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jeudi 27 décembre 2018

Monastères d'Europe, les témoins de l'invisible



ORTHODOXIE  par Alexis Chryssostalis
Monastères d'Europe. Les témoins de l'invisible. (25 nov. 2018)
avec Marie Arnaud, Auteur, réalisatrice, photographe
Jacques Debs, Auteur, réalisateur, photographe




Au bord de l'eau
Des religieux, hommes et femmes, dévoilent les secrets et les trésors de leurs monastères. Ce premier épisode part à la découverte de quatre monastères bâtis aux débuts de la chrétienté européenne : le couvent de bénédictines du lac Chiemsee, en Bavière, le Mont-Saint-Michel, l'abbaye savoyarde de Hautecombe, et les vingt monastères du mont Athos, en Grèce.
Source (et suite) du texte : Arte



Du bout du monde
De l'Irlande à la Russie, des religieux hommes et femmes dévoilent les secrets et les trésors de leurs monastères. Cet épisode part à la découverte de splendides retraites isolées du reste du monde : le monastère de Tatev, en Arménie ; l'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert ; le Mount Melleray Abbey, en Irlande ; et le monastère Iverski, sur le lac Valdaï, en Russie.
Source (et suite) du texte : Arte



Pèlerinage
Des religieux hommes et femmes dévoilent les secrets et les trésors de leurs monastères. Dans ce volet, nous découvrons le monastère de Sainte-Nino, en Géorgie, la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, l'abbaye d'Altenburg, en Autriche, et le sanctuaire de Jasna Góra, en Pologne.
Source (et suite) du texte : Arte



Souvenirs
De l'Irlande à la Russie, des religieux et religieuses dévoilent les secrets et les trésors de leurs monastères : le couvent du mont Sainte-Odile, en Alsace, l’abbaye bénédictine de Göttweig, en Autriche, le monastère franciscain de Niepokalanow, en Pologne, et l'abbaye d'Orval en Belgique.
Source (et suite) du texte : Arte



Insolite
Des religieux, hommes et femmes, dévoilent les secrets et les trésors de leurs monastères. Cet épisode nous ouvre les portes de monastères hors du commun, à la fois intemporels et ancrés dans le présent : l'abbaye bénédictine d’Ettal, en Haute-Bavière ; le monastère de Vardzia, en Géorgie ; et l'abbaye St Mary de Glencairn, en Irlande.
Source (et suite) du texte : Arte


«Les moines ne sont pas dans le monde, mais dans le temps»
Par Eléonore Sulser, le 24 déc. 2018 - Le Temps

La communauté de moniales de Saint-Guilhem-du-Désert en prière.

Avec son épouse Marie Arnaud, Jacques Debs a rencontré, filmé et photographié des monastères à travers toute l’Europe. Un grand pèlerinage qui est devenu un livre et une série documentaire. Retour sur une odyssée spirituelle

De l’Irlande à l’Arménie, de l’Espagne à la Russie, l’Europe vue par satellite. L’image descend, s’approche de la pointe d’une église par les airs. On aperçoit des moines ou des moniales qui font signe à la caméra qui s’approche. Plus tard, après la visite, l’image s’envolera vers un autre monastère. De basilique en cathédrale, de clocher en icônes, de foules en ermitage, de cimetières en labyrinthes, Marie Arnaud et Jacques Debs invitent à traverser l’Europe, à la rencontre de moines et de moniales d’aujourd’hui, à contempler, presque d’un coup d’œil, l’histoire vivante de communautés religieuses qui ont façonné le continent.

«Pour nos soixante ans, nous avions décidé de faire un pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques; une partie du chemin, tant que la vie nous le permettait», raconte Jacques Debs que l’on rencontre à Paris, dans un café, non loin du métro Bonne Nouvelle. «Puis, nous nous sommes dit, continue-t-il, pourquoi ne pas rêver plus grand et faire un grand pèlerinage européen…»
  

mardi 27 février 2018

Padre Pio de Pietrelcina



Massimo My, Padre Pio de Pietrelcina, Le crucifié sans croix (2007)



Témoignage sur le Padre Pio, par François Brunatto (Cercle de l'Aréopage, mai 2016)
Fils de Emmanuel Brunatto, auteur de : Padre Pio, mon père spirituel : Le destin extraordinaire du premier fils spirituel du stigmatisé, Ed. de l'Orme rond, 2012
Site dédié : Emmanuel Brunatto


Padre Pio est le nom d'un capucin et prêtre italien né Francesco Forgione, le 25 mai 1887 à Pietrelcina (province de Bénévent, en Campanie, Italie), mort le 23 septembre 1968 à San Giovanni Rotondo (province de Foggia dans les Pouilles en Italie). Il avait pris le nom de Pie (en italien Pio), en hommage au pape Pie V, quand il rejoignit l'ordre des frères mineurs capucins.
Il fut connu pour être le premier prêtre et l'un des rares hommes à qui la tradition attribue des stigmates, bien que l'origine miraculeuse de ces plaies soit sujette à polémique. Il a été canonisé par l'Église catholique romaine le 16 juin 2002 sous le nom de saint Pie de Pietrelcina. (...)

Le 5 août 1918, tandis qu'il confessait les jeunes scolastiques de son couvent, le Padre Pio manifeste des symptômes ou des signes faisant référence à la transverbération : son cœur est transpercé par un dard spirituel avec saignement réel. Selon la tradition, sa stigmatisation complète a lieu le 20 septembre 1918, des stigmates (plaies du Christ sanguinolentes aux mains, aux pieds et au thorax comme les cinq plaies du Christ), qu'il cherche à cacher avec des mitaines.
Il donne le témoignage suivant des événements :
« Je vis devant moi un personnage mystérieux dont les mains, les pieds, la poitrine, ruisselaient de sang. Je sentis mon cœur blessé par un dard de feu... Ce personnage disparut de ma vue et je m'aperçus que mes mains, mes pieds, ma poitrine étaient percés et ruisselaient de sang ! ».  (...)

Dès cette époque, le Padre Pio est considéré par la ferveur populaire comme un grand saint thaumaturge du XXe siècle, ayant accompli une multitude de miracles de guérison instantanée en présence de nombreux témoins. On lui prête également le don de bilocation (apparition simultanée en deux endroits), en plus de phénomènes particuliers telle l'hyperthermie (température très élevée du corps, au-delà de 48°) ou l'inédie (abstention prolongée de nourriture ou de boisson au-delà de deux mois), ou bien la connaissance de langues qui lui étaient étrangères. La lévitation, bien que relayée par la rumeur, ne reçoit que le seul témoignage du Padre lui-même.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Sites : Padre Pio (site officiel) / Padre Pio (site dédié en fr.)




Padre Pio, images d'époque



Dernière Messe de Padre Pio (San Giovanni Rotondo, 1968)

dimanche 27 novembre 2016

Une lecture étonnée de la Bible



Les Discussions du soir par Leili Anvar
Lire la Bible autrement (le 23 novembre 2016)
avec Marie Balmary, musicienne, psychanalyste
"Bach est un catéchisme merveilleux (...), après cela on est un peu vacciné contre les rapetissements et les embrigadements."
A propos de son dernier livre :
Ouvrir le livre : une lecture étonnée de la Bible, Ed. Albin Michel, 2016

