses, la consolation, la force, la joie et la lumière : ils étaient continuellement en action et en mouvement.

Les choses se passaient ainsi vers minuit. Les apôtres étaient prosternés sur leurs faces, plutôt ravis en extase que dormants; alors je vis trois formes lumineuses paraître près de Jésus dans la lumière. Je ne les vis qu'au moment où elles entrèrent dans la sphère lumineuse. Elles parurent venir d'une façon toute naturelle, comme quelqu'un qui passe d'un endroit plongé dans les ténèbres dans un endroit éclairé. Deux d'entre elles paraissaient plus distinctement et ressemblaient davantage à des corps : elles adressaient la parole à Jésus, et s'entretenaient avec lui ; c'étaient Moïse et Elie. La troisième ne parlait pas, elle était plus légère et plus incorporelle; c'était Malachie. En ce moment un accès de toux me réveilla.

J'entendis Moïse et Elie saluer Jésus, et celui-ci s'entretenir avec eux de la Rédemption des hommes par sa Passion. Leur rencontre me parut quelque chose de parfaitement simple et naturel, car déjà je m'étais accoutumée à la lumière dont ils brillaient. Moïse et Elie ne parurent pas sous la forme de vieillards décrépits comme lorsqu'ils avaient quitté la terre, ils étaient dans toute la fleur de la jeunesse. Moïse, plus grand, plus imposant et plus majestueux qu'elle, avait sur le front comme deux excroissances :

Il était revêtu d'une longue robe. On reconnaissait en lui un homme d'une grande énergie et un législateur sévère, mais avec un caractère frappant de pureté, de droiture et de simplicité. Il dit à Jésus combien il se réjouissait de le voir, lui qui l'avait tiré d'Egypte ainsi que son peuple, et qui maintenant encore voulait le racheter. Il rappela plusieurs figures prophétiques de son temps, et dit des choses pleines d'un sens très profond sur l'agneau pascal et sur l'Agneau de Dieu. Elie avait une tout autre apparence; il y avait en lui quelque chose de plus gracieux, de plus aimable et de plus doux. Mais tous deux avaient un aspect très différent de celui que présentait l'apparition de Malachie : on pouvait voir en eux, dans leurs figures et dans tout leur extérieur, quelque chose d'humain et qui rappelait une vie antérieure : on reconnaissait même dans leurs visages des traits de famille. Malachie faisait une tout autre impression : il avait quelque chose de surhumain comme un esprit angélique : c'était comme une pure force, comme une mission sous forme sensible. (La Soeur s'efforce d'exprimer cette pensée en d'autres termes qu'il est impossible de reproduire à cause de leur obscurité, à laquelle ne contribue pas peu le dialecte bas allemand dont elle se sert) il y avait chez lui quelque chose de plus impassible et de plus immatériel que chez les autres.

Or Jésus leur racontait tout ce qu'il avait eu à souffrir jusqu'alors et tout ce qui l'attendait encore. Il leur raconta toute sa passion point par point : Elie et Moise témoignèrent à plusieurs reprises combien ils en étaient touchés et réjouis : ils ne parlaient que pour compatir à ses peines, pour le consoler, pour lui exprimer leur vénération, pour louer et glorifier Dieu.

Ils rappelèrent souvent les figures prophétiques qui se rapportaient à ce que Jésus disait, et ils louaient Dieu d'avoir pris son peuple en pitié de toute éternité. Quant à Malachie, il gardait le silence.
Cependant les disciples se réveillèrent et levèrent la tête; ils contemplèrent longtemps la gloire du Seigneur, et ils virent Moïse et Elie. Je ne sais pas s'ils virent Malachie : toutefois je suis portée a croire que Pierre le vit, à cause de la question qu'il avait adressée antérieurement touchant les anges. Lorsque Jésus, décrivant sa Passion, en vint au moment où il devait être élevé en croix, il étendit les bras comme pour dire : c'est ainsi que le Fils de l'homme sera élevé : sa face était tournée vers le midi. Alors il fut comme pénétré tout entier par la lumière, son vêtement devint d'une blancheur éclatante avec un léger reflet bleuâtre, et je le vis élevé au-dessus de terre ainsi que les prophètes et même que les trois apôtres.

