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dimanche 16 avril 2017

Isabelle Raviolo

MAJ de la page : Maître Eckhart / Marie-Anne Vannier / Isabelle Raviolo



Les Vivants et les Dieux par Michel Cazenave : Actualité de Maître Eckhart avec Marie-Anne Vannier et Isabelle Raviolo (France culture, mars 2008)



Les Vivants et les Dieux par Michel Cazenave : La Trinité chez Maître Eckhart avec Marie-Anne Vannier et Isabelle Raviolo (France culture, 4 décembre 2008)



Alain Cugno, un philosophe dans la cité avec Alain Cugno et Isabelle Raviolo (Continents intérieurs, 2014)



Thibaut Gress et Isabelle Raviolo - Le sens du sensible, une approche philosophique de la peinture (Continents intérieurs, 16 novembre 2016)


Isabelle Raviolo enseigne la philosophie dans le secondaire à Paris. Elle a fait ses études de philosophie et de lettres classiques en classes préparatoires à Lakanal, à Paris IV et Paris I - Sorbonne. Elève de Pierre Magnard, elle a soutenu un DEA de philosophie sous sa direction. Pendant plusieurs années elle se consacra aussi au théâtre. En 2008, elle soutient sa thèse sur Maître Eckhart sous la direction de Marie-Anne Vannier, thèse qui est publiée au Cerf 2011 : L’incréé. La générosité infinie du Père chez Maître Eckhart.
Elle a aussi participé pendant trois ans au projet de l’Encyclopédie sur les Mystiques rhénans (Apogée de la mystique d’Occident) qui vient de paraître aux éditions du Cerf. Actuellement enseignante dans le secondaire et en classes préparatoires, à Paris, elle poursuit ses travaux sur Maître Eckhart et la mystique rhénane, à Metz, au sein de l’ERMR-MSH Lorraine-Cnrs où elle participe à de nombreux colloques.
Parallèlement à ces activités, elle a créé et dirige la revue Thauma (revue de philosophie et poésie qui en est à son dixième numéro), ainsi que la maison d’édition La Dame d’Onze Heures (sept titre parus).
Peintre, elle a réalisé plusieurs expositions de tableaux à Paris, et à l’étranger. Elle anime aussi des ateliers de création pour les enfants.
Source du texte : Actu-philososphia
Site officiel : Isabelle Raviolo
En ligne : Le temps d'un trait à l'encre (poème)

Autres sur le blog : Isabelle Ravio (tag)

Isabelle Raviolo, L'incréé, Ed. du Cerf, 2011

Très peu traitée par les commentateurs, la notion d'incréé (« increatus » / « ungeschaffen ») est cependant centrale pour comprendre Dieu et l'homme chez Eckhart. Elle met en lumière le cœur de son œuvre qui se situe dans la naissance de Dieu dans l'âme et non dans le détachement comme on l'a souvent dit. C'est une manière pour le maître rhénan de commenter Genèse 1,26 : « Lorsque Dieu créa toutes les créatures, Dieu n'aurait-il pas auparavant donné naissance à quelque chose d'incréé qui porterait en soi l'image de toutes les créatures ? » interroge Eckhart. Sa réponse tient en une métaphore : l'étincelle (« scintilla animae »). « Cette petite étincelle est si apparentée à Dieu qu'elle est un "un" unique indifférencié et qu'elle porte en soi l'image de toutes les créatures, image sans images et image au-dessus de toutes les images » (« Sermon 22 »). Par « l'étincelle », Eckhart entend ce que l'âme a de plus semblable à Dieu : un « quelque chose d'incré頻, un fond sans fond (« Abgrunt ») dans lequel le Père engendre son Fils comme dans sa propre nature. Par ce quelque chose d'incréé en elle, l'âme est capable de fécondité et devient mère du Verbe, à l'image du Père incréé qui engendre éternellement son Fils en son sein. La maternité de l'âme trouve son principe dans la paternité de Dieu, dans le bouillonnement originaire de la Vie divine. Eckhart développe ainsi une prédication originale : il parle du point de vue de l'éternité, c'est-à-dire à partir de la Trinité en elle-même. Par la fécondité de l'âme, c'est-à-dire par la grâce de l'Esprit incréé, non seulement l'homme devient fils dans le Fils et le même fils, mais encore père dans le Père et le même père.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : L'incrée : La générosité du père chez maitre Eckhart



Peintures d'Isabelle Raviolo

vendredi 14 avril 2017

"Car si tu veux avoir le fruit, tu dois briser la coque"

MAJ de la page : Maitre Eckhart / Isabelle Raviolo


Dans la seconde moitié du XIVe siècle, le Saint Sépulcre monumental connaît un véritable succès. L’engouement pour ce genre de monument se confirme tout au long de la seconde moitié du XIVe siècle, aussi bien dans la ville de Strasbourg que dans les régions avoisinantes. Or de 1313 à 1323, Maître Eckhart séjourna à Strasbourg, et y rencontra Jean Tauler. Dans cet article, nous voudrions montrer en quoi le retentissement de cette prédication a pu exercer une influence dans la représentation du Christ gisant propre au Saint Sépulcre monumental. Nous nous interrogerons donc sur un possible lien de causalité entre la renommée qu’acquit le Saint Sépulcre monumental à la fin du Moyen Âge et l’essor de la mystique rhénane.

Isabelle Raviolo, L’étincelle de l’âme et la cavité à l’endroit du cœur du Christ dans les Saints sépulcres monumentaux, 2014. Résumé
Source et Texte intégral : Revue des sciences religieuses


II.1. Une cavité à l’endroit du cœur et le « cœur » dans la prédication des mystiques rhénans

(...)