Comme beaucoup de Français qui ont « tout lâché » après avoir été élevés dans la tradition catholique, Sophie Legastelois ne croyait plus au Dieu de ses parents, et n'avait jamais ouvert la Bible. Elle n'avait gardé le souvenir que d'Eve sortie de la côte d'Adam, du péché originel, d'Abraham qui voulait tuer son propre fils au nom de sa foi, du précepte de tendre la joue gauche quand on vous frappe sur la joue droite… toutes choses qu'elle avait en horreur. Et puis un jour, une conversation s'engage avec sa tante, qui lui montre en quelques mots les contre-sens monstrueux induits par des traductions fautives, et par des interprétations machistes, culpabilisatrices, mortifères. Dès lors toutes deux décident de revisiter ensemble ces passages litigieux, et Sophie apprend littéralement de Marie ce que lire veut dire. Lecture transformante qui tue en soi le Dieu-Ogre pour libérer le sujet dans toute sa dignité.
Quatrième de couverture
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Bach, Messe en si mineur BWV 232
  

dimanche 20 décembre 2015

Quand les scientifiques parlent de Dieu



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Quand les scientifiques parlent de Dieu 20.12.2015
Avec Jacques Arnould, frère Dominicain, Docteur en histoire des sciences et en théologie, chargé de mission au CNES sur la dimension éthique, sociale et culturelle des activités spatiales pour Sous le voile du cosmos (Ed. Albin Michel, 2015) : dans cet essai, il nous explique que l'explosion du champ de la cosmologie, les paradoxes de la physique quantique, le caractère totalisant de la théorie de la relativité générale et le succès de la théorie du big-bang ont obligé les scientifiques à affronter les questions jusqu'alors taboues de l'origine et de la cohésion de l'Univers.
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mercredi 24 décembre 2014

Ni ceci ni cela / Joyeux Noël

MAJ de la page : Maître Eckhart


Je viens de prononcer quelques mots en latin qui sont écrits dans l'Évangile et donc voici le sens en allemand : "Notre Seigneur Jésus-Christ monta dans un petit château fort et il y fut reçu par une vierge qui était une femme." 
Eh bien ! apportez toute votre attention à cette parole. Celle par qui Jésus fut reçu ne pouvait qu'être vierge. "Vierge" désigne un être humain qui est vide de toutes images étrangères, aussi vide qu'il l'était quand il n'était pas encore. (...)

Mais une vierge qui est femme est libre, elle n'est liée par aucune propriété et elle est en tout temps également proche de Dieu et d'elle-même. Elle donne beaucoup de fruits, et ces fruits sont grands, ni plus ni moins que Dieu lui-même. Ces fruits et cette naissance, voilà ce que cette vierge qui est femme, produit, ce fruit elle l'enfante et le porte chaque jour cent ou mille fois, un nombre incalculable de fois, enfantant et fécondée du fond le plus noble, ou, pour mieux dire, du fond où le Père engendre son Verbe éternel qui la rend féconde et lui permet d'enfanter avec le Père. (...)

Je l'ai dit souvent aussi : il est dans l'âme une puissance qui n'est touchée ni par le temps ni par la chair, qui émane de l'esprit et reste dans l'esprit et est absolument spirituelle. Dans cette puissance, Dieu se trouve totalement, il y verdoie et fleurit dans toute la joie et toute la gloire qu'Il est en lui-même. Cette joie est tellement du cœur, elle est d'une grandeur si inconcevable, que nul ne saurait l'exprimer avec des mots. (...) 


Mais maintenant je vous dis : ce n'est ni ceci ni cela. Pourtant c'est un quelque chose, qui est plus élevé au dessus de ceci et de cela que ne l'est le ciel au dessus de la terre. C'est pourquoi je le nomme maintenant d'une manière plus noble que je l'ai jamais nommé. Pourtant il dépasse aussi bien la noblesse que la manière, et il est au-dessus de tout cela. Il est libre de tout nom et dénué de toute forme, absolument vide et libre, tout comme Dieu lui-même est vide et libre. Il est si totalement un et simple, tout comme Dieu est un et simple, que l'on n'y peut d'aucune façon rien regarder. (...)

Si élevé au-dessus de tout mode et de toutes puissances, est cet unique Un, que jamais puissance ni mode, ni Dieu lui-même ne peuvent y regarder. (...)

Il faut bien remarquer cela, car cet unique Un n'a ni mode ni propriété. C'est pourquoi, si Dieu veut jamais y jeter un regard, cela lui coûtera nécessairement tous ses noms divins et ses propriétés personnelles. Il lui faudra tout laisser à l'extérieur, s'Il veut jamais regarder à l'intérieur. Mais c'est en tant qu'Il est un Un simple, sans mode, ni propriété, là où Il n'est ni Père, ni Fils, ni Saint-Esprit, et cependant en tant qu'il est un quelque chose qui n'est ni ceci ni cela, (...)

Extrait de : Maître Eckhart, Sermon 2, trad. Alain de Libera (Ed. GF-Flammarion, pp.  233, 235, 236.)
Voir aussi les pages : Nativité (tag)
  

dimanche 16 novembre 2014

La foi dans tous les sens



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
La foi dans tous les sens avec Alexis Jenni 16.11.2014

samedi 19 avril 2014

Stabat Mater



Vivaldi, Stabat Mater (1712), Extrait, avec Nathalie Stutzmann, contralto (2010)
Voir aussi la page : Nisi Dominus



Pergolèse, Stabat Mater (1736), avec Les Talens Lyriques (2009)


Pieta de Delacroix, 1850

Pieta de Van Gogh, 1889




Frank Martin, Maria Triptychon (1968) - Ave Maria, Magnificat et Stabat Mater (à partir de 13'45'') - avec Juliane Banse, soprano




Ave Maria, Magnificat, Stabat Mater

dimanche 13 avril 2014

L'expérience mystique de Jean de la Croix

MAJ de la page : Jean de la Croix



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
L'expérience mystique de Jean de la Croix avec Alain Delaye (13.04.2014), auteur de : Jean de la Croix, Sage, poète et mystique (Ed. Point, 2013)
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mardi 8 avril 2014

Raimundo Pániker Alemany ou Raimon Pannikar

Raimundo Pániker Alemany connu comme Raimon Panikkar est né le 3 novembre 1918 à Barcelone d'une mère catalane et catholique et d'un père hindou et mort le 26 août 2010 à Tavertet, près de Barcelone. Il était docteur en philosophie, en chimie et en théologie et reconnu comme un des plus grands spécialistes mondiaux du bouddhisme.
Ordonné prêtre en 1946, il enseigne en Inde à partir de 1954, puis, en 1966, devient professeur de philosophie orientale à Harvard et à Santa Barbara en Californie. Après sa retraite en 1987, il rejoint l'Espagne pour s'installer définitivement à Tavertet, petit village de montagne situé dans la province de Barcelone où il a créé la Fondation catalane Vivarium, chargée de promouvoir la tolérance le dialogue entre les religions à travers le monde. Il fut un des promoteurs du dialogue interreligieux hindu-chrétien. Il en avait fait sa recherche et son enseignement tant en Inde (où il put rencontrer le père Henri Le Saux avec qui il fit le pèlerinage aux sources du Gange) qu'aux États-Unis.
Auteur de plus 80 ouvrages et 900 articles sur la philosophie des sciences et les religions comparées, notamment "El concepto de la Naturaleza" (Le concept de la Nature), "La trinidad y las religiones del mundo" (La trinité et les religions du monde) et "El dialogo interreligioso" (Le dialogue interreligieux), Raimon Panikkar est titulaire, entre autres, du Prix National de Littérature et du Prix international d'essai Antonio Machado.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Autres biographies : Raimon Pannikar


Bibliographie (en fr) :
- Le Christ et l’hindouisme, une présence cachée, 1972
- Le dialogue intrareligieux, Ed. Albin Michel, 1985.
- Éloge du Simple. Le moine comme archétype universel, Ed. Albin Michel, 1995.
- Entre Dieu et le cosmos; une vision non-dualiste de la réalité, Ed. Albin Michel, 1997.
- L'expérience de Dieu, Ed. Albin Michel, 2002
- La Trinité; Une expérience humaine primordiale, Ed. du Cerf, 2003
- Initiation aux Védas, Ed. Actes sud, 2003
- Le silence du Bouddha; une introduction à l'athéisme religieux, Ed. Actes Sud, 2006.
- La plénitude de l'homme, Ed. Actes Sud, 2007
- L'inévitable dialogue : Dieu, Yahweh, Allah, Bouddha, ... Ed, Le Relié poche, 2008
- Paix et désarmement culturel, Ed. Actes sud, 2008
- Pélerinage au Kailash : Retour à la source, Ed. du Cerf, 2011
- Culture et religions en dialogue,
- Oeuvres I, Mystique et spiritualité, Mystique plénitude de vie 1, Ed. du Cerf, 2012
- Oeuvres VI, Pluralisme et interculturalité, Culture et religion en dialogue 1, Ed. du Cerf, 2012
- Oeuvres VIII, Vision trinitaire et cosmothéandrique : Dieu-Homme-Cosmos, Ed. du Cerf, 2013
- Pluriversum, Pour une démocratie des cultures : avec aperception du temps, Ed. du Cerf, 2014
En cours de publication : Oeuvres complètes (12 tomes) aux Ed. du Cerf 
Site officiel : Raimon Panikkar