Cependant les prophètes se séparèrent de Jésus et disparurent dans l'obscurité, Elie et Moïse au levant, Malachie au couchant. Et Pierre, tout hors de lui, s'écria dans un transport de joie : " Maître, il fait bon ici, faisons-y trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie !" Il ne lui fallait pas d'autre paradis, plongé comme il l'était dans d'ineffables délices : et par ce nom de tentes, il entendait des lieux de repos dans la gloire, des demeures de bienheureux. Il parla ainsi dans le délire de la joie et dans un état de ravissement extatique, sans savoir ce qu'il disait.

Ce fut quand ils revinrent à l'état de veille ordinaire que je vis une nuée blanche et lumineuse venir sur eux, comme la rosée du matin s'étend sur les prairies. Je vis alors le ciel ouvert au dessus de Jésus et une représentation de la très sainte Trinité, telle que je la vois souvent, où Dieu le Père apparaît sous la forme d'un vieillard semblable à un Pontife suprême, ayant à ses pieds d'innombrables troupes d'anges et de figures célestes rangées par hiérarchies : un torrent de lumière se répandit sur Jésus, et une voix semblable au doux murmure d'un souffle léger se fit entendre au-dessus des apôtres : " C'est mon Fils bien-aimé en lequel je me complais ! Ecoutez-le !" Alors les apôtres furent saisis de crainte : ils se prosternèrent la face contre terre : ils reprirent conscience d'eux-mêmes pour la première fois : le souvenir du glorieux spectacle dont ils avaient été les témoins leur fit sentir profondément leur faiblesse et leur misère, et ils tremblèrent devant Jésus, auquel son Père céleste avait rendu en leur présence cet éclatant témoignage.

Alors Jésus alla à eux, les toucha et leur dit : "Levez-vous et, ne craignez point !" Les apôtres se levèrent et virent Jésus seul. Il était environ trois heures du matin; l'on voyait le ciel blanchir à l'approche de l'aube du jour, et des nuées chargées de rosée planaient sur la contrée au-dessous d'eux. Ils étaient très intimidés et très pensifs. Jésus s'entretint avec eux, leur dit qu'il leur avait fait voir la transfiguration du Fils de l'homme pour fortifier leur foi, afin qu'ils ne fussent pas ébranlés lorsqu'ils le verraient livré pour les péchés du monde entre les mains des méchants, afin qu'ils ne se scandalisassent pas de ses abaissements dont ils devaient aussi être les témoins, et afin qu'ils pussent alors fortifier les faibles. Il rappela aussi la foi de Pierre, à qui Dieu avait fait connaître tout cela antérieurement, et parla du rocher sur lequel il bâtirait son Eglise. Alors ils prièrent encore et descendirent au lever de l'aurore par la pente nord-ouest de la montagne.

En descendant, Jésus leur donna encore divers enseignements touchant ce qu'ils avaient vu, et il leur dit qu'ils ne devaient parler de cette vision à personne jusqu'à ce que le Fils de l'homme fût ressuscité d'entre les morts. Cet ordre les fit beaucoup réfléchir : ils étaient, du reste, fort émus et plus respectueux qu'auparavant : depuis qu'ils avaient entendu la voix qui disait : " Ecoutez-le !" ils éprouvaient des inquiétudes et des remords en pensant à leurs doutes et à leur incrédulité passée. Mais en descendant la montagne, à mesure que la lumière du jour, se répandant sur la terre, les ramenait à leurs impressions accoutumées, ils se firent part les uns aux autres de la surprise où les avait jetés ces paroles : "Jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts !" Cependant ils n'osaient pas encore interroger Jésus à ce sujet.
Source du texte : Livres mystiques

Le sujet commence après 4' d'introduction de "Suprême Master TV" sur le végétarisme.





 




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