26 Dans le Sermon 81, Eckhart affirme que l’« on doit donc commencer [à aimer Dieu] par le cœur. Il est l’organe le plus noble du corps et il se trouve au centre afin de donner la vie à tout le corps, car la source de vie jaillit dans le cœur et opère comme le ciel 33 ». Le cœur est décrit comme cet organe « le plus noble » car il est le siège même de la vie 34. Principe de la vie du corps, il l’est aussi, au sens figuré, de la vie de l’esprit. En effet, Dieu sonde le cœur de l’homme, touche l’homme dans son cœur, et parle au cœur de l’homme. Le cœur traduit donc l’intériorité de l’homme spirituel, et dans certains sermons d’Eckhart, se confond parfois avec l’âme. Ainsi, à travers l’image du cœur, ne faut-il pas voir le lieu du plus intime, de cette profondeur même du lien entre Dieu et l’homme ? Dieu ne conduit-il pas Osée au désert pour « parler à son cœur » ? Cette réalité du cœur traduit donc avant tout l’intimité d’une conversation mystique entre le Créateur et sa créature. La profondeur de l’intime renvoie ainsi à la vie mystique, à ce dialogue intérieur et fécond entre le Verbe et l’âme. Or il est intéressant de constater que la cavité du Christ est à l’endroit même de son cœur (Kaysersberg 35 ; Fribourg-en-Brisgau…). Cette réalité iconographique est-elle l’expression d’un simple hasard, ou encore celle d’une recherche esthétique ? Je ne le crois pas. En effet, selon moi, il y aurait une correspondance directe entre les effets de la prédication des mystiques rhénans et les productions artistiques de la région, comme s’il fallait voir en ces dernières l’expression en image de pierre de toute une dévotion populaire pour « le cœur » du Christ, son « temple », et par extension pour cette vie intérieure, dans le fond, dans le cœur de l’homme qui est le lieu même de la naissance de Dieu, ce « tabernacle » : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur 36 ».

27 Et ce trésor, n’est-ce pas la petite étincelle de l’âme elle-même ? Ainsi, on comprend pourquoi Eckhart, dans le Sermon 51 37, après un long développement sur le cœur, emploie l’image d’une coque qui se brise pour que le fruit en sorte :

J’ai souvent dit déjà : la coque doit être brisée pour que sorte ce qu’elle contient. Car si tu veux avoir le fruit, tu dois briser la coque. Et donc, si tu veux trouver la nature dans sa nudité, tous les symboles doivent être brisés et plus on y pénètre, plus on est proche de l’être. Et quand elle (l’âme) trouve l’Un où tout est un, elle demeure dans cet unique Un. Qui honore Dieu ? Celui qui a en vue l’honneur de Dieu en toutes choses.

28 Cette coque n’est-elle pas tout ce qui nous retient à l’extérieur, dans les créatures, dans la multiplicité des images, et dans le temps ? N’est-elle pas l’expression de cette écorce terrestre qu’il est nécessaire de dépasser, de franchir, pour aller au plus profond, au plus essentiel, c’est-à-dire au plus intime, au cœur ? Le cœur est le foyer de la vie intérieure, ce lieu même de la naissance du Verbe, et donc l’expression de l’union en Dieu et de la transformation en Dieu : là, dans le cœur, on pourrait dire, avec Eckhart, que l’on voit « avec l’œil même de Dieu 38 ». Il y a donc, dans cette cavité à l’endroit du cœur du Christ, l’expression de tout un mystère : celui de l’union de l’âme à Dieu, et par suite, celui de sa transformation par grâce :

L’homme qui s’est tourné en lui-même, en sorte qu’il connaît Dieu dans le propre goût et dans le propre fond de celui-ci – cet homme est affranchi de toutes choses créées, il est enfermé en lui-même sous un véritable verrou de vérité. J’ai dit un jour que Notre-Seigneur vint le jour de Pâques vers ses disciples, les portes étant fermées ; il en est de même pour cet homme affranchi de toutes choses étrangères et de tout le créé. Dans un tel homme, Dieu ne vient pas, il est en lui dans son essence 39.

dimanche 17 mai 2015

Un itinéraire philosophique

MAJ de la page : André Comte-Sponville



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Un itinéraire philosophique avec André Comte-Sponville 17.05.2015
André Comte-Sponville est philosophe matérialiste (à la façon d’Épicure), rationaliste (à la façon de Spinoza) et humaniste (à la façon de Montaigne). Il a publié une vingtaine d’ouvrages, traduits en 24 langues, dont un Petit traité des grandes vertus (PUF, 1995), un Dictionnaire philosophique (PUF, 2001, rééd. 2013), Le capitalisme est-il moral ? (Albin Michel, 2004, rééd. 2009), L’esprit de l’athéisme (Albin Michel, 2006) et Le sexe ni la mort (Albin Michel, 2012). Son dernier livre, Du tragique au matérialisme (et retour), est paru aux PUF, en janvier 2015.
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"Bâtir une nouvelle société en plaçant l'homme au coeur des débats", avec André Comte Sponville, Pierre Rabhi et Samuel Rouvillois (Université de la Terre, 2011)

mardi 3 mars 2015

Arte de la Joie

MAJ de la page : Martin Steffens


PHILOSOPHIE ARTE
Joie
Là où le bonheur ne survit pas au rappel à l'ordre de la réalité, c'est la joie qui prend la relève. La joie est un sentiment d'horizon, qui nous apprend comment et pourquoi aimer le monde malgré lui. Raphaël Enthoven s'entretient avec Martin Steffens, auteur de "Petit traité de la joie : consentir à la vie" (Salvator, 2011).
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mardi 2 décembre 2014