La culmination du développement de l'homme est la conscience de la transcendance. Le pouvoir de la réflexion fait de l'Homo sapiens l'être supérieur qu'il croit être. Le lieu de la divinité sera ici celui d'un super-Etre. Son lieu sera méta-ontologique, au delà de l'Être.
L'homme est fier de sa capacité à se rendre compte qu'il ne peut pas tout comprendre. La divinité est ici perçue non seulement comme au-delà du monde physique, mais aussi comme au-delà des confins de tout domaine naturel, y compris le monde humain (intellect, désirs, volonté) ou n'importe quel autre. Elle ne sera même pas appelée natura naturans (Averroès, Spinoza, etc.) ou ungenaturte natur (Eckhart), parce qu'elle n'est pas natura.  La transcendance ou altérité est si absolue qu'elle se transcende elle-même et ne peut être appelée transcendante. La divinité n'est pas, son être est au-delà de l'Etre. Son lieu est méta-ontologique. Elle n'est même pas Non-Etre. L'apophatisme est absolu. La divinité n'est ni n'existe, elle n'est ni pensable ni nommable. Le silence est notre unique attitude, non pas du fait que nous sommes incapables de parler d'elle, mais du fait que sa spécificité consiste à être silence. Ce silence ne cache ni ne révèle. La divinité est silence parce qu'elle ne dit rien, parce qu'il n'y a rien à dire. Un nom possible pour cette divinité est nirvana ou "Ni-Etre-Ni-Non-Etre". Un autre nom est le mia pege theo-têtos (une seule source de la divinité) de la Patristique, adopté au VIe concile de Tolède (638), où l'on se mit d'accord pour appeler Père fons et origo totius divinitatis (source et origine de toute divinité). La divinité est aperçue ici comme une réalité méta-ontologique. Toute pensée à son sujet serait idolâtrie. (...)
(Le triple horizon dans lequel apparaît la divinité. L'horizon ontologique. p. 54)

La Trinité est autant un défi au monisme qu'au dualisme. S'il n'y a qu'un Dieu, la Trinité est superflue ou n'est qu'une simple modalité. S'il y a trois dieux, la Trinité est une aberration. Et si Dieu n'est ni "un" ni "trois", que signifie alors la Trinité ? Précisément cela : que Dieu n'est ni un ni trois, qu'Il ne se laisse enfermer dans aucun nombre. Qui incipit numerare incipit errare (Qui commence à compter commence à se tromper), dit saint Augustin.
(Conception chrétienne du divin. p.95)

Le mal en tant que mal est inintelligible. Le mysterium iniquitatis (mystère du mal) est mystère précisément parce qu'il échappe à notre raison, que nous ne lui trouvons ni d'explication, ni d'intelligibilité interne, qu'il s'avère incompréhensible pour nous. Si nous parvenions à expliquer le mal, si à travers Freud, Jung ou Lacan, nous trouvions les clefs nous permettant de le justifier, alors le mal n'existerait pas. Si nous étions capables de l'expliquer, il ne serait alors plus qu'une bombe  à laquelle on aurait retiré son détonateur : il serait désactivé. Une fois désactivé le mystère, le mal n'existerait plus.
(Le mal. Intelligible. p.164/5)

Comme nous l'avons dit au début, le silence est une condition indispensable pour que notre discours sur Dieu ne dégénère pas en logomachie. Il nous parait ici opportun d'insister à nouveau sur le silence, il est non seulement la condition mais aussi l'atmosphère dans laquelle l'expérience de Dieu peut respirer sans se noyer dans la dialectique. (p.190)(...)
Le lecteur qui aura eu la patience (qu comme toujours est salvifique : Lc 21,19) de lire jusqu'au bout sera peut-être surpris d'une apparente contradiction entre les premières pages où l'on pouvait lire qu'il n'y avait pas d'expérience de Dieu possible et ces dernières pages qui affirment rien de moins que l'universalité de l'expérience du divin. C'est pour cette raison que notre première note, au début, mentionnait l'oxymore comme la manière de penser non dualiste.
Il n'y a pas d'expérience de Dieu comme substance et transcendance, il n'y a pas de connaissance de l'Infini. Mais il y a une connaissance directe de notre contingence, comme nous venons de le dire. Et c'est précisément dans cette contingence que nous touchons (cum tangere) l'infini. L'expression chrétienne de ce contact est "Incarnation". Un autre langage nous dirait que dans l'expérience du samsara on touche le nirvana, ou, d'une manière plus poétique et plus prosaïque : "Dieu est aussi dans la cuisine, entre les marmites" - avec un "entre" qui n'est pas distinct de cet entos qui est le lieu du royaume de Dieu (Lc 17,21). Nous rencontrons Dieu entre les choses : en leur intérieur et entre nous et elles.
Notre contingence est à la fois humaine et divine - en son point tangentiel. Nous ne pouvons faire l'expérience d'un Dieu exclusivement immanent qui se confondrait avec nous en une identité panthéiste. Nous ne pouvons non plus faire l'expérience d'un Dieu exclusivement transcendant, ce qui serait contradictoire en soi. On rencontre Dieu en relation. Et nous avons dit que nous sommes ce point de contact.
(Le silence. p. 199/200)
Extraits de : L'expérience de Dieu
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lundi 7 avril 2014

Johannes Cassianus ou Jean Cassien

Johannes Cassianus, appelé communément Jean Cassien, dit « le Romain » ou « le Roumain », est né entre 360 et 365 en Scythie (actuelle Roumanie) et mort entre 433 et 435 à Marseille. C'est un moine et homme d'Église méditerranéen qui a marqué profondément les débuts de l’Église en Provence au Ve siècle. Il est le fondateur de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille.
Il a laissé une œuvre doctrinale importante, dont les Institutions cénobitiques (écrit vers 420) et les Conférences, ouvrages consacrés à la vie monastique, qui ont profondément influencé le monachisme occidental du Ve siècle à nos jours, notamment en raison de leur reprise dans la règle de saint Benoît, mais aussi parce qu'ils s'appuyaient sur l'expérience que fit Cassien du grand monachisme oriental, celui des déserts de Palestine et d’Égypte. Cassien établit un pont entre le monachisme d’Orient et celui d’Occident. (...)
Jean Cassien s'est fortement inspiré de l'œuvre d'Evagre le Pontique, qu'il a probablement rencontré à Nitrie, notamment en ce qui concerne la prière et la théorie des huit principaux vices. Il est également influencé par Origène, dont il a lu le Traité des principes et dont il développe la doctrine des quatre sens de l'Écriture, par saint Jean Chrysostome, saint Augustin, saint Basile et saint Jérôme.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Autre biographie par Laurence Freeman : Méditation chrétienne

 
Bibliographie :
- Conférences (426-429), Ed. du Cerf, trois tomes, 1955-1971
- Institutions cénobitiques (430), Ed. du Cerf, 1965
- Traité de l' Incarnation, Ed. du Cerf, 1999
- La Vie spirituelle à l'école des Pères du désert, choix de textes, Ed. du Cerf, 2010
Etudes :
Jean-Yves Leloup, Les Collations de Jean Cassien, ou L'unité des sources, Ed. Albin Michel, 1992
En ligne :
Conférences, trad. Cartier, 1868 : Abbaye Saint Benoit


Chassons donc de notre coeur, avant la prière , tout ce qui pourrait la troubler, afin de suivre ce précepte de l'Apôtre : « Priez sans cesse » (I Thess., V, 17) (Conférence 9, 235)(...)

