mercredi 7 décembre 2011

Bruder Klaus, Frère Nicolas ou Nicolas de Flue


Nicolas de Flue (1417 - 21 mars 1487), a vécu au Ranft dans la commune de Sachseln, Unterwald, époux de Dorothea Wyss.
Dans les cinquante premières années de sa vie, le futur frère Nicolas (Bruder Klaus) vécut en paysan et eut cinq fils et cinq filles. Il est mentionné à trois reprises avant 1467. Il apparaît en 1462 comme représentant d'Obwald à l'occasion d'un jugement rendu par les cantons avoués du couvent d'Engelberg dans un conflit entre l'abbaye et la paroisse de Stans. Le document permet d'induire que Nicolas de Flue était membre du Conseil et tribunal d'Obwald, mais sans fonction dirigeante. Il n'assuma un rôle politique important qu'après avoir définitivement obéi à la voix intérieure qu'il percevait comme un appel de Dieu.

Le 16 octobre 1467, Nicolas de Flue prit congé de sa famille pour entreprendre un pèlerinage qui le conduisit à Liestal. La ville lui parut plongée dans un rouge ardent et il décida de faire demi-tour. Il ne revint pas dans son foyer, mais passa la nuit dans une étable proche de sa maison. Le lendemain, il se retira dans la forêt du Melchtal; des chasseurs l'y retrouvèrent au bout de quelques jours. Guidé par une vision, il construisit dans la gorge du Ranft, sur le domaine familial, une cabane où il passa le reste de sa vie. Il vivait, disait-on, sans prendre de nourriture: cette nouvelle se répandit rapidement, attirant des curieux et alarmant les autorités laïques et religieuses. Le Conseil d'Obwald fit surveiller l'ermite étroitement pendant un mois, mais on ne trouva rien "qui trahisse une hypocrisie religieuse inspirée par l'orgueil ou la vanité" (selon Heinrich Wölfli). Au moment de la consécration de la chapelle du Ranft, en 1469, l'évêque de Constance fit examiner l'abstinence de Nicolas de Flue et l'on ne put constater ni tromperie ni sorcellerie.

Malgré la césure de 1467, des liens existent entre les deux périodes de l'existence de Nicolas de Flue qui, déjà avant de devenir ermite, avait des visions et se livrait à des méditations qui le rapprochent du mouvement médiéval des "Amis de Dieu" (Gottesfreunde) et des mystiques rhénans; ses déclarations font apparaître des points de convergence avec la langue et les idées de Heniriche Seuse dit Suso. Cependant, l'ermite continua de s'intéresser aux choses du monde. Les gens simples n'étaient pas les seuls à rechercher les conseils du "saint vivant", puisque l'envoyé du duc de Milan, Bernardino Imperiali, lui rendit visite au Ranft en juin 1483; il le trouva "informato del tutto", à savoir informé au mieux des affaires qui motivaient son ambassade en Suisse centrale. On considère comme un fait établi l'influence conciliatrice que Nicolas de Flue exerça, sans être personnellement présent, lors de la conclusion du convenant de Stans en 1481. A la fin de sa vie, il confia à Erni Anderhalden, de quatre ans son aîné, que Dieu lui avait fait "trois grandes grâces":
celles d'avoir pu quitter les siens en accord avec eux, de n'avoir jamais été tenté de retourner dans sa famille et d'avoir pu vivre sans nourriture ni boisson corporelles. (...)
Source du texte : Dictionnaire historique de la Suisse
Autre biographie : Bruder Klauswikipedia / abbaye saint Benoit

Site dédié :
Bruder Klaus (site du pèlerinage)

Bibliographie (en français) :
A. Andrey, Le Saint vivant, la vie et la mystique du bienheureux Nicolas de Flue, Genève, 1939.