Alain Cugno

Alain Cugno, né en 1942, est un philosophe français, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud et docteur d'État. Il a longtemps enseigné la philosophie en khâgne, au lycée Lakanal (Sceaux).
Il est l'auteur, notamment de L'Existence du mal et de La Blessure amoureuse, qui contient en particulier une relecture de la conception kierkegaardienne du désespoir. Sa pensée est centrée sur les idées de geste et de mouvement, plutôt qu'organisée en système. En ce sens, on peut la rapprocher de l'entreprise phénoménologique, même si l'étendue de ses références est beaucoup plus vaste. Fort d'une solide culture catholique, Alain Cugno participe au comité de rédaction de la revue Projet à laquelle il contribue régulièrement et, épisodiquement, à la revue Études (c'est ainsi qu'il écrit un essai sur L'indifférence en 2004). Il a aussi un engagement intellectuel autour des problématiques de la justice et des prisons. Il est ainsi vice-président de la Fédération des associations réflexion action prison et justice.
Alain Cugno tient une chronique intitulée La libellule et le philosophe pour le magazine mensuel Terre sauvage.

Bibliographie :
Saint Jean de la Croix, Ed. Fayard, 1979
- L'air, Ed. Seuil, 1999
- Au cœur de la raison : raison et foi, Ed. Seuil, 1999
- L'existence du mal, Ed. Seuil, 2002
- La blessure amoureuse : essai sur la liberté affective, Ed. Seuil, 2004
- De l'angoisse à la liberté. Apologie de l'indifférence, Ed. Salvator, 2009
- La libellule et le philosophe (2011), rééd. poche, Albin Michel, 2014
- Comment s'y prendre pour vivre, Ed. Iconoclaste, 2014
En ligne :
Entretien : Actu philosophia (De l'angoisse à la liberté)

dimanche 30 novembre 2014

Un philosophe en ses terres avec Marcel Conche

MAj de la page : Marcel Conche



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Un philosophe en ses terres avec Marcel Conche 30.11.2014

vendredi 14 novembre 2014

Croyances au pluriel



Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Les chemins du vendredi avec Henri Atlan 14.11.2014



Continent sciences par Stéphane Deligeorges
Quel type de croyance engage la vérité dans les sciences 01.09.2014

samedi 31 mai 2014

Actualité philosophique : Raymond Ruyer



Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Actualité philosophique : Raymond Ruyer 30.05.2014
avec :
Fabrice Colonna, professeur de philosophie, il a travaillé sur Merleau-Ponty et sur Raymond Ruyer.
Fabrice Louis, chargé de cours en philosophie à l'Université de Lorraine, chercheur associé aux Archives Poincaré à Nancy, au laboratoire Anthropologie et diffusion des savoirs à Bordeaux et au CREAD à Rennes.

Raymond Ruyer (Plainfaing dans les Vosges, 1902 - Nancy, 1987) est un penseur et philosophe français du xxe siècle. Formé à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, ce montagnard vosgien tôt orphelin de père est devenu, à son retour de guerre et de captivité, professeur de philosophie à l'université de Nancy.
Source (et suite) du texte, bibliographie : wikipedia

vendredi 30 mai 2014

Souleymane Bachir Diagne



Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Actualité philosophique : Souleymane Bachir Diagne (21.02.2014)



Hors-Champs par Laure Adler  (18.02.2014)
Souleymane Bachir Diagne



Est-ce trahir le Coran que de l’interpréter ? (Arte Philosophie, 2014)



Philosophie en terre d'islam - Dialogue entre Souleymane Bachir Diagne et Abdennour Bidar (Le Monde des Religions, 2014)



Sada kane reçoit Souleymane Bachir Diagne (2014)



Le Grand Rendez Vous (2013)

Souleymane Bachir Diagne est un philosophe sénégalais, né en 1955 à Saint-Louis (Sénégal). Professeur de langue française à la Columbia University, c'est un spécialiste de l'histoire des sciences et de la philosophie islamique.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Bibliographie : wikipedia
En ligne :
Senghor et la question qui se pose toujours : ThéoRèmes

mardi 29 avril 2014

Vladimir Jankélévitch






Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Vladimir Jankélévitch
1/4 : Le temps, ce je-ne-sais-quoi et ce presque-rien 21.04.2014
avec Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, professeur de philosophie politique à l'American University of Paris
2/4 : La musique et l'ineffable 22.04.2014
avec Philippe Grosos, philosophe, professeur à l'Université de Poitiers
3/4 : Le mystère de la mort 23.04.2014
avec Pierre-Michel Klein, , agrégé de philosophie, président de l'Association Vladimir Jankélévitch
4/4 : Le charme de la morale 24.04.2014
avec Joëlle Hansel, philosophe, membre fondateur du Centre Raïssa et Emmanuel Levinas (Jérusalem) et de la Société Internationale de Recherche Emmanuel Levinas (SIREL, Paris)

dimanche 9 février 2014

La méditation et la vie avec Fabrice Midal

MAJ de la page : Fabrice Midal



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
La méditation et la vie avec Fabrice Midal (09.02.2014)
Sites officiels : Fabrice Midal / Ecole Occidentale de Méditation