Pour prouver que nous n'avons pas cette maladie des choses de la terre , il ne suffit pas de renoncer à ce que nous ne pourrions pas faire, quand même nous le voudrions , et d'éviter ce qui serait évidemment condamné par les personnes spirituelles comme par les gens du monde mais il faut encore sacrifier avec courage et fermeté tout ce que nous pourrions faire sous un prétexte honnête ; car , en vérité, ces choses qui semblent si petites et si indifférentes aux religieux n'occupent et n'appesantissent cependant pas moins leur esprit que les affaires plus importantes qui troublent et enivrent les hommes du monde. Ces riens ne leur permettent pas de se dégager de la terre pour ne respirer qu'en Dieu, la Vie, le Bien suprême, dont la séparation doit leur sembler plus cruelle que la mort.
Lorsque notre âme sera fixée dans cette paix, et libre de tous les liens des passions humaines, lorsque notre coeur sera fermement attaché à Dieu , le souverain Bien, nous accomplirons le précepte de l'Apôtre : « Priez sans cesse (I Thess. , V , 17), et en tout lieu élevez vos mains pures, sans colère et sans contestations. » (I Tim., II , 8.) Cette pureté parfaite de l'âme la rend, pour ainsi dire, sur cette terre même , semblable aux anges; et tout ce qu'elle entend, tout ce qu'elle dit, tout ce qu'elle fait, devient pour elle une prière très-pure et très-sincère. (239)(...)

8. L'ABBÉ ISAAC. Il est impossible de comprendre toutes les sortes de prières, sans une grande contrition de coeur , une véritable pureté d'âme et une lumière spéciale du Saint-Esprit. Il y a autant de prières qu'il y a dans l'âme, ou plutôt dans les âmes , de dispositions et d'états. Aussi tout en reconnaissant que notre esprit est trop grossier pour discerner toutes ces différences de la prière, nous tâcherons de les expliquer, autant que nous le permettra notre peu d'expérience.
La prière se modifie selon le degré de pureté de l'âme , selon les dispositions et les circonstances où elle se trouve; et il est certain que personne ne peut toujours prier de la même manière. On prie autrement lorsqu'on est dans la joie ou dans la tristesse et l'abattement, dans la consolation ou dans l'épreuve; lorsqu'on demande à Dieu le pardon de ses péchés ou l'abondance de sa grâce, l'acquisition d'une vertu ou la guérison d'un vice; lorsqu'on pense au feu de l'enfer et à la terreur du jugement, ou lorsqu'on est enflammé du désir et de l'espérance des biens du ciel ; lorsqu'on est dans le malheur et les dangers ou qu'on est dans la paix et l'assurance ; lorsque Dieu nous révèle le secret de ses mystères ou qu'il nous laisse dans l'aridité et la stérilité de toute vertu.
9. Après vous avoir parlé de la qualité de la prière, non pas autant que le demande la grandeur du sujet, mais autant que le permet le peu de temps que nous avons et la faiblesse de notre esprit , nous aborderons maintenant une difficulté plus grande, en expliquant l'une après l'autre les quatre sortes de prières que distingue saint Paul, lorsqu'il dit : «  Je recommande avant tout d'offrir des supplications, des oraisons, des demandes et des actions de grâces. » (I Tim., II,1.) Cette distinction de l'Apôtre n'est certainement pas inutile : Cherchons donc d'abord ce que signifient les mots de supplications, d'oraisons , de demandes et d'actions. (241-242) (...)
La quatrième, enfin, convient à ceux qui ont arraché de leur coeur tout ce qui peut blesser la conscience, et qui contemplent, dans la paix et la pureté de leur âme, les miséricordes et les grâces que Dieu leur a faites, qu'il leur accorde ou qu'il leur prépare, s'abandonnant à ces élans d'amour, à cette prière de feu, que l'homme ne saurait ni exprimer ni comprendre. L'âme qui est parvenue à ce degré de pureté, et qui déjà y est enracinée, ne néglige pas pourtant les autres prières ; elle va souvent de l'une à l'autre comme une flamme rapide ; elle offre à Dieu des prières ineffables que l'Esprit-Saint vivifie à notre insu , par des gémissements inénarrables , et elle conçoit tant de choses à la fois , qu'elle ne pourrait en un autre instant, non-seulement les exprimer, mais même les repasser dans son souvenir. (245) (...)

(L'ABBE ISAAC). Beaucoup croient ainsi, par habitude, qu'il faut adorer sous la forme d'une image la majesté incompréhensible et infinie de Dieu, bien persuadés qu'ils ne pourront jamais fixer leurs pensées, et bien faire leurs prières, s'ils n'ont pas toujours dans leur esprit et devant les yeux une image à laquelle ils offrent leurs supplications. C'est l'erreur que l'Apôtre condamne, en disant « Ils ont changé la gloire incorruptible de Dieu en la ressemblance de l'image de l'homme corruptible. » (Rom., I, 23.) Jérémie dit aussi : « Mon peuple a changé sa gloire en une idole. » (Jér., II, 11.)
Quoique cette erreur ait pour beaucoup l'origine que nous venons de dire, d'autres, cependant, la partagent sans avoir jamais été souillés des superstitions païennes; c'est qu'ils interprètent mal ce passage de la Genèse : « Faisons l'homme à notre image et ressemblance. » Leur ignorance et leur simplicité les font tomber dans l'hérésie des anthropomorphites, qui soutiennent avec une coupable opiniâtreté que la substance simple et infinie de la Divinité a une forme et une figure humaine. Celui qui sera instruit des dogmes catholiques détestera cette doctrine païenne, et pour prier saintement, non-seulement il ne donnera à la Divinité aucune forme corporelle, ce qui serait un blasphème, mais encore il effacera de son esprit l'idée de toute action et de toute parole capable d'altérer la vérité. (Conférence 10, 272)(...)

(L'ABBE ISAAC). Voici cette règle que vous cherchez , cette formule de la prière , que tout religieux qui désire se souvenir continuellement de Dieu, doit s'accoutumer à méditer sans cesse dans son coeur, en en bannissant toute autre pensée ; car il ne pourra jamais la retenir s'il ne s'affranchit de toute inquiétude et de tous soins corporels. C'est un secret que nous ont laissé quelques-uns de nos anciens Pères, et que nous ne disons qu'au petit nombre de personnes qui le désirent avec ardeur.
Cette formule qui vous rappellera toujours Dieu, et dont vous ne devez jamais vous séparer , est celle-ci : « Mon Dieu, venez à mon aide ; hâtez-vous, Seigneur, de me secourir. Deus in adjutorium meum intende; Domine; ad adjuvandum me festina. » (279)(...)
Ainsi, nous devons sans cesse adresser à Dieu cette courte prière , afin de n'être pas abattus par l'adversité, ou orgueilleux dans la prospérité. Oui , méditez sans cesse ce verset dans votre coeur, récitez-le pendant votre travail , au milieu de vos occupations et lorsque vous êtes en voyage. Que votre esprit s'en nourrisse , en dormant, en mangeant, en subissant toutes les nécessités de la nature; que sa méditation devienne pour vous comme une formule puissante et salutaire qui non-seulement vous préservera de toutes les attaques du démon, mais encore vous purifiera des vices et de la contagion de la terre , pour vous élever à la contemplation des choses invisibles et célestes, et vous faire arriver à cette ineffable ardeur de la prière, que bien peu connaissent. Endormez-vous en récitant ce verset , de manière que, par habitude , vous le disiez encore pendant votre sommeil ; et lorsque vous vous réveillerez, que ce soit la première chose qui se présente à votre esprit. Dites-le en vous agenouillant, dès que vous quittez votre lit, et qu'il vous accompagne ainsi d'action en action pendant tout le cours de la journée. Méditez-le selon le précepte divin : « soit que vous reposiez dans votre maison, soit que vous soyez en voyage , soit que vous dormiez , soit que vous vous leviez. Ecrivez-le sur vos lèvres et sur votre porte ; gravez-le sur les murs de votre demeure et au plus profond de votre âme», afin qu'il en découle naturellement, lorsque vous vous mettez en prière, et qu'il vous accompagne ensuite comme une oraison fervente et continuelle dans toutes les occupations de votre vie.
11. Que l'âme s'attache donc à ces paroles, jusqu'à ce qu'à force de les méditer, elle éloigne et rejette cette abondance, cette richesse de pensées qui pourraient l'occuper, et qu'elle parvienne, en se renfermant dans la pauvreté de ce verset, à cette première des béatitudes de l'Évangile : « Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux. (283)(...)