Denis de Rougement, Nicolas de Flue, drame en 3 actes, mis en musique par Arthur Honegger, 1939.
Georges Meautis, Nicolas de Flue, Neuchâtel, Éd. de la Baconnière, 1940
M. B. Lavaud, Vie profonde de Nicolas de Flue, Fribourg, 1942
Henri Chuard, Saint Nicolas de Flue, notre patron, Fribourg, 1956.
Charles Journet, Saint Nicolas de Flue, 1946, 1980 / Google Books
R. Küchler-Ming, Saint Nicolas de Flue, Einsideln, 1981
Marie-Louise von Franz, Les visions de Saint Nicolas de Flue, La Fontaine de Pierre,
Philippe Baud, Nicolas de Flue (1417-1487), un silence qui fonde la Suisse, Ed. du Cerf, 1993

Gian Franco Schubiger, Saints, martyrs et bienheureux en Suisse, Ed. Saint Augustin, 2000. / Googles Books
Discographie : 
Arthur Honegger, Oratorio de Nicolas de Flue, sur un livret de Denis de Rougemont, 1938/9.
En ligne : 
H. von Waldheim, A. von Bonstetten, Deux visites à Nicolas de Flue : Google Books
J.A. Wissenbach, La vie du bienheureux Nicolas de Flue, tirée des meilleurs auteurs : Google Books


Prière de Bruder Klaus :


Ô mon Dieu et mon Seigneur,
prends-moi à moi, et donne-moi tout en propre à toi.

Ô mon Dieu et mon Seigneur,
arrache de moi tout ce qui me sépare de toi.

Ô mon Dieu et mon Seigneur,
donne-moi tout ce qui m'attire à toi. 




Le "Livre" de Bruder Klaus :


 (Le centre représente Dieu, et les trois rayons, qui en sorte et y retourne, les trois Personnes de la Trinité).


* * *
La paix se trouve toujours en Dieu, car Dieu est la paix, et la paix ne peut être troublée. La discorde au contraire trouble toujours. Veillez donc à chercher avant tout la paix.
Extrait de la Lettre aux Bernois.
Source du texte : abbaye saint Benois

* * *
Homme, en Dieu tu dois avoir bonne confiance,
Et prier pour un continuel repentir.

Et aussi pour une bonne connaissance, afin que te devienne connu
Celui qui est nommé le Dieu éternel.

O Dieu! que tu es délicieusement aimable
Toi qui, de la divinité, revêts l'âme bien-aimée .

Ma joie est-elle plus grande en mon coeur
Ou est-elle plus grande en la bonté de Dieu ?

Dieu vers l'âme s'est incliné,
Il lui fait multiple joie.

O homme ! comment de toi Dieu pourrait-il être mieux connu
Que par le fait qu'à toi, du ciel, l'amour de Dieu est envoyé ?

* * *
Quel cadeau faisons-nous au très noble hôte
Que si instamment nous avons invité ?

Un continuel amour sera la coupe; la volonté libre, le vin clair
Pour que le Dieu du royaume du ciel chez nous tous veuille être le bienvenu .

On loue la noblesse hautement,
Ainsi que Dieu soit pour nous comme un cher hôte digne.

La sagesse, voilà ce que nous lui devons préparer,
En elle Dieu veut avoir bonne compagnie.

Les Trois qu'on nomme en Dieu sont le créateur de notre fond,
Dieu, c'est lui qui est notre conservateur.

Du lieu où Dieu même habite, la sagesse n'est pas absente
Il faut qu'en innocence et pureté d'enfant se tienne l'âme
Où Dieu même en promenade veut aller.

Pourquoi Dieu donne-t-il à la pureté le doux salut ?
Parce qu'il prend d'elle le plaisir de la douceur
Comme l'abeille le prend des fleurs de mai.

* * *
Homme, pense au large soleil,
Comme il se tient haut dans le ciel!
Comme il a reçu l'éclat de l'éternelle divinité.

Quand Dieu naît ainsi dans le coeur de l'homme.
Il y a au ciel floraison et délices.

* * *
O homme! crois en Dieu fortement,
Car en la foi se tient l'espérance,
En l'espérance se tient l'amour,
En l'amour se tient la connaissance.
En la connaissance, la victoire,

En la victoire, la récompense.
En la récompense, le couronnement.
En le couronnement, la réalité éternelle,
Que maintenant l'on prise si peu.

Source des sentences rapportées (Bruder Klaus n'a rien écrit) : abbaye saint Benois



 







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