Voir aussi les pages : Fabrice Midal (MAJ) / Chogyam Trungpa / Rainer Maria Rilke / Mme Guyon

lundi 13 janvier 2014

Bruno Giulliani

Professeur agrégé et docteur en philosophie, maître en biochimie, professeur didacte de biodanza, Bruno Giuliani a démissionné de l'éducation nationale après vingt ans en lycée pour se consacrer à la diffusion de son enseignement. Il est professeur chargé de cours à l'université inter-âge de Nice et dans divers organismes de formation. Auteur d'une dizaine de livres, il est le créateur de la Biosophie (pédagogie de la sagesse) et de la Joîa (art de la joie). Il est lauréat de la fondation de la Vocation Bleustein Blanchet et de la fondation Cetelem "Eduquer pour Entreprendre".
C'est un homme libre et heureux.
Source du texte : Bruno Giuliani


Bibliographie :
- L'expérience du bonheur : une philosophie de la joie, Ed. Almora, 2014
- Le bonheur avec Spinoza : L'Ethique reformulée pour notre temps, Ed. Almora, 2011
- Vivre Amoureux, L'art d'être heureux en amour, Editions Eden, 2004
- L'Amour de la sagesse, initiation à la philosophie, Ed. Le Relié, 2000, Ed. le Relié poche, 2008.
En auto-éditions (lulu.com) :
- Du bonheur, et rien d'autres, 2011
- Le magicien, 2011
- Émerveillements, 2011
- Chants d'aurore, 2011
- La Sagesse du Christ, 2011
- Généalogie de la Biologie, 2011
- L'éveil du coeur, invitation à l'Ethique, monographie de biodanza, 2008
En ligne :
Sites officiels : brunogiuliani.com / brunogiuliani.org (Vidéos conférences) / blog (Art de la Joie)
Interview : La liberté (Voix bouddhiste, 2001) / Témoignage d'un prof qui a quitté l'éducation nationale (Clés, 2003) / Le paradis c'est là où je suis (Clés, 2004) / Introduire le développement personnel à l'école ? (méditation france)

Voir aussi la page : Le bonheur selon Spinoza




Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
La philosophie de la joie avec Bruno Giuliani 12.04.2015


Le paradis, c'est là où je suis

Cette phrase provocatrice que l'on doit à Voltaire pourrait être prononcée par vous et moi. Il suffirait pour cela que nous soyons heureux, pleinement heureux. Avant d'être un mythe biblique, le paradis est la métaphore géographique du bonheur.

Est-ce seulement une métaphore ? Non. Quand nous sommes vraiment heureux, le monde est réellement le paradis. Nous voyons que la réalité et la perfection sont la même chose, comme dit Spinoza : tout devient beau, chaque chose devient merveilleuse, l'univers entier devient sacré.
Les notions de bien et de mal s'en trouvent par là même définies sans ambiguïté : le bien, c'est tout ce qui nous rapproche du paradis; le mal, tout ce qui nous en éloigne.

En quoi consistent le bien et le mal ? Nul besoin d'une morale pour le savoir. La réponse est la même chez tous les sages, de Bouddha à Spinoza. C'est celle que nous expérimentons quand nous avons l'intuition de notre bonheur : le bien, c'est la joie et tout ce qui y contribue : le plaisir, l'amour, la confiance, la paix, la beauté, la douceur. Le mal, c'est la tristesse et tout ce qui y conduit : la douleur, la haine, la peur, la guerre, la laideur, la violence. Plus notre joie est pure et intense, plus le paradis est grand et présent. Quand notre joie est éternelle et absolue - quand nous ressentons la béatitude -, le paradis est partout, et pour toujours.
Et l'enfer ? Ce n'est pas le malheur, mais le désespoir : lorsque le bonheur apparaît comme impossible, quand on n'a plus assez de joie dans le cœur pour espérer être heureux.

C'est pourquoi il n'y a qu'une éthique, qui est de créer la joie des hommes, et qu'une barbarie, qui est de la détruire.

Comment vivre au paradis ? Cela ne demande aucune science, aucun art, aucune technique. Cela demande seulement un éveil : la perception de ce qu'il y a de bon, d'absolument bon, dans la vie. Quand j'embrasse mes enfants, quand je regarde ma bien-aimée, quand je rencontre mes amis, quand j'écoute le chant des oiseaux, quand je marche en montagne, quand je contemple le ciel, quand j'œuvre au bonheur des autres, quand je prends conscience que je suis vivant, à chaque fois que je suis dans la joie, je suis au paradis.

La terre sera-t-elle un jour un paradis pour tous les hommes ? Ce n'est pas utopique, puisque la joie est possible pour tous. Raison de plus pour nous réjouir, agir dans ce sens, et nous sentir au paradis, déjà, ici et maintenant.
Source du texte : Clés

Ce soir (13 janvier 2014) Vidéo conférence à 19h : BIOSOPHIE L'Art du Bonheur - L'activation de la joie. Infos et inscription : Bruno Giuliani

Le bonheur selon Spinoza

MAJ de la page : Spinoza



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Le bonheur selon Spinoza avec Bruno Guliani (12.01.2014)
Bruno Giuliani, est philosophe, professeur agrégé et docteur en philosophie, maître en biochimie et professeur didacte de biodanza. Il a enseigné vingt ans la philosophie en lycée puis a démissionné de l'éducation nationale pour se consacrer à l'enseignement de l'art du bonheur à travers des stages et des consultations. Il est le créateur de la Biosophie, une pratique philosophique qu'il définit comme une pédagogie de la sagesse par la culture de la joie.
ll a publié plusieurs ouvrages dont le dernier publié est "le bonheur avec Spinoza, L’Ethique reformulée pour notre temps", paru aux éditions Almora en 2011.
Source : FC