14. L'ABBÉ ISAAC. Ce que nous avons dit dans notre première conférence sur la prière , répondrait suffisamment à votre demande; mais je résumerai en peu de mots les moyens de fixer notre coeur. Il y a trois choses qui l'empêchent de s'égarer : la veille, la méditation et la prière; en s'y appliquant fidèlement et généreusement , l'âme devient ferme et inébranlable. On ne pourra cependant y parvenir sans le travail des mains, qu'on doit faire non pas par intérêt , mais pour se rendre utile à la communauté , afin qu'en l'affranchissant de toutes les inquiétudes et de tous les besoins de la vie , nous puissions accomplir le précepte de l'Apôtre : Priez sans cesse. Celui qui ne prie que quand il est à genoux, prie bien peu ; mais celui qui, à genoux, laisse son esprit s'égarer sans cesse, ne prie pas du tout. Aussi, avant de prier, nous devons nous mettre dans les dispositions où nous voulons nous trouver pendant la prière; car l'état où nous serons alors, dépend nécessairement de celui où nous étions auparavant; et selon les pensées que nous avions, nous ramperons sur la terre ou nous nous élèverons vers le ciel. (288)
Extrait de : Conférences (9 et 10)
Source : Abbaye de Saint-Benoit
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dimanche 16 mars 2014

François le pape de l’évangile



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
François le pape de l’évangile avec Christiane Rancé, romancière et essayiste.  (16.03.2014)

Giotto, S. François relève l'Eglise
(Rêve de Innocent III)



Jorge Mario Bergoglio, né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires en Argentine, est un homme d'église, et selon la tradition catholique le 266e évêque de Rome et pape de l’Église catholique sous le nom de François (en latin : Franciscus) depuis son élection le 13 mars 2013. Il a été auparavant archevêque de Buenos Aires et cardinal.
Il est le premier pape issu des rangs de la Compagnie de Jésus, le premier pape non européen depuis le pape syrien Grégoire III au VIIIe siècle ainsi que le premier issu du continent américain. Il est également le premier pape à prendre le nom de François, nom choisi en mémoire de l'engagement de saint François d'Assise dans le combat pour les pauvres, pour la paix, et pour le « respect profond de toute la Création ». (...)
Source (et suite) du texte, bibliographie : wikipedia
Site officiel (texte des homélies) : Vatican


Servir Dieu en sa création.
Je voudrais demander, s'il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l'autre, de l'environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde ! Mais pour « garder » nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes. Rappelons-nous que la haine, l'envie, l'orgueil souillent la vie ! Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c'est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises, celles qui construisent et celles qui détruisent. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse !
Ici j'ajoute alors une remarque supplémentaire : le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d'être vécu avec tendresse. N'oublions jamais que le vrai pouvoir est le service, il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, et accueillir avec affection et tendresse l'humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité : celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison (Mt 25, 31-46). Seul celui qui sert avec amour sait garder ! 
Extrait de l'homélie de la messe solennelle d'inauguration du pontificat du pape François, du 19 mars 2013.
Source (et suite) du texte : Vatican


La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a, à son origine, une crise anthropologique profonde: la négation du primat de l’être humain! Nous avons créé de nouvelles idoles. L’adoration de l’antique veau d’or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage. La crise mondiale qui investit la finance et l’économie manifeste ses propres déséquilibres et, par-dessus tout, l’absence grave d’une orientation anthropologique qui réduit l’être humain à un seul de ses besoins : la consommation. (…). Non à l'argent qui gouverne au lieu de servir.
Extrait de l'Exhortation apostolique du 26 novembre 2013.
Source (texte entier) : PDF




Retour sur l'élection du pape François, 14 mars 2013
Pour ses premiers mots, le premier pape originaire d'Amérique du Sud invite les fidèles à une prière commune. "Avant de vous donner ma bénédiction, je veux que vous priiez Dieu de me bénir. Prions en silence. Priez pour moi", a demandé le souverain pontife.
Source : Euronews 

dimanche 23 février 2014

Walter J. Ciszek

Walter J. Ciszek, né le 4 novembre 1904 à Shenandoah (en) en Pennsylvanie (États-Unis) et décédé le 8 décembre 1984 au Bronx (New York), était un prêtre jésuite américain d’origine polonaise. Prêtre catholique clandestin en URSS il est condamné comme ‘espion du Vatican' en 1942 et passe 21 ans au Goulag soviétique avant de servir, en 1963, comme monnaie d’échange pour un espion soviétique.
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie :
- Avec Dieu au goulag. Témoignage d'un Jésuite interné vingt-trois ans en Sibérie (1964), Ed. des Beatitudes, 2010
- L'espion du Vatican, 15 ans au goulag (1967), Ed. Salvator, 2011


C’est seulement en Sibérie, au soir de ces interminables journées de labeur, quand je tombais de fatigue, alors que mon corps criait pour recevoir une seule minute de repos supplémentaire, un peu de répit au travail ou encore une seule miette de pain de plus, que j’ai appris à apprécier le don merveilleux de la vie que Dieu fait à l’homme par cette ressource qu’est le corps humain.
L’intimité qui existe entre l’âme et le corps est une merveille de la Création et un mystère de l’existence humaine. Nous avons tort de penser que dans la mesure où l’âme sera jugée après la mort – tandis que le corps sera laissé à la corruption du tombeau – que cette poignée de cendres mortelles ne sont pas pour autant un don de Dieu, n’ont pas cette noblesse ou cette beauté de l’âme immortelle. C’est dans notre corps que nous vivons et que nous travaillons à notre salut. C’est dans notre corps que nous contemplons et que nous nous réjouissons des beautés de l’univers créé par Dieu. (...)

Quel trésor merveilleux, quelle source de force et de consolation n’ai-je pas trouvés dans l’agonie de notre Seigneur au Jardin des Oliviers à partir de ce moment-là… Je voyais désormais clairement ce que j’avais à faire. Je ne peux désigner cette expérience par un autre terme que celui de conversion et je peux vous dire en toute honnêteté que ma vie à partir de ce moment-là a changé du tout au tout. Si ce moment de désespoir avait été une période de ténèbres absolues, je faisais à présent l’expérience d’une clarté éblouissante. Je sus sur-le-champ ce que je devais faire et, d’une certaine manière, je sus que je pourrais le faire. Je compris que je devais m’abandonner entièrement à la volonté du Père et vivre dès lors dans un esprit de total abandon à Dieu. C’est ce que je fis. Je n’ai pas de meilleurs termes pour décrire cette expérience que le « lâcher prise », c’est-à-dire abandonner totalement mes derniers efforts ou même toute volonté de tenir les rênes de ma vie. C’est vraiment facile à dire et pourtant, cette simple décision a affecté tous les moments de ma vie. Je dois donc parler de conversion. J’avais toujours fait confiance à Dieu. J’avais toujours essayé de rechercher sa volonté, de voir sa Providence à l’œuvre. J’avais toujours considéré que ma vie et mon destin étaient guidés par sa volonté. À certains moments, plus consciemment qu’à d’autres, j’avais senti ses initiatives, ses appels, ses promesses et sa grâce. En temps de crise plus particulièrement, j’avais tenté de découvrir quelle était sa volonté et de la suivre de mon mieux. Mais il s’agissait là d’une nouvelle vision, d’une nouvelle compréhension, bien plus en tout cas qu’une simple mise en relief. Jusqu’à ce jour, j’avais toujours envisagé mon rôle (le rôle de l’homme) dans l’économie divine comme un rôle actif. Jusque-là, j’étais resté maître de toutes mes décisions, actions et entreprises. Je voyais maintenant que ma tâche était de « coopérer » avec la grâce, de m’impliquer jusqu’au bout dans l’œuvre du Salut. La volonté de Dieu se trouvait « là », quelque part, cachée et pourtant claire : je ne pouvais pas la manquer. C’était mon rôle (le rôle de l’homme) de découvrir quelle était sa volonté, puis d’y conformer la mienne et ainsi de travailler à satisfaire les desseins de la Providence divine. La perfection consistait simplement à apprendre à découvrir la volonté de Dieu, dans chaque situation, puis à tout mettre en œuvre pour accomplir ce qu’il y avait à faire.
À présent, avec une clarté soudaine et presque aveuglante, avec une grande simplicité, je comprenais que j’avais tenté d’agir en m’appuyant sur ma volonté et mon intelligence, ce qui était exagéré, ce qui était faux. La volonté de Dieu ne se cachait pas « quelque part » « là » dans les situations où je me trouvais ; les situations elles-mêmes étaient sa volonté pour moi. Ce qu’il désirait, c’était que j’accepte toute situation comme venant de sa main, que j’accepte de lui laisser les rênes et de me mettre entièrement à sa disposition. Ce qu’il me demandait, c’était un acte de confiance absolue, sans aucune interférence ou sans m’agiter de façon frénétique, sans réserve, sans exception ni lieu où mettre des conditions ou hésiter. Il me demandait un don total de moi-même, sans aucune retenue. Il me demandait une foi absolue, la foi en l’existence de Dieu, en sa Providence, en son amour vigilant dans les moindres détails de ma vie, en sa puissance qui me soutient, en son amour protecteur. Cela voulait dire qu’il me fallait abandonner mes derniers doutes les mieux cachés, la peur ultime que Dieu ne soit pas là pour me soutenir. Cela ressemble un peu à ce moment d’éternité terrible entre peur et anxiété, quand un enfant se laisse aller pour la première fois en abandonnant tout soutien, pour faire l’expérience que l’eau le porte vraiment et qu’il peut flotter sans bouger, totalement détendu.
Une fois qu’on l’a compris, c’est tellement simple. (…)
Extrait de : Avec Dieu au Goulag
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Source du texte : exultet 

mardi 28 janvier 2014

Jean Biès

Né à Bordeaux en 1933 (décédé à Paris, le 11 janvier 2014) Jean Biès fait ses études de Lettres Classiques aux Facultés d'Alger, puis de Paris.
Son séjour en Algérie lui révèle le soufisme et le prépare à l'exploration des sagesses de l'Orient, l'hindouisme en particulier, qu'il découvrira en 1951, à la suite de la lecture des ouvrages de René Guénon.
Il séjourne au Mont Athos en 1958, qui lui inspirera son premier livre. Jean Biès soutient en 1965 une thèse de 3eme cycle consacrée à René Daumal, et en 1973, sa thèse de Doctorat d'Etat, Littérature française et Pensée hindoue, qui obtiendra le Prix de l'Asie, de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer.
Il parcourt l'Inde la même année.
Son oeuvre poétique a été couronnée entre temps du Grand Prix de la Société des poètes français.
Jean Biès rencontre Pierre Emmanuel, Lanza del Vasto, séjourne auprès d'Arnaud Desjardins, découvre en 1971 C.G. Jung et l'alchimie. Il collabore à plusieurs revues, dont Questions de, Troisième Millénaire, les Cahiers de l'Herne, et plus tard, Terre du Ciel.
Source (et suite) du texte : Jean Biès
Autre biographie : wikipedia


Bibliographie sélective et chronologique (2006) : Jean Biès (PDF)
Ouvrages / Contributions / Articles, Etudes
Notamment :
- Mont Athos, Ed. Albin Michel, 1963
- Empédocle : Philosophie présocratique et spiritualité orientale (1969), rééd, Amora, 2010
- John Tavener, L'enchanteur, Ed. Les Deux Océans, 2008
En ligne :
Site officiel : Jean Biès
Autres articles : 3e millénaire
Poème sur l'unité : Eveil et philosophie


Il existe un certain nombre de mots complexes que tout le monde emploie sans que l'on sache exactement ce qu'ils veulent dire ; mais ils font bien dans le paysage de la conversation, ils prouvent qu'on est cultivé, et surtout, ils sont à la mode.
Ésotérisme fait partie de ces mots.
On peut considérer aujourd'hui que relèvent de l'ésotérisme : un plat compliqué, un roman policier, un match de football avec mêlée générale.
Il arrive également que l'on confonde le terme avec d'autres. (...)

Les Définitions :
L'Antiquité grecque : Pythagore, Platon, Aristote.
Division de leurs œuvres en :
- ta exotérika : les choses de l'extérieur, divulgables : anatomie,
astronomie, géométrie, morale, psychologie, Ecrit ;
- ta ésotérika : les choses de l'intérieur, secrètes, réservées à un petit nombre présentant les qualifications requises : arithmosophie, symbolique, métaphysique, devenir posthume, Oral = "acroamatique".
Ces deux termes sont donc anciens, et repris tels quels par l'Encyclopédie de Diderot au XVIIIe siècle.
On sait moins que le mot "ésotérisme" ne date que de 1840 (à partir de l'anglais). Il apparaît sous la plume de Pierre Leroux (De l'Humanité) : un socialiste utopique, ami de G. Sand, dissident de Proudhon, partisan d'une religion de l'humanité, de l'égalitarisme et de la palingénésie (réincarnation progressive), avant d'aboutir à l'occultisme de la fin du XIXe siècle. Par quoi l'on voit que le mot d'ésotérisme a une naissance et un début de parcours peu recommandables, voire suspects, subversifs !.. ; d'où la méfiance inconsciente à son endroit, de la part de beaucoup, qui seraient tentés de l'assimiler à la magie, à un fond luciférien, anti-religieux, sectaire.
Il faudra attendre le grand nettoyage opéré par René Guénon au début du XXe siècle pour dégager un sens nouveau, purifié, libéré à la fois de l'occultisme et du théosophisme, pour devenir synonyme de la gnôsis, au meilleur sens du terme, avant d'être de nouveau récupéré par le New Age, ce qui a occasionné un nouveau combat sémantique.
La distinction entre les deux niveaux : l'exotérique = les savoirs humains, l'épistémologie, et l'ésotérisme = la connaissance sacrée, l'herméneutique, se retrouve dans l'ensemble des traditions.
Extrait de : Qu'est-ce que l'ésotérisme, conférence à L'Université interdisciplinaire de Paris, 2003
Source (et suite) du texte : Jean Biès (PDF)




A propos du symbolisme de la Croix (Interview Baglis TV)



John Tavener (1944-2013), The Lamb

samedi 25 janvier 2014

Nick Vujicic






Nick Vujicic, né Nicholas James Vujicic le 4 décembre 1982 à Melbourne, est un prédicateur et motivateur australien. Il est le directeur de Life Without Limbs, un organisme à but non lucratif chrétien dédié aux handicapés. Au début du XXIe siècle, Vujicic donne régulièrement des conférences sur le handicap, l'espoir et comment trouver du sens à la vie. Il est notamment sollicité par les établissements scolaires américains pour intervenir dans des campagnes de prise de conscience sur la tyrannie du regard des autres et la persécution de certains enfants envers leurs camarades.
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie (en fr) :
- La vie au-delà de toute limite, Ed. Ourania, 2012 (épuisé).
Site officiel : Life without limbs


Je m'appelle Nick Vujicic et je rend gloire à Dieu pour la manière dont Il a utilisé mon témoignage pour toucher des milliers de coeurs dans le monde entier ! Je suis né sans membres et les médecins ne savaient pas d'où venait cet « handicap » de naissance. J'ai dû faire face à bien des difficultés et des obstacles.

Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés (Jacques, I, 2)

Considérer nos blessures, nos douleurs et nos luttes comme rien d'autre qu'un sujet de joie ? Mes parents étaient chrétiens et mon père était même pasteur de notre église, ils connaissaient ce verset parfaitement. Pourtant ce matin du 4 décembre 1982 à Melbourne, en Australie, « Dieu soit loué ! » étaient les derniers mots leur venant à l'esprit. Leur fils aîné était né sans membres ! Ils n'avaient pas pu se préparer à cette épreuve car il n'y avait aucune raison médicale pour ce handicap. J'ai maintenant un frère et une soeur qui sont nés comme n'importe quel autre enfant.
L'église entière a pleuré ma naissance et mes parents étaient absolument anéantis par le chagrin. Tout le monde demandait : « Si Dieu est un Dieu d'amour, pourquoi laisse-t-il quelque chose d'aussi atroce arriver pas à n'importe qui mais à des chrétiens engagés ? » Mon père pensait que je ne survivrais pas longtemps mais les examens médicaux montrèrent que j'étais en parfaite santé, sauf qu'il me manquait quelques membres.
Mes parents étaient très inquiets et se demandaient quel serait mon avenir. Dieu leur a donné la force, la sagesse et le courage nécessaires à ces premières années et bientôt j'eus l'âge d'aller à l'école.
La loi australienne de l'époque ne me permettait pas d'être intégré dans une école ordinaire en raison de mon handicap physique. Dieu a fait des miracles et a donné à ma mère la force de lutter pour que la loi soit changée. J'ai été un des premiers handicapés à être intégré dans une école ordinaire.

J'aimais aller à l'école et j'essayais d'être comme tout le monde mais, pendant ces premières années d'école, j'ai dû faire face à des moments difficiles où je me sentais rejeté, étrange et un souffre-douleur en raison de ma différence physique. C'était très difficile pour moi de m'y habituer mais avec le soutien de mes parents, j'ai commencé à développer des attitudes et des valeurs qui m'ont aidé à surmonter ces moments difficiles. Je savais que j'étais différent extérieurement mais, à l'intérieur, j'étais comme tout le monde. Il y a eu des moments où je me suis senti si malheureux que je ne voulais plus aller à l'école pour ne plus avoir à faire face à tous ces regards négatifs. Mes parents m'ont encouragé à les ignorer et à essayer de me faire des amis en parlant avec les autres enfants. Bientôt ils se sont rendus compte que j'étais comme eux et à partir de là, Dieu m'a tout le temps béni en me donnant de nouveaux amis.

J'ai eu des moments de dépression et de colère parce que je ne pouvais pas changer la façon dont j'étais, ni blâmer quiconque pour cela. J'allais à l'Ecole du Dimanche et j'ai appris que Dieu nous aime tous et qu'Il s'intéresse à nous. Je comprenais cet amour jusqu'à un certain point quand j'étais enfant mais je ne comprenais pas que Dieu m'ait fait ainsi s'Il m'aimait ? Était-ce parce que j'avais fait quelque chose de mal ? Je pensais que ce devait être cela puisque j'étais le seul enfant étrange de l'école. Je me sentais un fardeau pour ma famille et je pensais que, plus vite je mourrais, mieux ce serait pour tout le monde. Je voulais mettre fin à ma douleur et à ma vie mais je remercie mes parents et ma famille qui ont toujours été là pour me réconforter et me donner de la force.

Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. (Romains 8, 28)

Ce verset m'a touché au coeur au point que je suis maintenant convaincu que ces choses « désagréables » ne se trouvent pas par chance, par hasard ou par coïncidence dans nos vies.
Les tourments à l'école, ma honte de moi-même et ma solitude m'avaient causé des difficultés émotionnelles. Alors Dieu m'a donné un désir passionné de partager mon histoire et mes expériences pour aider d'autres personnes à supporter leurs propres difficultés et laisser Dieu en faire des bénédictions. Pour encourager et inspirer d'autres personnes à réaliser complètement leur potentiel et à ne pas laisser quoi que ce soit les empêcher d'accomplir leurs espoirs et leurs rêves.
Une des premières leçons que j'ai apprises a été de ne rien prendre comme allant de soi.

J'ai ressenti une paix complète lorsque j'ai compris que Dieu ne laisserait rien m'arriver dans la vie sans une bonne raison. J'ai donné ma vie entièrement au Christ à l'âge de 15 ans, après avoir lu Jean 9. Jésus a dit que la raison pour laquelle l'homme était né aveugle était « afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » Je croyais vraiment que Dieu me guérirait pour que je sois un grand témoin de sa Puissance extraordinaire. Plus tard, j'ai reçu la sagesse de comprendre que si nous prions pour quelque choses, si c'est la volonté de Dieu, cela se passera en Son temps. Si ce n'est pas Sa volonté, c'est qu'Il a quelque chose de mieux en réserve.
Je vois maintenant cette Gloire révélée alors qu'Il m'utilise comme je suis et d'une façon qui n'est pas possible avec d'autres. J'ai une passion pour le travail parmi les jeunes et je veux rester disponible pour l'oeuvre que Dieu veut que je fasse, quelle qu'elle soit, et où qu'Il me mène, j'irai. (...)




Je pense que lorsqu'on a un désir passionné de faire quelque chose et que c'est la volonté de Dieu, on finit par y arriver. Nous autres, êtres humains, nous nous mettons constamment des limites sans aucune raison ! Ce qui est pire, est que nous mettons des limites à Dieu alors qu'Il peut tout faire. Nous mettons Dieu dans une « boîte ». L'aspect extraordinaire de la Puissance de Dieu, c'est que quand nous voulons faire quelque chose pour Dieu, au lieu de nous fixer sur notre capacité, il nous faut nous concentrer sur notre disponibilité car nous savons que c'est Dieu qui agit à travers nous et nous ne pouvons rien faire sans Lui. Une fois que nous arrivons à nous rendre disponibles pour l'oeuvre de Dieu, savez-vous sur quelles capacités nous nous reposons ? Sur celles de Dieu !
Que le Seigneur vous bénisse ! En Christ.
Source (et suite) du texte : enseigne-moi




Témoignage d'un homme sans membres



Surmonter le désespoir, TED (sous-titres activables)



Something More (2011) - Music Video

lundi 13 janvier 2014

Hildegarde de Bingen, lumière de Dieu

MAJ de la page : Hildegarde von Bingen



Hildegarde de Bingen, lumière de Dieu (KTO, 2012)


Hildegard von Bingen - O Rubor Sanguinis/Favius Distillans

dimanche 22 décembre 2013

La Clôture des merveilles

MAJ de la page : Hildegarde von Bingen



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar (12.12.2013)
Hildegarde de Bingen avec Lorette Nobécourt, auteur de romans, récits, théâtre, poésie, à propos de son dernier livre : La Clôture des merveilles, une vie d'Hildegarde de Bingen, Ed. Grasset, 2013.

jeudi 31 octobre 2013

Simone Weil



Née à Paris en 1909, Simone Weil fut disciple d'Alain, élève de l'École normale supérieure, agrégée de philosophie en 1931. Ouvrière chez Renault (1934-1935), engagée dans les Brigades internationales en 1936, elle quitte la France en 1942 pour New York et, enfin, Londres, où elle travaille dans les bureaux de la France combattante. Atteinte de tuberculose, elle meurt le 24 août 1943 au Grosvenor Sanatorium.
Source : Ed. Gallimard
Autre biographie : wikipedia