L'immanence de l'être infini
Comme je l'ai déjà remarqué, il est dans l'essence de l'être infini d'être immanent, c'est-à-dire intérieur aux choses qu'il produit et détermine à exister. Cela veut dire qu'il n'est pas transcendant, c'est-à-dire extérieur et indépendant. En effet, rien ne peut par définition exister en dehors de l'infini. Ainsi, toutes les choses finies comme notre esprit et notre corps existent nécessairement dans l'être infini et sont causés par l'être infini. La substance infinie est donc immanente aux modes et toutes les choses ne peuvent exister que comme des modes de la substance.
De ce fait l'être infini est l'objet ou plutôt sujet permanent d'expérience humaine, il est même la seule chose que nous puissions concevoir et expérimenter. Nous pouvons à tout moment concevoir et expérimenter. Nous pouvons à tout moment éprouver la substance infinie en percevant que tout ce qui existe en est une détermination particulière, à commencer par nous-mêmes. Pour cela il faut se détacher de la pensée des choses infinie et revenir à leur source immanente, qui est la source même de notre propre être. (...)

L'expérience humaine de la divinité
Lorsque nous pensons les choses comme la Vie, c'est-à-dire Dieu, les pense, nous faisons l'expérience que Dieu pense en nous, ou encore que nous sommes une modalité d'être de Dieu.  (...)
Extrait de :Bruno Giuliani, Le bonheur avec Spinoza, Ed. Almora, 2011
Commande sur Amazon : Le bonheur avec Spinoza : L'Ethique reformulée pour notre temps

dimanche 12 janvier 2014

Actualité de Clément Rosset

MAJ de la page : Clément Rosset



Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Actualité philosophique : Clément Rosset (10.01.2014)



Stravinsky, Le sacre du printemps,version Vaslav Nijinsky (1913), Théâtre des Champs-Élysées, Paris (29.05.2013)

dimanche 29 décembre 2013

mercredi 18 décembre 2013

Serge Carfantan




Serge Carfantan enseigne à l'Université de Bayonne et au lycée Victor Duruy à Mont de Marsan, il tient depuis 2000 le site Web Philosophie et Spiritualité qui propose une vision renouvelée de l'enseignement philosophique. Il intervient dans des conférences et il est l'auteur d'une centaine de publications.
Source (et suite) du texte : Grand angle


Bibliographie :
- Conscience et connaissance de soi, Ed. Presse universitaire de Nancy, 1992.
Nombreux livres en téléchargements au format Microsoft Reader, Epub, Kindle (ou parfois Word et PDF) : Philosophie et spiritualité
Exemple (livre gratuit) :
-  La Présence et l'Éveil, format : ReaderEpub
En ligne :
Site internet : Philosophie et spiritualité
Article (sur Grand angle) : Croissance, décroissance, développement


L'Occident à fini par oublie l'interrogation philosophique de la connaissance de soi. La question inaugurale de la compréhension de soi-même posée par Socrate s'est peu à peu dissolue, dans le marges de la philosophie, et s'est éparpillée dans la multiplicité des réponses de l'histoire. La catégorie "connaissance de soi" est devenue une sorte de fourre-tout conceptuel ou l'on peut ranger tout ce que l'on considère comme essentiel à la subjectivité ou à l'homme en général. Chacun pose par avance ce qu'il considère comme le soi : le "moi empirique", "le sujet moral", "le caractère", "la personnalité", "l'Esprit", "l'inconscient" etc. Nous avons beaucoup de réponse parce que nous n'avons plus une vraie question. On croit avoir tout dit et redit, alors que le problème est laissé dans une grande confusion. Personne ne peut rester insensible, quand il s'agit de comprendre vraiment ce qu'est le soi, et pourtant, la curiosité, même quand elle se transforme dans une authentique quêtre spirituelle, ne peut qu'être aujourd'hui jetée dans la grande foire médiatique de la connaissance de soi, sans lumière, ni fil conducteur.
Toute les approches de la connaissance de soi ont chacune dans leur domaine propre, une pertinence, mais il serait temps enfin de renouer avec une philosophie de la connaissance de soi, pour inscrire toutes les approches dans le soi, comme autant de points de vue sur le soi. (...)
Extrait de : Conscience et connaissance de soi (Préface)
Commande sur Amazon : Conscience et connaissance de soi

Chaque « état » est une forme de la conscience intentionnelle, une conscience de quelque chose. De là suit que la présence doit d’abord être entrevue dans les intervalles entre les états, quand l’esprit est encore suspendu et qu’il n’a pas commencé à objectiver l’expérience, dans la Vacuité où toute expérience commence et s’achève. S’il nous est possible de laisser venir cette invitation de la présence, entre deux mouvements de l’intention, comme dit Jean Klein, peu à peu, nous comprendrons que la présence est toujours là, en filigrane de tout état. « Généralement, ce que appelons ‘être conscient’ dans notre vie quotidienne est un pâle reflet de notre vraie nature. Ce que nous sommes profondément, la Présence, déploie sa lumière dans le vide qui existe entre deux pensées, deux sentiments et deux états. Habituellement, nous percevons ce vide comme une absence d’objets, une ‘perte de conscience’. Mais peu à peu nous deviendrons conscients de ce vie, même en présence d’objets[29] ». D’où l’importance de l’émerveillement et de l’étonnement, qui ouvrent comme une brèche dans le mouvement continuel de la pensée dans le temps. L’étonnement est ouverture, une ouverture sans objet où la conscience est laissée à elle-même, sans que surgisse le tiraillement du temps psychologique et de l’intentionnalité. Une invitation de l’intemporel, où effectivement, « ce que nous sommes, notre vraie nature, la Toute Présence, n’existe ni dans le temps, ni dans l'espace [30] ». Le déploiement du temps et de l’espace prend son empire dans la pro-jection de la pensée et par suite, c’est tout l’univers objectif qui occupe alors le champ de la conscience, reléguant aux oubliettes le sujet à partir duquel le monde lui-même a été posé. Si la pensée pouvait arrêter son vacarme, si la pensée pouvait se poser et l’attention se déplacer du concept vers la sensation vivante, la présence deviendrait aussitôt vivante. La fin de la pensée est le silence, et « c’est du silence vivant qu’émane le parfum de l’existence[31] ».
[29] Jean Klein La Conscience et le Monde, p. 105.
[30] Id. p. 106.
[31] Id. p. 107.
Extrait de : La Présence et l'éveil
Source : format ReaderEpub
Cours sur la présence : Philosophie et spiritualité

jeudi 7 novembre 2013

Albert Camus ses pairs et sa mère

MAJ de la page : Albert Camus

A l'occasion du 100e anniversaire de sa naissance.






Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
(1/4) :Camus et Cossery , les 2 Albert
(2/4) Albert Camus et René Char, les deux poètes
(3/4) Albert Camus et Jean-Paul Sartre, les deux philosophes
(4/4) Camus et sa mère, le soleil et le silence
Voir aussi la page sur le centenaire d'Albert Camus : FC

Hommage Google

jeudi 31 octobre 2013

Simone Weil



Née à Paris en 1909, Simone Weil fut disciple d'Alain, élève de l'École normale supérieure, agrégée de philosophie en 1931. Ouvrière chez Renault (1934-1935), engagée dans les Brigades internationales en 1936, elle quitte la France en 1942 pour New York et, enfin, Londres, où elle travaille dans les bureaux de la France combattante. Atteinte de tuberculose, elle meurt le 24 août 1943 au Grosvenor Sanatorium.
Source : Ed. Gallimard
Autre biographie : wikipedia


Bibliographie :
- Œuvres complètes, sous la dir. d'André A. Devaux et Florence de Lussy, 17 vol., Ed. Gallimard, 1988 - 2009.
- Œuvres, Ed. Gallimard, collection « Quarto », 1999
En ligne :
De nombreux livres téléchargeables sur  : UQAC
par exemple : La pesanteur et la grâce (PDF)
Site dédié : Simone Weil


En 1937 j'ai passé à Assise deux jours merveilleux. Là, étant seule dans la petite chapelle romane du XIIe siècle de Santa Maria degli Angeli, incomparable merveille de pureté, où saint François a prié bien souvent, quelque chose de plus fort que moi m'a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux.
Extrait de : Attente de Dieu (p.47)

Une fois qu'on a compris qu'on n'est rien, le but de tous les efforts est de devenir rien. C'est à cette fin qu'on souffre avec acceptation, c'est à cette fin qu'on agit, c'est à cette fin qu'on prie.
Mon Dieu, accordez-moi de devenir rien.
À mesure que je deviens rien, Dieu s'aime à travers moi.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch. 9)

L’amour est un signe de notre misère. Dieu ne peut aimer que soi. Nous ne pouvons aimer qu'autre chose.
Ce n'est pas parce que Dieu nous aime que nous devons l'aimer. C'est parce que Dieu nous aime que nous devons nous aimer. Comment s'aimer soi-même sans Ce motif ?
L'amour de soi est impossible à l'homme, sinon par ce détour.
Si on me bande les yeux et si on m'enchaîne les mains sur un bâton, ce bâton me sépare des choses, mais par lui je les explore. Je ne sens que le bâton, je ne perçois que le mur. De même les créatures pour la faculté d'aimer. L'amour surnaturel ne touche que les créatures et ne va qu'à Dieu. Il n'aime que les créatures (qu'avons-nous d'autre à aimer ?) mais comme intermédiaires. À ce titre, il aime également toutes les créatures, y compris soi-même. Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie : s'aimer soi-même comme un étranger.
L'amour de Dieu est pur quand la joie et la souffrance inspirent une égale gratitude.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch.14)

Quand on aime Dieu à travers le mal comme tel, c’est vraiment Dieu qu'on aime.
Aimer Dieu à travers le mal comme tel. Aimer Dieu à travers le mal que l'on hait, en haïssant ce mal. Aimer Dieu comme auteur du mal qu'on est en train de haïr.
Le mal est à l'amour ce qu'est le mystère à l'intelligence. Comme le mystère contraint la vertu de foi à être surnaturelle, de même le mal pour la vertu de charité. Et essayer de trouver des compensations, des justifications au mal est aussi nuisible pour la charité que d'essayer d'exposer le contenu des mystères sur le plan de l'intelligence humaine.
Discours d'Ivan dans les Karamazov : « Quand même cette immense fabrique apporterait les plus extraordinaires merveilles et ne coûterait qu'une seule larme d'un seul enfant, moi je refuse. »
J'adhère complètement à ce sentiment. Aucun motif, quel qu'il soit, qu'on puisse me donner pour compenser une larme d'un enfant ne peut me faire accepter cette larme. Aucun absolument que l'intelligence puisse concevoir. Un seul, mais qui n'est intelligible qu'à l'amour surnaturel : Dieu l'a voulu. Et pour ce motif-là, j'accepterais aussi bien un monde qui ne serait que mal qu'une larme d'enfant.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch. 15)