Bibliographie :
- Œuvres complètes, sous la dir. d'André A. Devaux et Florence de Lussy, 17 vol., Ed. Gallimard, 1988 - 2009.
- Œuvres, Ed. Gallimard, collection « Quarto », 1999
En ligne :
De nombreux livres téléchargeables sur  : UQAC
par exemple : La pesanteur et la grâce (PDF)
Site dédié : Simone Weil


En 1937 j'ai passé à Assise deux jours merveilleux. Là, étant seule dans la petite chapelle romane du XIIe siècle de Santa Maria degli Angeli, incomparable merveille de pureté, où saint François a prié bien souvent, quelque chose de plus fort que moi m'a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux.
Extrait de : Attente de Dieu (p.47)

Une fois qu'on a compris qu'on n'est rien, le but de tous les efforts est de devenir rien. C'est à cette fin qu'on souffre avec acceptation, c'est à cette fin qu'on agit, c'est à cette fin qu'on prie.
Mon Dieu, accordez-moi de devenir rien.
À mesure que je deviens rien, Dieu s'aime à travers moi.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch. 9)

L’amour est un signe de notre misère. Dieu ne peut aimer que soi. Nous ne pouvons aimer qu'autre chose.
Ce n'est pas parce que Dieu nous aime que nous devons l'aimer. C'est parce que Dieu nous aime que nous devons nous aimer. Comment s'aimer soi-même sans Ce motif ?
L'amour de soi est impossible à l'homme, sinon par ce détour.
Si on me bande les yeux et si on m'enchaîne les mains sur un bâton, ce bâton me sépare des choses, mais par lui je les explore. Je ne sens que le bâton, je ne perçois que le mur. De même les créatures pour la faculté d'aimer. L'amour surnaturel ne touche que les créatures et ne va qu'à Dieu. Il n'aime que les créatures (qu'avons-nous d'autre à aimer ?) mais comme intermédiaires. À ce titre, il aime également toutes les créatures, y compris soi-même. Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie : s'aimer soi-même comme un étranger.
L'amour de Dieu est pur quand la joie et la souffrance inspirent une égale gratitude.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch.14)

Quand on aime Dieu à travers le mal comme tel, c’est vraiment Dieu qu'on aime.
Aimer Dieu à travers le mal comme tel. Aimer Dieu à travers le mal que l'on hait, en haïssant ce mal. Aimer Dieu comme auteur du mal qu'on est en train de haïr.
Le mal est à l'amour ce qu'est le mystère à l'intelligence. Comme le mystère contraint la vertu de foi à être surnaturelle, de même le mal pour la vertu de charité. Et essayer de trouver des compensations, des justifications au mal est aussi nuisible pour la charité que d'essayer d'exposer le contenu des mystères sur le plan de l'intelligence humaine.
Discours d'Ivan dans les Karamazov : « Quand même cette immense fabrique apporterait les plus extraordinaires merveilles et ne coûterait qu'une seule larme d'un seul enfant, moi je refuse. »
J'adhère complètement à ce sentiment. Aucun motif, quel qu'il soit, qu'on puisse me donner pour compenser une larme d'un enfant ne peut me faire accepter cette larme. Aucun absolument que l'intelligence puisse concevoir. Un seul, mais qui n'est intelligible qu'à l'amour surnaturel : Dieu l'a voulu. Et pour ce motif-là, j'accepterais aussi bien un monde qui ne serait que mal qu'une larme d'enfant.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch. 15)

Je ne dois pas aimer ma souffrance parce qu'elle est utile, mais parce qu'elle est.
Accepter ce qui est amer ; il ne faut pas que l'acceptation rejaillisse sur l'amertume et la diminue, sans quoi l'acceptation diminue proportionnellement en force et en pureté. Car l'objet de l'acceptation, c'est ce qui est amer en tant qu'amer et non pas autre chose. - Dire comme Ivan Karamazov : rien ne peut compenser une seule larme d'un seul enfant. Et pourtant accepter toutes les larmes, et les innombrables horreurs qui sont au-delà des larmes. Accepter ces choses, non pas en tant qu'elles comporteraient des compensations, mais en elles-mêmes. Accepter qu'elles soient simplement parce qu'elles sont.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch. 16)
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Il faut détruire cette partie intermédiaire, trouble de l’âme qui est un mélange mauvais d'eau et de souffle, pour laisser la partie végétative directement exposée au souffle igné qui vient d'au-dessus des cieux.
Se dépouiller de tout ce qui est au-dessus de la vie végétative. Mettre la vie végétative à nu et la tourner violemment vers la lumière céleste. Détruire dans l'âme tout ce qui n'est pas collé à la matière. Exposer nue à la lumière céleste la partie de l'âme qui est presque de la matière inerte.
La perfection qui nous est proposée, c'est l'union directe de l'esprit divin avec de la matière inerte. De la matière inerte qu'on regarde comme pensante est une image parfaite de la perfection.
Extrait de : La connaissance surnaturelle



Florence Mauro, Simone Weil, l'Irrégulière (Arte, 2009)
DVD : Arte



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir
Simone Weil, Le ravissement de la raison par Stéphane Barsacq (2010)



Maria Villela-Petit, Simone Weil et Husserl (ENS)



Simone Weil, La foi prise au mot (KTO, 2009)

vendredi 20 septembre 2013

Sacré Saint Augustin

MAJ de la page : Augustin d'Hippone









Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Sacré Saint Augustin.
(1/4) : Amour de soi, amour des autres
(2/4) : Qu'est-ce que le temps ?
(3/4) : La conversion comme chemin
(4/4) : Dans la cité.

lundi 5 août 2013

Pèlerinage intérieur



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir
Pèlerinage intérieur avec Paule Amblard (17.11.2009)

Vidéos on line :
Pèlerinage intérieur (Daily Motion - 5 vidéos de 10')
Paule Amblard et l'Apocalypse (DM - 5 vidéos de 10')

  

lundi 6 mai 2013

Martin Steffens


Martin Steffens (né en 1977) est agrégé de philosophie. Il enseigne à Metz, en classes préparatoires au Lycée Georges de la Tour. Il est l'auteur d'études, de conférences et d'articles sur Nietzsche, Léon Bloy, Simone Weil ou Léon Chestov.
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie :
- Nietzsche, Ed. Ellipses, coll. « Pas à pas », 2008.
- Simone Weil, Ed. Nouvelle Cité, collection Prier 15 jours avec, 2009.
- Avec Pierre Dulau et Thierry Formet, Une journée de philosophie : les grandes notions vues à travers le quotidien, Ellipses, 2010.
- Petit traité de la joie : consentir à la vie, Ed. Salvator, coll. « Forum », 2011.
- Vivre ensemble la fin du monde, Ed. Salvator, coll. « Forum », 2012.


Il est un fait universel : tous, nous avons reçu la vie sans l´avoir demandée. Notre propre vie ne nous est pas propre : elle s’est d´abord faite en nous, sans nous. Puis vient le jour où, l’homme ayant appris à se posséder mieux, lui revient le pouvoir de refuser cette vie passivement reçue. N’est-ce pas là la liberté proprement humaine : dire non à ce qui s’impose sans se proposer ? Mais il est une autre liberté, plus généreuse, plus pleine de risques : consentir à la vie. Non pas d’un oui du bout des lèvres : la question du consentement à l’existence est, selon le mot de Nietzsche, « la question primordiale ». D’une telle question dépend notre façon d’accueillir le passé comme d’engager l’avenir. Elle exige donc, en guise de réponse, que nous offrions à l’existence un oui à la mesure de nos vies : ample comme nos peines, plein comme nos joies. Alors le présent sera ce qu´il a toujours été : un présent, c’est-à-dire un don qui n’attendait que d´être pleinement reçu.
Petit traité de la joie, Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Petit traité de la joie


Arte Philosophie par Raphael Enthoven
Sur le thème de la joie avec Martin Steffens (05.05.2013) : Arte - Vidéo
Le Bonus :



Librairie Siloë, Nancy (2012) :




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