Je ne dois pas aimer ma souffrance parce qu'elle est utile, mais parce qu'elle est.
Accepter ce qui est amer ; il ne faut pas que l'acceptation rejaillisse sur l'amertume et la diminue, sans quoi l'acceptation diminue proportionnellement en force et en pureté. Car l'objet de l'acceptation, c'est ce qui est amer en tant qu'amer et non pas autre chose. - Dire comme Ivan Karamazov : rien ne peut compenser une seule larme d'un seul enfant. Et pourtant accepter toutes les larmes, et les innombrables horreurs qui sont au-delà des larmes. Accepter ces choses, non pas en tant qu'elles comporteraient des compensations, mais en elles-mêmes. Accepter qu'elles soient simplement parce qu'elles sont.
Extrait de : La pesanteur et la grâce (ch. 16)
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Il faut détruire cette partie intermédiaire, trouble de l’âme qui est un mélange mauvais d'eau et de souffle, pour laisser la partie végétative directement exposée au souffle igné qui vient d'au-dessus des cieux.
Se dépouiller de tout ce qui est au-dessus de la vie végétative. Mettre la vie végétative à nu et la tourner violemment vers la lumière céleste. Détruire dans l'âme tout ce qui n'est pas collé à la matière. Exposer nue à la lumière céleste la partie de l'âme qui est presque de la matière inerte.
La perfection qui nous est proposée, c'est l'union directe de l'esprit divin avec de la matière inerte. De la matière inerte qu'on regarde comme pensante est une image parfaite de la perfection.
Extrait de : La connaissance surnaturelle



Florence Mauro, Simone Weil, l'Irrégulière (Arte, 2009)
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Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir
Simone Weil, Le ravissement de la raison par Stéphane Barsacq (2010)



Maria Villela-Petit, Simone Weil et Husserl (ENS)



Simone Weil, La foi prise au mot (KTO, 2009)

dimanche 25 août 2013

Epictète






Épictète, en grec ancien Ἐπίκτητος / Epíktêtos, qui signifie « homme acheté, serviteur », (Hiérapolis, Phrygie, 50, Nicopolis, Épire 125 ou 130) était un philosophe de l’école stoïcienne.
Épictète est probablement né à Hiérapolis (sud-ouest de la Phrygie). Emmené à Rome, il passe son enfance comme esclave au service de Épaphrodite (un affranchi de l’empereur Néron) dont la tradition fait un maître cruel (il lui aurait cassé la jambe, d'où le surnom donné d'Épictète le boiteux). Il aurait prévenu son maître en disant « la jambe va casser » sans plus de plainte, et une fois le malheur arrivé, aurait conclu par un « je t'avais prévenu »
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie :
Épictète n'a rien publié mais un de ses élèves, Arrien (Nicomédie vers 85-146).
- Entretiens d'Épictète, organisé à l'origine en huit ou douze livre dont il nous en reste quatre, il s'agit de la transcription de cours.
- Manuel d'Épictète, abrégé pratique des Entretiens.
En ligne :
- Manuel et Entretiens (divers éditions) : wikisource / audio livre


MANUEL
I
Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion, en un mot toutes nos œuvres propres, ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considérations, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. (2) Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres, sans empêchement, sans entrave, celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves, facilement empêchées, propres à autrui. (3) Rappelle-toi donc ceci : si tu prends pour libres les choses naturellement serves, pour propres à toi-même les choses propres à autrui, tu connaîtras l'entrave, l'affliction, le trouble, tu accuseras les dieux et les hommes, mais si tu prends pour tien seulement ce qui est tien, pour propre à autrui ce qui est, de fait, propre à autrui, personne ne te contraindra jamais ni ne t'empêchera, tu n'adresseras à personne accusation ni reproche, tu ne feras absolument rien contre ton gré, personne ne te nuira, tu n'auras pas d'ennemi, car tu ne souffriras aucun dommage. (4) Toi donc qui poursuis de si grands biens, rappelle-toi qu'il faut, pour les saisir, te remuer sans compter, renoncer complètement à certaines choses, et en différer d'autres, pour le moment. Si, à ces biens, tu veux joindre la puissance et la richesse, tu risques d'abord de manquer même celles-ci, pour avoir poursuivi aussi ceux-là, et de toute façon tu manqueras assurément les biens qui seuls procurent liberté et bonheur. (5) Aussi, à propos de toute idée pénible, prends soin de dire aussitôt : "Tu es une idée, et non pas exactement ce que tu représentes."
Ensuite examines-là, éprouve-là selon les règles que tu possèdes, et surtout selon la première, à savoir : concerne-t-elle les choses qui dépendent de nous ou celles qui ne dépendent pas de nous ? Et si elle concerne l'une des choses qui ne dépendent pas de nous, que la réponse soit prête : "Voilà qui n'est rien pour moi".

II
Rappelle-toi que le propos avoué du désir est d'obtenir l'objet désiré, que le propos avoué de l'aversion est de ne pas tomber sur l'objet d'aversion, celui qui, éprouvant une aversion, tombe sur son objet est malheureux. Si donc tu réserves ton aversion aux choses contraires à la nature parmi celles qui dépendent de toi, tu ne tomberas sur aucune de celles que tu as en aversion, mais si tu as en aversion la maladie, la mort ou la pauvreté, tu seras malheureux. (2) Enlève donc ton aversion de tout ce qui ne dépend pas de nous, et transporte-la sur sur les choses qui dépendent de nous. Quant au désir, supprime-le complètement pour l'instant, car si tu désires l'une des choses qui ne dépendent pas de nous, il est impossible que tu sois heureux, quant à celles qui dépendent de nous, et qu'il serait beau de désirer, aucune n'est encore à ta portée. Use seulement de la tendance et de son contraire, et que ce soit légèrement, avec des réserves, en souplesse.
(...)

V
Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements relatifs aux choses, (...)

VIII
N'essaie pas que ce qui arrive arrive comme tu veux, mais veux ce qui arrive comme il arrive, et tu couleras des jours heureux.

Extrait de : Arrien, Manuel d’Épictète, trad. Emile Bréhier, dans Les Stoïciens, Bibliothèque de la Pléiade, 1962
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En ligne (autre traduction) : wikisource

* * *

ENTRETIENS
LIVRE I, I
Des choses qui dépendent de nous et de celle qui n'en dépendent pas.

La raison comme faculté de juger.
(...) (4) Qui le dira ? La faculté qui se connait elle-même et avec elle tout le reste. Quelle est-elle ? La faculté de la raison, de celles que nous avons reçues, elle est la seule qui se comprend elle-même, elle sait qui elle est, quel est son pouvoir, quelle est sa dignité, et elle connait toutes les autres facultés. (5) Qui prononce ce jugement : l'or est une belle chose ? Ce n'est pas l'or lui-même, c'est de toute évidence la faculté qui fait usage des représentations. (6) Qu'est-ce qui juge de la musique, de la grammaire et des autres arts ? Qu'est-ce qui en apprécie les usages ? Qu'est-ce qui indique les moments opportuns pour ne user ? C'est encore cette faculté.

Seul le meilleur dépend de nous.
(7) Tenant compte de cette dignité, les dieux n'ont fait dépendre de nous que ce qui est supérieur à tout, ce qui domine tout, c'est-à-dire l'usage correct des représentations, le reste ne dépend pas de nous. (...)

LIVRE IV, XII
De l'attention.

Ne pas se relâcher de son attention.
Lorsque tu te relâches un peu de ton attention, dit-il, ne t'imagines pas que tu la reprendras quant tu voudras, aie bien présent à l'esprit que, outre la faute commise aujourd'hui, tes affaires dans la suite s'en trouveront nécessairement plus mal. (2) D'abord, et c'est le plus fâcheux, naît l'habitude de ne pas faire attention, puis vient l'habitude de remettre l'attention à plus tard, tu prends l'habitude de différer toujours à un autre temps, puis encore à un autre, la vie heureuse, la bonne tenue, les dispositions et la conduite conformes à la nature. (3) S'il est utile de différer, il est encore plus utile de t'abstenir complètement, mais si c'est nuisible, pourquoi ne maintiens-tu pas continuellement ton attention ? (4) - Aujourd’hui, je veux jouer. - Et qui t'empêche de faire attention en jouant ? - Ou chanter. - Qui t'empêche de faire attention en chantant ? Peut-on isoler une partie de la vie à laquelle ne s'étende l'attention ? Réussiras-tu moins bien en faisant attention et mieux en étant inattentif ? (5) Qu'est-ce qui s'améliore dans la vie, grâce à l’inattention ? Le menuisier travaille-t-il mieux quand il ne fait pas attention ? Un pilote inattentif conduit-il avec plus de sécurité ? Et quand il s'agit d'actes moins importants, est-ce grâce à l'inattention qu'on les accomplit mieux ? (6) Ne t'aperçois-tu pas que, quand tu as laissé partir ta réflexion, il ne dépend plus de toi de la rappeler sur la bonne tenue, sur la réserve, sur le calme ? Mais tu fais tout ce qui te traverse l'esprit, tu suis tes désirs.

Rester attentif aux principes de la philosophie.
(7) - A quoi dois-je donc faire attention ? - D'abord à ces principes universels que tu dois toujours avoir présent à l'esprit, sans lesquels tu ne dois ni dormir, ni te lever, ni boire, ni manger, ni converser avec les hommes : "Personne n'est maître de la volonté d'un autre, et dans la volonté seule sont le mal et le bien". (8) Personne donc n'est assez puissant ni pour me faire du bien ni pour me plonger dans le mal, moi seul, en cette matière, j'ai pouvoir sur moi-même. (9) Etant en sécurité là-dessus, qu'ai-je à m'inquiéter des choses extérieures ? Quel tyran est à craindre, quelle maladie, quelle pauvreté, quel sujet de mécontentement ? (...)

Ne jamais différer le moment d'être attentif.
(19) Mais quoi ! est-il possible d'être impeccable ? C'est impossible, mais il est possible de tendre continuellement vers l'impeccabilité. Il suffit d'échapper à un petit nombre de fautes en ne relâchant jamais notre attention. (20) Mais maintenant, lorsque tu dis : "Demain, je ferais attention", sache que cela signifie : "Aujourd'hui je serai impudent, importun, vil, il sera au pouvoir des autres de m'affliger, aujourd'hui je me mettrai en colère, je haïrai.". Vois combien de maux tu t'infliges (21) Mais si c'est bon demain, combien est-.ce mieux aujourd'hui, si c'est utile demain, ce l'est bien plus aujourd'hui pour que tu puisses le faire demain et ne remettes pas encore au troisième jour.

XIII
(...) Qu'on me montre un homme qui soit disposé à dire : "Je n'ai souci que de ce qui est mien, de ce qui ne trouve pas d'obstacle, de ce qui est libre par nature : c'est là l'essence du bien que je possède, pour le reste, qu'il en soit selon ce qui m'est accordé, je n'en dispute point".

Extrait de : Arrien, Entretiens d'Epictète, trad. Emile Bréhier, dans Les Stoïciens, Bibliothèque de la Pléiade, 1962
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En ligne (autre traduction) : wikisource
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